Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine
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MessageSujet: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Mer 4 Oct - 6:21


Babysitter Wanted
John & Poppy
J’étirais mes vieux os en me levant. La nuit n’avait pas été facile, peuplée de cauchemars. Je ne pouvais pas prendre de potions de sommeil sans rêves, qui rendait le sommeil bien trop lourd pour quelqu’un qui doit s’occuper d’une petite fille : s’il lui arrivait quelque chose et qu’il ne se réveillait pas ? La fatigue était de plus en plus difficile à gérer, d’autant plus que mon problème de babysitter devenait de plus en plus embêtant. Moi qui pensait qu’Atlantis, en tant que ville dynamique et étudiante, regorgerait de jeunes de l’UPA qui voudraient gagner un peu d’argent à la rentrée, je n’avais eu, pour l’instant, qu’une seule réponse à mon annonce. Certes, septembre n’était pas encore à notre porte, mais je ne voulais pas lâcher Annie seul avec un étranger, sans que je l’ai scrupuleusement testé et interviewé. Peut-être que cette Poppy Irvine serait la bonne, qui sait ? En tout cas, je l’avais convié, par hibou, à se rendre à mon domicile à 10h ce matin, pour que nous puissions discuter de ses qualifications, et surtout, que je puisse me faire une idée sur sa personnalité. Avoir été Auror pendant de nombreuses années était une aide précieuse pour juger les caractères : lorsqu’on côtoie le mal chaque jour, on a tendance à le sentir arriver à des kilomètres à la ronde.

J’avais deux bonnes heures devant moi, avant que l’étudiante n’arrive, Annie se réveillant, comme d’habitude, aux aurores, et m’ayant réveillé pour que je puisse lui préparer son petit déjeuner. Encore en pyjama et essayant de ne pas montrer mes traits tirés à ma nièce, je lui versais un bol de céréales en allumant la télévision, une invention moldue qu’elle adorait et que moi-même, je devais bien l’avouer, me plaisait à regarder lorsque j’avais besoin de me vider la tête. Pendant qu’elle mangeait et regardait un dessin animé répondant au nom de Pokemon, je filais prendre une douche rapide et m’habillais, revêtant, comme à mon habitude, des habits sombres et pas franchement à la mode, avant de retourner dans le salon et de me servir un café tout en jetant un œil sur Annie, toujours scotché devant Sasha et ses amis.

Un coup sur le carreau attira mon attention : mon hibou, Doc, m’apportais comme tous les matins la Gazette du Sorcier et, depuis peu, le Breakfast Chronicle. Calin, le chat, feula à la vue de l'oiseau, mais je n'y prêtais pas attention, habitué à son mauvais caractère. Je m’apprêtais à me mettre au courant des nouvelles de ce monde lorsque ma nièce me rapporta son bol, qu’elle avait consciencieusement vidé.

« -Parfait ma puce, tu vas t’habiller avant de jouer dans ta chambre, d’accord ?

Elle hocha de la tête avec enthousiasme avant de quitter la pièce en sautillant. Je rinçais le bol en regardant dans le vide. Il y a quelques mois, j’aurai utilisé la magie pour faire une tâche aussi triviale, mais ma baguette, rangée dans ma poche, n’avait plus servi depuis un certain temps. Elle me rappelait bien trop une époque révolue, une époque certes plus sombre, mais où j’avais encore des combats à mener. De l’espoir. Des rêves.
Après avoir fait un brin de ménage dans la pièce et éteint la télévision, qu’Annie avait bien sûr laissé allumée, je passai ma tête dans l’embrasure de sa chambre pour m’assurer qu’elle s’était bien habillée, comme je lui avais demandé.

-Annie, je t’avais dis de t’habiller, et non, ta grenouillère girafe ne compte pas comme un vêtement, je te l’ai déjà dis plusieurs fois.

La petite fille exprima son effarement quand à son interdiction de porter son onesie, mais je restais ferme. J’étais passé du statut d’oncle sympathique à celui de parent, et devai souvent montrer mon autorité là où, probablement, mon frère n’en aurait pas eu besoin. Mais mon frère était mort. Je ne devais pas penser à ça.
J’aidais la blondinette à passer un tee-shirt et une jupe, puis la laissais s’amuser avec Tipee, sa peluche singe préférée, pour enfin pouvoir m’atteler à la lecture de mon journal. Depuis l’attentat, j’épluchais les nouvelles, mes réflexes d’Auror revenant toujours au galop. Des coups frappés à ma porte, cependant, m’arrêtèrent, et mes yeux se posèrent machinalement sur l’horloge. Dix heures, déjà. Ceux qui n’ont jamais été parents ne se rendent pas compte d’à quel point élever un enfant ponctionne le temps.

Je me levais en soufflant et me dirigea vers la porte, pour laisser entrer une jeune fille blonde, pas très grande, qui semblait ma foi plutôt sympathique, qui se présenta comme étant Poppy Irvine, l’étudiante ayant répondue à mon annonce.

-Bonjour Mademoiselle, asseyez-vous, lui dis-je en désignant une chaise de la table de la salle à manger. Vous voulez un café ? Ou peut-être autre chose à boire ?

J’essayais de me montrer un minimum amical, ne voulant pas passer pour un gros ronchon à la première rencontre (après tout, Annie ne m’appelait pas, parfois, Tonton Grognon pour rien).

-Annie est dans sa chambre, je voudrais discuter un peu avec vous avant de voir comment vous vous comportez avec elle, c’est d’accord ? »

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Jeu 5 Oct - 7:23

Demeure de Jonathan & Annie - 18 Juillet 2000.

Devant la porte, hésitant à toquer, Poppy a quelques minutes d'avance. Elle regarde le contour, le dormant de la boiserie sculptée, observe la lourde poignée en métal. Doucement, poussée par sa curiosité déplacée, Poppy tend même l'oreille pour voir si elle entend les discussions qui se trament à l'intérieur, protégées de ces quelques murs. Ce n'était pas souvent que la petite blonde était soumise au stress, tripotant ses dix doigts comme une balle relaxante, déglutissant avec difficulté. Mais il fallait bien avouer que ce n'était pas tous les jours non plus que l'étudiante postulait à des emplois où elle aurait comme responsabilité la vie et le quotidien d'un petit enfant. Ses six mois à Derviche & Bang qui se finiraient à la fin d'août lui auraient appris qu'elle était capable de travailler en même temps de faire ses études, tout en ayant du temps libre ; elle qui avait tant apprécié jouer à la marchande et prendre les commandes, jour après jour. Mais elle voulait un peu de changement. La faute aux derniers évènements tragiques, à la peur soudaine de perdre ceux qu'elle aime, ou simplement à ses envies passagères, Poppy avait ainsi pensé que s'occuper d'une petite fille était une bonne idée. Clairement, elle ne manquait pas de contact humain, mais elle avait eu la tendance à remarquer autour d'elle que moins les personnes avaient eu une enfance remplie d'amour et d'affection, plus ils étaient compliqués et torturés en grandissant. Si, d'une façon aussi annexe qu'en jouant la nounou, elle pouvait participer à aider le quotidien de la petite Annie en lui apportant un peu de douceur et de présence, pourquoi ne pas tenter l'expérience ?

Ces deniers mois la jeune ingénieure apprentie avait été plus apaisée et calme, elle songeait aux autres presque avant même de penser à elle. C'était nouveau, de ne pas trop se laisser attraper par ses sentiments les plus extrêmes, de réfléchir. Ainsi devant l'entrée, vêtue d'une jolie robe fleurie, elle finit par frapper quelques coups rapides de sa main droite, celle qui n'était pas enguirlandée dans des bandes serrées autour de son poignet. Elle prépare son sourire en attendant une réponse et lorsque la porte s'entrouvre pour laisser place à un homme quelque peu meurtri par le temps, Poppy lui sourit en tendant sa main. « Bonjour ! Je suis Poppy Irvine, je viens pour l'annonce de babysitting. ». L'intérieur de la demeure était propre et parfaitement rangé, étonnement lumineux également. C'était un bel endroit, comme Poppy en avait rêvé en regardant les magazines de magasins de décoration. Les mains tenues derrière son dos, Poppy est perplexe quant à l'attitude à endosser. Elle s'avance vers la salle pointée du doigt, dépose son sac sur le dossier de la chaise et tire cette dernière pour s'y asseoir. L'espace d'un instant, elle se souvient de ce que sa mère lui avait dit au téléphone. Isla Irvine était toujours de bons conseils, surtout liés au monde du travail. Dans les esprits, le métier de coiffeuse était souvent assez mal vu, trop superficiel, obtenu que par des jeunes filles qui n'avaient pas d'inspiration dans la vie. La levée du Secret avait été très difficile pour elle qui devait maintenant prouver à une nouvelle communauté qu'un sortilège ne remplace pas le savoir faire et l'habileté de mains humaines pour couper au millimètre près. Alors quand sa fille avait appelé, doutant d'elle-même, sa mère avait simplement répondu : « N'oublie pas, ce n'est pas lui qui t'offre un travail, c'est toi qui lui rend une faveur en offrant de ta disponibilité. Tu as la position de force ici, agi comme tel. ». Poppy n'avait pas tout compris, sur le coup, mais en y réfléchissant, ce sont ces mots qui la poussent inconsciemment à se relever sur sa chaise, bomber le torse, et oser demander à boire plutôt que de jouer la mijaurée. « Vous avez une très belle maison ! Oh, si vous avez déjà du café ou du thé de préparé, ce serait avec plaisir. Sinon je prendrais simplement un grand verre d'eau, merci. ».

La première étape était passée, et Poppy espérait que ses sourires et ses gestes lents mais maîtrisés sauraient témoigner de son envie de bien faire. Elle faisait de son mieux pour rester sérieuse, attentive, curieuse... Elle redoutait simplement que son apparence juvénile ne lui pose préjudice. Elle avait d'ailleurs attaché et relevé ses cheveux en chignon pour cela, son père lui disait souvent que ça la vieillissait et lui donnait un côté plus mature. Alors essayons, ça ne coûtait rien. Malgré tout, M. Rowle avait ce petit côté quelque peu renfermé, un peu nébuleux. Comme s'il avait beaucoup de choses qui se mélangeaient dans son esprit, et n'osait pas vraiment remettre quelques heures de la vie de sa fille entre les mains d'une inconnue, un sentiment bien normal pour un parent. Car Poppy, évidemment, ignorait qu'Annie n'était que sa nièce, l'annonce n'en faisait pas mention. Elle avait remarqué le manque de photos de famille, l'absence d'une mère pour cette rencontre, mais tout ça ne l'avait pas particulièrement fait douter sur la relation entre Jonathan et Annie Rowle. Elle sourit alors, naturellement, une fois encore, pose ses deux mains sur la table - y compris celle blessée pendant l'attentat - puis regarda son hôte droit dans les yeux avec assurance et sympathie. « Bien sûr, oui, n'hésitez pas si vous avez des questions ou souhaitez discuter un peu ! J'ai hâte de rencontrer votre fille, l'annonce disait que c'était une petite fille curieuse, allant à 100 à l'heure... C'est tout moi, je sais parfaitement ce qu'il lui faut, ça me ferait vraiment plaisir de m'occuper d'elle. ».

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Jeu 5 Oct - 11:03


Babysitter Wanted
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Je lui versais un café avant de m’en resservir un, moi aussi. Le commentaire sur ma maison m’étonna quelque peu, moi qui ne m’occupais guère de la décoration d’intérieur et m’étant contenté de choisir un modèle sur un catalogue, un peu au hasard. Il était vrai que je m’y sentais bien, et Annie aussi, semblait-il.

Je ne m’occupais pas vraiment de l’apparence de Poppy, sachant qu’elles étaient bien souvent trompeuses, et préférais me concentrer sur son vocabulaire, choisi avec soin, et poli. La jeune fille avait visiblement de l’éducation : elle avait précisé, dans son annonce, être étudiante en Ingénierie Magique, une matière passionnante, bien que je n’y connaissais moi-même pas grand chose. De plus, elle était souriante, et propre sur elle. Pour l’instant, que des qualités que je cochais dans la liste que j’avais formé dans ma tête pour trouver la babysitter idéale.

Je lui tendis la tasse en l’écoutant exprimer son enthousiasme par rapport à Annie, lorsqu’un détail me fit tiquer. Je me retins de soupirer. C’est vrai. Il fallait de toute façon la mettre au courant, qu’elle ne s’attende pas à voir une mère débarquer ou tout simplement qu’elle en parle à la petite fille.

« -Avant toute chose, Mlle Irvine, lui dis-je en articulant bien mes mots. Je dois vous parler d’un sujet un peu délicat. Annie n’est pas ma fille, c’est ma nièce. Je suis son tuteur légal, depuis que son père est mort durant la guerre. Sa mère est à Azkaban, suite à ses agissements pour la cause du Seigneur des Ténèbres. Vous comprendrez que la situation n’est pas des plus simple, et j’essaye de la protéger le plus possible… Cela fait un an qu’elle est sous ma garde, et elle se développe parfaitement bien, mais c’est probable qu’elle vous pose parfois des questions un peu… étranges.

Car elle l’avait fait pour lui, et souvent. Les premiers questionnements avaient été prévisibles, attendus : où il est mon papa ? Pourquoi maman est en prison ? Et je pensais avoir réussi à fournir des réponses assez honnêtes, sans rentrer dans les détails, mais suffisamment pour remplir sa curiosité. D’autres questions en avaient découlées, par exemple « mais si papa est au ciel, pourquoi il descend pas pour me voir ? Et si maman a fait des choses méchantes, si moi je fais des choses méchantes, je vais aller en prison aussi ? », de plus en plus difficiles, et j’avais du redoubler d’imagination et de diplomatie. Poppy, si elle devait devenir la babysitter d’Annie, devait se préparer à en recevoir également.

-Et en effet, comme je l’ai précisé sur mon annonce, elle est très curieuse. Elle va vous questionner sur la moindre chose que vous faites, sur le pourquoi du comment… Sur votre vie personnelle, ou même sur des thèmes pas forcément évident à aborder avec une petite fille de 8 ans. Vous pensez pouvoir réussir à gérer des choses comme ça ?

Je sirotais mon café en observant son visage. Elle était jeune. Je sentais son envie de bien faire, sa concentration et sa volonté de faire bonne impression. Cela me rappelait mon premier jour en tant qu’Auror, ou encore le premier jour de tous ceux que j'avais formé. Léandre, en particulier, avec ses cheveux mi-longs et son apparente assurance, m’avait touché, et quelque part, elle me rendait nostalgique de cette époque.

-De plus, Annie est une enfant qui se lasse, très vite. On va lui donner une activité, elle va s’y passionner et s’y donner corps et âme pendant une journée, avant de l’oublier totalement le lendemain, du coup, bien qu’elle sera à l’école en journée et que vous ne l’aurez avec vous que quelques heures tous les soirs, il vous faudra redoubler d’imagination pour ne pas qu’elle s’ennuie. Vous vous sentez à la hauteur ? »

J'avais moi-même souvent beaucoup de mal à suivre ma nièce dans ses lubies du moment. Elle était si vive et curieuse, même en classe, que sa maitresse m'avait confié penser qu’elle était en avance sur son âge, d’un côté purement intellectuel.

Les questions que je posais étaient légitimes et réfléchies, mais elles étaient plus pour la forme qu’autre chose, pour savoir quelle était sa capacité d’improvisation et de réflexion. Mes vieux réflexes d’Auror avaient la vie dure…

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Sam 7 Oct - 6:10

Demeure de Jonathan & Annie - 18 Juillet 2000.

Poppy attend patiemment sa tasse de café que Jonathan lui prépare gentiment. Elle s'imprègne de toutes les sensations qu'elle ressent ici : les odeurs, la lumière, les bruits... C'est étonnant comme une maison sorcière peut parfois ressembler à un intérieur on ne peut plus moldu. Bien sûr, il y a des détails magiques qui ont fait tiquer la jeune fille, mais en se perdant dans ses souvenirs d'enfance, elle n'a pas l'impression de se trouver dans un endroit si différent. A cette pensée apaisante, elle sourit, réceptionne sa tasse et la porte jusqu'à ses narines pour en sentir les arômes. De toute façon, la boisson est encore trop chaude pour finir dans son gosier, mais la chaleur que dégage la tasse est agréable sur les petites mains de Poppy. Elle murmure un léger Merci quand il commence à prendre la parole de cette voix plus grave et étonnamment plus suave. Les mots qui font suite viennent sonner et résonner dans la tête de l'étudiante qui se sent soudainement si stupide. Pourquoi avait-elle simplement pensé tout savoir, comme à son habitude, sans même poser une question ? Ne pouvait-elle pas comprendre qu'on ne connaissait pas la vie des gens ? Ainsi, les yeux écarquillés, elle repose doucement la tasse encore pleine sur la table et commence à adopter un regard quelque peu fuyant, voguant principalement vers le plafond, comme si regarder vers le haut la rendrait plus petite. Comme si elle pouvait s'enterrer un peu.

« Oh... Je... Désolée. J'ai juste assumé... Je n'aurais pas dû, pardon, vous devez me croire très... intrusive. ». Ses yeux, revenus se perdre sur sa tasse de café, suivent doucement les mouvements de tête qu'elle fait de gauche à droite. Abasourdie de sa propre bêtise, Poppy se racle la gorge et essaye de repartir sur de bonnes bases, doucement, en constatant que M. Rowle, semble, lui, déjà passer à autre chose. « Je, euh, j'ai perdu quelqu'un de très cher aussi, dans la Grande Bataille. Je sais ce que ça fait, j'espère que... Hm, je ne sais pas. Ca peut sûrement m'aider à la comprendre, j'imagine. J'ai déjà dû me poser toutes les questions qui traînent dans sa tête, haha. ». Son rire jaune, tout juste étouffé, éclata dans la pièce silencieuse.Il n'y avait bien que quand elle parlait de tout ça que Poppy perdait son assurance, même si depuis plusieurs mois elle allait mieux et arrivait à y songer sans pleurer ou remettre en question son soi du passé, comme maintenant. Elle relève ainsi le regard pour venir soutenir celui de Jonathan, lui sourit, et boit une gorgée de son café en écoutant le reste de ses explications. « Oui, oui bien sûr ! J'aime beaucoup discuter, de tout et de rien. Et comme je vous le disais, j'étais moi-même très curieuse à son âge, donc j'ai eu le droit à toutes les réponses possibles face à mes questions inhabituelles pour une enfant. Je pense que je m'en sortirais très bien... Enfin, je sais, que je m'en sortirais très bien. ».

La confiance ainsi revient à hauteur que le taux de caféine dans les artères de la petite blonde augmente. Doucement, elle décroise ses jambes sous la table, se recule sur sa chaise pour prendre plus de place. Elle apparaît plus décontractée, comme si la tempête était déjà balayée, même si intérieurement elle continue de songer à cette pauvre enfant sans parents, et cet homme qui a perdu son frère ou sa sœur derrière les barreaux d'Azkaban. Elle ne peut pas s'empêcher de se poser des questions. « Hm, eh bien vous savez, je suis étudiante en Ingénierie Magique. C'est une discipline où on fait des choses, tous les jours. Des choses nouvelles et... Vraiment passionnantes ! On n'a pas le temps de s'ennuyer, donc je pense que ça apprend beaucoup à, justement, développer l'imagination et le renouvellement des activités. ». Puis Poppy commence à fouiller dans son sac, qui était à ses pieds. Les outils qui s'y trouvent claquent les un contre les autres, jusqu'à ce qu'elle sorte finalement une petite boîte. « Je veux dire par là que... Bon, clairement, je ne vais pas m'amuser à essayer de lu faire construire des machines, mais on a toujours avec nous quelques... gadgets... De quoi s'amuser un peu, de quoi rêver. Regardez celui-là par exemple, c'est un petit kaléidoscope qu'on a construit, où on a "enfermé" plusieurs sorts pour créer les couleurs et les miroirs à l'intérieur. ». Elle sort le petit objet de la boîte pour le tendre à Jonathan. Le kaléidoscope est tout petit et renferme un Periculum et d'autres sorts colorés, le tout renvoyé sans cesse par des Déflecto dont sont imprégnées les parois de l'objet. Quand on regard à l’intérieur, on a l'impression d'y voir un feu d'artifice.

« J'ai souvent ce genre d'objet avec moi, parce qu'on les construit en cours pour apprendre des choses... Pour lui, on devait étudier comment fixer durablement un sort sur une matière, puisque ce sont des Déflecto qui renvoient les sorts. Je l'ai amené pour euh, pour vous montrer, pour lui montrer, et puis... Si elle le veut, le lui offrir. Je dois en avoir deux ou trois autres, des comme ça ! ». Elle remit les lèvres sur sa tasse, fière d'avoir toujours son sac rempli de merveilles - car évidemment, non, Poppy n'avait pas du tout songé à apporter exprès le petit objet, il se trouvait simplement là, par chance - qui montraient à quel point, oui, son imagination n'était pas ce qui était de plus lent chez elle. Mais, réalisant que son café était déjà terminé, elle ne réussit pas à s'empêcher de poser la question qui lui brûlait les lèvres, pour une raison inconnue si ce n'est pour assouvir son intérêt. « Dîtes, M. Rowle, je m'excuse si la question vous semble déplacée... Je suis moi aussi très curieuse, et je voulais savoir, avant qu'on ne monte voir Annie... ». De qui étiez-vous le frère, sa mère enfermée ou son père décédé ?, Vous avez une compagne qui "joue" le rôle de sa mère ? ou encore Que faites-vous dans la vie ? « Euhm... Où est votre salle de bain ? ». Accompagné d'un sourire qui laissait sûrement apparaître la bonne trentaine de dents que renfermait la bouche trop bavarde de la demoiselle.

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Lun 9 Oct - 13:35


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Je n’étais pas vraiment mal à l’aise à l’idée de parler de ma famille, le nom des Rowle étant de toute façon irrémédiablement terni par les agissements envers le Seigneur des Ténèbres. Et puis j’avais l’habitude de parler de ça, entre mes séances de psychanalyse et les procès durant lesquels j’avais dû témoigner : au final, j’étais plus inquiet à l’idée de gêner la jeune fille en m’étalant sur des détails qu’autre chose. C’était la raison pour laquelle je ne m’étais pas attardé sur les faits et était très rapidement passé à autre chose, mais visiblement, elle semblait plus affectée par mes propos que ce que j’avais imaginé. C’était si difficile pour moi de me mettre à la place des civils, durant la Guerre…

« -Ne vous en faites, je n’ai pas du tout pris vos commentaires comme étant déplacés. Il est normal de vous mettre au courant…

Je pris une gorgée de café, quelque peu détaché. Elle me dit avoir perdu quelqu’un durant la Grande Bataille : encore quelqu’un que je n’avais pas pu sauver. Ils étaient si nombreux que je n’arrivais même plus à en faire une liste dans ma tête. Il était beau le héro de Guerre, mais les médailles qu’on lui avait placées sur la poitrine étaient vaines, lorsque je pensais à tous ces gens dont les proches étaient morts, certains sous les sorts de ma propre famille.

-Tant mieux en tout cas si vous aimez discuter, car Annie est une vraie pipelette, avec une logique bien à elle. C’est à s’en tirer les cheveux parfois… Je me repris, ne voulant pas lui faire peur. Enfin, rien d’anormal pour une enfant de cette âge.

Je regardais avec attention la machine qu’elle me montrait, qui était un mélange de technologie moldue et de sortilège. Je connaissais assez peu de choses en technomagie, mais j’étais fasciné par tout ce qu’elle pouvait apporter au monde dans lequel nous vivions, tout en restant sur mes gardes. Qui sait si un autre malade, moins fermé que Voldemort sur les inventions des moldus, pourrait faire s’il mettait la main sur de puissantes inventions d’ingénieurs et de magiciens chevronnés ?

-Ça lui plaira probablement, oui. Elle aime beaucoup les sciences, l’étude de l’espace, en particulier. Sa dernière lubie est de devenir astronaute.

Elle était si mignonne, à déblatérer sur les étoiles, à s’imaginer arrêter des comètes à l’aide de sa baguette magique, confectionnée par ses soins avec un bout de bois trouvé par terre. J’avais peu de doute sur sa future répartition à Poudlard, comme moi, elle finirait certainement à Serdaigle. Le fait qu’elle passe la plupart de son temps le nez vissé sur un télescope (c’était celui que j’utilisais moi-même, à l’école, pour mes cours d’Astronomie) était un indice des plus conséquent. Je touchais du doigt le caléidoscope, me rappelant une époque où, moi aussi, j’étais rempli de curiosité, d’envie d’inventer des milliers de choses, de révolutionner le monde. Ce temps était depuis longtemps révolu.

Et puis, le ton de Poppy changea. Comme si elle retenait depuis trop longtemps une question sur ses lèvres, et la pression devenait bien trop difficile à supporter (c’était d’ailleurs exactement le cas). Elle semblait hésitante, mais déterminée : et pourtant, elle sembla se dégonfler, demandant l’emplacement de la salle de bain. A quoi pensait-elle ? Elle me faisait penser à ces suspects, en plein interrogatoire, qui ne savaient pas si leurs camarades les avaient balancés et hésitaient à révéler la vérité. J’avais appris à déchiffrer les gens, au bout de plus de vingt ans de carrière.

-C’est la porte à gauche, juste là, lui dis-je en désignant l’emplacement de la pièce. Mais Mlle Irvine… N’hésitez pas à me demander ce que vous voulez. Je ne suis pas un homme qui s’embarrasse de politesse, et je préfère que tout soit clair, dans nos rapports. Je sais que ma situation n’est pas des plus traditionnelle, et je préfère ne pas vous mettre mal à l’aise à cause de prédictions, basées sur de simples suppositions. D’autant plus que vous allez peut-être devenir mon employé, mais aussi parce que nous risquons de nous croiser sur le campus de l’UPA, à la rentrée. »

Je regardais la blonde droit dans les yeux, en prononçant mes mots, afin qu’elle comprenne que mes paroles n’étaient pas en l’air. J’avais toujours assumé mon passé, et avait toujours admiré les gens droits, qui ne prenaient pas de gants. Les esprits libres. Je lui laissais le temps de réfléchir à mes paroles pendant qu’elle se rendait dans la salle de bain, me disant que sa réaction à mes propos, à son retour, serait probablement décisive quant à ma décision d’embauche. Avant même qu’elle ne voit Annie.

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Jeu 19 Oct - 5:08

Demeure de Jonathan & Annie - 18 Juillet 2000.

Honteuse, voilà ce que hurlait les traits de Poppy dans le miroir tandis que les gouttes d'eau ruissèlent sur ses joues. Elle avait presque la ride du lion, celle de l’anxiété constante, qui se formait entre ses deux sourcils. Elle aurait dû poser sa question trop curieuse directement, ne pas juste hocher la tête et sourire, niaisement. Jonathan avait été parfait : compréhensif, attentif. Il était sûrement un bon père, d'ailleurs. Et bien qu'il respirait un passé trop torturé, Poppy ressentait envers lui une sorte de confiance étonnante - de la compassion aussi, sûrement. Seule dans cette salle de bain où elle s'était passée de l'eau sur le visage, la petite blonde réalise à quel point elle est loin de ce monde adulte qu'elle croit toucher du doigt. Elle, elle a des kaléidoscopes dans ses poches et des questions déplacées à poser. Elle n'a pas à se soucier du bien être d'une enfant. Si Poppy avait postulé pour ce poste, c'est car elle se sentait grande, femme. Mais ce miroir la faisait bel et bien paraître minuscule et jouer un rôle qu'on n'a pas, n'a jamais été une bonne chose. Alors l'étudiante essuie ses joues, passe un doigt dans ses sourcils pour leur redonner forme et arbore son sourire habituel. Elle reprendrait son rôle de jeune fille, son côté enfantin, sa curiosité, ses remarques déplacées... Après tout, elle ne manquait pas de sérieux et de bonne volonté malgré ça. Alors autant faire ce que M. Rowle attendait et être claire.

Elle revient dans la salle principale, les mains dans le dos. Elle ne pipe pas mots jusqu'à s'être assise de nouveau à sa place, où le café l'attend encore, bien chaud.  « Je voulais... », c'est difficile, de rependre la parole après un tel silence, de juger le quotidien de quelqu'un sans réellement le connaître. Car Poppy est comme ça, elle juge et elle juge vite. Elle se fie trop souvent à ses premières impressions et alors que Jonathan lui avait semblé quelque peu sévère, en y réfléchissant... « Je crois que je me demandais ce qu'un homme qui soudainement se retrouve avec une enfant à charge fait dans la vie... Surtout si vous allez venir à l'UPA, comme vous disiez. Est-ce qu'il a une compagne, une figure maternelle pour le soutenir lui, comme elle ? Même si... Pour tout dire vous avez l'air de bien vous en sortir comme c'est. Ça se voit, quand vous parlez d'elle. ». Doucement, Poppy suit le tour de sa tasse avec son doigt, elle le laisse glisser aveuglément, les yeux rivés sur ce dernier. « Ca doit être difficile. Pas que pour elle, je veux dire. Et pourtant on est là pour parler d'elle, exclusivement d'Annie, alors... Je ne sais pas, c'est sur vous que je me pose des questions, étonnamment. Je devrais pas, pas vrai ? Personne voudrait embaucher une babysitter qui fouine comme ça. ». Puis soudain, elle s'arrête et porte la tasse à ses lèvres. « C'est pour ça que je me suis ravisée et n'ai pas osé vous demander directement. Ca ne me regarde pas et puis au fond... peu importe. Vous prenez soin d'elle, c'est ce qui compte, et je suis prête à vous aider. ». Oui, peu importe. Jonathan avait un regard perdu qui s'illuminait à chaque fois qu'il parlait de sa fille. C'était ça, l'essentiel.

Le fond de café fume encore tandis qu'un moment de silence pesant vient s'immiscer. Pourquoi avait-elle dit tout ça ? Pourquoi ne pas inventer une raison stupide, une question bête qui l'aurait un peu gênée mais sans plus ? Là, Jonathan pourrait penser mille choses de la pauvre étudiante et aucune d'elle ne faisait vraiment bien dans un CV. Elle essaye alors de reprendre la conversation. « Hm... Mais bon, vous disiez, elle veut être astronaute ?! C'est rigolo comme idée, mais intéressant aussi. Elle doit bien aimer les sciences alors oui, et puis découvrir de nouvelles choses. Elle a vraiment l'air adorable. ». La situation était toujours tendue, du moins pour Poppy qui pensait que tout était déjà fini, qu'elle n'avait plus aucune chance d'avoir le job maintenant qu'elle avait mis son nez partout. Elle finit ainsi d'une traite son café et, bizarrement, commence à se détendre. Elle se serait habituellement crispée davantage pour essayer de remettre les choses en ordres, mais à quoi bon... Sa seule chance était qu'elle s'entende miraculeusement bien avec la petite, alors il ne lui restait plus qu'à attendre de rencontrer Annie. Elle saisit alors de nouveau le petit kaléidoscope qu'elle voulait offrir elle-même, le regarde sous toutes ses coutures comme si elle ne le connaissait pas alors qu'elle l'a créé, puis demande d'une petite voix « On va la voir ?... Ou vous aviez d'qutres questions ? », puis elle déglutit, lourdement, en attendant sa sentence.

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Sam 21 Oct - 9:00


Babysitter Wanted
John & Poppy
Lorsque Poppy revint quelques instants plus tard, j’étais toujours à la même place, en train de siroter mon café. J’attendais patiemment, car je savais qu’il était difficile, en particulier pour quelqu’un d’aussi jeune qu’elle, de comprendre que l’honnêteté pouvait être préférable à la bienséance. Je détestais l’hypocrisie, et cela m’avait parfois joué bien des tours, alors lorsqu’elle me dit exactement ce qu’elle pensait, je laissai échapper un sourire sur mon visage, bienveillant, presque attendri, tout en hochant de la tête pour l’encourager. Cela ne voulait pas dire que ses questions n’étaient pas faciles, bien au contraire, mais je la respectais infiniment plus pour me les avoir posés, plutôt que si elle avait choisi de garder le silence, de peur de me froisser. Je pouvais sentir que c’était difficile pour elle, et la jeune fille craignait probablement ma réaction. Alors, d’une voix posée, et un peu nonchalante, je lui répondis.

« -Ma carrière d’Auror a duré plus de 20 ans. Mais avec la guerre… C’est derrière moi, tout ça. Je ne me sentais pas capable de prendre les rênes du Bureau, alors on m’a offert un poste de professeur à l’UPA, pour former les futurs Aurors.

Ça, c’était la partie la plus aisée. Elle reposait sur des faits faciles à exposer et à concevoir. Par contre, lorsque la jeune femme parla d’une présence féminine dans ma vie et celle d’Annie… Mon cœur se serra. C’était l’une de mes craintes, que ma nièce grandisse sans véritable modèle, une femme qui pourrait l’aider à se comprendre elle-même. Car je ne pouvais pas envisager de refaire ma vie avec quelqu’un, pas après ce que j’avais vécu. Je ne voulais pas faire subir à quelqu’un ma vie brisée et ma vision sombre de l’avenir. J’avais aimé, autrefois, et j’aimais encore. Annie était la lumière de mon existence. Mais une relation amoureuse me semblait si improbable et grotesque, que j’étais incapable d’en appréhender l’idée.

-J’élève Annie seul. Il n’y a personne d’autre. Je ne sais pas si je m’en sors bien ainsi, mais je m’en sors, et c’est le principal, n’est-ce pas ? Cette question était purement rhétorique, bien entendu, et n’attendait aucune réponse. Et pour changer de sujet avant que mon humeur ne retombe, je continuai mon discours. Comme je vous l’ai dis, les questions ne me dérangent pas. J’apprécie les esprits décomplexés. Ce n’est vraisemblablement pas très orthodoxe, comme entretien d’embauche, mais c’est la première fois que je fais ça, et de toute façon, je me moque des convenances.

A vrai dire, j'avais craint de tomber sur une petite jeune fille un peu sotte, un peu simple, qui aurait jugé la situation sans vraiment prendre le temps de l’englober dans sa totalité. Ce n’était pas le cas avec Poppy, et, si je voyais qu’Annie l’aimait bien, je prendrais plaisir à l’embaucher. Je préférais de loin employer quelqu’un comme elle, peut-être un peu trop curieuse pour son propre bien, que quelqu’un qui n’arrivait pas à voir plus loin que le bout de son nez.

-Vous avez raison, allons la voir. De toute façon, mon opinion importe peu face à la sienne : on dit que la baguette choisie son sorcier, et je ne suis pas dupe, je sais parfaitement que c’est Annie qui choisira son babysitteur.

Je me levais sans attendre, et fit signe à la jeune fille de me suivre, avant de me diriger jusqu’à la porte de sa chambre. Je frappai à la porte fermée, ayant appris très vite qu’Annie détestait qu’on la dérange sans la prévenir, puis, lorsque j’entendis un petit « entre, tonton », je pressai la poignée pour pénétrer dans la pièce. La chambre d’Annie était assez classique, pour une petite fille : beaucoup de peluches, un peu partout, des costumes fabriqués avec des draps bariolés éparpillés sur le sol, et des crayons de couleur qui rendaient difficile d’accès le moindre meuble. Néanmoins, en observant de plus près, on pouvait aussi constater beaucoup de livres, destinés à des enfants bien plus âgés qu’elle ; un télescope qui pointait vers le ciel, près de sa fenêtre ; des dessins dont les thèmes pouvaient se révéler bien plus sombres que ceux d’un gamin lambda. La fillette était d’ailleurs en train de dessiner, allongée sur le sol, les jambes écartées et les pieds s’agitant sans cesse. Elle me regardait d’un œil interrogateur, mais aussi la silhouette qu’elle pouvait devenir derrière moi : je m’écartais donc du passage tout en rentrant dans la chambre.

Je m’apprêtais à prendre la parole pour les présenter, mais c’est Annie, avec son bagout habituel, qui commença à parler la première.

-Bonjour je m’appelle Annie ! Tu es une amie de mon tonton ? Tu es très jolie. Vous allez vous marier ? demanda-t-elle en nous pointant du doigt.

Je la regardais quelques instants, un peu décontenancé par sa question. Elle était si intelligente que j’oubliais parfois qu’elle n’avait que 8 ans, et avait parfois du mal à juger les relations humaines : tout le monde était forcément son ami, et, si je ramenais une personne du sexe féminin à la maison, c’était forcément ma copine. Je rigolais doucement en secouant la tête.

-Non crevette, voilà Poppy. Tu te rappelles lorsque je te disais que je cherchais quelqu’un pour s’occuper de toi, lorsque je recommencerai à travailler ? Je…

Elle me coupa la parole, son regard s’étant illuminé. Elle sauta sur ses jambes et se rapprocha d’elle, extrêmement intéressée.

-Oh ! C’est drôle, elle a les mêmes cheveux que moi. Et maintenant qu’elle le disait, c’est vrai qu’elles se ressemblaient, elles auraient presque pu passer pour  des sœurs. La petite fille, pas effrayée pour un sou ou même intimidée devant cette nouvelle personne, se planta en face d’elle, presque autoritaire. Tu sais dessiner les fusées ? »

Car c’était, au final, le critère qui importait le plus pour elle.

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MessageSujet: Re: Babysitter Wanted ft. Poppy Irvine   Aujourd'hui à 8:33

Demeure de Jonathan & Annie - 18 Juillet 2000.

Le sentiment de vouloir s'enterrer plus bas que terre fait soudain place à une relaxation inespérée, un soulagement qui se manifeste bien vite par un sourire et un soupir. Elle qui pensait avoir piétiné sa chance se retrouve à penser que, finalement, ce n'est peut-être pas encore terminé. Il reste évident que les thématiques abordées déplaisent à M. Rowle, Poppy n'est pas dupe, mais le fait qu'il y réponde sans peur et sans doute veut dire bien plus qu'il n'y paraît. Ainsi l'étudiante hoche la tête, ponctuant d'un "Hm, oui" de temps à autre en essayant de s'imaginer à cette place elle aussi. Parfois, elle se dit qu'elle est malchanceuse, qu'elle a eu bien des soucis dans sa vie, le dernier en date étant ce bras démis. Mais en portant son regard sur le bandage qui l'entoure, elle réalise qu'elle n'échangerait pour rien au monde cette douleur et cette gêne si en contrepartie elle devait soudainement s'occuper d'une enfant qui a perdu père et mère. Oui, elle est bien loti, avec ses quelques soucis et préoccupations, mais elle doit définitivement apprendre à voir le bon côté des choses et ne plus se morfondre d'une situation tout juste désagréable et passagère. Car une petite fille, c'est loin d'être passager.

Poppy se lève lorsque Jonathan lui fait signe de le suivre. Elle entame machinalement le pas, la tasse de café vide toujours à la main avant de vite réaliser que ça ne sera d'aucune utilité là-haut. Rapidement, elle fait quelques pas rapides à la cuisine pour reposer la vaisselle dans l'évier et rejoindre l'Auror, essoufflée. Un Auror ; pour une fois, elle n'avait pas tiqué face à l'annonce de ce métier qu'elle méprisait tant. Peut-être était-ce dû à sa retraite anticipée mais Jonathan ne ressemblait pas aux autres Auror que Poppy avait pu croiser, ceux qui l'avaient regardée de haut et jugés si rapidement. Toujours est-il qu'elle balaye vite cette pensée en entendant derrière la porte une petite voix fluette. L'intérieur de la chambre est digne d'un rêve, définitivement cette petite fille a un ange gardien plus qu'un père. Poppy ne peut d'ailleurs pas s'empêcher de pousser un "Waow" en perdant ses yeux sur les merveilles de cette taverne, et particulièrement le télescope. Ceci dit, face aux premières réflexions de la petite fille, Poppy reste bouche bée : son étonnement se laisse doucement submerger par un sourire de niaiserie et d'affection incontrôlée. Puis voilà la petite blonde qui lui courre dans les bras. Imprévu, mais Poppy ne panique pas une seconde et se revoit par moment comme elle aurait aimé être avec sa sœur. Tous les gestes qu'elle n'a pas pu faire, les mots qu'elle n'a pas pu dire.

D'un coup Poppy s'accroupit pour se retrouver à la même hauteur que Annie - un peu plus basse, cela dit, tant Poppy est déjà petite de nature - et saisit une de ses mèches de cheveux. « Oh, non, les tiens sont jolis naturellement ! Moi, je dois les ensorceler pour qu'ils soient comme ça ! Tu gagnes. », mais trop vite déjà le sujet de conversation a changé. « Dessiner une fusée ? Hm, ça doit pouvoir se faire. Mais je peux faire encore mieux, je peux en construire une. Enfin, une petite. Mais c'est ce que je fais comme... métier. ». Métier, études, mieux valait ne pas la perdre et se contenter de dire que c'était bel et bien un métier, ingénieur, puisque là était le but de toute façon - et si ça pouvait donner un air plus sérieux et légitime à l'étudiante, ça ne pouvait être que bénéfique. « Oh mais regarde, j'ai amené un petit quelque chose pour toi, avant. C'est un kaléidoscope. Il y a plein de couleurs à l'intérieur, et ça bouge quand tu le tournes comme ça. ». A côté de la petite Annie, Poppy redevient elle même un peu plus enfantine au fur et à mesure que les secondes avancent. Elle finit même par s'asseoir sur le sol pour agripper l'épaule de l'enfant et avancer son visage tout proche du sien tandis qu'elle-même regarde dans l'objet enchanté. D'un geste on ne peut plus dynamique, Poppy tend finalement le kaléidoscope dans les mains d'Annie ponctué d'un « Vas-y, regarde, essaie ! ».

Le fait est que Poppy avait oublié la présence de John, juste derrière elle. Il avait tout simplement disparu, caché sous l'aura débordante de cette petite fille. Ses cheveux blonds glissaient dans tous les sens et, calmement, Poppy replace une mèche folle derrière l'oreille d'Annie pour lui permettre de mieux regarder le petit objet offert. Toutes les questions qu'elle avait eu avant n'existaient plus, les doutes et le stress définitivement disparus. Bien qu'elle se portait déjà mieux avant d'entrer dans cette chambre, Annie avait un côté apaisant - qui se transformerait peut-être en épuisement un jour, mais ce n'était pas d'actualité. Ainsi, elle s'était décidée, Poppy ferait tout pour obtenir ce boulot et passer ses soirées à rêver avec elle, telles deux petites têtes blondes complices.

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