Bienvenue sur Catharsis

#1Votez
#2Votez
#3Votez
Épidémie de Dragoncelle6 Septembre 2000 L'épidémie de Dragoncelle continue son chemin allant jusqu'à mettre certains lieux en quarantaine magique. On recherche toujours un traitement à l'Hôpital de Sainte Mangouste... LIRE PLUS
Un espoir de cure8 Septembre 2000 Un traitement médicamenteux a été trouvé contre la Dragoncelle et l'Eclabouille qui s'était déclarée dans la Moonrise Gallery. On recherche encore une cure totale. Des grèves pétrolières bloquant les importations ont commencé dans tout le Royaume-Uni... LIRE PLUS
Manifestations pour les droits des êtres magiques et non-magiques15 Septembre 2000 Des manifestations mettent en avant les droits des moldus et des êtres magiques en vue de modifier les lois par le Gouvernement. En parallèle les Jeux Olympiques commencent à Sidney, avec des sportifs mixtes, à la fois moldus et sorciers.... LIRE PLUS

 Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Jeu 26 Oct - 16:00


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace essayait de se convaincre que sa venue sur le Chemin de Traverse n’avait rien à voir avec lui. Il fait beau, aujourd’hui. Je suis en congé. Je vais juste faire quelques emplettes, prendre le soleil à la terrasse du Starbucks. C’est tout. Aucun plan derrière la tête. Elle avait vraiment du mal à trouver des excuses viables. Pour se donner bonne conscience, elle avait même invité Matthew à l’accompagner, mais celui-ci avait malheureusement décliné la proposition, invoquant du travail à faire. Elle n’était pas dupe, nous étions au mois d’Août et son frère n’avait rien d’autre à faire que de jouer à Tony Hawk’s Pro Skater sur sa Dreamcast, en caleçon, en mangeant des pizzas : il avait probablement une poussée, et était comme d’habitude trop fier pour lui dire. Elle se jura de passer le voir dans la soirée, pour être sûre qu’il n’ait besoin de rien. Pour l’instant, il fallait qu’elle aille voir Mi… euh… aller faire du shopping. Non vraiment, vraiment, le fait que son voisin si gentil et si aimable et si mignon et si drôle avait un magasin à l’endroit où elle se rendait n’avait aucun rapport avec sa sortie du jour. Ne sois pas ridicule, ma fille. Personne n’est dupe. Tu viens d’utiliser quatre adjectifs pour le décrire. Quatre.

Le pire, c’est qu’étant moldue, pour pouvoir accéder à la rue sorcière, située à Londres et donc à plus de 600km de son lieu d’habitation, elle avait du faire les démarches pour acquérir un portoloin, et qu’elle avait presque réussit à se persuader qu’il n’avait rien à voir avec tout ça. Dans le formulaire qu’elle avait dû remplir, à la case « raison de votre voyage », elle avait hésité plusieurs minutes, son stylo pressé contre le papier, l’air un peu paniqué. La kiné avait au final mit « tourisme », ce qui n’était pas faux, quelque part. Elle comptait réellement aller flâner dans des boutiques. Mais surtout une en particulier, voilà tout.

Lorsqu’elle avait saisi la poêle à frire qu’on lui avait fourni en guise de portoloin, elle avait senti une drôle de sensation dans les doigts et les jambes, avant de ressentir un grand vide. Après tout, les molécules de son corps étaient littéralement téléportées d’un endroit à un autre, et cela faisait beaucoup pour un organisme non habitué. Grace aurait tué pour comprendre comment cela marchait, exactement. Mais est-ce que les moldus réussiraient à comprendre, un jour, la nature même de la magie, et son utilisation ? Arriveraient-ils à quantifier, de manière scientifique et rationnelle, ce qu’était le potentiel magique ou comment fonctionnait un sortilège ?

Et puis, en une fraction de seconde, elle était arrivée. Ce fut le bruit qui la frappa, tout d’abord : la zone d’atterrissage du Chemin de Traverse était juste à côté des commerces, afin de faciliter le tourisme, et en cette chaude journée d’Août, les rues étaient bondées. Il faisait chaud, plus chaud qu’à Atlantis : elle fut contente d’avoir enfilé une petite robe d’été courte à fines bretelles, ainsi que de simples sandales. Une tenue parfaite pour un ciel sans nuages. Vu le temps qu’il faisait, elle aurait pu aller faire un tour de bâteau, aller bronzer à la plage, ou simplement aller prendre un bol d’air frais à la Marina d’Atlantlis, mais non, la voilà prête à aller affronter la foule simplement pour avoir un prétexte de parler à Milo. Ma vieille, te voilà mal barrée. On dirait une écolière de 12 ans.

Au départ, elle se tint à son plan. Elle fit un peu de lèche-vitrine. La plupart des boutiques étaient destinées aux sorciers, mais avec la levée du Secret, les activités du Chemin de Traverse s’étaient diversifiées. Après tout, business is business et les commerçants l’avaient compris, le marché moldu était à portée de leurs mains. Mais bien vite, ses pas la conduisirent, presque comme s’ils avaient une volonté propre, devant la boutique de Milo’s Magical Sport Supplies.

Un tintement de clochette, à son entrée, la fit rigoler doucement. Milo était un peu vieux jeu, visiblement. Elle regarda tout autour d’elle, émerveillée par les balais et les équipements (dont, pour la plupart, elle n’avait aucune idée de l’utilité) qui se trouvaient autour d’elle. Bien vite, cependant, elle se tourna vers le comptoir, où elle s’attendait à voir son voisin. Malheureusement… Ce n’était pas le cas. Un jeune homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant lui rendait son regard, la prenant pour une simple cliente, probablement. Un peu déçue, mais ne perdant pas espoir (peut-être était-il dans l’arrière-boutique), elle s’approcha de lui avec un petit sourire timide.

« -Bonjour, je suis vraiment désolé de vous déranger… Est-ce que Milo est là ? »

Elle croisa les jambes et les bras, un peu mal à l’aise. Grace avait toujours un petit peu de mal avec les gens qu’elle ne connaissait pas, mais sa timidité n’était, à chaque fois, que passagère. Après tout, sa mère lui avait toujours dit de se méfier des inconnus.

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Ven 27 Oct - 9:47


Le magasin est désert et silencieux. Je n’ai pas l’habitude de m’y trouver seul, Milo quitte rarement sa boutique, même pour une heure, et bien que je connaisse le magasin presque aussi bien que lui, je ne peux m’empêcher de ressentir un peu de pression. Heureusement, je me sens légèrement mieux depuis deux jours ; mes idées sont plus claires, ma concentration plus facile et les pensées qui, jusqu’à maintenant, me clouaient au lit dès ma sortie du travail deviennent moins obsédantes. Les potions prescrites par ma psychomage – j’ai échangé le docteur Foster, trop dirigiste et intrusif à mon goût, contre la psy qui m’avait reçue en urgence après ma tentative de juillet, qui me convient mieux – prouvent leur effet, lentement mais sûrement. Je m’adjoins à nos deux rendez-vous hebdomadaires, et la tentation récurrente d’y échapper pendant les premières semaines s’estompe maintenant. Comme à chaque fois, je suis entré dans son bureau la tête pleine d’appréhension, mais elle les a pour l’instant détrompées, ne faisant ni commentaire sur mes mères ni sur ma colocation peu ordinaire, entre autre. Elle n’insiste pas pour parler de ma maladie, de mes difficultés ou de ma tentative ; nous discutons surtout de ma famille, de mon entourage, je lui ai même relaté la proposition de paternité de Torvi pour lui demander son avis. Je ne suis pas prompte à faire confiance, d’ordinaire ; mais elle a réussit à instaurer un sentiment de sécurité, un espace de confidence bienveillante. Pour moi, c'est déjà beaucoup.

Parler fait du bien. C’est étrange de s’en rendre compte si tard. J’ai toujours pu parler avec mes mères ou mon parrain, sans trop de filtre ; au contraire même, iels ont toujours considéré primordial de pouvoir exprimer ses ressentis en famille, de pouvoir y trouver les réponses aux questions que l’on se pose en grandissant. Mais malgré cela, certaines choses restent difficiles à dire. Bloquées. Par peur de décevoir ? C’est ce qu’a sous-entendu ma psychomage. Elle n’a peut-être pas tort.

Il y a foule dehors, il fait beau, le Chemin de Traverse est bondé dès l’ouverture des magasins. J’observe les gens un peu distraitement, mon stylo suspendu au dessus du carnet de commande dont  je dois dupliquer les références sur les bons de la semaine. Pas très passionnant, mais prenant ; la journée passera vite. Une petite fille s’arrête devant la vitrine, les yeux brillants d’envie pour une paire de chaussures de football améliorées ; quelques adolescent-e-s à l’air connaisseur examinent les balais ; mais personne n’entre, et je peux même me préparer tranquillement un café sans être interrompu.

Quelqu’un pousse la porte, finalement. Une jeune femme, un air ravi et admiratif collé sur le visage, observant les balais avec une curiosité presque enfantine. Une Moldue ? Son sourire vacille lorsqu’elle pose ses yeux sur moi, trahissant une légère déception. Je lui lance probablement un regard un peu trop sérieux ; ça m’arrive souvent malgré moi, car je me prépare à déployer toute ma concentration pour entendre et comprendre au mieux sa demande.

Et ladite demande m’étonne un peu. Ou plutôt sa façon de la prononcer.

- Bonjour. Vous ne me dérangez pas, mais Milo n’est pas là cette après-midi. Vous avez rendez-vous avec lui ?

Une nouvelle fournisseuse ? Elle est trop hésitante pour ça. Une cliente venue pour un devis ? Plus probable.

- Je peux vous aider, peut-être ?

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Ven 27 Oct - 16:29


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Elle qui pensait que son plan était parfait, elle n’avait pas pensé à une chose pourtant évidente : comment avait-elle pu ne pas songer à l’éventualité que Milo avait des employés ? Ce n’était pas parce qu’elle gérait tout toute seule, à son cabinet, que tout le monde était dans le même cas. Elle aurait adoré avoir une secrétaire pour gérer tous ses rendez-vous, mais elle n’avait pour l’instant pas les moyens de rémunérer qui que ce soit, pas tant qu’elle n’aurait remboursé son père jusqu’à la dernière pièce. Elle avait bien pensé à entrer en collaboration avec un autre kinésithérapeute, afin de partager l’espace et de collaborer, mais sa recherche n’avait rien donné pour l’instant. Enfin, le point positif, c’est qu’elle n’avait pas de concurrence à Atlantis, et son carnet de patient était bien rempli.

Enervée d’avoir fait toute cette préparation pour rien, elle ne pouvait s’empêcher de se maudire intérieurement. Quand est-ce qu’elle grandirait un peu ? Pourquoi partir dans de telles extrémités et voyager aussi loin pour un gars qu’elle ne connaissait pas tant que ça, finalement ? Son frère lui disait toujours qu’elle était bien trop romantique pour son propre bien. Déçue, son regard se posa sur le jeune homme derrière le comptoir, à qui elle sourit doucement. Ce n’était pas sa faute, à lui. Elle n’en voulait qu’à une seule personne, et c’était elle-même.

« -Oh non, je n’ai pas rendez-vous avec lui, je… Elle essaya d’avoir l’air le plus détendu possible, afin de faire passer le fait qu’elle était bien là par hasard. Je suis sa voisine et j’étais dans le coin… J’ai vu la boutique… Je me suis dis que j’allais venir le saluer.

Est-ce que c’était une raison suffisante ? N’était-ce pas un peu bizarre qu’une personne, dont le seul point commun avec vous était de vivre à côté de votre appartement, vienne vous voir sur votre lieu de travail ? Grace commençait à regretter sa décision de venir ici, et doutait de l’efficacité de son plan. Peut-être que ce n’était pas plus mal, au final, que Milo ne soit pas là. Elle ne voulait pas passer pour un stalker, ou quelque chose du genre. Et pourtant, ce n’est pas ce que tu es, ma fille ? A penser à lui avant de t’endormir le soir, à t’imaginer des scénarios abracadabrantesques pour pouvoir le revoir, à parler de lui à ton hérisson parce qu’au moins il ne te jugera pas pour ce crush si soudain et pathétique ? Tout ça parce qu’il a eu la gentillesse de t’aider lors d’une panne de courant… Pourquoi la voix dans sa tête ressemblait étrangement à celle de sa mère, lorsqu’elle se désolait de ne pas encore avoir de petits enfants ?

-Et… Elle commença à chercher une meilleure excuse pour sa présence ici. Mon frère est un très bon cavalier et je me suis dis que je pourrais peut-être trouver son cadeau d’anniversaire ici.

Il était né en mai, mais à part ça, c’était un alibi à peu près convainquant. Elle espérait que le jeune homme ne parlerait pas de sa venue à Milo, et qu’il oublierait toute cette histoire. Parce qu’elle se sentait très bête et avait l’impression qu’un grand trou se creusait de plus en plus sous ses pieds.
Perdue dans ces pensées peu valorisantes sur elle-même, tout à coup, elle réfléchit à ce que lui avait dit Milo sur son métier et sa boutique. Un flash.

-Oh, mais vous devez être le pote ingénieur, c’est ça ? s’exclama-t-elle. Elle se rendit compte un peu trop tard qu'elle avait été peut-être un peu bruyante et brusque. Désolé… Je ne connais pas votre nom. Moi, c’est Grace. »

Peut-être était-ce une erreur de donner son nom si elle espérait que le jeune homme ne mentionne pas sa présence à Milo, mais sa politesse était plus grande que de quelconques précautions. C’était sa grand-mère maternelle qui lui disait « tu sais Grace, la politesse, c’est comme le zéro. Ça vaut rien mais ça ajoute à toute chose ». C’était une brave femme, sa grand-mère, une bretonne fière et dure qui n’avait pas la langue dans sa poche. Elle aurait aimé être aussi forte qu’elle.

En tout cas, elle espérait être suffisamment bonne comédienne pour à la fois masquer sa déception de ne pas voir le sourire si craquant de son voisin, et faire croire son bobard d’achat de cadeau d’anniversaire ainsi que sa présence par le fruit d’un simple hasard. Peu probable, mais après tout, c’était tout ce qu’elle pouvait faire. Croiser les doigts, et espérer que ça passe.  

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 28 Oct - 18:58


La jeune femme a l’air plongée dans un profond débat avec elle-même, et je me contente de la regarder, attendant patiemment qu’elle se décide. Elle paraît tranquille mais ses jambes croisées trahissent sa nervosité, son sourire une légère déception. Je ne la lâche pas du regard, pour ne pas manquer son visage au moment où elle parlera à nouveau. Mes réflexes de vendeur reviennent, vieilles compétences de mon premier emploi, pas si loin du Chemin de Traverse d’ailleurs. Je me redresse, repousse dans un coin de mon esprit les pensées du quotidien et range stylo et cahier pour me montrer entièrement disponible. L’agitation magique que crée la foule dehors crée un brouillard sonore très désagréable, que je tente d’ignorer ; je ne peux pas demander aux clients de porter un micro.

Sa réponse me déconcerte un peu, il faut l’admettre, et j’espère ne pas trop le laisser paraître. Après tout, elle a bien le droit de venir saluer ses voisins, même si son zèle est un peu étonnant. Enfin, pas forcément si étonnant ; tel que je le connais, Milo a dû lui vanter les mérites de sa boutique dès leur première discussion. C’est sympathique de sa part, finalement ; ma voisine de 80 ans n’en ferait pas autant, elle qui me demande - avec une persévérance admirable il faut l’admettre - la date de mon mariage avec Torvi depuis qu’elle a vu le ventre rond de cette dernière (j’ai tenté de lui faire comprendre que nous n’étions pas en couple, mais au vu de son acharnement, je pense que cette option lui semble inenvisageable).

Je reviens à la conversation pour l’entendre parler de son frère et la laisse parler, réfléchissant aussitôt au matériel d’équitation que je pourrais lui proposer. J’entends avec un peu de retard sa phrase me concernant et sursaute légèrement à cause de l’augmentation brutale de volume. Merde, je suis encore ralenti, et les grésillements de mes appareils n’arrangent rien. Je me maudis intérieurement en espérant que mon dérangement ne sera pas trop visible.

- Le pote… Étudiant ingénieur, mais oui, ça doit être moi. Irvin.

Foutues perturbations, je n’ai pas bien saisi son prénom.

- C’est gentil de votre part, je pourrai lui dire que vous êtes passée, si vous voulez. Vous n’avez pas de chance, il est toujours là d’habitude, il s’absente rarement. Si vous repassez demain, vous le trouverez ici. Vous avez dit que vous vous appelez… ?

Je quitte le comptoir et l’invite d’une main à se diriger vers un coin de la boutique, opposée à la vitrine, où se trouve accrochée une selle. L’équitation est un domaine que je ne maîtrise pas franchement, alors je tente de paraître le plus professionnel possible en lui désignant l’objet.

- Pour l’instant, notre offre de matériel d’équitation est limitée. Nous vendons principalement des selles, faites main, et des tapis à mémoire de forme qui permettent de répartir équitablement le poids du cavalier tout en protégeant bien le cheval. Je peux vous en apporter un si vous voulez voir, il en reste un dans l’atelier. Vous cherchiez quoi exactement ? Nous prenons aussi des commandes personnalisées, on peut vous faire un devis pour un matériel particulier.

Grace, ce prénom me tourne en tête, je suis certain que Milo m’en a parlé. Et puis brusquement, mon cerveau fait 2+2 et je me frappe le front.

- Oh, vous êtes la voisine avec le pyjama Wonder Woman ? Il m’a parlé de vous !

En termes élogieux d’ailleurs, et tout le récit de coupure de courant me revient en tête. La voisine et son hérisson, la discussion une bonne partie de la nuit, et une sombre histoire de frigo dont j’ai oublié les détails. Un autre détail rejaillit aussi dans ma mémoire ; la jeune femme est moldue… elle a donc fait tout le chemin d’Atlantis à ici ? Elle devait être sacrément motivée pour venir sur le chemin de Traverse.

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mar 31 Oct - 13:12


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace regardait attentivement les yeux d’Irvin, afin de voir s’il suspectait quelque chose. Elle ne lui avait pas menti à proprement parler, disons, qu’elle avait simplement omis de lui dire que si elle était dans le coin, c’est parce qu’elle avait prit un portoloin à Atlantis simplement pour avoir l’opportunité de revoir son voisin, et que si son frère était réellement un cavalier, il ne pouvait plus vraiment monter à cheval à cause de sa maladie. Elle se sentait un peu coupable, elle savait parfaitement qu’un mensonge par omission était avant tout un mensonge, et cela ne lui ressemblait pas d’agir ainsi. D’autant plus qu’Irvin semblait vraiment la croire sur parole, et lui répondait avec diligence et sympathie : elle aurait eu moins de remords si la personne en face d’elle était indélicate ou impolie.  

« -C’est mon karma, ça… Aujourd’hui, c’était mon jour de congés malheureusement. Enfin, ne vous embêtez pas à lui parler de ma venue. Je suis juste sa voisine, après tout.

A ton plus grand désespoir, ma fille. Quand est-ce que la petite voix dans sa tête arrêterait de lui casser les pieds ? Elle rigola un peu nerveusement, pour faire passer son trouble. Après avoir répété son prénom, Grace suivit le jeune homme jusqu’à une selle magnifique, qui aurait probablement fait de l’œil à Matthew s’il avait été présent. Mais elle était assez contente qu’au final, il ne voit pas une telle beauté. Parce que passé l’euphorie du moment, après avoir admiré le cuir et les coutures, il se serait probablement rappelé que, malgré tous ses efforts, il ne pourrait jamais monter comme avant. Que son cerveau, petit à petit, l’empêchait d’accéder à ses rêves et d’exercer sa passion à un niveau qu’il jugeait acceptable. Cela désolait Grace de voir son petit frère endurer toutes ces épreuves, et c’était la raison pour laquelle elle s’était jurée qu’elle ferait tout pour l’aider. La technomagie était la solution, elle en était persuadée.

-Vous qui êtes ingénieur… Pardon, étudiant ingénieur, peut-être pourriez-vous m’aiguiller. Mon frère ne peut plus monter sur son cheval comme il le faisait avant, et utiliser ses jambes avec précision, expliqua-t-elle. Son système nerveux l’en empêche, littéralement. Il songe à vendre son cheval, et je peux voir à quel point cette décision est difficile pour lui… Je me disais que, peut-être, avec une selle spéciale, il aurait moins de mal à monter et cela l’aiderait ? J’ai lu des magasines sur l’équithérapie et je me disais que ça pourrait probablement l’aider. Mais je vous avoue que moi-même je n’y connais pas grand-chose, et il me tuerait probablement s’il savait que j’étais là, à parler de ses problèmes…

Elle se disputait souvent avec Matthew sur sa propension à croire qu’il pouvait toujours s’en sortir tout seul, il détestait montrer sa faiblesse devant les autres à cause d’une fierté mal-placée qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Même elle, alors que c’était littéralement son métier d’accompagner et d’aider les gens en souffrance, il ne la laissait pas lui venir en aide lorsqu’il en avait besoin. C’était à s’arracher les cheveux.

Cette interlude à parler de son frère lui fit du bien, car c’était une parfaite distraction pour que son cerveau arrête de se flageller en pensant à son plan raté. Sauf que voilà, Irvin en remit une couche. Visiblement, Milo lui avait parlé de son pyjama ? Elle pouvait sentir ses joues se colorer de rouge. Grace ne savait pas vraiment si c’était une bonne ou une mauvaise chose, que le vendeur de balai ait ainsi parlé d’elle à son ami. Peut-être avait-il, au final, trouvé sa tenue déplacée et s’en était plaint ? Ou bien avait-il simplement évoqué cette rencontre comme une anecdote, une simple histoire de coupure de courant et de voisine française bizarre qui parle beaucoup trop de son hérisson. La petite voix dans sa tête changeait pourtant de ton, adoptant le timbre de son père, toujours son plus grand supporter, plutôt que celle de sa mère, sans cesse à la critiquer (ses intentions étaient charitables, mais son application, beaucoup moins). Il lui a parlé de toi. C’est que tu lui as laissé une bonne impression, visiblement. Peut-être même que ce crush ne vient pas que d’un seul côté ?... Elle secoua doucement la tête. Non. Ne te monte pas trop la tête. Il vaut mieux ne pas trop espérer, pour ne pas être trop déçue. Sa mère était de retour.

-Je suis contente de savoir que mon pyjama est devenu célèbre… dit-elle avec une pointe d’humour, presque pour se changer les idées. Même si je vous assure que je n’ai pas pour habitude de me promener en petite tenue chez mes voisins. »

Elle caressa du doigt la selle en cuir. Elle avait toujours un sourire doux plaqué sur le visage, mais il était un peu triste, presque résolu. Toutes ses histoires de cœur avaient été catastrophiques : pourquoi celle-ci serait-elle différente ? Et pourquoi diable s’amourachait-elle toujours trop vite ?

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mer 8 Nov - 15:03


La jeune femme me fixe et je crains soudain d’avoir dit une chose déplacée. C’était bien ce qu’elle voulait savoir, non ? Et puis, s’iels étaient voisins, elle aurait d’autres occasions de le voir. Rien de dramatique.

Son quoi ? Je me penche vers elle en réflexe pour mieux l’entendre. Je me redresse à la phrase suivante et mon regard se perd dans la boutique alors que je réfléchis.

- Oh je ne pense pas que vous soyez « juste » une voisine, il m’a parlé de vous plusieurs fois ces derniers jours. Il ne parle pas autant de ses voisins d’habitude.

Définitivement pas.

...

Je regarde la jeune femme avec un sentiment nouveau. Maintenant que j’y pense, le prénom Grace a surgi plus d’une fois dans nos conversations de ces derniers jours. La voisine Moldue qui parle Quenya et porte des pyjamas DC ; beaucoup de bon goût en une seule personne. Elle aurait voulu séduire Milo qu’elle n’aurait pas pu mieux tomber. Je revois le sourire de mon meilleur ami à l’évocation de la jeune femme ; et j’entends son rire à elle, écho de celui de Poppy quand elle parle du professeur Campbell. Hmm. Possible. Même probable.

Et puis elle parle à nouveau, de son frère, et les informations défilent trop vite pour me permettre de saisir tous les mots. J’espère avoir saisi l’essentiel, et je lui indique le siège le plus proche avant de m’asseoir à mon tour.

- Son système… nerveux, c’est ça ? Il a du mal à contrôler ses jambes ? Je réfléchis à toute vitesse mais l’équitation est un des domaines que je maîtrise le moins dans le magasin, par manque d’intérêt surtout. C’est aussi une des offres les moins développée et demandée ; monter à cheval n’est pas un loisir très populaire chez les Sorciers.

- Il a des difficultés à monter ou à tenir assis sur le cheval ? S’il s’agit de monter, je pense qu’il est possible de fabriquer une selle spéciale qui, avec quelques enchantements, pourrait le hisser sur le cheval. Mais j’imagine que s’il contrôle mal ses jambes, garder l’équilibre et guider l’animal est compliqué ?

Mon cerveau turbine mais reste stupidement vide d’idées. Je ne veux pas que la jeune femme le perçoive, alors que je sens déjà le vernis de professionnalisme s’écailler, égratigné par mes doutes ; laissant toute la place à la petite voix dans ma tête suggérant que je ferais mieux d’aller me recoucher, si je ne suis même pas capable de tenir le magasin pour Milo. La douleur au creux de mon ventre se réveille à son tour et je secoue la tête pour la chasser, elle et mes pensées.

- Pour être honnête, je ne suis pas non plus très connaisseur en équitation… mais je pense qu’il est possible d’adapter certains sorts utilisés sur les balais, pour l’équilibre notamment. Si vous voulez, je peux y réfléchir avec Milo, et vous proposer quelque chose. Votre frère ne voudrait pas venir ? Ce serait plus pratique s’il pouvait nous expliquer ses besoins plus précisément. Si ça peut lui éviter de vendre sa monture… En attendant…

Je me lève pour chercher un carnet et ma plume à papote au comptoir et tire un tabouret à côté de Grace.

- Il lui faudrait une selle qui le maintienne sur le cheval et compense la faiblesse de ses jambes, en veillant à ce qu’il ait besoin de faire le moindre d’effort possible pour se maintenir en équilibre… C’est correct ?

La plume s’agita sur le carnet et se suspend, prête à noter les paroles de Grace, mais je l’interromps en saisissant le carnet et en griffonnant à mon tour un rapide croquis : une selle dont les quartiers, au lieu d’être plats, sont creusés pour accueillir la jambe. Je montre le résultat à la jeune femme.

- Quelque chose dans ce genre là ? On pourrait aussi ajouter des sangles pour maintenir les jambes et un système d’attache pour les pieds. Et avec quelques sorts, on pourrait ajuster artificiellement le mouvement de la jambe à celui du cheval, pour améliorer l’équilibre et le contrôle.

Je me redresse, finalement satisfait de mon idée, et la douleur diminue comme si elle s’avouait vaincue. J’observe Grace avec l’espoir que l’idée sera pertinente à ses yeux ; d’abord pour gagner une nouvelle cliente, bien sûr, mais surtout, surtout, pour la faire revenir et recroiser Milo. Parce qu’il est célibataire depuis un moment déjà, et parce que je suis certain qu’aider son frère sera un atout séduction indéniable. Non ? Je suis loin d’être un expert mais… au moins, elle devra passer du temps à la boutique. Je m’occupe de la faire revenir, et lui s’occupera de la suite.

En parlant de Milo, la discussion dérive à nouveau sur lui et la soirée passée avec la jeune femme. Je hausse un sourcil.

- Vous pouvez vous balader comme vous voulez… Je pense que peu de gens se promènent avec ce genre de pyjamas à Atlantis, et vous êtes tombée sur le type qui, à ma connaissance, est celui qui les apprécie le plus de toute la ville. Même si Wonder Woman n’est pas son Super-héros favori, il préfère Batman, il a une peluche collector depuis que je le connais, même avant, et je crois qu’il dort carrément avec…

Malgré ma bonne volonté, je sais pertinemment que mes capacités d’entremetteur sont très, très largement en dessous de celles d’ingénieur. Ou même de cuisinier, ou de pédagogue. Je devrais appeler Matilda à la rescousse, mais ce serait probablement bizarre. Je lui demanderai conseil la prochaine fois que je la verrai.

Un autre détail me revient en tête.

- Le générateur était pour vous alors ? Votre frigo fonctionne bien ?

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 11 Nov - 5:48


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
La remarque d’Irvin la fit réagir, envoyant un rayon de contentement dans tout son corps. Peut-être qu’elle était spéciale, au final. Peut-être qu’elle n’était pas la seule à penser à son voisin, peut-être que son crush n’était pas si stupide que ça, en définitive. Mais tout ça, c’était beaucoup de suppositions et peu de certitudes. Tout à sa réflexion, elle regardait Irvin se pencher vers elle, comme s’il avait du mal à l’entendre, et son regard se posa sur un bout de plastique qui surplombait son oreille, dépassant légèrement de ses cheveux. Un implant moldu ? Aussitôt, Grace se dit qu’elle devait faire bien attention à articuler afin que le jeune homme n’ait aucun mal à lire sur ses lèvres. Elle connaissait la langue des signes française, qu’elle avait apprit auprès d'une de ses amie malentendante lorsqu'elle était plus jeune, mais ce n’était pas le cas de la BSL. Son regard repartit bien vite sur les yeux d’Irvin, cependant, afin de ne pas paraître inquisiteurs.

L’étudiant ingénieur sembla immédiatement saisir ce que voulait dire Grace en parlant du problème de son frère, elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau se mettre en route tandis qu’il réfléchissait tout haut. D’une simple excuse pour expliquer sa présence dans la boutique de Milo, peut-être que tout ça pouvait déboucher sur quelque chose de vraiment positif pour Matthew : elle expliqua donc plus en détail sa maladie.

« -Il souffre de sclérose en plaques de forme récurrente-rémittente, c’est-à-dire qu’un jour, il va aller relativement bien, et l’autre, son système nerveux va être incapable d’envoyer les informations nécessaires de son cerveau pour que ses jambes bougent. Et en général, ça le fatigue énormément de faire des gestes les plus simples…  

La jeune femme hochait de la tête tout en écoutant les idées du jeune homme avec attention, fascinée par les réflexions instinctives d’Irvin qui, pourtant, proclamait ne pas s’y connaître dans le domaine de l’équitation. Le croquis qu’il fit rapidement l’impressionna d’ailleurs grandement, reconnaissant des silhouettes de selle qu’elle avait pu voir dans des magasines traitant d’équithérapie et certains de ses livres de cours.

-J’essayerai de lui parler et de le convaincre de venir. Ça peut être une vraie tête de mule, quand il veut. C’était pour le moins un euphémisme. Grace avait développé une patience légendaire, en grande partie en côtoyant simplement son petit frère depuis 20 ans déjà. En tout cas, merci beaucoup pour ces informations, vous avez un vrai don pour ce genre de choses, ça se voit, surtout si vous n’êtes pas un spécialiste du sujet. Je ne manquerai pas de dire à mes patients en rééducation de venir ici, s’ils ont besoin d’équipement sportif adapté , dit-elle en souriant.

Assise près d’Irvin, elle se sentait à l’aise, la température estivale était parfaite et la conversation était fluide, instinctive. Elle ne s’étonnait pas que Milo et le jeune homme soient amis, bien que ce dernier semblait un peu plus réservé et sérieux. Grace pouvait voir à son visage un peu crispé qu’il était extrêmement concentré sur ce qu’elle lui avait demandé, professionnel jusqu’au bout des ongles.

Un rire cristallin s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle entendit Irvin répondre à sa remarque concernant son pyjama et parler de la peluche Batman de son ami. Elle n’était pas sûre que Milo serait très content en apprenant que le jeune homme parlait de ses habitudes de sommeil avec autant de facilité à une quasi-inconnue, mais elle se contenta de sourire avec beaucoup de tendresse. Entre Matthew qui dormait avec son Chewbacca et Milo avec l’identité secrète de Bruce Wayne, elle avait décidément tendance à s’attacher à de grands enfants. Elle se rappela soudain qu’elle passait une grande partie de son temps à discuter avec son hérisson, et se dit qu’elle ne pouvait vraiment juger personne, vu sa position.

-Et bien la prochaine fois que je viens chez lui, je prendrais soin de revêtir un pyjama Batgirl, alors, blagua-t-elle avec malice entre deux éclats de rire.

Cet esclaffement s’arrêta néanmoins assez vite lorsqu’elle se rendit compte que sa phrase pouvait sonner réellement… désespérée. Comme si elle avait comme plan de se rendre à moitié nue chez son voisin régulièrement. Encore une fois, elle rougit, et fut heureuse de la question d’Irvin qui orienta la conversation dans un autre sens.

-Oh c’est donc vous qui avez sauvé mon frigo ? Merci beaucoup ! Je dois absolument vous apporter quelque chose pour vous remercier. Vous aimez les crêpes ?

Elle se rendit compte qu’elle avait prononcé son dernier mot à la française, presque par habitude, comme elle le faisait souvent lorsqu’elle parlait de plats ou de cuisine en général. Elle se reprit.

-Désolé… Vieilles habitudes. Mais en tout cas, oui, la prochaine fois que je réussirai à avoir un portoloin pour venir ici, je vous emmènerai quelques douceurs. Elle réfléchit quelques instants. Enfin, sinon, la prochaine fois que vous allez voir Milo, venez taper à ma porte, ça sera plus rapide, je pense. S’il y a bien une chose qui est pratique et qui me fait regretter mon statut de moldu, c’est le transplanage ! »

Elle n’avait jamais eu de retenue à parler de son absence de pouvoir magique, même en présence de sorciers qu’on pouvait aisément qualifier d’extrémistes. Si les révélations de groupe comme Magic is Might l’avaient effrayé, elle ne cacherait jamais ce qu’elle était par peur. Et de toute façon, elle pouvait voir qu’Irvin était loin d’être un mauvais bougre.  

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Dim 12 Nov - 6:54


Grace sourit, presque imperceptiblement, lorsque je parle de Milo. Et si elle aussi voyait en lui plus qu’un simple voisin ?

Elle m’observe à son tour et je comprends que je me suis trahi. Je vois ses yeux sauter de mon visage à mes implants et je me redresse, passe une main dans mes cheveux pour dissimuler les petites coques de plastique et leurs antennes, tente de conserver un air professionnel. Puis je me sens stupide. Pourquoi je fais encore ça ? Pourquoi essayer de cacher ce que tout le monde voit, sauf moi ?

Alors je me concentre sur sa demande, pour ôter d’elle toute idée de pitié. Mais son vocabulaire technique me perd, et si je comprends bien les problèmes engendrés par la maladie (c’est bien ça ?) de son frère, je n’en ai pas saisi le nom. Lire sur les lèvres m’aide à compenser dans les environnements tels que le Chemin de Traverse, si chargés de magie que mes appareils en deviennent instables, mais cela est efficace si je connais déjà les mots utilisés. En l’occurrence, ce dont parle Grace m’est totalement inconnu et ma concentration vacille déjà.

- C’est une maladie ? Je lui tends le carnet. Vous pouvez écrire le nom ? Comme ça, je ferai des recherches, pour être sûr que la selle soit adaptée.

J’aurais simplement pu lui demander de répéter, mais j’ai cédé à l’habitude de noyer le poisson par un prétexte plus ou moins plausible. Ça aussi, ma psy me l’a fait remarquer. Mais je n’ose le demander qu’à Milo, le seul avec lequel je ne ressens pas de honte à le faire, comme si son accident nous mettait sur un pied d’égalité ; et avec Torvi aussi, progressivement, car sa façon d’attaquer de face et surtout d’assumer, au quotidien, ses difficultés en anglais, rendent mes propres erreurs plus acceptables.

Foutues pensées.
Je reviens à la discussion avec un gros effort.

- Est-ce qu’une selle articulée ferait l’affaire ? Je ne sais pas si c’est possible, ni comment la faire, mais ça peut être une piste de recherche…

Idiot, tu n’es pas en cours en train de réfléchir à un problème posé par un professeur. Elle veut une proposition, pas une supposition.

Mais elle sourit, complimente, semble satisfaite. Elle me remercie si chaleureusement que je sens mon appréhension fondre un peu ; ses mots percent la brume qui engourdit mon cerveau, amenant un peu de légèreté inattendue, de chaleur même. Laissant parvenir à ma conscience celle qui inonde la vitrine et les bavardages joyeux de la rue par delà les bourdonnements magiques dans mes implants. Je lui souris à mon tour.

- C’est très gentil de votre part. L’équipement adapté n’est pas une offre que nous avons beaucoup développé jusqu’à maintenant, mais nous le ferons avec plaisir s’il y a une demande.

Mes patients… Milo m’a parlé de ça, elle est… médecin du sport ? Rééducatrice ? Mince, je n’arrive plus à me souvenir. Mais le mot me raidit un peu, involontairement ; j’espère qu’elle ne le remarquera pas. Je n’ai pas de mauvais souvenirs concernant les rééducateurs avec lesquels j’ai travaillé, je les ai simplement trop côtoyés à une période particulièrement compliquée pour que leur mention soit agréable.

- Milo m’a parlé de votre métier, mais je ne me souviens plus clairement… vous rééduquez les sportifs, c’est ça ?

Tout en l’écoutant, je rajoute à mon croquis des sangles au niveau des cuisses et une ébauche de repose-pieds fermée sur la moitié du pied. Puis je me relève, vais chercher ma baguette laissée sur le comptoir et revient vers Grace. Je crée une copie de mon croquis d’un coup de baguette et le lui tend.

- Tenez, vous pouvez le montrer à votre frère, si ça peut le convaincre. Je pouvais comprendre sans trop de mal les résistances de son frère, pour avoir eu les mêmes moi-même. Ce serait préférable qu’il vienne, car il faudrait faire la selle sur mesure. Quelle est la date de son anniversaire ? Nous travaillons avec des selliers mais la confection peut demander un peu de temps.

La discussion se détourne à nouveau sur Milo et je me demande, un peu tard, si j’ai bien fait de mentionner sa peluche Batman. Mais Grace rit, si sincèrement et spontanément que c’en est presque contagieux ; je souris à mon tour, plus largement qu’avant. Elle parle de son pyjama Batgirl (décidément, elle doit avoir toute une collection) avant de rougir brutalement.

- Je pense que ça le ferait rire, mais attendez-vous à ce qu’il vous montre toute sa collection de goodies après ça. Vous n'y échapperez pas, je vous préviens.

Mon générateur a donc bien fonctionné ; je suis rassuré, car je ne l’avais jamais testé sur quelque chose d’aussi gros qu’un frigo, et le tout aurait pu faire des dégâts. Je note ça dans un coin de ma tête.

Sa phrase suivante me laisse perplexe et pris dans la spontanéité de la conversation, je n’arrive pas à le cacher.

- Les quoi ? Elle parle soudain avec un accent étrange qui m’empêche de la comprendre. Des èpes ? Kêpes ? C’est gentil, mais vous n’êtes pas obligée.

Je suis touché tout de même, et je comprends la chaleur dans la voix de Milo quand il parle d’elle. Elle semble gentille et joyeuse, et spontanée avec moi comme si nous étions déjà amis. Je souris à nouveau en remerciement.

Un portoloin… Elle était réellement motivée pour venir jusqu’ici. L’aller-retour Londres-Atlantis est tellement aisé pour moi, et les Sorciers en général, que je n’ai pas idée de la difficulté de parcourir de si longues distances pour les Moldus. Tout semble proche quand on voyage si facilement.

- Vous pourriez peut-être prendre un transplanage d’escorte ? Ça doit être possible, entre Sorciers et Moldus… Vous pouvez peut-être poster une annonce aux Portails. Sinon, je viens ici souvent,  pendant l’année scolaire aussi, et Milo transplane tous les matins pour venir travailler. N’hésitez pas à demander.

La porte s’ouvre dans notre dos et un homme accompagné d’une jeune adolescente entre dans la boutique. Je me lève pour les saluer et lance un regard à Grace. Milo pourrait revenir, je ne voudrais pas qu’elle parte tout de suite… Et puis, il faut l’admettre, sa présence est agréable, apaisante.

- Vous voulez une tasse de thé ? Je m’occupe d’eux et je reviens.

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mer 15 Nov - 15:46


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace pouvait voir le trouble d’Irvin grandir, alors qu’il essayait vraisemblablement de masquer ses appareils avec ses cheveux. Si la moldue ne pouvait pas revenir sur son coup d’œil curieux et maladroit, bien que bien intentionné, elle pouvait essayer de lui faire comprendre qu’il n’avait pas de honte à avoir avec elle, ou quoi que soit son sentiment qui le poussait à essayer de se cacher. Alors, elle lui adressa un petit sourire d’encouragement, sans rien dire.

Elle fit d’ailleurs de même lorsque l’étudiant lui demanda d’écrire la maladie de son frère sur son carnet, et, tandis qu’elle écrivait «sclérose en plaques» de son écriture cursive appliquée, elle se sentit mal d’avoir pris son frère pour prétexte, afin de se rendre dans la boutique et avoir la chance de parler à Milo, et donc d’avoir menti à Irvin, alors que celui-ci n’était rien d’autre que prévenant et attentif à ses demandes si particulières concernant cette selle. La jeune femme accueillit la question sur son métier avec plaisir, comme une alternative à cette conversation qui commençait à naviguer dans des eaux bien troubles.

« -Je suis kinésithérapeute, dit-elle en essayant d’accentuer les syllabes de ce mot si long. Du coup oui, je rééduque les sportifs, c’est même ma spécialité, mais j’apporte mon aide à qui en aurait besoin, en général. Par le massage, la rééducation… Toutes sortes de choses.

Elle n’essayait pas de rentrer dans les détails, Matthew ne manquant jamais de lui rappeler à quel point ses explications de biomécanique pouvait être barbantes pour le commun des mortels, et préféra se concentrer sur le croquis que faisait le jeune homme, impressionnée par sa capacité à représenter aussi aisément ses idées sur du papier. Mais lorsqu’elle entendit parler, encore une fois, de l’anniversaire de son frère, elle sentit une sueur froide commencer à couler le long de son dos. Elle détestait les ruses, et n’avait pas envie de continuer cette mascarade avec Irvin. C’était un gentil garçon, et peut-être qu’il comprendrait pourquoi elle avait prit l’anniversaire de Matthew pour prétexte.

-Son anniversaire est en mai… Elle rigola nerveusement, en se passant la main dans les cheveux. Je pourrais vous dire que je voulais prévoir son cadeau à l’avance, mais c’était plus une raison pour moi de venir ici…

Grace se rendit compte, tout à coup, qu’en avouant cet état de fait, il y avait de fortes chances qu’Irvin comprenne qu’elle avait craqué pour Milo. Après tout, pour quelle autre raison, si ce n’était pas pour son frère, se serait-elle rendu à plus de 500 kilomètres de distance de son lieu d’habitation ? Son visage affichait un air assez horrifié tandis que son cerveau sonnait l’alerte. Elle en avait beaucoup trop dit. Il allait en parler avec Milo, et celui-ci comprendrait qu’il avait une voisine qui était à la limite du stalkage et il la détesterait et… Non. Stop, intima-t-elle à ses pensées. Ce n’était pas le moment de se mettre en position fœtale et de repenser à tous ses choix de vie. Elle avait encore une conversation à tenir avec le jeune homme, qui semblait d’ailleurs touché par sa proposition d’offre de nourriture.

-Des crêpes, dit-elle à l’anglaise, en fronçant du nez, peu habitué à utiliser autre chose que la prononciation française pour les plats nationaux. Et je sais que je ne suis pas obligée, mais ça me fait plaisir. On ne refuse jamais une crêpe bretonne. Jamais.

Elle prononça ces derniers mots avec un faux air lugubre et un ton extrêmement sérieux, presque comme si c’était une menace, avant d’éclater de rire, lui faisant comprendre qu’elle plaisantait. Mais elle avait été tout à fait honnête sur un point : elle lui ferait ses crêpes légendaires pour le remercier, et demanderait à son père de lui envoyer une bonne bouteille de cidre. Et ce, même s’il continuait à protester. Il lui parla ensuite de transplanage d’escorte (ainsi, c’était comme ça que ça s’appelait ? En tant que moldue, elle ne connaissait pas les termes adéquats, et même Charlie ne l’avait fait voyager que quelques fois par ce biais) pour qu’elle puisse venir plus facilement à la boutique, et elle sourit doucement. La jeune femme était touchée qu’Irvin se démène pour son frère et elle : les sorciers pouvaient parfois avoir tendance à se montrer condescendants devant le manque d’aptitude des moldus.
Lorsque des clients passèrent la porte, elle fronça les sourcils, presque déçue que leur conversation s’interrompe ainsi. En discutant avec Irvin, elle avait l’impression de mieux connaître Milo : car l’entourage de quelqu’un peut en apprendre beaucoup sur lui. Et même en dehors de ça, malgré le fait qu’ils venaient à peine de se rencontrer, elle sentait qu’ils pourraient vraiment bien s’entendre, tous les deux. Matthew avait tendance à dire qu’elle faisait trop confiance aux gens, et c’était vrai, mais elle n’était pas naïve pour autant et savait différencier les personnes néfastes dans sa vie, et les autres.

-Oh, ne vous embêtez surtout pas pour moi, je prendrais du thé s’il est déjà préparé. Je m’en veux déjà assez de vous enlever à votre travail comme ça pour mes bêtises… »

Elle encouragea donc d’un mouvement de la tête Irvin, pour qu’il aille voir ses clients sans qu’il ne s’occupe trop d’elle. Grace en profita pour se lever et regarder la boutique d’un peu plus près. Proche du comptoir, elle pouvait embrasser tous les balais présentés, et, bien qu’elle n’y connaissait absolument rien, elle trouvait les poils lustrés et les bois polis des manches absolument magnifiques. Elle sortit de son petit sac son appareil photo, qui ne la quittait jamais, et prit un polaroid du mur en face d’elle. Peut-être pourrait-elle faire de la pub pour la boutique sur son blog ?

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Dim 26 Nov - 14:26


Elle constate mais ne dit rien et je lui en suis reconnaissant. J’interromps mon mouvement, inutile maintenant qu’elle a vu mes appareils, et laisse ma main retomber.

Si je manque de talent pour cacher mes prothèses, elle en manque pour cacher ses pensées. Elle paraît un peu gênée, l’espace d’une seconde, alors qu’elle inscrit sur le carnet le nom de la maladie de son frère. Sclérose en plaques… ce nom m’évoque vaguement quelque chose, des images pas franchement réjouissantes de personnes en fauteuils roulants et de handicap avancé. A quel point son frère est-il malade ? Et à quel point souffre-t-elle de le voir ainsi, elle, à quel point doit-elle l’aider au quotidien… Mon coeur se serre d’empathie pour elle ; nos situations sont certainement très différentes, mais j’ai des souvenirs très vifs de la période post-accident de Milo. Le désastre pour son moral, le nouveau corps avec lequel il avait dû apprendre à vivre, les moments de dépression et de colère à tout casser… Je lui adresse un sourire compatissant en la remerciant, tenté de poser des questions mais conscient du manque de délicatesse que cela représenterait.

Et elle semble forte, cette petite jeune femme si enjouée. Travailler au quotidien avec des personnes souffrantes, en plus de son frère, doit représenter une sacrée charge mentale. Le mot kinésithérapeute résonne lui aussi dans ma mémoire ; Milo en a tant vu pendant les années suivant son accident que je ne pourrais plus les compter. Étonnant, d’ailleurs, qu’il soit intéressé par une kiné, alors qu’il fallait parfois le traîner littéralement à ses séances, et qu’il les évite cordialement depuis un moment. Aussi inconcevable que moi sortant avec une ORL ou une orthophoniste. Brrr.

- Vous avez un cabinet à Atlantis ? Ou vous travaillez au Centre Médical ? Avec les étudiants en sport et l’équipe de la ville, vous devez avoir du travail. C’est un bon métier, kiné… très utile.


Et un métier qui lui va bien ; il y a de ces gens qui dégagent une telle impression de calme et de confiance qu’on s’imagine facilement se reposer entre leurs mains. Torvi est de ces gens-là aussi, prévenante et douce, jamais jugeante.

Sa gêne a disparu pendant un bref instant, mais ma question la fait revenir au galop. Je la vois se raidir et je crains d’avoir été indiscret, ou déplacé, mais ma demande est légitime après tout, j’ai besoin de me proje…

Ah. La réponse est très loin de ce que j’attends, et je suis certain de ne pas le réussir à le cacher. Pendant une seconde de blanc, je la fixe, surpris, essayant de faire redémarrer les rouages de mon cerveau. Ah. Oh. Ooh. Donc, elle est bien intéressée par Milo. Plus que juste « intéressée » d’ailleurs, car elle ne se serait pas donnée tant de peine pour venir ici sinon. Elle aurait pu se contenter de le rencontrer plus ou moins fortuitement à Atlantis, mais elle a traversé le pays en portoloin pour venir  à la boutique. Je réfléchis à toute vitesse. Puis je me penche vers elle pour lui parler doucement, d’un ton que je voudrais faussement conspirateur.

- Et bien, j’imagine que Milo n’a pas à le savoir. C’est pour Noël et vous êtes juste très, très prévenante.

Je redresse la tête, satisfait de cette explication tout à fait plausible et qui, je l’espère, ôtera la tension et l’air horrifié du visage de la jeune femme. Après tout, je ne peux pas la blâmer, Milo ne manque pas de qualités (et de charme aussi, en toute objectivité), et si une jeune femme amatrice de comics se présente à sa porte, je me dois de l’aider. Simple question de solidarité. De plus, elle partage le même humour que lui et les gens de cette espèce sont trop rares pour qu’il laisse passer sa chance.

Alors je souris à sa proposition de nourriture, avant de me figer à mon tour devant son air si sérieux. Pendant une seconde, je crains de l’avoir vexée en refusant, mais elle éclate soudain de rire et je me détends. Je me détends vraiment un peu, tant sa bonne humeur est contagieuse.

- Je ne crois pas en avoir déjà mangé… C’est des sortes de pancakes, c’est ça ? Bretonne, c’est en France ? Vous êtes française ?

Je suis presque déçu de voir des clients entrer mais je me lève pour les accueillir convenablement. L’adolescente lance des regards envieux aux baudriers et mousquetons exposés, mais Grace est encore là et j’ai peur de la voir partir aussi vite.

- J’en ai fait pour moi tout à l’heure, je vous en apporte. Je hausse les sourcils à sa seconde phrase. Bêtises ? Pourquoi des bêtises ? Je vous amène une autre selle aussi, attendez-moi.

Je m’excuse pour une minute auprès des nouveaux clients et file dans l’atelier. J’ai menti pour le thé évidemment, mais en 2 coups de baguette une tasse remplie d’eau chaude flotte dans les airs et je n’ai plus qu’à y rajouter un sachet. J’attrape ladite selle (un bon prétexte pour la faire rester un peu plus longtemps) et je pousse à nouveau la porte de la boutique.

Le fauteuil est vide. La déception me fait presque lâcher la selle ; elle a profité de mon absence pour s’éclipser sans un mot. Je balaye le magasin… elle est là, admirant les balais avec sur le visage le même air curieux que celui qu’elle arborait en entrant. Je souffle de soulagement et pose la tasse pour elle sur le comptoir.

- Tenez. Je reviens.

Je vais enfin m’occuper de l’adolescente, presque aussi connaisseuse que moi et qui ne s’avoue satisfaite qu’après de longues minutes d’explication et de négociation avec son père. Je jette des coups d’oeil à Grace à intervalles réguliers ; elle n’a pas l’air décidée à partir, et j’en suis plutôt content. Pourvu que Milo revienne plus tôt que prévu.

Le père et sa fille partis, les bras chargés de cordes et d’un baudrier flambant neuf, je me retourne enfin vers Grace. Elle a sorti de son sac un petit appareil photo, que je reconnais bien, et semble réfléchir, toujours postée devant les balais.

- J’avais un appareil comme ça, quand j’étais petit. Je l’ai amené à l’école pour le montrer aux autres enfants et j’ai voulu le démonter pour leur expliquer son fonctionnement. J’ai perdu une pièce et ma mère n’a jamais réussi à le réparer, et elle n’a pas voulu m’en racheter un neuf. Ça coûtait terriblement cher, à l’époque, je crois. Vous prenez beaucoup de photos ?

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Lun 27 Nov - 11:08


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
C’était plaisant de parler ainsi avec le jeune homme : il semblait être quelqu’un de curieux, qui dirigeait toute son attention sur la personne à laquelle il s’adressait. La plupart des gens, lorsqu’elle évoquait son métier, en restaient là : elle était kinésithérapeute, très bien, pas la peine d’en savoir plus. Lui allait au fond des choses, s’intéressait à ce que pouvait lui raconter Grace et en redemandait. Son frère, qui était toujours éparpillé, à ne jamais pouvoir rester en place, devrait vraiment prendre exemple sur quelqu’un comme Irvin.

« -J’ai mon petit cabinet, bien qu’il m’arrive de faire des interventions au centre médical, qui a souvent besoin d’un coup de main, avec l’expansion de la ville.

Et puis le centre possédait un équipement de pointe, et du matériel de technomagie plus avancé que tout ce qu’elle avait pu voir avant d’emménager dans cette ville nouvelle : épicentre de la mixité, les avancées scientifiques en matière de mélange entre technologie moldue et sortilèges étaient plus époustouflantes chaque jour à Atlantis. La jeune femme se demanda d’ailleurs pourquoi Milo avait installé sa boutique sur le Chemin de Traverse et pas dans sa ville d’habitation, alors qu’il mêlait lui aussi matériel sportif sorcier et moldu : elle se promit de lui poser la question la prochaine fois qu’elle réussirait à le croiser (et elle n’allait pas cracher sur une opportunité de discuter avec le vendeur de balai, avouons le).

Cependant, selon la réaction de l’étudiant en ingénierie face à sa révélation, tout pouvait s’écrouler : s’il apprenait à Milo ce qu’elle venait de lui confesser à demi-mot, et que celui-ci ne ressentait pas la même chose qu’elle, non seulement la jeune femme verrait son espoir s’étendre aussi vite qu’il n’était arrivé, mais en plus elle devrait probablement déménager, pour éviter de mourir d’embarras à chaque fois qu’elle le croiserait devant chez elle. Heureusement, Irvin lui dit exactement les mots qu’il fallait, avec exactement l’intonation qui la rassura. Il avait compris, bien sûr, ce qu’elle insinuait, mais concrètement, il lui promettait, sans le dire, de garder son secret : mieux, peut-être qu’il serait un allié de poids, pour apprendre à connaître celui pour qui elle avait craqué. Un sourire éclaira son visage, si lumineux qu’il aurait pu aveugler toute personne se trouvant dans la pièce. Dire qu’elle était soulagée était un euphémisme.

Ce sourire, bien vite, s’évapora lorsqu’elle apprit que l’anglais n’avait jamais mangé de crêpes de sa vie. C’est une honte. Non. Un scandale. Elle devait remédier à cette hérésie, et au plus vite.

-Bon, maintenant vous n’avez plus le choix. Vous venez manger à la maison, parce que tout le monde devrait manger des crêpes, surtout faites maison, une fois dans son existence. Sinon, on peut pas dire qu’on a vraiment vécu la vie à son maximum.

Elle était extrêmement sérieuse dans ses propos, bien qu’on pouvait voir à son ton qu’elle restait badine, dans un humour pince-sans-rire qu’elle avait emprunté à son anglais de père. Ses traits se détendirent lorsqu’il l’entendit lui demander son origine. Il était vrai qu’avec ses appareils, il devait avoir du mal à détecter les accents, et bien qu’elle parlait un anglais impeccable, il lui arrivait souvent de laisser percer une emphase différente sur certains mots, comme le faisait souvent les francophones. Elle lui confirma donc qu’elle était bien née sur le sol français, avant qu’il ne doive le quitter pour s’occuper des clients venant de rentrer dans la boutique.

Tout occupé à admirer la courbe des balais, elle qui n’y connaissait rien et qui voyait tout cet équipement d’un œil de novice émerveillé, Grace ne s’aperçut pas vraiment du retour d’Irvin. Elle était de plus absorbée par l’idée de trouver l’axe parfait pour prendre son polaroid : parce que ce mur recouvert de manches de bois était vraiment magnifique, et elle voulait lui faire justice. Ce n’est que lorsque le jeune homme s’adressa de nouveau à elle, que la kiné sorti de sa réflexion.

-Je dois vous avouer que je ne sais pas vraiment comment ça fonctionne, je ne suis qu’une amateur. Mais j’aime bien prendre des photos de toute sorte de choses, c’est vrai. Je les affiche sur mon mur, et je me rappelle du moment où je les ai pris, c’est comme des éclats de mémoire qu’on peut partager avec tout le monde.

Elle avait prononcé ces quelques mots sans regarder Irvin, toujours occupée à cherche l’angle parfait, et quand elle l’eut trouvé, elle appuya sur le déclencheur. La photo sortit quelques instants après, et elle la secoua doucement afin que les couleurs s’encrent bien sur le papier. Le soleil de la vitrine formait une lumière presque surnaturelle sur les balais, et leurs ombres tranchaient sur le mur derrière eux, Grace était plutôt fière de son cliché. Maintenant que c’était fait, elle pouvait retourner s’asseoir et prit une gorgée du thé qu’Irvin lui avait si gentiment servi.  

-Je ne voudrais pas paraître indiscrète, mais… Ça fait longtemps que vous connaissez Milo ? Vu comment vous parlez de lui, vous semblez proches. »

C’était plus fort que Grace : elle ne pouvait s’empêcher de vouloir en savoir plus sur l’italien qui l’avait tant charmé, sans même qu’il le prévoit. Elle espérait ne pas embêter Irvin avec ses questions, alors qu’il était quand même censé travailler.

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 9 Déc - 13:27


Je note les informations concernant son métier dans un coin de ma tête, à toutes fin utiles. La mention du Centre Médical me fait tiquer, avec un peu de retard. J’espère ne jamais la croiser là-bas ; l’image que j’y présente n’est pas celle que je veux montrer à mes proches, même si mes cessions psychomagiques deviennent moins éprouvantes. Je hoche la tête, content de changer de sujet.

Et le changement vient vite, quoique de façon imprévue. Mon ami lui plaît, de toute évidence ; son aveu gêné puis son immense sourire la trahissent plus encore que ses mots. Je souris à mon tour, satisfait de la résolution de ce problème et de la suite qui s’annonce. Milo et moi n’avons pas l’habitude de nous raconter nos vies sentimentales en détail (par pudeur peut-être, mais surtout, il faut l’admettre, parce qu’il n’y a en ce moment pas grand-chose à raconter) mais tout comme Grace, son attitude récente m’incline à penser qu’il apprécie la jeune femme au moins autant qu’elle l’apprécie. Enfin, si je dois être vraiment honnête, l’intuition vient plus de Mummy que de moi. Je n’ai jamais été très perspicace dans ce domaine, je le suis encore moins avec cette espèce de brume permanente dans le cerveau, alors il a fallu ses sous-entendus pour que je commence à m’interroger. Je fais confiance à son jugement dans ce domaine et en tant que meilleur ami, je me dois de faire quelque chose pour les encourager. Non ?

Mais Grace ne semble pas très partante pour discuter de ses sentiments, là, tout de suite. Elle paraît plus choquée par mon manque de connaissance en gastronomie française, et son air sérieux me plonge à nouveau dans le doute. Est-ce qu’elle vient de m’inviter ? Moi ? Ou c’est une autre blague ? Je lui lance un regard perplexe alors que de vieux souvenirs rejaillissent dans ma mémoire.

- Vous savez, j’en ai peut-être déjà mangé, en fait… Je suis allé en vacances en France quand j’étais petit, une fois. En Normandie, je crois…

J’avais presque 5 ans, car Mom était enceinte de Matilda à ce moment-là. Tout ce que je conserve de ce court voyage consiste en quelques rares souvenirs et une poignée de photos nous montrant tout les trois couverts de sable, enroulés dans les immenses serviettes bariolées de mes grands-parents ou pleins de fierté devant un château de sable bien trop haut pour être entièrement naturel (le Secret n’était pas encore tombé, je me souviens de ça). Mais c’était notre premier voyage hors d’Angleterre, alors il compte, même si je suis sincèrement incapable de me rappeler ce que j’ai mangé.

- Mais je ne peux pas être sûr, alors ce serait dommage de rater une occasion de vivre ma vie à son maximum. Par contre, je suis certain que Milo n’en a jamais mangé. Il aime manger. Enfin, en général je veux dire.

Et elle est française, c’est un détail qui pourrait se montrer intéressant, même si Milo doit déjà le savoir.

- Il cuisine bien lui aussi, surtout les plats italiens. Vous devriez lui demander, je suis sûr qu’il vous en fera en échange des crêpes. Il fait très bien le tiramisu.


Ça, c’est aussi un atout indéniable, et j’espère qu’il touchera Grace. Je la laisse méditer sur le sujet pour servir l’adolescente et son père, et revient aussitôt vers elle une fois leurs achats terminés. Elle est concentrée sur les balais, son visage plein d’une admiration qui fait plaisir à voir et repousse encore un peu la torpeur engourdissant mon esprit. Je suis fier du magasin, même si le mérite revient beaucoup plus à Milo qu’à moi, et c’est cette fierté que je ressens en regardant les balais, brillants dans la lumière du jour, flambants neufs et n’attendant que de s’élancer au dehors. Puis Grace parle à nouveau, mais trop doucement et en me tournant le dos ; je saisis ses premiers mots mais le reste est perdu dans le brouhaha magique perturbant mes oreilles. Un micro silence s’installe ensuite, pendant lequel j’essaie de rattraper le fil de ses paroles… mais c’est déjà trop me demander, et si je patiente encore, elle comprendra que j’ai mal entendu. J’avance encore d’un pas vif pour me retrouver juste à côté d’elle.

- J’imagine qu’il fonctionne comme n’importe quel appareil photo : l’obturateur et le diaphragme s’ouvrent pour laisser passer la lumière par l’objectif et la saisir sur la pellicule, puis se referment. Ce qui est intéressant dans ces appareils, c’est le film et tous les procédés chimiques qui s’y passent pour développer instantanément la photo… une histoire de réactif alcalin, entre autres, je crois. C’est très malin. Mais j’y connais pas grand-chose non plus.


Et les souvenirs de mes cours de chimie moldue sont déjà un peu loin. J’observe en silence la photo sortir du polaroid de Grace et apprécie le talent avec lequel elle a capturé la chaleur de la scène.

- Milo l’aimerait beaucoup.


Elle boit enfin son thé et je me perds à nouveau dans la contemplation des balais. Réalisant qu’elle est à nouveau assise, je la suis et m’assois à mon tour, en face d’elle cette fois pour ne plus perdre le fil de la discussion - et face à la vitrine, pour ne pas rater l’entrée d’un client. Je souris intérieurement à sa question concernant Milo.

- On est amis depuis presque 10 ans. Ça fait déjà 10 ans qu’on s’est rencontré, c’est ça. C’est un très bon ami.

Et le frère que je n’ai pas. Pas que je me sois jamais senti seul, avec mes trois sœurs, mais Milo a pris cette place dans ma famille, au fil des ans, auprès de moi et de mes mères qui le considèrent presque comme un deuxième fils. Je ne serais même pas étonné qu’elles le mentionnent dans leurs testaments, et je souris à cette pensée.

- Mon meilleur ami.

J’aimerais en dire plus mais je manque de talent pour exprimer ce que je ressens vraiment : de la gratitude, surtout, et de l’amour comme il en existe entre deux frères qui se sont choisis. Mais je ne sais pas dire ça, alors je souris à nouveau en espérant que Grace comprenne et je remue un peu sur mon siège, surpris moi-même par l’émotion brute qui m’assaille sans prévenir.

- Si vous demandez à mes mères, elles vous diront qu’il ne lui manque que notre nom pour faire totalement partie de la famille. C’est un type bien, très bien. Mais vous avez déjà dû le voir, j’imagine.

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 16 Déc - 18:56


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace s’abreuvait des paroles d’Irvin comme une assoiffée, hochant de la tête à chaque mot que prononçait son interlocuteur, qui lui révélait de précieuses informations sur Milo, et qui pourraient, qui sait, se révéler utile pour se rapprocher de lui. Il aimait manger ? Parfait, elle, elle aimait cuisiner et se savait plutôt douée (pour une fois, elle remerciait sa mère qui l’avait élevé pour devenir la parfaite petite ménagère). Un bon point pour elle. Et en plus, lui aussi savait concocter des petits plats ? Pourquoi à chaque fois qu’elle apprenait quelque chose sur lui, elle sentait son crush prendre de plus en plus d’ampleur, comme une collégienne qui tombait en pamoison en découvrant que l’élu de son cœur avait un scooter ? La moldue se sentait vraiment stupide et blâmait entièrement son cœur d’artichaut, mais ne pouvait pas s’en empêcher.

Pendant qu’elle admirait la boutique, elle songea plus en détail à ce que lui avait dit l’étudiant ingénieur. Elle en déduisit que Milo était d’origine italienne : ça aurait du la frapper, vu son prénom, mais elle était passée à côté. Peut-être était-ce de là que venait son charme inné ? En avait-il même conscience, d’à quel point il aurait pu faire craquer n’importe qui, pour peu qu’il se décide à servir l’un de ses sourires si charmant ? Et Grace, qui ne se rendait elle-même pas compte de son propre pouvoir de séduction, se demanda si tous ses espoirs n’étaient pas vains. Après tout, un gars comme lui avait forcément une copine. Ou bien, il était gay (il semblait vraiment proche d’Irvin, peut-être que c’était ça le pourquoi du comment, le jeune homme la menait peut-être en bateau depuis qu’elle était rentré dans la boutique). Tristounette, elle essayait de chasser ses idées noires en prenant sa photo, avant de retourner s’asseoir lorsqu’Irvin en eut fini avec ses clients.

Et elle ne put s’empêcher de poser la question, sur la relation qui les unissait. Parce qu’elle ne pouvait pas ne pas savoir, continuer d’espérer si au final tout était inutile. Lorsque le sorcier lui confirma qu’ils n’étaient qu’amis, son cœur se remplit d’un immense soulagement, comme si une pression qu’elle n’avait pas eu conscience d’accumuler relâchait soudainement sa poitrine. Mais se furent les mots suivants qu’il prononça qui la firent véritablement sourire. Meilleur ami. La kinésithérapeute savait parfaitement ce qu’Irvin voulait dire : probablement qu’ils avaient une relation similaire à Charlie et elle. Bien sûr, leur passé était sûrement différents, elle se doutait qu’ils n’étaient pas sortis ensemble vu le discours que le jeune homme venait de tenir, mais ils tenaient l’un à l’autre comme des frères. Et c’était la même chose pour Charlie, c’était plus qu’un simple confident, c’était son grand-frère.

« -Oui, je vois, c’est important une amitié aussi longue. Je connais ça. A partir d’un moment, c’est quelqu’un de la famille, plus qu’un ami.

Une autre gorgée de thé. Elle pouvait voir que le jeune homme était un peu ému de ses dernières paroles, et elle comprenait parfaitement, lui faisant un petit sourire d’encouragement. Grace avait vécu entourée de garçons, entre son frère, Charlie, mais elle avait aussi toujours eu plus d’amis que d’amies. Elle avait pu remarquer, au fil des années, qu’une barrière indicible se dressait souvent entre deux garçons : ils savaient qu’ils tenaient l’un à l’autre, qu’ils étaient indispensables à la vie de l’autre, mais pourtant, ils ne le disaient jamais. Etait-ce de la pudeur, ou l’éducation encore un peu trop rétrograde que beaucoup de parents délivraient, qui voulait ça ? Grace ne le savait pas, mais elle était touchée de voir Irvin se livrer ainsi, alors qu’au final, il venait de la rencontrer. Et d’ailleurs, il lui confirma ses paroles précédentes, encore un peu chamboulé d’émotions.

-Vous savez, je pense que je lis assez bien les gens, lui répondit-elle en prenant bien son temps pour poser chaque mots. Dans mon cabinet, je vois passer chaque semaine des dizaines de personnes différentes, venant d’origines diverses, des sorciers, des moldus, des anglais, des étrangers, des vieux, des jeunes, des femmes, des hommes… Une belle ribambelle de personnalités. Et de temps en temps, je croise une personne qui me frappe particulièrement. Cela peut être pour une histoire qu’elle me raconte, un petit geste qu’elle fait sans s’en rendre compte. Les raisons sont diverses, mais le résultat est le même. Je me dis que cette personne a fait tout un tas de choix dans sa vie, qui l’ont menée ici, à cet instant précis, et qu’elle est si rigoureusement unique et spéciale, qu’elle arrive à me toucher sans vraiment s’en rendre compte. Je crois que Milo, c’est un peu la même chose… On arrive à voir que c’est un gars bien, au premier coup d’œil. Et lorsqu’on lui parle quelques instants, on se dit que plus qu’un gars bien, c’est quelqu’un d’exceptionnel.

Elle regretta son monologue à l’instant même où elle le finit. Encore une fois, elle en avait trop dit, elle avait laissé un peu trop vagabonder ses pensées et elle était prise la main dans le sac. Ses joues se teintèrent de rouge, ses mains posèrent la tasse, craignant qu’elles ne la renversent tant elles tremblaient tout à coup. Car c’était ridicule, n’est-ce pas ? De parler ainsi à cœur ouvert à quelqu’un qu’elle avait rencontré il y avait quelques minutes à peine, même s’il était vraiment sympathique. Elle imaginait maintenant Irvin raconter la scène à Milo, et les deux amis éclater de rire devant l’étalage pathétique de ses sentiments. Grace se leva brusquement, presque comme si elle essayait d’effacer l’image de son esprit.  

-Mais je vous embête, j’ai déjà pris bien trop de votre temps… Je vais vous laisser tranquille, ça vaut mieux. »

Elle commença à esquisser un pas vers la sortie, se traitant mentalement de tous les noms. Elle n’aurait jamais dû venir à la boutique. Quelle terrible idée.

_________________


Irvin FowlerÉtudiant・SorcieravatarÉtudiant・Sorcier
  • PROFIL
    • Arrivé(e) le 24/12/2016 Messages 733 Points d’activité 239
      Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
      Avatar : Georges Mackay
      Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
  • INFOS UTILES

    • Feuille de personnage
      Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel
      Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
      Informations supplémentaires:
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowler
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Ven 29 Déc - 12:28


J'ai visé juste avec mes histoires de desserts italiens : je vois Grace sourire, presque imperceptiblement mais juste assez pour me conforter dans mon idée. Je note tout ça pour plus tard, pour suggérer innocemment à Milo de faire un tiramisu un jour où Grace sera en visite.

Parler de notre amitié m'émeut inexplicablement ; pendant un instant, je me laisse envahir par les souvenirs réconfortants des dix dernières années, les petites aventures plus ou moins volontaires qui nous sont arrivées… et des moments douloureux aussi, ceux que j’aimerais effacer. Mon hospitalisation et la colère que l’Italien a dû gérer, la rancoeur qu’il a dû supporter… Le genre de situations qu’on préfère épargner à un ami, mais qui permettent aussi de distinguer les personnes qui tiennent vraiment à nous de celles qui disparaissent à la première difficulté (quoique je n’ai jamais douté que Milo appartienne à la première catégorie).

Mais la gratitude reprend le dessus. Nouer des liens et créer des amitiés sont des compétences que je suis loin de maîtriser et si je me suis amélioré, c’est en grande partie grâce à Milo. Quand on grandit loin de sa famille pendant la majeure partie de son adolescence, les amitiés prennent une importance qu’elles n’ont pas ailleurs, et une influence déterminante. Sa spontanéité et son auto-dérision avaient beaucoup participé à décoincer l’adolescent trop perfectionniste et rigide que j’étais alors.

Grace sourit en m’écoutant et j’imagine qu’elle a compris le sous-entendu que je suis incapable de mettre en mots. Puis elle parle à son tour, avec des mots si justes que je suis presque jaloux de la facilité et de la clarté avec laquelle elle exprime ses sentiments ; les siens mais les miens aussi, car l’image de Torvi s’invite à mon esprit à mesure que ses paroles s’égrainent. Je doute que nous serions devenus amis si des circonstances plus… normales nous avaient réunis. Et pourtant, quelque chose dans son attitude, dans sa personnalité, nous a rapprochés, au point de devenir colocataire quelques jours après. Au point de me demander de devenir le père de son enfant.

Je hoche la tête et sourit distraitement en entendant tous ses compliments sur Milo. Je m’apprête à répondre quand elle rougit brutalement, pose sa tasse et balbutie quelque chose avant de foncer vers la porte. Je reste stupéfait une seconde. J’ai raté quelque chose ?

- Non, non ! Ne partez pas !

Je m'élance à sa suite et lui saisit doucement le bras.

- Les gens n'ont pas l'air d'avoir besoin de fournitures sportives aujourd'hui, j'ai tout mon temps.

En réalité, je suis évidemment censé travailler, mais la bulle que m’offre notre discussion est trop agréable pour être brisée si tôt. Pourquoi s’enfuit-elle ainsi ? Je jette un coup d’oeil à ses joues cramoisies et son expression gênée me saute aux yeux. Ah. Elle paraît regretter ses mots sur Milo. Je n’y vois aucun mal, j’aurais été le premier à dire ça si j’avais su le faire mais je ne suis pas là pour juger à sa place. Je la lâche et me penche vers elle.

- Je ne parlerai pas de ça à Milo, si vous voulez. Je ne suis pas vraiment objectif, mais je suis d'accord avec vous. Il est drôle et un peu irresponsable parfois, et un peu trop sanguin aussi, mais c'est un type formidable. Et un vrai soutien dans les moments difficiles.

Cette fois c’est moi qui en dit trop. Je déteste parler de ça. Je n'en parle pas, tout simplement ; presque un an après, j'ai à peine réussi à dire merci à mes mères et Milo pour leur soutien, et encore moins à m'excuser pour les mots blessants lancés pendant les jours les plus noirs. Je m'en veux et c'est un sentiment difficile à exprimer. Et aussi sympathique que me paraisse Grace, ce n'est pas une chose que j'ai envie de raconter à une inconnue.

- Vous semblez douée pour lire les gens. Ça doit être pratique, moi je suis nul et je me suis déjà retrouvé dans des situations bizarres à cause de ça. J'ai vexé des gens, aussi, sans le vouloir. C'est votre métier qui vous l'a appris ?

C’est un vrai talent, que j’aimerais parfois posséder. Mummy m’a transmis plein de choses, mais je suis plus proche de Mom dans ce domaine : la mécanique des objets est plus simple que celles des gens.

- Vous voulez voir l'atelier ? Ou si vous voulez m'aider, je peux vous proposer de remplir des bons de commandes, mais ce n’est pas très passionnant.

Mon regard se pose sur son appareil photo et une idée se forme dans mon esprit.

- Vous pourriez prendre des photos du magasin ? Pour les envoyer à la Gazette du Sorcier ou à Balai Magazine et nous faire un peu de publicité ? On vous paiera bien sûr. Comment vous faites d’ailleurs, pour choisir comment prendre une photo ?

_________________

Grace HamiltonMolduavatarMoldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 30 Déc - 12:10


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Une main sur son bras. Une voix, presque une supplique. Grace savait parfaitement que l’absence de clients n’était qu’un prétexte, elle était bien placée pour savoir qu’une boutique indépendante, tout comme un cabinet de kiné, a une tonne de paperasse à remplir, des inventaires à faire, tout un tas de petites choses à faire entre les ventes et les visites. Mais ça ne l’empêchait pas d’apprécier le geste. Irvin avait l’air d’être vraiment quelqu’un d’adorable, mais c’était plus fort qu’elle, son insécurité lui donnait sans cesse l’impression d’être ridicule, quand elle dévoilait ce qu’elle pensait vraiment, et ce n’était pas vraiment étonnant, lorsqu’on voyait la mère qui l’avait élevé. Grace devrait vraiment travailler sur ça : pourtant, Charlie lui rappelait sans cesse qu’elle n’était pas une moins que rien, et Matthew aussi, à sa façon, mais elle avait toujours ce sentiment un peu absurde d’être inférieure à ceux qui l’entouraient. C’était probablement la raison pour laquelle elle protégeait ses proches avec tant d’attention : non pas parce qu’ils étaient faibles, mais parce qu’ils étaient bien plus importants qu’elle, et qu’il ne devait surtout rien leur arriver. Elle essaya de calmer le tremblement de sa main, encore chamboulée par ses propres sentiments. Ce n’était pas du tout la faute du jeune ingénieur. Encore une fois, elle était la seule à blâmer pour son cœur un peu trop gros, ses sentiments un peu trop forts.

« -Merci Irvin… Je ne sais pas, j’ai toujours l’impression d’être une cruche avec mes grandes tirades, mais une grande sortie théâtrale aurait eu l’air encore plus ridicule, dit-elle en rigolant doucement, extériorisant son stress. Vous… Enfin, si on se tutoyait, plutôt ? On a dépassé ce stade, je pense !

Cela semblait si naturel venant d’elle, elle l’animal social, qui liait des amitiés plus facilement qu’aller faire des courses au supermarché. C’était vrai ce que disait Irvin : c’était facile, pour elle, de s’exprimer, de se mettre à la place des gens, d’être toujours fidèle à son motto "traite quelqu’un comme tu aurais aimé qu’il te traite". Mais ça pouvait aussi parfois lui jouer bien des mauvais tours.

-Pratique, oui. Pas toujours, à cause de ça, je suis bien trop sensible… Tu as du probablement le remarquer, dit-elle ironiquement. J’ai tendance à être beaucoup trop empathique, et du coup, je peux passer du rire aux larmes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Mais j’ai toujours été comme ça, je pense. Matthew, mon petit frère, venait toujours se confier à moi lorsqu’il avait des problèmes avec ses amis, plutôt qu’à nos parents. C’est un plus évident quand on travaille dans le domaine dans le santé, car on se sent évidemment plus proches de ses patients, mais l’envers de la médaille, c’est que c’est parfois trop, pour le mental.

Une petite pause. Il y avait quelques mois, elle avait décidé de prendre une semaine de repos bien mérités (les premières vacances en deux ans, c’était bien difficile d’en poser lorsqu’on est son propre patron et qu’on a pas d’employés), après que Mme Sanchez lui avait confié sa solitude après la mort de son mari. La tristesse provenant de la petite femme ridée qu’elle avait pu sentir… Ça l’avait mis plus bas que terre. Elle avait noyé ses larmes dans les petits piquants de Camembert en écoutant des chansons tristes pendant 3 jours. En rétrospective, Grace se sentait stupide d’avoir réagi aussi fortement, mais sur le coup, ça l’avait vraiment chamboulé.

La question d’Irvin la déstabilisa quelque peu. Elle ne pensait pas que le jeune homme tiendrait à ce point qu’elle reste dans la boutique. Il était un peu gauche, on voyait bien qu’il n’était pas très doué pour parler aux gens (et ça, la moldue n’avait pas eu besoin de l’entendre de sa bouche pour le comprendre), mais on voyait que sous cette maladresse se cachait un cœur gros comme ça. C’était juste un peu plus dur pour lui de l’exprimer.

-Oh, avec plaisir… Je n’y connais vraiment pas grand chose, surtout en balai magique, bien évidemment, mais je trouve ça magnifique… Vous faites tout vous-même, avec Milo ? Ça semble être un travail titanesque.

Elle allait ranger son polaroid dans son petit sac à main, pour avoir les mains libres, lorsqu’Irvin lui proposa de prendre des photos du magasin. Elle n’avait rien contre, bien sûr, mais sa proposition la surprit.

-Si tu veux, oui, ce serait même avec plaisir. Mais je ne suis pas photographe, c’est juste un passe-temps, je ne pense pas avoir les capacités de faire quelque chose d’assez joli pour rendre compte de la qualité de votre travail. Et il est hors de question de parler d’argent, en tout cas, dit-elle d’un ton ferme et catégorique, son ton ne laissant aucune place à la négociation.

Si elle pouvait rendre service, de toute façon, elle le faisait volontiers. Milo avait été adorable avec elle, à lui réparer son frigo, et elle pensait que lui apporter des douceurs sucrées ne couvrait pas le dérangement occasionné : si elle pouvait l’aider de quelque manière que ce soit, elle le ferait. Mais même s’il n’y avait pas eu cette panne de courant, son cœur sur la main la poussait sans cesse à prêter main-forte à son prochain.

-Je n’ai jamais vraiment réfléchi à la question, en fait. Lorsque je trouve quelque chose de beau, je sors mon appareil et j’essaye de trouver le meilleur angle pour le sublimer. Je n’ai jamais pris de cours de photographie ou quoi que ce soit, c’est pour ça que je te disais que je n’étais pas sûre d’être la mieux placé pour faire de la pub pour votre magasin.

Une idée, tout à coup. La boutique de Milo méritait vraiment à être reconnue, et si elle ne pouvait pas aider de par ses photos, peut-être pourrait-elle le faire autrement.

-Par contre, mon ami Charlie tient une station de radio, qui s’appelle "Good Morning Atlantis !". Je vais lui demander de parler de Milo’s Magical Sport Supplies, je suis sûre que ça pourra toucher pas mal de monde à Atlantis. Tiens d’ailleurs, pourquoi avoir installé la boutique au Chemin de Traverse ? »

Elle inclina la tête, intriguée. C’est vrai que pour les sorciers, le trajet était aussi simple que d’aller à l’autre bout de la ville, et que la rue sorcière était extrêmement fréquentée : mais Atlantis, de par le symbole de mixité qu’elle représentait, aurait été un choix parfait pour un magasin alliant sport moldu et magique.

_________________


Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   

Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Matin de pluie ( libreuuuuuuh )
» L'Uruguay présente ses excuses au peuple haïtien
» Excuses ou conflit ? Un temps pour chaque choses. [Asté...]
» Excuses de l' hopital!!!
» 1001 excuses pour ne pas faire ses devoirs [Revan][terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Catharsis :: Le Monde :: Royaume-Uni :: Le Chemin de Traverse :: Milo's Magical Sport Supplies-
Sauter vers: