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 Hurry up, before zee Germans get here | Andreas
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Alistair FawleyMolduavatarMoldu
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MessageSujet: Hurry up, before zee Germans get here | Andreas   Dim 8 Oct - 10:10

Demeure d'Alistair Fawley  - 03 Juillet 2000.

Tic. Tac. Le bruit de la lourde horloge du salon vient taper sur mon système. Tic. Tac. On m'avait conseillé de me terrer un peu, quelques jours après l'attentat. Reste chez toi Alistair. Attention à toi Alistair, on ne voudrait pas que tu te fasses avoir. Quelle connerie. Mais j’obéis, comme un bon petit chien de garde, croupi dans sa tanière où même la lumière du soleil a du mal à se frayer un chemin. Ils n'avaient pas aimé, tout là-haut, que je me pointe au stade le soir même pour voir les dégâts. Soit-disant que j'avais été un danger pour l'Organisation. Attendre, c'est donc ma punition. Et quelle punition, obligé de regarder la télévision et ses programmes abrutissants, ou de lire toujours les mêmes livres, écouter les mêmes musiques. Mes placards commencent même à se vider.

Assis dans mon canapé, j'en suis à ma quatrième cigarette. Je n'en sens plus le goût, ni l'odeur, à force. C'est devenu machinal, il me faut ce petit morceau de je ne-sais-quoi entre les lèvres pour me sentir complet. Entre mes mains, le Breakfast Chronicles d'il y a quelques jours se dénude de page en page. Je lis les brèves habituelles et m'arrête encore et encore sur les articles liés à l'attaque. Le nom des victimes, dans un premier temps. Mon flair essaye de pister les moldus parmi les sorciers, une mission devenue impossibles depuis les années 80 et les coucheries qui sont venues mélanger les gênes. Puis, je ne sais pas même pourquoi je fais ça, ce n'est pas comme si je ressentais une quelconques culpabilité ou compassion pour eux. Même moldus, ils avaient eu la curiosité déviante de s'intéresser de trop près à un sport réservé à cette soit-disant élite. Quoi de pire que le Quidditch pour assouvir leur domination, une fois encore. Devant les lignes reprenant les paroles de Shacklebolt, je ne peux pas m'empêcher de rire. Nos deux mondes "ne s’en sont relevés que plus forts", quelles foutaises. Il ne voit rien, ce pauvre Shacklebolt, de la vie qui grouille en dehors de ses appartements bien blottis. Il ne sait rien. Il ne connait pas toute la peur qui s'agite derrière, tous les doutes que la mixité représente, tous les destins qu'elle a déjà brisés. Il reste dans son cocon doré où il se permet de juger. Il me donne envie de vomir.

Ma cendre tombe sur le journal que je replie doucement pour saisir le numéro suivant, celui où Gloriam revendique les faits. Je découvre avec effarement que le message passe toujours si mal, dans les médias. Comme si Gloriam n'avait envoyé que deux minuscules lignes sur qui ils étaient, comme s'ils étaient moins important que les dégoûtants Magic is Might de qui ils se sont laissés pirater... Et après on nous dit que non, les médias ne prennent pas position. Foutaises. Je jette le torchon d'immondice sur le deuxième coussin du canapé et me lève pour aller écraser ma cigarette dans le cendrier. Au passage, je sors un couteau et une pomme, avant que mon élan ne soit coupé par quelques coups contre la porte. Visiblement, les roches n'ont pas été une protection suffisante. On m'a trouvé, moi qui avait si peu de visiteurs. J'approche donc doucement de la porte, le couteau entre les mains et, n'ayant pas de judas pour me guider, ouvre la porte d'un coup sec pour y découvrir Andreas.

Mes sourcils crispés retombent doucement, de même que mes épaules et je fais un grand pas en arrière pour récupérer ma pomme laissée sur le comptoir. « Tss... tu m'as fait peur. Je m'attendais pas à te voir, entre, ferme vite la porte. Qu'est-ce qui t'amène ? ». Je le presse un peu, toujours stressé qu'on ne vienne s'en prendre à mon petit habitat tranquille. Mon doux cousin, ce Yaxley au sourire ravageur, semble soudainement bien plus amer. Et bien que je lui fais désormais dos, pour découper mon fruit en quartier, je les sens déjà venir : des regards accusateurs et des heures de parlotte pour me tirer de mes mauvaises fréquentations. Ma question est purement rhétorique, tout juste agréable. Mais Andreas n'a pas besoin de ça pour savoir qu'au fond il reste l'une des seules personnes dont la compagnie ne me donne pas envie de sauter par-delà une falaise. Alors naturellement, je lui tends un morceau de pomme, quand moi-même j'en dévore un autre, savourant l'acidité sur mes papilles. Cette journée s'annonce longue. Il n'a pas dû aimer que ce soit au Quidditch, que l'on s'en prenne. Et c'est moi qui doit ramasser les pots cassés...

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MessageSujet: Re: Hurry up, before zee Germans get here | Andreas   Lun 16 Oct - 17:17


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D’un geste rageur, Andreas chiffonna le Breakfast Chronicles et l’envoya valser du bureau. Voilà trop longtemps qu’il se retenait de faire subir au journal ce qu’il aurait voulu faire subir à ces terroristes. L’attaque avait beau s’être déroulée, il y a de ça quelques jours, le fils Yaxley ne décolérait pas. Il avait été présent sur les lieux. Heureusement pour lui, il s’était encore trouvé dans les gradins sécurisés au moment de l’attaque. Un fan l’avait retenu pour un autographe avant qu’il ne sorte et il n’avait ainsi pas été touché par l’explosion. Mais bien loin d’être concerné par son propre état, c’étaient les motivations, les circonstances et la revendication de cette attaque qui le rendaient malade. Personne n’était en mesure d’imaginer l’indignation, le sentiment de trahison, le dégoût qui le dévorait depuis. Comment pouvait-on s’attaquer à une manifestation sportive, essence même d’un esprit communautaire qui était en train de se développer à Atlantis ? Comment pouvait-on viser au hasard, des personnes venus célébrer ensemble le même événement ? Au-delà du Quidditch et de la communauté sorcière, on avait choisi de viser le match de son pays natal. On ne touchait pas à l’Écosse et à ses valeurs, sans toucher aux Yaxley. Andreas se sentait profondément touché dans son égo d’écossais, de sportif, de sorcier, d’homme. Et il n’y avait rien de tel qu’une fierté écorchée pour nourrir des envies de vengeance. Selon lui, il n’y avait aucune idéologie derrière ça, juste de la bêtise pure et dure. La Gloriam n’avait rien de glorieux et Andreas rêvait d’avoir les responsables à la pointe de sa baguette pour leur faire comprendre l’erreur qu’ils venaient de commettre.

Après son geste impulsif, l’homme essaya de retrouver contenance. Ses yeux bleus se posèrent sur ses doigts qui tremblaient de fureur et il savait qu’au-delà de l’affront, le manque d’une certaine substance n’aidait pas à apaiser sa nervosité. Avec difficulté, il dénoua sa cravate qu’il abandonna sur le bureau et déboutonna le premier bouton de sa chemise immaculé. Il étouffait. Il se détestait d’être aussi vulnérable, aussi soumis à ses émotions. Ça ne lui ressemblait pas. Mais rien ne tournait rond. Suite à cette attaque, il remettait tout en cause. Plus rien n’était sûr autour de lui et il sentait déjà la paranoïa l’envahir. Elle contaminerait chacune de ses paroles, chacune de ses réactions. Il se détestait d’être ainsi et il détestait encore plus les instigateurs de ce mal-être. Il avait besoin d’explications. Il avait besoin de se défouler et malgré lui, il eut trop rapidement l’idée de sa prochaine cible. Andreas se redressa vivement de son fauteuil et quitta son manoir pour se diriger d’un pas déterminé vers la ville haute. Le trajet fut avalé en une poignée de minutes et l’homme frappa deux grands coups à la porte de la demeure de son cousin. Alistair. Le seul en mesure de l’aider. Le vilain petit canard de la famille. Et maintenant que la Gloriam s’était révélée... C’était pire. Pouvait-il lui faire confiance ? Comment pouvait-il être sûr que sitôt qu’il lui ouvrirait la porte, il ne le poignarderait pas ? La façon dont Alistair lui ouvrit fit étrangement écho à sa dernière pensée et lorsqu’il aperçut la lame briller légèrement dans l’entrebâillement, Andreas eut un mouvement de recul. Son regard croisa enfin celui de son cousin et il comprit alors. Il se sentait menacé lui aussi. Et pourquoi donc ? Ne faisait-il pas partie des grands gagnants de cette horreur ?

Suite à sa remarque, Andreas lui emboîta le pas avec hâte et claqua la porte derrière lui. Il demeura presque pantois à sa question faussement naïve. Était-il en train de le narguer ? Était-il en train de tirer un trait sur le dernier allié de sa famille ? Était-ce sa façon de rompre avec le peu de confiance qu’ils s’étaient accordés tout ce temps, envers et contre tout ? Sa désinvolture le rendait fou et c’est à grande peine qu’Andreas maîtrisa le ton de sa voix : « Tu étais là-bas ? » La question fut aussitôt accompagnée d’une autre, plus rhétorique. « Tu savais ? » Est-ce que tu savais que j’étais là-bas ? Est-ce que tu savais que j’aurais pu mourir ? N’as-tu pas honte ? Tant d’interrogations qui ne franchissaient pas les lèvres du cousin, au risque de s’avérer terriblement venimeuses. « Il te passe quoi par la tête pour cautionner une chose pareille ? » Alistair lui tendit un morceau de pomme. Soudain, l’estomac d’Andreas lui rappela combien il était affamé, combien il crevait de combler ce manque. Sans réfléchir, il attrapa le morceau et l’engloutit sans attendre. Ça avait au moins le mérite de calmer ses ardeurs. Il n’avait plus autant envie de lui faire subir les tortures qu’il avait imaginées, mais le ressentiment était toujours là, transpirant dans chacune de ses interventions. Il ne comprenait pas. Il fallait qu’Alistair lui explique comment on pouvait en vouloir autant à ses propres origines, à son héritage quoi qu’il en dise. Pour un sorcier aussi dévoué et traditionnaliste que l’aîné Yaxley, c’était une chose impossible à comprendre, même avec tous les efforts du monde. Et Dieu savait combien il prenait sur lui, là.

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MessageSujet: Re: Hurry up, before zee Germans get here | Andreas   Ven 17 Nov - 14:11

Demeure d'Alistair Fawley  - 03 Juillet 2000.

Ses trois questions résonnent comme les trois coups annonçant le début d'une pièce de théâtre. Ainsi est-il temps de jouer son rôle, faire l'ingénu et le naïf en laissant parler des gestes calculés au centimètre près ? Je savais faire, après tout, mentir était une seconde nature. Mais je n'avais aucunement envie que Andreas soit la personne vers qui je dirigerais mes sottises. A la place, ainsi, je soupire en finissant de mâcher mon morceau de pomme. Je découpe le fruit en entier et le dépose dans une petite coupelle. De mon autre main, je pousse la porte du frigo d'où je sors une bouteille de vin blanc, tout juste entamée, et amène le tout sur la table basse. En retournant à la cuisine pour prendre deux verres, je fais un léger signe de tête à ma seule famille pour qu'il aille s'asseoir, puis je rejoins le coin salon moi-même en tombant sur un des fauteuils. Mon soupire est lourd, difficilement maîtrisé. La vérité, c'est que je ne sais pas quoi lui dire. Tous les cheminements possibles se terminent sur un désaccord, et je ne veux me mètre Andreas à dos. Je prends donc une nouvelle cigarette, la porte à ma bouche, et ajoute « Ca y est ? Tu as fini ? », avant de lui tendre le paquet.

La fumée va se perdre sur le bas plafond de mon appartement, quelque peu miteux. Il y a des tâches sur la peinture blanche qu'un psy se ferait un malin plaisir de me demander ce qu'elles représentent. Chaque jour, j'y vois un gouffre, un feu de joie immense, ou encore un regard menaçant perdu au milieu d'un épais brouillard. Je la regarde, cette tâche, mais aujourd'hui je n'y vois rien ; pas de sur-interprétation possible, les formes ne m'inspirent pas, elles sont comme insipides, comme le goût de cette cigarette. « Je n'y étais pas, non. ». Je laisse un blanc s'instaurer, tout juste assez long pour rassurer mon cousin, mais trop court pour qu'il me croie blanc comme neige. Ce n'est pas mon but, de toute façon. « Mais je savais. Je savais ce qui était prévu, je ne connaissais pas les détails. Qui, quand, comment, quelle taille... ». Mes yeux sont fermés, ou regardent le sol. J'ai peur que si je lève le regard pour soutenir celui d'Andreas, je vais y voir la déception habituelle de la famille, celle qui m'a si longtemps suivie et qui n'a jamais réussi à s'accrocher réellement sur lui. J'ai peur. Profondément peur de le perdre. Mais mentir totalement maintenant n'aurait aucun sens. Il sait, pertinemment. Ses questions sont purement rhétoriques.

« Tu sais, je ne cautionne pas la destruction. Pas en elle-même. Je cautionne le message. Le doute que ça va instaurer, les questions qui vont se poser. Mais, pourquoi des êtres dotés de magie ne pouvaient-ils pas empêcher cela ? N'auraient-ils pas pu le prévenir ? Sauver les victimes d'un tour de passe passe ? ». Je sers les deux verres à pied d'un peu de vin et porte le mien à mes lèvres. Le blanc est doux, sucré, moi qui habituellement déteste ça, ce soir je me laisse enivrer facilement par le goût délicat des fruits. Je savoure, le vin, mais surtout cette victoire que j'attendais depuis si longtemps. « Il faut simplement que les gens comprennent que les sorciers ne sont pas tout puissants. Qu'ils doivent cesser d'agir comme tels. Tout le monde peut être menacés. ». Je reprends un deuxième quartier de pomme en continuant mon discours, sans laisser le temps à Andreas de réagir proprement. « Tu sais, je ne veux pas que les citoyens d'Atlantis souffrent... Je veux juste qu'ils ouvrent les yeux. Les sorciers ne sont pas mieux que nous. Je pensais que tu comprendrais que je puisse, moi, avoir besoin d'exprimer ça. ».

Déglutir me fait mal à la gorge, comme si ma rancœur que je tentais d'étouffer voulait sortir et s'exprimer. C'est difficile de la retenir, de ne pas briser cette confiance avec Andreas en lui révélant tout, si rapidement. Il comprendrait, mais il lui faudrait du temps. Alors là, je continue d’omettre quelques détails et quelques faits. Comme si mon passage éclair au stade n'était pas important, comme si je n'avais pas le nom de la personne qui a déposé la bombe. Comme si je n'étais qu'un esprit tourmenté, rien de plus. J'ai besoin qu'il fasse l'effort de m'écouter, et pour cela, il faut faire appel à son côté attendri et curieux, mais surtout ne pas réveiller le Yaxley qui sommeille en lui. Car ce nom, par nature, il a une dent contre moi.

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Andreas S. YaxleyProfesseuravatarProfesseur
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MessageSujet: Re: Hurry up, before zee Germans get here | Andreas   Mer 29 Nov - 15:10


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Alistair le faisait mariner. Ce n’était pas possible autrement. Tandis qu’Andreas parlait, l’hôte continuait comme si de rien n’était. Il se servait à boire, continuait de couper sa pomme, comme si tout ce qu’il lui disait n’avait pas d’importance. Peut-être minimisait-il la portée de ses actes ? Peut-être n’avait-il pas aspiré à un tel déchaînement de violence au milieu d’un événement suivi par des milliers d’innocents ? Sur le moment, Yaxley se surprenait à l’espérer aussi bête et naïf. Qu’il n’ait pas compris dans quoi il s’embarquait, qu’il fasse marche arrière. C’était peut-être ça qu’était venu chercher Andreas, finalement. Le retour d’un cousin, d’un allié. L’oubli de cette folie. Il était prêt à oublier cet affront et à tourner la page, si seulement Alistair démontrait une once de regret. Tant de personnes n’avaient pas mérité ça, il se trompait de cible, il se trompait de cause. La compréhension mutuelle avait atteint ses limites et il le comprit quand Alistair le rabroua en une seule phrase. Le sorcier resta interdit, quelques secondes, ne sachant pas comment interpréter ça. À contrecœur, il obéit et se laissa tomber dans le canapé, face à la table basse. Sans pouvoir se retenir, il piocha deux nouveaux quartiers de pomme. Il crevait la dalle. Il avait faim de tout, à commencer par des réponses. Intérieurement, il voulait être rassuré, c’était évident. Mais tous les deux savaient qu’il y aurait probablement un déçu à l’issue de cette discussion. Alistair finit par lui dire qu’il n’était pas sur les lieux, mais il s’empressa de préciser qu’il n’ignorait rien de ce qui s’était préparé. Résistant à un élan de fureur, Andreas se frotta le visage à deux mains pour essayer de préserver son calme. Ne pas faire de conclusion hâtive. Ne pas se montrer aussi stupide que ceux qui avaient rejeté son cousin, sans aucune autre forme de procès. Il prit une profonde inspiration, en silence, puis leva la tête afin d’affronter le regard d’Alistair. Un regard qu’il ne lui accordait pas, parce qu’il savait très bien ce qu’il y lirait.

Andreas essaya d’écouter attentivement les explications d’Alistair. Il voulait y voir quelque chose de raisonné, mais il avait seulement envie de lui hurler combien il était bête. Une main tremblante saisit le verre qui venait de lui être servi et sans grande envie, il le porta à ses lèvres. Il avait toujours trouvé le vin blanc insipide, lui préférant la puissance d’un whisky ambré ou à la limite la rondeur d’un vin rouge. Mais là, il avait besoin d’occuper son attention pour éviter de se montrer désagréable. Après une gorgée, il ne put s’empêcher d’ouvrir sa bouche : « Ah parce que tu penses que des non-maj auraient pu empêcher cela eux ? Tu penses qu’eux sont exempts de terrorisme et de revendications violentes ? » Si c’était vraiment ce qu’il pensait, il était prêt à passer des heures entières à lui prouver par A + B combien c’était faux. « C’est donc ça, ta revendication ? Prouver qu’une communauté n’est pas plus intelligente, plus développée que l’autre ? » Il se recula dans le fond du canapé pour essayer de prendre du recul. « Tu n’as donc pas compris l’intérêt de tout ça. » Il fit un mouvement de la main, désignant cette pièce, cette maison, l’île, Atlantis tout entier. « Atlantis a été construit dans une promesse de cohabitation, d’entraide et d’opportunités. Où as-tu vu que les sorciers dominaient les non-maj ? Où as-tu vu qu’on privilégiait notre façon de faire ? » Sa voix était devenue plus incisive, malgré lui. Lui qui avait tendance à penser que les sorciers étaient véritablement supérieurs aux non-maj, il ne l’interprétait pas du tout de la même façon qu’Alistair. « Si tu veux des injustices, va à Londres, à Paris ou dans n’importe quelle ville où tout est séparé encore. Va te battre pour des gens qui en ont besoin, pas contre des gens qui essaient de construire quelque chose ici. » Il ne quittait pas son cousin des yeux. « Ils ne se sentent pas tous opprimés comme toi, Alistair. Tu ne peux pas faire passer ton expérience pour une vérité générale. »  Il luttait de toutes ses forces pour ne pas laisser ses préjugés reprendre le dessus. Parce que sur la Gloriam, il avait déjà son avis tout fait : une bande de terroristes bêtes à manger du foin, qui voulaient renverser un ordre établi. Une bande d’ânes qui aspiraient à dénoncer une injustice pour en instaurer une autre. Aucun équilibre, aucun argument en faveur de la paix. C’était tous des trouble-fêtes, ni plus ni moins.

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MessageSujet: Re: Hurry up, before zee Germans get here | Andreas   Dim 10 Déc - 9:05

Demeure d'Alistair Fawley  - 03 Juillet 2000.

Il ne comprend pas. Non. Personne ne le peut vraiment. Comme l'explication de l'univers, la vérité ; cette sensation que je ressens, il n'a pas les clefs en main pour la percevoir dans sa globalité. Mais il essaye, je le vois, il a toujours essayé. Même quand on était petits, dans ces réunions de famille où l'on me regardait de haut, Andreas, lui, me proposait de jouer au ballon avec lui. Peut-être ces quelques années de moins qu'il a au compteur étaient suffisantes pour faire la différence à l'époque, mais aujourd'hui, je le vois qui s'enfuit quelque peu et me tourne le dos. Ca me fait si peur. Qu'il se rebiffe, que lui aussi, se mette à me haïr. Alors je reste de marbre un instant, immobile la tête baissée, je n'ose pas lui répondre. Il est bien l'un des seuls face à qui je peux devenir muet, m'en vouloir d'avoir un mot déplacé. Moi qui habituellement cherche toujours à être dans la confrontation, si fier de ce que je peux entreprendre. Mais pas aujourd'hui, pas maintenant. Mon doigt tourne autour de mon verre de vin, le long du buvant, en haut du calice. Ça me calme, bizarrement, ça me rassure. « Je ne suis pas stupide, tu sais. Je comprends bien que tout ça c'est n'importe quoi, que c'est... mal. ». Si j'avais encore 14 ans, tentant de créer à tout prix la magie dans un corps qui en était dépourvu, essayant de faire des potions sans saisir la raison de mes échecs répétitifs, invoquant avec ténacité un patronus qui ne viendrait pas... Je pleurerais. Là, maintenant. Je m'effondrerais en larmes, me lamenterais sur l'injustice qui m'accable tant à chaque moment.

Mais à la place, je porte mon verre à mes lèvres et laisse la nicotine et les autres restes de substances qui se mélangent dans mes veines venir me donner un coup de fouet. Je me relève, regarde autour de moi comme si je cherchais un soutient quelconque. Mes yeux se baladent rapidement sur la pièce que j'appelle mon chez-moi sans pour autant jamais vraiment m'y sentir à ma place. Ma tête suit le mouvement, comme stressée par les accusations de mon cousin, qui a finalement la phrase de trop. « D'où les sorciers dominent les non-majs ? Tu me demandes vraiment d'où je sors ça, Andreas ? ». Je me suis arrêté net, coupé dans mes pensées, pour le regarder soudainement droit dans les yeux. Mais je le laisse continuer, aller au bout de sa pensée. Peut-être que si j'avais eu le gêne sorcier en moi, j'aurais le même avis que lui. Mais en attendant, il ne comprend pas. Il voit Atlantis comme quelque chose de beau, prenant compte de chacun ici. Non. Il ne comprend vraiment rien. Bien qu'il ait raison, que je reste trop influencé par ma propre expérience pour avoir véritablement un regard objectif sur le monde - même s'il faut l'avouer, je ne cherche pas vraiment à être objectif, justement, bien au contraire. Cependant je laisse échapper un petit rire, comme outré. Il faut essayer d'être objectif, c'est quelque chose d'admis dans les mœurs, alors il faut s'y plier, évidemment. Donc je souffle, comme si sa remarque si vraie m'avait heurtée.

« Même en foutant ma vie et mes expériences de côté, tu ne connais pas la Atlantis dans laquelle moi je vis. ». Debout, planté sur mes deux jambes, je ne peux retenir mes bras de commencer à s'élever et se secouer. Il paraît que je deviens très gestuel quand je m'emporte dans un débat houleux. « As-tu seulement imaginé comme il était compliqué pour un moldu de se déplacer dans cette ville ? Des trams qui ne marchent pas, pas de voiture. Vous, en un coup de baguette vous voilà en train de transplaner à l'autre bout sans un problème. Et les petits commerçants qui refusent d'être payés en Livres et ne veulent être payés qu'en Mornilles alors que la banque rechigne bien souvent à nous donner de cette monnaie, comme si nos doigts allaient la souiller ! Oh, tu crois qu'ils n'existent pas, mais ils sont là, tous ces défauts. Ou encore l'incapacité de traverser un portail pour aller à Londres, si par exemple je voulais aller revendiquer mes idées ailleurs, hein. Eh bien non, moi je dois débourser des milles et des cents pour un billet d'avion qui me fera vomir à l'atterrissage. ». Je devenait étonnement agressif. Revendicatif. Pour tout dire, je ne pensais pas en être capable avec Andreas, je me voyais plus doux avec lui, toujours. Mais il avait mis le doigt sur une plaie et commençait à appuyer dessus du bout de l'ongle. « Et ne me lance pas sur les relations humaines, les regards noirs et les insultes qui fusent du bout des rues.On est une minorité, c'est tout. Ou même les femmes qui refusent de passer une nuit avec nous parce qu'on n'est pas assez "exotiques", sous entendu magiques, pour elles. ». Bien évidemment, la remarque était là pour détendre un peu l'atmosphère qui commençait à peser, même si au fond, ce problème était bien plus important pour moi que je ne laisserais l'entendre. « Tu crois que Atlantis est belle et remplie de bonnes valeurs... Mais crois-moi, si tu étais dans ma peau... Tu comprendrais que c'est une ville miroir. Elle n'est pas comme elle le laisse paraître. ».

Je me calme doucement, en m'asseyant de nouveau dans le fauteuil, presque épuisé de ma longue tirade. Doucement, je viens passer mes mains sur mon visage comme pour en enlever le masque que je portais habituellement, car devant lui j'étais davantage moi-même qu'avec n'importe qui. Cela m'avait épuisé. J'étais vanné. « Je suis désolé... Je dois te décevoir. Je voudrais juste qu'on m'accepte. Et que tout ça s'arrête, que je ne me sente pas obligé de me battre si je veux un peu de reconnaissance. ». Mes mains cachent mon visage à présent, et je laisse tout juste un œil dépasser entre deux doigts entrouverts. « Mais toi... Tu as toute la reconnaissance que tu veux. Tu es le grand joueur de Quidditch. Tu ne sais pas ce que ça fait. ». Et mon coude vient se poser sur le côté du fauteuil, fatigué de toujours se battre. Toujours être sur la défensive.

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