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 Never been claustrophobic, but now the walls are closing in [Libre]
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Caliban MirthÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
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MessageSujet: Never been claustrophobic, but now the walls are closing in [Libre]   Lun 30 Oct - 18:21

Cela faisait bien longtemps que Caliban ne s'était pas prêté à l'exercice. Une éternité, il lui semblait. Sa main contre la porte, il appréhendait son retour. C'était pourtant idiot. Personne ne l'attendait à l'intérieur et sa présence passerait certainement inaperçue. Et pourtant. L'univers, sous forme d'un client pressé de boire, décida finalement pour lui. L'homme trapu ne s'incommoda pas de l'obstacle que le jeune homme représentait entre lui et le verre auquel il avait certainement pensé toute sa journée de travail et pénétra dans le bar, emportant par la même occasion Caliban. Une fois à l'intérieur le garçon resta immobile, fébrile, son regard fouillant la pièce comme s'il s'attendait à ce que quelque chose se passe. Mais l'agitation qui régnait fit qu'on l'ignora royalement. L'étudiant souffla un coup et se dirigea vers le Jukebox magique en évitant soigneusement tout contact avec les autres clients. Une fois devant la machine il s'inclina devant elle comme devant une princesse pour l'amadouer, elle qui était réputée pour avoir un certain caractère. En tant qu'étudiant en ingénierie magique, il s'était promis à sa première visite ici qu'un jour, il étudierait son fonctionnement pour percer le secret de cette merveille alliant technologie et magie et comprendre d'où venaient ses exigences en matière de politesse. Bien sûr, comme bon nombre de choses qu'il s'était promis, le français n'avait jamais pris le temps ou avait abandonné avant de commencé. Le Jukebox semblait être à son écoute, autant que cela se puisse et il lui demanda (poliment, évidemment) de jouer le célèbre morceau des Three Dog Night sorti en '68 qu'il avait beaucoup écouté ses premières années à Poudlard et dont il s'était rappelé en voyant un fantôme de son passé resurgir. La musique moldue n'était pas toujours bien accueillie mais il avait jusqu'à la fin du morceau actuel pour se fondre dans le décor, ce qui était plus que suffisant. Si jamais un idiot trouvait de quoi redire, il ne pourrait savoir qui l'avait réclamé. Une fois à table avec sa chope d'hydromel aux épices, Caliban s'autorisa enfin à souffler. Sa réinsertion dans le monde actif commençait enfin après l'avoir tant attendu et pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'angoisser.

Frustré de ses non-avancées sur la transformation en animagus, l'étudiant avait un jour décidé de demander de l'aide. Non pas à McGonagall, qui lui avait bien fait comprendre qu'il devrait se débrouiller avec ce qu'elle avait déjà bien voulu lui dire, mais à d'autres spécialistes. C'est ainsi qu'il s'était retrouvé en chemin pour l'Afrique, ou plus précisément pour l'école de magie de Uagadou réputée pour exceller en métamorphose. Il était certain de trouver là-bas toute l'aide dont il avait besoin pour enfin réaliser son rêve. Le Poufsouffle avait adoré Poudlard, mais parfois, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il aurait peut-être eut plus de chance à Uagadou. Il avait lu dans le journal que lors d'un récent colloque international des Animagi, l'équipe de l'école africaine avait beaucoup attiré l'attention pendant leur démonstration de transformation synchronisée qui avait failli déclencher une émeute. En effet, beaucoup de sorciers et de sorcières s'étaient sentis menacés lorsqu'ils avaient vu autant d'élèves de quatorze ans capables de se transformer en éléphants ou en guépards. Se sentir menacé ? Quelle idée saugrenu. Jaloux, en revanche... Le voyage avait été tumultueux mais cela valait bien la peine s'il pouvait grâce à ça rattrapé les 7 années de retard qu'il avait sur certains de ces élèves. Caliban se sentait au point culminant de son existence. Mais rien ne se déroula comme prévu.

Ses trois premiers jours sur place consistèrent à remplir des formulaires pour légaliser sa demande de formation par l'école. Le quatrième jour, il fut placé sous la responsabilité d'un professeur que cela ne semblait guère enchanter. Il ne cessait de répéter à Caliban qu'il n'avait pas la bonne approche, qu'il ne comprenait pas et surtout, qu'il se reposait bien trop sur l'usage de sa baguette. Cela s'annonçait déjà mal, vous me direz, mais c'était loin d'être suffisant pour décourager le passionné métamorphose qu'il était. Cette ferveur était ancrée profondément en lui et ce avant même qu'il ne découvre être un sorcier. Le fait que McGonagall, qui avait joué un rôle important dans sa scolarité, enseignait cette discipline n'avait fait que renforcer sa conviction. Il ne pouvait pas échouer, il le sentait au fond de lui. Mais le cinquième jour arriva pour lui donner tort. Au plus profond de la forêt, Caliban tentait de "renouer avec la nature", comme lui avait intimé son professeur temporaire. Malheureusement, la nature n'était pas d'humeur ce jour là. Un insecte minuscule le piqua à l'épaule, engendrant une vive douleur. Persuadé que ce n'était pas grand chose, le jeune adulte avait tout de même tenu à consulter un médicomage. Et c'est en chemin qu'il s'était rendu compte que, peut être, il se pourrait bien que cela soit plus grave qu'il ne le pensait. Son épaule avait tout simplement disparu, ne laissant qu'une douleur atroce. Le premier souvenir qu'il avait après ça était celui d'une chambre à Ste Mangouste. Il avait été rapatrié et admis au deuxième étage de l'institution. Le verdict ? Disparition pathologique. "Maladie magique extrêmement contagieuse transmise par la piqûre d'un insecte magique. Symptômes : Disparition aléatoire de certaines parties du corps." Caliban avait eu tout le temps d'en apprendre la définition par cœur après trois mois enfermé dans une chambre pour subir recevoir son traitement. La maladie étant contagieuse, il avait été placée dans une bulle magique pour éviter la propagation. De plus, cette bulle empêchait les différentes parties de son corps de disparaître... trop loin du reste. Les visites étaient plus que restreintes à cet étage de l’hôpital et rares étaient les fois où ses amis avaient pu venir le voir. Trois mois sans le moindre contact physique. De nombreuses fois, Caliban cru qu'il allait perdre la tête comme il perdait le reste. Heureusement, les infirmières étaient plus que bienveillantes et lui avait fourni lectures, devoirs et même parfois des appareils et des outils pour qu'il puisse garder la main en ingénierie et travailler d'arrache pied pour tenter d'avoir son année scolaire. Mais enfin cela était terminé. Après deux jours sans qu'aucune partie de son corps ne se fasse la malle à l'autre bout du lit, il avait été déclaré guéri et non contagieux. Cela serait un euphémisme de dire qu'il se sentait enfin de nouveau entier, la tête sur les épaules.

Caliban émergea alors que les dernières notes de sa musiques sombraient dans le brouhaha. Son hydromel l'attendait. Il était bien le seul. Être dans une bulle magique tant de temps avait du laisser des traces car même à présent, au milieu d'un bar bondé, il se sentait loin du reste du monde et très seul.

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Derek KnightSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Re: Never been claustrophobic, but now the walls are closing in [Libre]   Jeu 30 Nov - 9:18


Never been clausrophobic but now the walls are closing in
Derek & Caliban & ...
Derek était de ceux qui s’intéressaient aux gens, à leurs histoires, s’amusait à imaginer un passé et un futur en analysant le présent. Et c’était un fin observateur, dans l’ombre, sirotant son whisky 20 ans d’âge qui valait environ le mois de salaire d’un travailleur moyen, et attendant que son attention soit suffisamment titillée pour qu’il se décide à quitter sa posture statuaire dans le coin du bar. Il faisait presque parti du décor, venant bien souvent refaire le monde avec le propriétaire du Scottish Inn, Gabriel, et lorsque celui-ci était absent, comme ce soir, il se contentait d’observer habitués comme les nouveaux venus se désaltérer d’alcool plus ou moins fort, pour festoyer ou noyer quelques chagrins. De par son métier, ou peut-être sa nature (qui pourrait savoir si la personnalité choisit la vocation, ou bien s’il s’agissait d’un appel, que quelque chose ou quelqu’un avait décidé que Derek deviendrait le génie criminel qu’il était ?), il avait été amené à rencontrer tant de personnes, chiens comme loups, qu’il se targuait de pouvoir reconnaître, d’un coup d’œil, l’exceptionnel de la masse, et seuls ces gens si particuliers, qu’il pensait dignes de son temps, avaient l’insigne honneur d’entendre le son de sa voix.

La lumière tamisée, les éclats de rire des ivrognes, gras et éraillés, ainsi que ceux de quelques étudiants de l’UPA, bien plus aigus et enthousiastes, rendait le décor chaleureux et quelque peu réconfortant, bien qu’il aurait effrayé ceux qui n’avaient pas l’habitude de l’ambiance nocturne d’Atlantis. Une gorgée, une dernière : personne ne valait son intérêt ce soir. Cela n’était pas bien grave, Derek se rendrait dans son entrepôt, et se délecterait seul en admirant ses tableaux, volés dans les musées internationaux, remplacés pour le public par des copies réalisées par son ami Tobias. Une soirée somme toute banale pour lui.

Mais ses plans furent perturbés par l’arrivée dans la pièce d’un jeune homme au regard un peu perdu qu’il n’avait jamais vu dans le pub, qui ne semblait pas à place, comme un anachronisme dans une fresque historique. C’était un jeune homme plutôt séduisant, qui avait une démarche un peu gauche et l’œil qui se posait nul part et partout à la fois, un peu comme s’il apprenait à redécouvrir le monde : un profil intéressant, assurément. Les hommes seuls qui pénétraient au Scottish Inn ne venaient habituellement que pour deux raisons seulement : séduire (bien que l’Atlantease, cet établissement peu raffiné qui se trouvait non loin de là, était décidemment un lieu plus adapté pour le flirt et les coups d’un soir), ou rejoindre quelques amis qui les attendait. Mais lui, c’était différent, quelque chose dans son attitude, dans son aura, lui faisait dire qu’il était atypique. Qui était-il ? Que faisait-il là ? Quelle était son histoire ? Sacramento avait à cœur de l’apprendre, dans cette curiosité de l’humain presque scientifique et méthodique qu'il possédait. Le savoir, c’est le pouvoir, après tout.

Le regard de Derek se fit prédateur, mais pas agressif, attendant le bon moment avant d’attaquer, comme à son habitude. Il faisait mine de continuer à déguster son verre, lentement, et personne n’aurait pu savoir que toute son attention était focalisée sur le garçon. Celui-ci se leva et changea la musique du Jukebox, et aucun muscle dans le corps du trafiquant d’objets magiques ne bougea, ses yeux insondables restant fixés dans le vide, visualisant parfaitement le jeune homme, derrière lui, en train de marcher jusqu’à la machine à musique ensorcelée, et changer le morceau dans un souffle poli, avant de retourner à sa place, solitaire face à son verre.

C’est à ce moment là que Derek se mit en marche, dans une danse qu’il avait l’habitude d’effectuer, et que le barman, qu’il connaissait bien, sembla remarquer. L’employé du Scottish Inn étouffa un petit rire, il avait vu le trafiquant faire son petit jeu bien des fois : il avait cru, au départ, que c’était une histoire de séduction ou bien qu’il n’était rien d’autre qu’un pickpocket (il ne s’était pas abaissé à une telle pratique depuis son adolescence, et il n’allait pas recommencer), mais bien vite, il avait cessé d’essayer de comprendre le pourquoi du comportement de Derek, lorsqu’il avait saisi qu’il ne s’agissait en aucun cas de ses précédentes suppositions. L’américain se dirigea vers le fond du bar, comme s’il voulait s’approcher de la cible de fléchettes, et frôla d’un peu trop près le jeune homme alors qu’il portait son verre à sa bouche, renversant sa boisson sur ses vêtements.

« -Oh, je suis vraiment désolé, dit-il en parfait comédien.

D’un geste qu’on pouvait voir habitué, il fit un petit mouvement de baguette, lançant un Recurvite informulé afin de nettoyer l’inconnu. Son expression était remarquable d’interprétation : il semblait sincèrement désolé, et contrit d’avoir causé une telle commotion.

-Permettez-moi de vous payer le verre que je vous ai dérobé par ma maladresse, proposa Derek en faisant un petit signe de tête au barman, qui comprit le message aussi clairement que de l’eau de roche. Ce n’était pas la première fois, ni la dernière fois, qu’il faisait ainsi partie de la supercherie.

Et au lieu de partir, de laisser le garçon à sa solitude et à sa boisson, l’américain, sans gêne, s’assit près de lui, comme si sa fausse manœuvre les avait, quelque part, liés. Cela semblait si naturel, si impromptu, que personne n’aurait pu se douter qu’il s’agissait en réalité d’un ballet savamment maitrisé. On pouvait trouver étrange qu’il s’installe ainsi à côté d’un étranger : et pourtant, dans un pub, il n’était pas rare de croiser des gens s’encombrant bien peu des convenances et parlant avec n’importe qui, comme s’ils s’agissaient de leurs plus proches amis.

-Je suis Derek Knight. Voix douce, inoffensive, à mille lieux de l’essence si vile de Sacramento. Enchanté de vous rencontrer, monsieur… ? »

Une main fut tendue vers le jeune homme. La prendrait-elle, mordrait-il à l’hameçon ? Dans tous les cas, la partie de pêche serait intéressante.

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Caliban MirthÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
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MessageSujet: Re: Never been claustrophobic, but now the walls are closing in [Libre]   Mer 6 Déc - 13:35

Caliban, plongé qu'il était dans le dédale de sa non-réflexion, esprit perdu sur un océan de quiétude, eut l'impression de vivre la collision de l'extérieur, tel un spectateur. Ses sens, que l'alcool n'avait encore eu le temps d'altérer, étaient pourtant noyés sous une chape d'inertie. Le temps que sa conscience trouve son chemin jusqu'à la surface, l'étranger avait terminé d'excuser et réparer sa maladresse. L'étudiant releva la tête vers l'inconnu alors que ce dernier commandait un autre verre, lui permettant ainsi de l'observer quelques secondes à son insu. L'idée qu'il devait ressembler à un poisson qu'une vague aurait rejeté sur le rivage le força à se donner contenance. Et c'est là que l'éducation stricte de ses jeunes années reprit le dessus, telle une protection. Un abîme séparait le jeune garçon éduqué pour faire bonne figure devant la haute société que fréquentait son politicien de père et le jeune adulte qu'il était devenu. La tête et le dos droit, les épaules ouvertes, les jambes parallèles et les pieds posés à plat sur le sol, sa posture alliait à présent équilibre, stabilité et ouverture. Comme une marque au fer rouge, cette attitude, bien qu'elle ne fasse pas parti de lui, lui collait à la peau et il ne pouvait l'empêcher de parfois transparaître. Un sourire moins chaleureux qu'il ne semblait sur les lèvres, il remercia le gentleman d'avoir remédié à l'erreur causée par son inattention.

Alors que son interlocuteur s'installait à sa table Cal restait silencieux et souriant. Même s'il ne connaissait rien de cet homme, il lui apparaissait clairement qu'il n'était pas n'importe quel clampin traînant dans un bar. Sa tenue, son expression, sa posture, son sourire. Quelque chose chez lui rappelait son père au garçon, sans pour autant qu'il ne puisse dire exactement quoi. L'ancien Poufsouffle ne connaissait son paternel que trop bien pour ne pas se méfier d'un homme lui étant, Merlin sait pourquoi, semblable. Et pourtant, la voix douce et l'air avenant de Derek, qui venait de se présenter, lui donnait envie de mettre ses doutes de côtés. De se convaincre que ce n'étaient là que des élucubrations dues au fait que l'éducation que son fameux père lui avait imposé resurgissait ce soir. Un relent de rancœur qui ne devait pas pour autant déteindre sur n'importe quel individu paraissant un tant soit peu puissant, se tenant correctement et étant avenant. Après tout, son géniteur ne se comportait ainsi qu'avec les gens pouvant lui être utile, hors il doutait fortement que Monsieur Knight n'attendent quoi que ce soit d'un inconnu un peu perdu dans un bar. “Sur l'apparence est bien fou qui se fonde”, comme l'avait-il appris lors de ses années à Poudlard dans la maison la plus tolérante. Serrant la main en retour, il répondit.

- Le plaisir est pour moi, Monsieur Knight. Je me prénomme Caliban Mir... La fin resta coincée dans le fond de sa gorge. Partager son nom avec l'un des politiciens moldus les plus virulent envers la cause sorcière n'était pas toujours évident. Le dévoiler à un inconnu dans un bar sorcier, sans savoir qui pourrait l'entendre et ce qu'ils pourraient en tirer comme conclusion était une étourderie qu'il ne comptait pas commettre. Pour peu que cela tombe dans l'oreille d'un extrémiste anti-moldu... Appelez-moi simplement, Caliban. Si nous sommes amené à partager un verre et une table ce soir, je pense que cela est de circonstance.

Seul un idiot passerait à côté du fait que le jeune homme agissait étrangement et Derek semblait à des lieux d'en être un. Mais si le français ne se trompait pas, il était aussi un homme bien éduqué. Le genre d'homme qui, simplement parce que les codes de la société jugent cela mal vu, n'oserait revenir sur le bafouillage du garçon. Du moins l'espérait-il.

Reprendre la conversation le premier pour mieux l'aiguiller vers où l'on souhaite était un principe de son père. Caliban ne savait pas bien où il voulait mener cette discussion, si ce n'est loin d'un sujet épineux pour lui. Le jeune homme, bien qu'il soit passé en mode "diplomate", comme il appelait ce côté de sa personnalité, sortait tout juste d'un isolement forcé de plusieurs mois et s'inquiétait de n'être assez habile avec les mots et la répartie pour l'adversaire que représenterait Derek Knight s'il lui laissait le temps de s'arrêter et s’intéresser.

- Etes-vous un habitué ici ?

Terriblement banal, n'est-ce pas ? Heureusement, l'important était davantage l'efficacité de l'artifice que son originalité. La chope d'hydromel fut servie et il s'y réfugia, avalant quelques gorgées, pour s'épargner de débiter d'autres futilités. Que lui avait enseigné ses tuteurs à ce propos ? "Pour éviter d'embarrasser votre père en public, soupeser attentivement chaque mot avant de lui donner vie, car une fois matérialisé, rien ne peut le rattraper. Dans la mesure du possible, taisez-vous et ne parlez que si la parole vous est adressée." Si l'on faisait fi de la dernière partie, le reste pouvait être considéré comme un bon conseil. La stérilité affective mise à part, son éducation n'avait pas été constituée que de mauvaises choses.

Un rapide passage en revu des différentes évolutions possibles de la conversation l'aida à se rendre compte qu'il n'était pas bien inspiré. Si lors de son séjour prolongé à l'hôpital ces membres étaient ceux qui ne cessaient de disparaître sans raison, il lui semblait qu'à présent c'était au tour de son cerveau. Caliban frissonna. Était-ce possible ? Un effet secondaire caché ? Ou alors manquait-il de pratique après tout ce temps sans socialisation. Oui, cette explication le rassurait. L'étudiant décida d'y croire. Tout plutôt que devoir redevenir un patient enfermé, littéralement, dans une bulle. Désireux de se prouver qu'il ne s'agissait pas d'un symptôme mais d'une habitude à reprendre, il enclencha le rouage de ses méninges pour faire mieux que précédemment.

Raclement de gorge. Ce que je veux signifier est que vous n'avez l'air d'être de ceux qui sont ici pour célébrer ou n'ayant pas de meilleur endroit où se rendre. De fait, Derek n'avait pas l'air d'être le genre d'homme à rester dans ce type de bar sans raison. Ou peut-être était-ce parce qu'il associait l'homme, dans une certaine mesure et inconsciemment, à son père et qu'il ne pouvait s'imaginer ce dernier dans un endroit tel que celui-ci. A la limite, si c'était pour des raisons professionnelles... Et encore.

N'était-ce pas déjà un peu mieux, d'un niveau plus approprié à son mode diplomate ? Chasser les informations plutôt qu'en divulguer, technique basique. Simple. Certes, il était possible que son compagnon de table s'offense de ses propos qui pouvaient être mal interprétés, mais son sourire doux et sincère devraient suffire à prouver sa bonne foi. Du moins espérons-le.

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MessageSujet: Re: Never been claustrophobic, but now the walls are closing in [Libre]   Dim 10 Déc - 11:16


Never been clausrophobic but now the walls are closing in
Derek & Caliban & ...
Il y avait cette citation de Montesquieu, que Derek avait toujours admiré pour ses pensées philosophiques en avance sur leurs temps, à laquelle il pensait bien souvent et essayait, du mieux qu’il pouvait, de suivre les préceptes. "Les lions ont une grande force, mais elle leur serait inutile, si la nature ne leur avait pas donné des yeux." Et alors qu’il scrutait le jeune homme de ces yeux inquisiteurs, il se sentait certes prédateur, car cette quête insensée qu’il avait de collectionner, en quelque sorte, les histoires et les expériences humaines pour, quelque part, s’en servir dans sa quête personnelle de grandeur et de pouvoir, n’était en rien anodine ou désintéressée, mais il se sentait aussi sage, comme s’il avait compris les secrets les mieux cachés de l’univers et qu’il les partageait, grandiloquent, avec cet étranger. Son égocentrisme n’avait pas de limite. Et le pire, c’est que l’inconnu n’avait encore pas prononcé un seul mot. Derek sentait sa retenue, somme toute naturelle. N’avait-il pas envahi son espace personnel en s’installant ainsi près de lui, sans autorisation ni consentement préalable ? L’américain, qui se proclamait un gentleman, toujours poli et ne dépassant en aucun cas les limites de la bienséance, n’aurait-il pas foulé du pied ce qu’il tenait en si haute estime ? Selon lui, ce n’était pas le cas, car dans sa logique tout à fait individualiste, il ne pouvait jamais avoir tort, et son instinct était toujours le bon. Il édictait les règles, marionnettiste d’un monde qu’il croyait sien.  

Et puis l’étranger n’en fut plus un. Il se présenta, aimable, avenant. Son parler, après quelques bafouillages que l’américain mit sur le fait d’une surprise non calculée, plutôt que sur un défaut de langage, semblait signifier qu’il venait d’une grande famille, ou tout du moins, qu’il était suffisamment éduqué pour comprendre les subtilités de l’étiquette. Après tout, que voulait dire l’environnement dans lequel on avait grandit ? Il y avait des sangs les plus purs qui étaient tombés d’un piédestal si haut qu’ils n’avaient jamais pu revenir dans les hautes sphères de leurs jeunesses, et des moins que rien qui s’étaient élevés au dessus du commun des mortels. D’ailleurs, Derek le sang-mêlé, qui avait grandit dans les pires quartiers de New-York, d’une mère serveuse qui peinait à joindre les deux bouts et d’un père sorcier inconnu, n’en était-il pas le parfait exemple ? Il vivait maintenant parmi les nuages, dans les Tours d’or blanc d’Atlantis, et ce, par choix : il aurait pu évoluer dans les plus grands palaces, les décors les plus sompteux. Mais l’apparat ne l’intéressait pas. Sa fortune n’était pas si imposante que ça, à cause de ces œuvres d’art qu’il collectionnait et affectionnait tant. Il y avait quelque chose de si puissant, de si divin, à posséder les tableaux les plus précieux qui n’aient jamais existés, comme si on l’avait investi du pouvoir de les sauvegarder de l’impureté de ce monde.

Caliban, donc, un nom fort, porteur de symboles. Derek, amateur de belles lettres et en particulier de Shakespeare (il portait d’ailleurs, caché sous ses vêtements, une de ses plus belles citations, gravée sur sa peau), pensait automatiquement au personnage de La Tempête, Caliban le monstrueux, l’esclave vil et honteux. Mais il ne voyait pas dans le jeune homme une ressemblance avec une quelconque créature assujettie ou pire, néfaste : plutôt comme s’il avait réussi à briser les chaines d’un patronyme trop lourd de sens, et qu’il portait aujourd’hui fièrement, la tête haute, la poitrine relevée. Bien sûr, cela pouvait être de simples élucubrations, des murmures qui se répercutaient dans l’esprit dément de Derek. Qui pouvait réellement savoir, après tout ?

Il se sentit presque fier lorsque Caliban posa sa question le premier. Parce que quelque part, cela signifiait qu’il avait vu juste, qu’il n’était pas de ceux qui attendent passivement qu’on leur dise ce qu’ils devaient faire. Qu’il avait fait le bon choix, en choisissant le garçon, cette table, ce verre, ce soir là.

« -Un habitué, peut-être… Il est vrai que je passe un certain temps dans cet établissement, étant ami avec le propriétaire, et appréciant sans mal un whisky après une dure journée de labeur. Mais en effet, je ne célèbre pas, et j’aurai certainement d’autres endroits dans lesquels me rendre.

Il s’écoutait parler, à ce point. Il aurait été difficile de ne pas saisir les relents d’une supériorité pensée et calculée dans sa voix, bien que rien dans son ton ou dans sa gestuelle ne laissait entendre qu’il considérait son interlocuteur comme inférieur. Il étendait sa toile. On pouvait saisir qu’il y avait quelque chose, en lui, de dérangeant, de bien plus sombre que son apparence candide dissimulait. Mais bien sûr, pas de preuves, jamais, que des soupçons qui ne pourraient jamais être vérifiés. Et si par malheur un nez allait fouiller un peu trop loin, le repos éternel viendrait délivrer le curieux.

-Mais vous aussi, après tout, mon ami. Etre seul ce soir, à cette table, pour une personne aussi jeune que vous et aussi bien faite de sa personne… Cela engendre des questionnements. Ne devriez-vous pas, comme ces étudiants –il désignait les éclats de rire un peu plus loin-, apprécier quelque compagnie et partager naïvement des expériences de vie ? »

Son ton était si poli, si bénin, comme si sa question était légitime, et en aucun cas presque intrusive. Il se voulait charmeur sans être séducteur (cela était à des milliers de lieux de son esprit), paternaliste sans être familier, curieux sans être indiscret. Et il réussissait son tour de passe-passe, l’illusion était parfaite, on aurait très bien pu croire que chaque parole qu’il prononçait n’était pas soigneusement choisie, calculée. Même s’il espérait, quelque part, que son stratagème serait découvert. La partie n’en serait que plus intéressante, et il n’avait aucun doute de sa victoire finale.

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