Underwater. - libre
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    • Arrivé(e) le 08/02/2017 Messages 17 Points d’activité 0
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MessageSujet: Underwater. - libre   Lun 30 Oct - 18:21

Les doigts perdus dans la douce fourrure d'un des fléreurs de la ferme, Andromeda contemplait le parchemin chiffonné qui gisait à ses pieds, l'encre renversée qui noircissait la paille. Serrant l'animal un peu réticent contre elle, elle plongea le visage dans son cou, inspirant à plein poumon cette odeur animale, rassurante, maternelle même puisque la jeune femelle avait donné naissance à six petits quelques semaines plus tôt. Un miaulement outré et un coup de tête firent relâcher la pression des doigts et le félin s'extirpa dignement de l'étreinte. Il était libre, et s'il la gratifiait régulièrement de sa chaleur réconfortante, il ne fallait pas trop insister.

Dans un grand soupir, la sorcière se laissa tomber en arrière, ses cheveux d'un brun fade se mêlant à la paille et à la poussière. Elle n'était pas triste, elle n'était pas en colère. Du moins, elle n'était plus tout ça. A quoi bon et de quel droit aurait-elle pu se draper dans de telles émotions quand au fond, elle n'avait rien vécu ? Elle était là, au milieu de la foule. Elle était droite, au milieu des supporters. Elle avait ri aux éclats, elle avait hurlé le nom de joueurs qu'elle ne connaissait même pas vraiment, simplement pour le spectacle et le sport. Elle avait été traînée à ce match-là par un camarade qui tâchait de la sociabiliser un peu, elle qui avait suivi ce premier semestre en dents de scie.

Parce qu'elle avait cru que l'expérience suffirait, elle avait plongé dans l'aventure sans plus de réflexion. Parce que sauter les yeux clos et les pieds joints était le plus souvent sa seule façon d'avancer, elle n'avait pas pris le temps de réfléchir. Ou plutôt, elle avait consciencieusement évité de le faire. Elle n'avait pas voulu penser à ce que l'échec lui ferait ressentir. Elle n'avait pas voulu imaginer des enseignants pour qui son expérience ne serait pas si valable que ça, simplement parce qu'elle n'était pas dans les lignes de cette première année d'études supérieures magiques. Elle savait pourtant. Elle savait vivre, elle savait faire vivre. Mais elle ne connaissait rien des chiffres réels. Elle ne connaissait rien du monde réel, des interactions correctes avec ses pairs et ses supérieurs.

Et puis il y avait lui, qu'elle avait désespérément voulu revoir et devant lequel elle était restée muette, transfigurée, défigurée. Qu'elle n'avait croisé qu'à de très rares occasions sans avoir même l'opportunité de lui glisser un mot, une excuse, et qu'elle aimait pourtant encore plus qu'avant sans même le connaître réellement. Dont elle n'avait jamais osé demandé de nouvelles. Dont elle n'avait donc jamais eu de nouvelles.

Et face à tout cela, fonçant à l'aveugle, les œillères bien larges, bien fixes, elle n'avait rien vu venir. Elle avait bûché, nuit et jour, jour et nuit. Elle en avait fini par manquer des cours, trop prises dans l'étude solitaire de ces mêmes cours. Elle s'était attirée les foudres d'un professeur, la pitié de quelques autres. Elle n'avait pas attiré d'amis ou presque, plongée dans l'inconstance d'une enfant déboussolée, incapable de savoir par quel bout prendre ses devoirs, ses promesses, ses idées. Et elle était tombée. Malade, fatiguée, recalée. Elle s'était effondrée. Elle ne pouvait plus avancer et, non contente de ne plus progresser, s'appliquait à dresser devant elle un mur infranchissable ou presque. Non contente de ne plus pouvoir avancer, elle s'appliquait à reculer, telle l'Andromeda d'autrefois.

Et elle s'était raccrochée à cette main tendue. A cette invitation à boire, rire, crier, chanter, et rencontrer de beaux joueurs de quidditch. A cette promesse que son prince charmant ne reviendrait pas sur son cheval blanc, et à cette prédiction qu'elle en trouverait un juché sur un balai à la place. Alors elle avait suivi, pour la gloire. Pour ne pas être qu'un fantôme. Dans un effort qui lui avait semblé surhumain tant sa mélancolie constante, elle avait donné à ses cheveux les couleurs de l'équipe Suédoise, sa camarade soutenant l'Écosse. Un nez en forme de trompette qu'elle pouvait faire sonner faiblement, et Andromeda était là, vivante.

Et pourtant de cette soirée elle ne parvenait pas à tout remettre en ordre. Elle se souvenait des sons, principalement. Des explosions de rire. Des déchaînements de la foule, des rafales de flashs des photographes sorciers et moldus. Et quand son amie avait souhaité se mêler aux joueurs pour trouver celui qui lui montrerait de nouveaux exploits athlétiques, elle se souvenait de la cavalcade, du bruit de leurs talons qui martelaient le sol vers le village sportif. Et du hurlement des bombes, devant et derrière elles. Puis elle avait disparu. Dans un clignement de paupières effaré, elle avait transplané contre son gré dans cette grange qu'elle n'avait plus quitté depuis. Son refuge, ce lieu qui l'accueillait qu'il vente ou qu'il neige, qui étouffait tous ses drames depuis l'enfance. Un miracle qu'elle n'ait pas été désartibulée dans la manœuvre. Elle avait fui. Elle ne savait pas ce qui s'était réellement passé. Elle savait que c'était grave. Elle savait que ça avait l'odeur et le cri de la mort. Mais elle les avait tous abandonnés. Sorciers comme moldus, tous plus ou moins égaux face au drame. Parce que contrairement à l'accident de voiture qui avait tué son père, cette atrocité n'avait laissé à personne le temps de réagir. Il n'y avait que ceux qui n'étaient pas exactement sous le feu qui avait pu réagir. Et elle était prête à parier que personne n'avait été aussi lâche.

La tignasse colorée s'était racornie, s'était faite noire charbon, gris souris. Ses yeux gris, sa peau blême comme grêlée trahissaient le choc. Comment pouvait-elle être blessée quand elle n'avait même pas été touchée ? Et pourtant, exilée par la peur, écrasée par la honte, elle s'était terrée là. Et elle n'en était plus sortie. Incapable de bouger, incapable de s'extirper de la paille dont elle s'était fait un nid, au milieu des bêtes de la ferme familiale. Par sa grand-mère, elle avait fini par avoir des nouvelles. Par sa grand-mère, elle avait eu le courage d'écrire, mais pas celui d'envoyer. Et elle restait là. Assistée. Aterrée.

« Un mois, Andromeda. »

Elle tourna la tête, la joue dans la poussière, vers celle qui la bénissait de son amour, de sa patience, de sa compréhension sans bornes. 

« Tu pourrais au moins essayer de regagner ta chambre, non ? Tu n'es pas un animal blessé. Tu n'es même pas blessée ma citrouille. Tu as cette chance, profites-en ! »

Un haussement d'épaules pathétique, et ce fut trop pour l'ancêtre qui remonta les manches de sa robe de sorcière toujours impeccable, malgré les années et le travail au sein de l'exploitation. Elle tendit la main à sa petite fille qui se hissa sans conviction et dans un crac sonore, rendit le lit de paille à ses propriétaires originels, qui s'y lovèrent en ronronnant.

Les deux sorcières, elles, se retrouvèrent en plein cœur d'Atlantis. Andromeda déglutit et sa grand-mère déposa un baiser sur son front.

« Maintenant, tu n'as plus le choix. »


Un nouveau craquement et la jeune sorcière se retrouva seule dans la ville, dans sa robe poussiéreuse, tâchant d'enlever la paille prise dans ses cheveux filasses. Quel jour était-on ? Comment allaient ses amis ? Avait-elle encore des amis, après les avoir abandonnés ? Elle approcha d'une vitrine pour observer la tenue qui était sienne. Dans l'état dans lequel elle se trouvait, il était inutile d'essayer de faire appel à la magie. Elle n'avait jamais su gérer ses émotions, et elle risquait de provoquer une catastrophe. Le nez collé à la vitre, sans aucune conscience de qui pouvait la voir dedans comme dehors, elle s'attela à la tâche. Concentrée, elle usa de sa baguette pour démêler ses cheveux, tirant sur chaque brin de paille avec patience. Elle tenta bien de raccourcir sa crinière terne, mais les cheveux frisèrent en même temps et ce fut pire.

« Saloperie de lutin de veracrasse miteux. »
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