Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler
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MessageSujet: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Jeu 26 Oct - 16:00


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace essayait de se convaincre que sa venue sur le Chemin de Traverse n’avait rien à voir avec lui. Il fait beau, aujourd’hui. Je suis en congé. Je vais juste faire quelques emplettes, prendre le soleil à la terrasse du Starbucks. C’est tout. Aucun plan derrière la tête. Elle avait vraiment du mal à trouver des excuses viables. Pour se donner bonne conscience, elle avait même invité Matthew à l’accompagner, mais celui-ci avait malheureusement décliné la proposition, invoquant du travail à faire. Elle n’était pas dupe, nous étions au mois d’Août et son frère n’avait rien d’autre à faire que de jouer à Tony Hawk’s Pro Skater sur sa Dreamcast, en caleçon, en mangeant des pizzas : il avait probablement une poussée, et était comme d’habitude trop fier pour lui dire. Elle se jura de passer le voir dans la soirée, pour être sûre qu’il n’ait besoin de rien. Pour l’instant, il fallait qu’elle aille voir Mi… euh… aller faire du shopping. Non vraiment, vraiment, le fait que son voisin si gentil et si aimable et si mignon et si drôle avait un magasin à l’endroit où elle se rendait n’avait aucun rapport avec sa sortie du jour. Ne sois pas ridicule, ma fille. Personne n’est dupe. Tu viens d’utiliser quatre adjectifs pour le décrire. Quatre.

Le pire, c’est qu’étant moldue, pour pouvoir accéder à la rue sorcière, située à Londres et donc à plus de 600km de son lieu d’habitation, elle avait du faire les démarches pour acquérir un portoloin, et qu’elle avait presque réussit à se persuader qu’il n’avait rien à voir avec tout ça. Dans le formulaire qu’elle avait dû remplir, à la case « raison de votre voyage », elle avait hésité plusieurs minutes, son stylo pressé contre le papier, l’air un peu paniqué. La kiné avait au final mit « tourisme », ce qui n’était pas faux, quelque part. Elle comptait réellement aller flâner dans des boutiques. Mais surtout une en particulier, voilà tout.

Lorsqu’elle avait saisi la poêle à frire qu’on lui avait fourni en guise de portoloin, elle avait senti une drôle de sensation dans les doigts et les jambes, avant de ressentir un grand vide. Après tout, les molécules de son corps étaient littéralement téléportées d’un endroit à un autre, et cela faisait beaucoup pour un organisme non habitué. Grace aurait tué pour comprendre comment cela marchait, exactement. Mais est-ce que les moldus réussiraient à comprendre, un jour, la nature même de la magie, et son utilisation ? Arriveraient-ils à quantifier, de manière scientifique et rationnelle, ce qu’était le potentiel magique ou comment fonctionnait un sortilège ?

Et puis, en une fraction de seconde, elle était arrivée. Ce fut le bruit qui la frappa, tout d’abord : la zone d’atterrissage du Chemin de Traverse était juste à côté des commerces, afin de faciliter le tourisme, et en cette chaude journée d’Août, les rues étaient bondées. Il faisait chaud, plus chaud qu’à Atlantis : elle fut contente d’avoir enfilé une petite robe d’été courte à fines bretelles, ainsi que de simples sandales. Une tenue parfaite pour un ciel sans nuages. Vu le temps qu’il faisait, elle aurait pu aller faire un tour de bâteau, aller bronzer à la plage, ou simplement aller prendre un bol d’air frais à la Marina d’Atlantlis, mais non, la voilà prête à aller affronter la foule simplement pour avoir un prétexte de parler à Milo. Ma vieille, te voilà mal barrée. On dirait une écolière de 12 ans.

Au départ, elle se tint à son plan. Elle fit un peu de lèche-vitrine. La plupart des boutiques étaient destinées aux sorciers, mais avec la levée du Secret, les activités du Chemin de Traverse s’étaient diversifiées. Après tout, business is business et les commerçants l’avaient compris, le marché moldu était à portée de leurs mains. Mais bien vite, ses pas la conduisirent, presque comme s’ils avaient une volonté propre, devant la boutique de Milo’s Magical Sport Supplies.

Un tintement de clochette, à son entrée, la fit rigoler doucement. Milo était un peu vieux jeu, visiblement. Elle regarda tout autour d’elle, émerveillée par les balais et les équipements (dont, pour la plupart, elle n’avait aucune idée de l’utilité) qui se trouvaient autour d’elle. Bien vite, cependant, elle se tourna vers le comptoir, où elle s’attendait à voir son voisin. Malheureusement… Ce n’était pas le cas. Un jeune homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant lui rendait son regard, la prenant pour une simple cliente, probablement. Un peu déçue, mais ne perdant pas espoir (peut-être était-il dans l’arrière-boutique), elle s’approcha de lui avec un petit sourire timide.

« -Bonjour, je suis vraiment désolé de vous déranger… Est-ce que Milo est là ? »

Elle croisa les jambes et les bras, un peu mal à l’aise. Grace avait toujours un petit peu de mal avec les gens qu’elle ne connaissait pas, mais sa timidité n’était, à chaque fois, que passagère. Après tout, sa mère lui avait toujours dit de se méfier des inconnus.

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Ven 27 Oct - 9:47

Le magasin est désert et silencieux. Je n’ai pas l’habitude de m’y trouver seul, Milo quitte rarement sa boutique, même pour une heure, et bien que je connaisse le magasin presque aussi bien que lui, je ne peux m’empêcher de ressentir un peu de pression. Heureusement, je me sens légèrement mieux depuis deux jours ; mes idées sont plus claires, ma concentration plus facile et les pensées qui, jusqu’à maintenant, me clouaient au lit dès ma sortie du travail deviennent moins obsédantes. Les potions prescrites par ma psychomage – j’ai échangé le docteur Foster, trop dirigiste et intrusif à mon goût, contre la psy qui m’avait reçue en urgence après ma tentative de juillet, qui me convient mieux – prouvent leur effet, lentement mais sûrement. Je m’adjoins à nos deux rendez-vous hebdomadaires, et la tentation récurrente d’y échapper pendant les premières semaines s’estompe maintenant. Comme à chaque fois, je suis entré dans son bureau la tête pleine d’appréhension, mais elle les a pour l’instant détrompées, ne faisant ni commentaire sur mes mères ni sur ma colocation peu ordinaire, entre autre. Elle n’insiste pas pour parler de ma maladie, de mes difficultés ou de ma tentative ; nous discutons surtout de ma famille, de mon entourage, je lui ai même relaté la proposition de paternité de Torvi pour lui demander son avis. Je ne suis pas prompte à faire confiance, d’ordinaire ; mais elle a réussit à instaurer un sentiment de sécurité, un espace de confidence bienveillante. Pour moi, c'est déjà beaucoup.

Parler fait du bien. C’est étrange de s’en rendre compte si tard. J’ai toujours pu parler avec mes mères ou mon parrain, sans trop de filtre ; au contraire même, iels ont toujours considéré primordial de pouvoir exprimer ses ressentis en famille, de pouvoir y trouver les réponses aux questions que l’on se pose en grandissant. Mais malgré cela, certaines choses restent difficiles à dire. Bloquées. Par peur de décevoir ? C’est ce qu’a sous-entendu ma psychomage. Elle n’a peut-être pas tort.

Il y a foule dehors, il fait beau, le Chemin de Traverse est bondé dès l’ouverture des magasins. J’observe les gens un peu distraitement, mon stylo suspendu au dessus du carnet de commande dont  je dois dupliquer les références sur les bons de la semaine. Pas très passionnant, mais prenant ; la journée passera vite. Une petite fille s’arrête devant la vitrine, les yeux brillants d’envie pour une paire de chaussures de football améliorées ; quelques adolescent-e-s à l’air connaisseur examinent les balais ; mais personne n’entre, et je peux même me préparer tranquillement un café sans être interrompu.

Quelqu’un pousse la porte, finalement. Une jeune femme, un air ravi et admiratif collé sur le visage, observant les balais avec une curiosité presque enfantine. Une Moldue ? Son sourire vacille lorsqu’elle pose ses yeux sur moi, trahissant une légère déception. Je lui lance probablement un regard un peu trop sérieux ; ça m’arrive souvent malgré moi, car je me prépare à déployer toute ma concentration pour entendre et comprendre au mieux sa demande.

Et ladite demande m’étonne un peu. Ou plutôt sa façon de la prononcer.

- Bonjour. Vous ne me dérangez pas, mais Milo n’est pas là cette après-midi. Vous avez rendez-vous avec lui ?

Une nouvelle fournisseuse ? Elle est trop hésitante pour ça. Une cliente venue pour un devis ? Plus probable.

- Je peux vous aider, peut-être ?

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Ven 27 Oct - 16:29


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Elle qui pensait que son plan était parfait, elle n’avait pas pensé à une chose pourtant évidente : comment avait-elle pu ne pas songer à l’éventualité que Milo avait des employés ? Ce n’était pas parce qu’elle gérait tout toute seule, à son cabinet, que tout le monde était dans le même cas. Elle aurait adoré avoir une secrétaire pour gérer tous ses rendez-vous, mais elle n’avait pour l’instant pas les moyens de rémunérer qui que ce soit, pas tant qu’elle n’aurait remboursé son père jusqu’à la dernière pièce. Elle avait bien pensé à entrer en collaboration avec un autre kinésithérapeute, afin de partager l’espace et de collaborer, mais sa recherche n’avait rien donné pour l’instant. Enfin, le point positif, c’est qu’elle n’avait pas de concurrence à Atlantis, et son carnet de patient était bien rempli.

Enervée d’avoir fait toute cette préparation pour rien, elle ne pouvait s’empêcher de se maudire intérieurement. Quand est-ce qu’elle grandirait un peu ? Pourquoi partir dans de telles extrémités et voyager aussi loin pour un gars qu’elle ne connaissait pas tant que ça, finalement ? Son frère lui disait toujours qu’elle était bien trop romantique pour son propre bien. Déçue, son regard se posa sur le jeune homme derrière le comptoir, à qui elle sourit doucement. Ce n’était pas sa faute, à lui. Elle n’en voulait qu’à une seule personne, et c’était elle-même.

« -Oh non, je n’ai pas rendez-vous avec lui, je… Elle essaya d’avoir l’air le plus détendu possible, afin de faire passer le fait qu’elle était bien là par hasard. Je suis sa voisine et j’étais dans le coin… J’ai vu la boutique… Je me suis dis que j’allais venir le saluer.

Est-ce que c’était une raison suffisante ? N’était-ce pas un peu bizarre qu’une personne, dont le seul point commun avec vous était de vivre à côté de votre appartement, vienne vous voir sur votre lieu de travail ? Grace commençait à regretter sa décision de venir ici, et doutait de l’efficacité de son plan. Peut-être que ce n’était pas plus mal, au final, que Milo ne soit pas là. Elle ne voulait pas passer pour un stalker, ou quelque chose du genre. Et pourtant, ce n’est pas ce que tu es, ma fille ? A penser à lui avant de t’endormir le soir, à t’imaginer des scénarios abracadabrantesques pour pouvoir le revoir, à parler de lui à ton hérisson parce qu’au moins il ne te jugera pas pour ce crush si soudain et pathétique ? Tout ça parce qu’il a eu la gentillesse de t’aider lors d’une panne de courant… Pourquoi la voix dans sa tête ressemblait étrangement à celle de sa mère, lorsqu’elle se désolait de ne pas encore avoir de petits enfants ?

-Et… Elle commença à chercher une meilleure excuse pour sa présence ici. Mon frère est un très bon cavalier et je me suis dis que je pourrais peut-être trouver son cadeau d’anniversaire ici.

Il était né en mai, mais à part ça, c’était un alibi à peu près convainquant. Elle espérait que le jeune homme ne parlerait pas de sa venue à Milo, et qu’il oublierait toute cette histoire. Parce qu’elle se sentait très bête et avait l’impression qu’un grand trou se creusait de plus en plus sous ses pieds.
Perdue dans ces pensées peu valorisantes sur elle-même, tout à coup, elle réfléchit à ce que lui avait dit Milo sur son métier et sa boutique. Un flash.

-Oh, mais vous devez être le pote ingénieur, c’est ça ? s’exclama-t-elle. Elle se rendit compte un peu trop tard qu'elle avait été peut-être un peu bruyante et brusque. Désolé… Je ne connais pas votre nom. Moi, c’est Grace. »

Peut-être était-ce une erreur de donner son nom si elle espérait que le jeune homme ne mentionne pas sa présence à Milo, mais sa politesse était plus grande que de quelconques précautions. C’était sa grand-mère maternelle qui lui disait « tu sais Grace, la politesse, c’est comme le zéro. Ça vaut rien mais ça ajoute à toute chose ». C’était une brave femme, sa grand-mère, une bretonne fière et dure qui n’avait pas la langue dans sa poche. Elle aurait aimé être aussi forte qu’elle.

En tout cas, elle espérait être suffisamment bonne comédienne pour à la fois masquer sa déception de ne pas voir le sourire si craquant de son voisin, et faire croire son bobard d’achat de cadeau d’anniversaire ainsi que sa présence par le fruit d’un simple hasard. Peu probable, mais après tout, c’était tout ce qu’elle pouvait faire. Croiser les doigts, et espérer que ça passe.  

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 28 Oct - 18:58

La jeune femme a l’air plongée dans un profond débat avec elle-même, et je me contente de la regarder, attendant patiemment qu’elle se décide. Elle paraît tranquille mais ses jambes croisées trahissent sa nervosité, son sourire une légère déception. Je ne la lâche pas du regard, pour ne pas manquer son visage au moment où elle parlera à nouveau. Mes réflexes de vendeur reviennent, vieilles compétences de mon premier emploi, pas si loin du Chemin de Traverse d’ailleurs. Je me redresse, repousse dans un coin de mon esprit les pensées du quotidien et range stylo et cahier pour me montrer entièrement disponible. L’agitation magique que crée la foule dehors crée un brouillard sonore très désagréable, que je tente d’ignorer ; je ne peux pas demander aux clients de porter un micro.

Sa réponse me déconcerte un peu, il faut l’admettre, et j’espère ne pas trop le laisser paraître. Après tout, elle a bien le droit de venir saluer ses voisins, même si son zèle est un peu étonnant. Enfin, pas forcément si étonnant ; tel que je le connais, Milo a dû lui vanter les mérites de sa boutique dès leur première discussion. C’est sympathique de sa part, finalement ; ma voisine de 80 ans n’en ferait pas autant, elle qui me demande - avec une persévérance admirable il faut l’admettre - la date de mon mariage avec Torvi depuis qu’elle a vu le ventre rond de cette dernière (j’ai tenté de lui faire comprendre que nous n’étions pas en couple, mais au vu de son acharnement, je pense que cette option lui semble inenvisageable).

Je reviens à la conversation pour l’entendre parler de son frère et la laisse parler, réfléchissant aussitôt au matériel d’équitation que je pourrais lui proposer. J’entends avec un peu de retard sa phrase me concernant et sursaute légèrement à cause de l’augmentation brutale de volume. Merde, je suis encore ralenti, et les grésillements de mes appareils n’arrangent rien. Je me maudis intérieurement en espérant que mon dérangement ne sera pas trop visible.

- Le pote… Étudiant ingénieur, mais oui, ça doit être moi. Irvin.

Foutues perturbations, je n’ai pas bien saisi son prénom.

- C’est gentil de votre part, je pourrai lui dire que vous êtes passée, si vous voulez. Vous n’avez pas de chance, il est toujours là d’habitude, il s’absente rarement. Si vous repassez demain, vous le trouverez ici. Vous avez dit que vous vous appelez… ?

Je quitte le comptoir et l’invite d’une main à se diriger vers un coin de la boutique, opposée à la vitrine, où se trouve accrochée une selle. L’équitation est un domaine que je ne maîtrise pas franchement, alors je tente de paraître le plus professionnel possible en lui désignant l’objet.

- Pour l’instant, notre offre de matériel d’équitation est limitée. Nous vendons principalement des selles, faites main, et des tapis à mémoire de forme qui permettent de répartir équitablement le poids du cavalier tout en protégeant bien le cheval. Je peux vous en apporter un si vous voulez voir, il en reste un dans l’atelier. Vous cherchiez quoi exactement ? Nous prenons aussi des commandes personnalisées, on peut vous faire un devis pour un matériel particulier.


Grace, ce prénom me tourne en tête, je suis certain que Milo m’en a parlé. Et puis brusquement, mon cerveau fait 2+2 et je me frappe le front.

- Oh, vous êtes la voisine avec le pyjama Wonder Woman ? Il m’a parlé de vous !


En termes élogieux d’ailleurs, et tout le récit de coupure de courant me revient en tête. La voisine et son hérisson, la discussion une bonne partie de la nuit, et une sombre histoire de frigo dont j’ai oublié les détails. Un autre détail rejaillit aussi dans ma mémoire ; la jeune femme est moldue… elle a donc fait tout le chemin d’Atlantis à ici ? Elle devait être sacrément motivée pour venir sur le chemin de Traverse.

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mar 31 Oct - 13:12


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace regardait attentivement les yeux d’Irvin, afin de voir s’il suspectait quelque chose. Elle ne lui avait pas menti à proprement parler, disons, qu’elle avait simplement omis de lui dire que si elle était dans le coin, c’est parce qu’elle avait prit un portoloin à Atlantis simplement pour avoir l’opportunité de revoir son voisin, et que si son frère était réellement un cavalier, il ne pouvait plus vraiment monter à cheval à cause de sa maladie. Elle se sentait un peu coupable, elle savait parfaitement qu’un mensonge par omission était avant tout un mensonge, et cela ne lui ressemblait pas d’agir ainsi. D’autant plus qu’Irvin semblait vraiment la croire sur parole, et lui répondait avec diligence et sympathie : elle aurait eu moins de remords si la personne en face d’elle était indélicate ou impolie.  

« -C’est mon karma, ça… Aujourd’hui, c’était mon jour de congés malheureusement. Enfin, ne vous embêtez pas à lui parler de ma venue. Je suis juste sa voisine, après tout.

A ton plus grand désespoir, ma fille. Quand est-ce que la petite voix dans sa tête arrêterait de lui casser les pieds ? Elle rigola un peu nerveusement, pour faire passer son trouble. Après avoir répété son prénom, Grace suivit le jeune homme jusqu’à une selle magnifique, qui aurait probablement fait de l’œil à Matthew s’il avait été présent. Mais elle était assez contente qu’au final, il ne voit pas une telle beauté. Parce que passé l’euphorie du moment, après avoir admiré le cuir et les coutures, il se serait probablement rappelé que, malgré tous ses efforts, il ne pourrait jamais monter comme avant. Que son cerveau, petit à petit, l’empêchait d’accéder à ses rêves et d’exercer sa passion à un niveau qu’il jugeait acceptable. Cela désolait Grace de voir son petit frère endurer toutes ces épreuves, et c’était la raison pour laquelle elle s’était jurée qu’elle ferait tout pour l’aider. La technomagie était la solution, elle en était persuadée.

-Vous qui êtes ingénieur… Pardon, étudiant ingénieur, peut-être pourriez-vous m’aiguiller. Mon frère ne peut plus monter sur son cheval comme il le faisait avant, et utiliser ses jambes avec précision, expliqua-t-elle. Son système nerveux l’en empêche, littéralement. Il songe à vendre son cheval, et je peux voir à quel point cette décision est difficile pour lui… Je me disais que, peut-être, avec une selle spéciale, il aurait moins de mal à monter et cela l’aiderait ? J’ai lu des magasines sur l’équithérapie et je me disais que ça pourrait probablement l’aider. Mais je vous avoue que moi-même je n’y connais pas grand-chose, et il me tuerait probablement s’il savait que j’étais là, à parler de ses problèmes…

Elle se disputait souvent avec Matthew sur sa propension à croire qu’il pouvait toujours s’en sortir tout seul, il détestait montrer sa faiblesse devant les autres à cause d’une fierté mal-placée qu’elle n’arrivait pas à comprendre. Même elle, alors que c’était littéralement son métier d’accompagner et d’aider les gens en souffrance, il ne la laissait pas lui venir en aide lorsqu’il en avait besoin. C’était à s’arracher les cheveux.

Cette interlude à parler de son frère lui fit du bien, car c’était une parfaite distraction pour que son cerveau arrête de se flageller en pensant à son plan raté. Sauf que voilà, Irvin en remit une couche. Visiblement, Milo lui avait parlé de son pyjama ? Elle pouvait sentir ses joues se colorer de rouge. Grace ne savait pas vraiment si c’était une bonne ou une mauvaise chose, que le vendeur de balai ait ainsi parlé d’elle à son ami. Peut-être avait-il, au final, trouvé sa tenue déplacée et s’en était plaint ? Ou bien avait-il simplement évoqué cette rencontre comme une anecdote, une simple histoire de coupure de courant et de voisine française bizarre qui parle beaucoup trop de son hérisson. La petite voix dans sa tête changeait pourtant de ton, adoptant le timbre de son père, toujours son plus grand supporter, plutôt que celle de sa mère, sans cesse à la critiquer (ses intentions étaient charitables, mais son application, beaucoup moins). Il lui a parlé de toi. C’est que tu lui as laissé une bonne impression, visiblement. Peut-être même que ce crush ne vient pas que d’un seul côté ?... Elle secoua doucement la tête. Non. Ne te monte pas trop la tête. Il vaut mieux ne pas trop espérer, pour ne pas être trop déçue. Sa mère était de retour.

-Je suis contente de savoir que mon pyjama est devenu célèbre… dit-elle avec une pointe d’humour, presque pour se changer les idées. Même si je vous assure que je n’ai pas pour habitude de me promener en petite tenue chez mes voisins. »

Elle caressa du doigt la selle en cuir. Elle avait toujours un sourire doux plaqué sur le visage, mais il était un peu triste, presque résolu. Toutes ses histoires de cœur avaient été catastrophiques : pourquoi celle-ci serait-elle différente ? Et pourquoi diable s’amourachait-elle toujours trop vite ?

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mer 8 Nov - 15:03

La jeune femme me fixe et je crains soudain d’avoir dit une chose déplacée. C’était bien ce qu’elle voulait savoir, non ? Et puis, s’iels étaient voisins, elle aurait d’autres occasions de le voir. Rien de dramatique.

Son quoi ? Je me penche vers elle en réflexe pour mieux l’entendre. Je me redresse à la phrase suivante et mon regard se perd dans la boutique alors que je réfléchis.

- Oh je ne pense pas que vous soyez « juste » une voisine, il m’a parlé de vous plusieurs fois ces derniers jours. Il ne parle pas autant de ses voisins d’habitude.

Définitivement pas.

...

Je regarde la jeune femme avec un sentiment nouveau. Maintenant que j’y pense, le prénom Grace a surgi plus d’une fois dans nos conversations de ces derniers jours. La voisine Moldue qui parle Quenya et porte des pyjamas DC ; beaucoup de bon goût en une seule personne. Elle aurait voulu séduire Milo qu’elle n’aurait pas pu mieux tomber. Je revois le sourire de mon meilleur ami à l’évocation de la jeune femme ; et j’entends son rire à elle, écho de celui de Poppy quand elle parle du professeur Campbell. Hmm. Possible. Même probable.

Et puis elle parle à nouveau, de son frère, et les informations défilent trop vite pour me permettre de saisir tous les mots. J’espère avoir saisi l’essentiel, et je lui indique le siège le plus proche avant de m’asseoir à mon tour.

- Son système… nerveux, c’est ça ? Il a du mal à contrôler ses jambes ? Je réfléchis à toute vitesse mais l’équitation est un des domaines que je maîtrise le moins dans le magasin, par manque d’intérêt surtout. C’est aussi une des offres les moins développée et demandée ; monter à cheval n’est pas un loisir très populaire chez les Sorciers.

- Il a des difficultés à monter ou à tenir assis sur le cheval ? S’il s’agit de monter, je pense qu’il est possible de fabriquer une selle spéciale qui, avec quelques enchantements, pourrait le hisser sur le cheval. Mais j’imagine que s’il contrôle mal ses jambes, garder l’équilibre et guider l’animal est compliqué ?

Mon cerveau turbine mais reste stupidement vide d’idées. Je ne veux pas que la jeune femme le perçoive, alors que je sens déjà le vernis de professionnalisme s’écailler, égratigné par mes doutes ; laissant toute la place à la petite voix dans ma tête suggérant que je ferais mieux d’aller me recoucher, si je ne suis même pas capable de tenir le magasin pour Milo. La douleur au creux de mon ventre se réveille à son tour et je secoue la tête pour la chasser, elle et mes pensées.

- Pour être honnête, je ne suis pas non plus très connaisseur en équitation… mais je pense qu’il est possible d’adapter certains sorts utilisés sur les balais, pour l’équilibre notamment. Si vous voulez, je peux y réfléchir avec Milo, et vous proposer quelque chose. Votre frère ne voudrait pas venir ? Ce serait plus pratique s’il pouvait nous expliquer ses besoins plus précisément. Si ça peut lui éviter de vendre sa monture… En attendant…

Je me lève pour chercher un carnet et ma plume à papote au comptoir et tire un tabouret à côté de Grace.

- Il lui faudrait une selle qui le maintienne sur le cheval et compense la faiblesse de ses jambes, en veillant à ce qu’il ait besoin de faire le moindre d’effort possible pour se maintenir en équilibre… C’est correct ?

La plume s’agita sur le carnet et se suspend, prête à noter les paroles de Grace, mais je l’interromps en saisissant le carnet et en griffonnant à mon tour un rapide croquis : une selle dont les quartiers, au lieu d’être plats, sont creusés pour accueillir la jambe. Je montre le résultat à la jeune femme.

- Quelque chose dans ce genre là ? On pourrait aussi ajouter des sangles pour maintenir les jambes et un système d’attache pour les pieds. Et avec quelques sorts, on pourrait ajuster artificiellement le mouvement de la jambe à celui du cheval, pour améliorer l’équilibre et le contrôle.

Je me redresse, finalement satisfait de mon idée, et la douleur diminue comme si elle s’avouait vaincue. J’observe Grace avec l’espoir que l’idée sera pertinente à ses yeux ; d’abord pour gagner une nouvelle cliente, bien sûr, mais surtout, surtout, pour la faire revenir et recroiser Milo. Parce qu’il est célibataire depuis un moment déjà, et parce que je suis certain qu’aider son frère sera un atout séduction indéniable. Non ? Je suis loin d’être un expert mais… au moins, elle devra passer du temps à la boutique. Je m’occupe de la faire revenir, et lui s’occupera de la suite.

En parlant de Milo, la discussion dérive à nouveau sur lui et la soirée passée avec la jeune femme. Je hausse un sourcil.

- Vous pouvez vous balader comme vous voulez… Je pense que peu de gens se promènent avec ce genre de pyjamas à Atlantis, et vous êtes tombée sur le type qui, à ma connaissance, est celui qui les apprécie le plus de toute la ville. Même si Wonder Woman n’est pas son Super-héros favori, il préfère Batman, il a une peluche collector depuis que je le connais, même avant, et je crois qu’il dort carrément avec…

Malgré ma bonne volonté, je sais pertinemment que mes capacités d’entremetteur sont très, très largement en dessous de celles d’ingénieur. Ou même de cuisinier, ou de pédagogue. Je devrais appeler Matilda à la rescousse, mais ce serait probablement bizarre. Je lui demanderai conseil la prochaine fois que je la verrai.

Un autre détail me revient en tête.

- Le générateur était pour vous alors ? Votre frigo fonctionne bien ?

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Sam 11 Nov - 5:48


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
La remarque d’Irvin la fit réagir, envoyant un rayon de contentement dans tout son corps. Peut-être qu’elle était spéciale, au final. Peut-être qu’elle n’était pas la seule à penser à son voisin, peut-être que son crush n’était pas si stupide que ça, en définitive. Mais tout ça, c’était beaucoup de suppositions et peu de certitudes. Tout à sa réflexion, elle regardait Irvin se pencher vers elle, comme s’il avait du mal à l’entendre, et son regard se posa sur un bout de plastique qui surplombait son oreille, dépassant légèrement de ses cheveux. Un implant moldu ? Aussitôt, Grace se dit qu’elle devait faire bien attention à articuler afin que le jeune homme n’ait aucun mal à lire sur ses lèvres. Elle connaissait la langue des signes française, qu’elle avait apprit auprès d'une de ses amie malentendante lorsqu'elle était plus jeune, mais ce n’était pas le cas de la BSL. Son regard repartit bien vite sur les yeux d’Irvin, cependant, afin de ne pas paraître inquisiteurs.

L’étudiant ingénieur sembla immédiatement saisir ce que voulait dire Grace en parlant du problème de son frère, elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau se mettre en route tandis qu’il réfléchissait tout haut. D’une simple excuse pour expliquer sa présence dans la boutique de Milo, peut-être que tout ça pouvait déboucher sur quelque chose de vraiment positif pour Matthew : elle expliqua donc plus en détail sa maladie.

« -Il souffre de sclérose en plaques de forme récurrente-rémittente, c’est-à-dire qu’un jour, il va aller relativement bien, et l’autre, son système nerveux va être incapable d’envoyer les informations nécessaires de son cerveau pour que ses jambes bougent. Et en général, ça le fatigue énormément de faire des gestes les plus simples…  

La jeune femme hochait de la tête tout en écoutant les idées du jeune homme avec attention, fascinée par les réflexions instinctives d’Irvin qui, pourtant, proclamait ne pas s’y connaître dans le domaine de l’équitation. Le croquis qu’il fit rapidement l’impressionna d’ailleurs grandement, reconnaissant des silhouettes de selle qu’elle avait pu voir dans des magasines traitant d’équithérapie et certains de ses livres de cours.

-J’essayerai de lui parler et de le convaincre de venir. Ça peut être une vraie tête de mule, quand il veut. C’était pour le moins un euphémisme. Grace avait développé une patience légendaire, en grande partie en côtoyant simplement son petit frère depuis 20 ans déjà. En tout cas, merci beaucoup pour ces informations, vous avez un vrai don pour ce genre de choses, ça se voit, surtout si vous n’êtes pas un spécialiste du sujet. Je ne manquerai pas de dire à mes patients en rééducation de venir ici, s’ils ont besoin d’équipement sportif adapté , dit-elle en souriant.

Assise près d’Irvin, elle se sentait à l’aise, la température estivale était parfaite et la conversation était fluide, instinctive. Elle ne s’étonnait pas que Milo et le jeune homme soient amis, bien que ce dernier semblait un peu plus réservé et sérieux. Grace pouvait voir à son visage un peu crispé qu’il était extrêmement concentré sur ce qu’elle lui avait demandé, professionnel jusqu’au bout des ongles.

Un rire cristallin s’échappa de ses lèvres lorsqu’elle entendit Irvin répondre à sa remarque concernant son pyjama et parler de la peluche Batman de son ami. Elle n’était pas sûre que Milo serait très content en apprenant que le jeune homme parlait de ses habitudes de sommeil avec autant de facilité à une quasi-inconnue, mais elle se contenta de sourire avec beaucoup de tendresse. Entre Matthew qui dormait avec son Chewbacca et Milo avec l’identité secrète de Bruce Wayne, elle avait décidément tendance à s’attacher à de grands enfants. Elle se rappela soudain qu’elle passait une grande partie de son temps à discuter avec son hérisson, et se dit qu’elle ne pouvait vraiment juger personne, vu sa position.

-Et bien la prochaine fois que je viens chez lui, je prendrais soin de revêtir un pyjama Batgirl, alors, blagua-t-elle avec malice entre deux éclats de rire.

Cet esclaffement s’arrêta néanmoins assez vite lorsqu’elle se rendit compte que sa phrase pouvait sonner réellement… désespérée. Comme si elle avait comme plan de se rendre à moitié nue chez son voisin régulièrement. Encore une fois, elle rougit, et fut heureuse de la question d’Irvin qui orienta la conversation dans un autre sens.

-Oh c’est donc vous qui avez sauvé mon frigo ? Merci beaucoup ! Je dois absolument vous apporter quelque chose pour vous remercier. Vous aimez les crêpes ?

Elle se rendit compte qu’elle avait prononcé son dernier mot à la française, presque par habitude, comme elle le faisait souvent lorsqu’elle parlait de plats ou de cuisine en général. Elle se reprit.

-Désolé… Vieilles habitudes. Mais en tout cas, oui, la prochaine fois que je réussirai à avoir un portoloin pour venir ici, je vous emmènerai quelques douceurs. Elle réfléchit quelques instants. Enfin, sinon, la prochaine fois que vous allez voir Milo, venez taper à ma porte, ça sera plus rapide, je pense. S’il y a bien une chose qui est pratique et qui me fait regretter mon statut de moldu, c’est le transplanage ! »

Elle n’avait jamais eu de retenue à parler de son absence de pouvoir magique, même en présence de sorciers qu’on pouvait aisément qualifier d’extrémistes. Si les révélations de groupe comme Magic is Might l’avaient effrayé, elle ne cacherait jamais ce qu’elle était par peur. Et de toute façon, elle pouvait voir qu’Irvin était loin d’être un mauvais bougre.  

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Dim 12 Nov - 6:54

Grace sourit, presque imperceptiblement, lorsque je parle de Milo. Et si elle aussi voyait en lui plus qu’un simple voisin ?

Elle m’observe à son tour et je comprends que je me suis trahi. Je vois ses yeux sauter de mon visage à mes implants et je me redresse, passe une main dans mes cheveux pour dissimuler les petites coques de plastique et leurs antennes, tente de conserver un air professionnel. Puis je me sens stupide. Pourquoi je fais encore ça ? Pourquoi essayer de cacher ce que tout le monde voit, sauf moi ?

Alors je me concentre sur sa demande, pour ôter d’elle toute idée de pitié. Mais son vocabulaire technique me perd, et si je comprends bien les problèmes engendrés par la maladie (c’est bien ça ?) de son frère, je n’en ai pas saisi le nom. Lire sur les lèvres m’aide à compenser dans les environnements tels que le Chemin de Traverse, si chargés de magie que mes appareils en deviennent instables, mais cela est efficace si je connais déjà les mots utilisés. En l’occurrence, ce dont parle Grace m’est totalement inconnu et ma concentration vacille déjà.

- C’est une maladie ?
Je lui tends le carnet. Vous pouvez écrire le nom ? Comme ça, je ferai des recherches, pour être sûr que la selle soit adaptée.

J’aurais simplement pu lui demander de répéter, mais j’ai cédé à l’habitude de noyer le poisson par un prétexte plus ou moins plausible. Ça aussi, ma psy me l’a fait remarquer. Mais je n’ose le demander qu’à Milo, le seul avec lequel je ne ressens pas de honte à le faire, comme si son accident nous mettait sur un pied d’égalité ; et avec Torvi aussi, progressivement, car sa façon d’attaquer de face et surtout d’assumer, au quotidien, ses difficultés en anglais, rendent mes propres erreurs plus acceptables.

Foutues pensées.
Je reviens à la discussion avec un gros effort.

- Est-ce qu’une selle articulée ferait l’affaire ? Je ne sais pas si c’est possible, ni comment la faire, mais ça peut être une piste de recherche…

Idiot, tu n’es pas en cours en train de réfléchir à un problème posé par un professeur. Elle veut une proposition, pas une supposition.

Mais elle sourit, complimente, semble satisfaite. Elle me remercie si chaleureusement que je sens mon appréhension fondre un peu ; ses mots percent la brume qui engourdit mon cerveau, amenant un peu de légèreté inattendue, de chaleur même. Laissant parvenir à ma conscience celle qui inonde la vitrine et les bavardages joyeux de la rue par delà les bourdonnements magiques dans mes implants. Je lui souris à mon tour.

- C’est très gentil de votre part. L’équipement adapté n’est pas une offre que nous avons beaucoup développé jusqu’à maintenant, mais nous le ferons avec plaisir s’il y a une demande.

Mes patients… Milo m’a parlé de ça, elle est… médecin du sport ? Rééducatrice ? Mince, je n’arrive plus à me souvenir. Mais le mot me raidit un peu, involontairement ; j’espère qu’elle ne le remarquera pas. Je n’ai pas de mauvais souvenirs concernant les rééducateurs avec lesquels j’ai travaillé, je les ai simplement trop côtoyés à une période particulièrement compliquée pour que leur mention soit agréable.

- Milo m’a parlé de votre métier, mais je ne me souviens plus clairement… vous rééduquez les sportifs, c’est ça ?


Tout en l’écoutant, je rajoute à mon croquis des sangles au niveau des cuisses et une ébauche de repose-pieds fermée sur la moitié du pied. Puis je me relève, vais chercher ma baguette laissée sur le comptoir et revient vers Grace. Je crée une copie de mon croquis d’un coup de baguette et le lui tend.

- Tenez, vous pouvez le montrer à votre frère, si ça peut le convaincre. Je pouvais comprendre sans trop de mal les résistances de son frère, pour avoir eu les mêmes moi-même. Ce serait préférable qu’il vienne, car il faudrait faire la selle sur mesure. Quelle est la date de son anniversaire ? Nous travaillons avec des selliers mais la confection peut demander un peu de temps.

La discussion se détourne à nouveau sur Milo et je me demande, un peu tard, si j’ai bien fait de mentionner sa peluche Batman. Mais Grace rit, si sincèrement et spontanément que c’en est presque contagieux ; je souris à mon tour, plus largement qu’avant. Elle parle de son pyjama Batgirl (décidément, elle doit avoir toute une collection) avant de rougir brutalement.

- Je pense que ça le ferait rire, mais attendez-vous à ce qu’il vous montre toute sa collection de goodies après ça. Vous n'y échapperez pas, je vous préviens.

Mon générateur a donc bien fonctionné ; je suis rassuré, car je ne l’avais jamais testé sur quelque chose d’aussi gros qu’un frigo, et le tout aurait pu faire des dégâts. Je note ça dans un coin de ma tête.

Sa phrase suivante me laisse perplexe et pris dans la spontanéité de la conversation, je n’arrive pas à le cacher.

- Les quoi ? Elle parle soudain avec un accent étrange qui m’empêche de la comprendre. Des èpes ? Kêpes ? C’est gentil, mais vous n’êtes pas obligée.

Je suis touché tout de même, et je comprends la chaleur dans la voix de Milo quand il parle d’elle. Elle semble gentille et joyeuse, et spontanée avec moi comme si nous étions déjà amis. Je souris à nouveau en remerciement.

Un portoloin… Elle était réellement motivée pour venir jusqu’ici. L’aller-retour Londres-Atlantis est tellement aisé pour moi, et les Sorciers en général, que je n’ai pas idée de la difficulté de parcourir de si longues distances pour les Moldus. Tout semble proche quand on voyage si facilement.

- Vous pourriez peut-être prendre un transplanage d’escorte ? Ça doit être possible, entre Sorciers et Moldus… Vous pouvez peut-être poster une annonce aux Portails. Sinon, je viens ici souvent, pendant l’année scolaire aussi, et Milo transplane tous les matins pour venir travailler. N’hésitez pas à demander.

La porte s’ouvre dans notre dos et un homme accompagné d’une jeune adolescente entre dans la boutique. Je me lève pour les saluer et lance un regard à Grace. Milo pourrait revenir, je ne voudrais pas qu’elle parte tout de suite… Et puis, il faut l’admettre, sa présence est agréable, apaisante.

- Vous voulez une tasse de thé ? Je m’occupe d’eux et je reviens.

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MessageSujet: Re: Des excuses, toujours des excuses ft. Irvin Fowler   Mer 15 Nov - 15:46


Des excuses, toujours des excuses
Grace & Irvin
Grace pouvait voir le trouble d’Irvin grandir, alors qu’il essayait vraisemblablement de masquer ses appareils avec ses cheveux. Si la moldue ne pouvait pas revenir sur son coup d’œil curieux et maladroit, bien que bien intentionné, elle pouvait essayer de lui faire comprendre qu’il n’avait pas de honte à avoir avec elle, ou quoi que soit son sentiment qui le poussait à essayer de se cacher. Alors, elle lui adressa un petit sourire d’encouragement, sans rien dire.

Elle fit d’ailleurs de même lorsque l’étudiant lui demanda d’écrire la maladie de son frère sur son carnet, et, tandis qu’elle écrivait «sclérose en plaques» de son écriture cursive appliquée, elle se sentit mal d’avoir pris son frère pour prétexte, afin de se rendre dans la boutique et avoir la chance de parler à Milo, et donc d’avoir menti à Irvin, alors que celui-ci n’était rien d’autre que prévenant et attentif à ses demandes si particulières concernant cette selle. La jeune femme accueillit la question sur son métier avec plaisir, comme une alternative à cette conversation qui commençait à naviguer dans des eaux bien troubles.

« -Je suis kinésithérapeute, dit-elle en essayant d’accentuer les syllabes de ce mot si long. Du coup oui, je rééduque les sportifs, c’est même ma spécialité, mais j’apporte mon aide à qui en aurait besoin, en général. Par le massage, la rééducation… Toutes sortes de choses.

Elle n’essayait pas de rentrer dans les détails, Matthew ne manquant jamais de lui rappeler à quel point ses explications de biomécanique pouvait être barbantes pour le commun des mortels, et préféra se concentrer sur le croquis que faisait le jeune homme, impressionnée par sa capacité à représenter aussi aisément ses idées sur du papier. Mais lorsqu’elle entendit parler, encore une fois, de l’anniversaire de son frère, elle sentit une sueur froide commencer à couler le long de son dos. Elle détestait les ruses, et n’avait pas envie de continuer cette mascarade avec Irvin. C’était un gentil garçon, et peut-être qu’il comprendrait pourquoi elle avait prit l’anniversaire de Matthew pour prétexte.

-Son anniversaire est en mai… Elle rigola nerveusement, en se passant la main dans les cheveux. Je pourrais vous dire que je voulais prévoir son cadeau à l’avance, mais c’était plus une raison pour moi de venir ici…

Grace se rendit compte, tout à coup, qu’en avouant cet état de fait, il y avait de fortes chances qu’Irvin comprenne qu’elle avait craqué pour Milo. Après tout, pour quelle autre raison, si ce n’était pas pour son frère, se serait-elle rendu à plus de 500 kilomètres de distance de son lieu d’habitation ? Son visage affichait un air assez horrifié tandis que son cerveau sonnait l’alerte. Elle en avait beaucoup trop dit. Il allait en parler avec Milo, et celui-ci comprendrait qu’il avait une voisine qui était à la limite du stalkage et il la détesterait et… Non. Stop, intima-t-elle à ses pensées. Ce n’était pas le moment de se mettre en position fœtale et de repenser à tous ses choix de vie. Elle avait encore une conversation à tenir avec le jeune homme, qui semblait d’ailleurs touché par sa proposition d’offre de nourriture.

-Des crêpes, dit-elle à l’anglaise, en fronçant du nez, peu habitué à utiliser autre chose que la prononciation française pour les plats nationaux. Et je sais que je ne suis pas obligée, mais ça me fait plaisir. On ne refuse jamais une crêpe bretonne. Jamais.

Elle prononça ces derniers mots avec un faux air lugubre et un ton extrêmement sérieux, presque comme si c’était une menace, avant d’éclater de rire, lui faisant comprendre qu’elle plaisantait. Mais elle avait été tout à fait honnête sur un point : elle lui ferait ses crêpes légendaires pour le remercier, et demanderait à son père de lui envoyer une bonne bouteille de cidre. Et ce, même s’il continuait à protester. Il lui parla ensuite de transplanage d’escorte (ainsi, c’était comme ça que ça s’appelait ? En tant que moldue, elle ne connaissait pas les termes adéquats, et même Charlie ne l’avait fait voyager que quelques fois par ce biais) pour qu’elle puisse venir plus facilement à la boutique, et elle sourit doucement. La jeune femme était touchée qu’Irvin se démène pour son frère et elle : les sorciers pouvaient parfois avoir tendance à se montrer condescendants devant le manque d’aptitude des moldus.
Lorsque des clients passèrent la porte, elle fronça les sourcils, presque déçue que leur conversation s’interrompe ainsi. En discutant avec Irvin, elle avait l’impression de mieux connaître Milo : car l’entourage de quelqu’un peut en apprendre beaucoup sur lui. Et même en dehors de ça, malgré le fait qu’ils venaient à peine de se rencontrer, elle sentait qu’ils pourraient vraiment bien s’entendre, tous les deux. Matthew avait tendance à dire qu’elle faisait trop confiance aux gens, et c’était vrai, mais elle n’était pas naïve pour autant et savait différencier les personnes néfastes dans sa vie, et les autres.

-Oh, ne vous embêtez surtout pas pour moi, je prendrais du thé s’il est déjà préparé. Je m’en veux déjà assez de vous enlever à votre travail comme ça pour mes bêtises… »

Elle encouragea donc d’un mouvement de la tête Irvin, pour qu’il aille voir ses clients sans qu’il ne s’occupe trop d’elle. Grace en profita pour se lever et regarder la boutique d’un peu plus près. Proche du comptoir, elle pouvait embrasser tous les balais présentés, et, bien qu’elle n’y connaissait absolument rien, elle trouvait les poils lustrés et les bois polis des manches absolument magnifiques. Elle sortit de son petit sac son appareil photo, qui ne la quittait jamais, et prit un polaroid du mur en face d’elle. Peut-être pourrait-elle faire de la pub pour la boutique sur son blog ?

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