Keeping your head above water - John & Irvin
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MessageSujet: Keeping your head above water - John & Irvin   Mar 3 Oct - 14:52


Keeping your head above water
John & Irvin
Mon besoin de babysitter devenait critique. J’avais vraiment du mal à trouver quelqu’un de fiable mais aussi de constant, surtout durant ces vacances scolaires, et bien que je n’avais moi-même pas d’activités avant la rentrée, il y avait une chose à laquelle je ne pouvais pas échapper. Mes rendez-vous chez mon psychiatre. Non seulement, j’en avais besoin pour obtenir mes médicaments, la seule chose qui permettait de calmer mes crises, mais en plus, ces séances m’avaient été imposées par le juge qui avait placé Annie sous ma garde. Je ne voulais pas qu’elle finisse en foyer, j’avais suffisamment foutu sa vie en l’air en tuant son père.

Ce jour là donc, malgré mes hiboux incessants, je n’avais trouvé personne pour s’occuper de ma nièce, et, voyant ma boite de pilule, je m’étais résolu à l’emmener au cabinet, me disant que la secrétaire, bien que pas franchement agréable, accepterait de s’occuper de la petite blonde un certain temps. Je m’étais muni, dans un sac, de plusieurs dizaines de coloriages couplés à des crayons de toutes les couleurs, de la peluche préférée d’Annie (un singe répondant au nom de Tipee), ainsi que quelques poupées, puis j’avais saisi ma nièce par la main et je m’étais dirigé vers le dernier étage du centre médical d’Atlantis, où mon psychiatre prenait ses consultations.

Elle fut un peu impressionnée en arrivant devant l’établissement médical, et resserra la prise sur ma main, mais je la rassurais d’un petit sourire, en l’assurant que l’on en aurait pas pour très longtemps. Sauf que la secrétaire (que, décidemment, j’aimais de moins en moins), me rétorqua le contraire.

« -Je suis désolé Mr Rowle, le Dr Foster a prit du retard sur son rendez-vous. Vous devez patienter, comme les autres clients.

-Mais enfin, vous voyez bien que j’ai ma nièce avec moi, je ne peux pas passer l’après-midi ici !

-Je ne peux rien faire Mr. Le docteur a du prendre un patient en urgence et cela a décalé l’ensemble de ses rendez-vous.

Piteusement, j’allais m’asseoir, jetant un œil sur Annie qui était occupée à colorier sur le tapis de la salle d’attente. Drôle d’endroit pour un enfant de cet âge, assurément. J’aurai bien voulu partir et l’emmener au parc, mais je ne pouvais pas me permettre de rater mon rendez-vous.

-Tonton John, tonton John ! Regarde, j’ai dessiné un chien !

Elle me montra son chef-d’œuvre : une forme violette entourée de vert –probablement de l’herbe-, et surmontée d’un soleil avec un sourire. On en ferait probablement pas une artiste, mais elle était si fière d’elle qu’il était difficile de résister à sa bouille.

-C’est magnifique, Annie.

Je jetais un coup d’œil dans la salle d’attente, quelque peu embêté à l’idée de déranger les autres patients avec le bruit que faisait sans s’en rendre compte la petite fille. Heureusement, la pièce était plutôt vide, la seule personne qui attendait était un jeune homme d’environ une vingtaine d’années. Je me demandais ce qu’il venait faire là, à son âge : je me rappelais de ce que c’était, d’avoir 20 ans. De se sentir invincible. Mais après tout, ça ne me regardait pas, et j’étais bien placé pour savoir que la vie pouvait nous jeter des épreuves sur notre chemin, et ce, à n’importe quel âge. Je m’enfonçais dans mon siège en triturant l’accoudoir, stressé de la situation. J’espérais que le docteur Foster ferait le plus vite possible pour rattraper son retard…

Plongé dans mes réflexions, je ne m’étais pas aperçu qu’Annie s’était levé du tapis et s’était approché du jeune homme, un air curieux sur le visage, avant de tapoter sa jambe du bout du doigt.

-Hey. Comment tu t’appelles ? »

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Mer 4 Oct - 13:27

Je patientais depuis trop longtemps, la tête baissée et les yeux rivés sur mon casse-tête pour éviter de croiser le regard de quelqu’un. Je m’étais encore embrouillé dans le temps et j’étais arrivé une demi-heure trop tôt. La faute au brouillard dans lequel je vivais depuis la fin des examens, sur laquelle la psychomage de Sainte-Mangouste avait fini par poser un diagnostic de dépression, deux jours auparavant. Le mot m’avait frappé au cœur plus violemment qu’un coup de poing, traînant avec lui tout un cortège d’images morbides et de sentiments de chute, d’échec. De honte. Je n’en avais parlé à personne encore, mais j’imaginais que mes mères au moins étaient également venues à la même conclusion. Elles avaient sûrement déjà compris, et cette pensée me nouait le ventre. Je leur avais simplement annoncé ma décision de reprendre un suivi psychologique, après mon arrêt en décembre. Ce que je ne leur avais pas mentionné, c’était le pourquoi de ma décision. Le moment exact de ma chute. Et ce moment me tournait en tête, torturait mon esprit, l’assaillait à la moindre seconde de répit. Je me sentais plus coupable que jamais, à l’idée d’avoir failli leur faire subir ça, d’avoir tenté de les abandonner si violemment, mes mères, mes sœurs, Milo, Torvi et le bébé… C’était égoïste, si égoïste... Et je me détestais pour ça.

Le médicomage qui m’avait récupéré ce jour-là m’avait coupé tout accès aux anxiolytiques, pour éviter une nouvelle tentative, et j’étais seul avec ce poids, cette douleur qui me bouffait littéralement de l’intérieur. Il avait aussi accepté de me laisser repartir à une seule condition : que je recommence un suivi psychomagique dès ma sortie, et que je prenne un traitement. J’avais accepté, et tenu parole. Et ainsi je me trouvais là, dans cette salle d’attente vide, le ventre tordu d’angoisse devant l’inconnu que représentait ce docteur Foster, tant je me sentais incapable de lui dire le moindre mot.

Un vieux réflexe m’avait fait prendre un casse-tête, mais les engrenages me semblaient complètement opaques, indéchiffrables. Je le tenais entre mes doigts, sur mes genoux, mon pouce triturant vaguement les arrêtes. Un bruit m’indiqua qu’une autre personne entrait dans la salle d’attente, mais je ne levai pas la tête. S’il y a bien une salle d’attente où les gens ne parlent pas, c’est celle des psychomages. Personne n’a envie de partager ça avec un inconnu. Pas moi en tout cas.

Je fermai les yeux et baissai encore plus la tête, espérant ainsi que le nouveau venu me laisserait tranquille. Ce qu’il fit, d’abord. Et puis soudain, quelque chose toucha ma jambe. Une fois. Je ne réagis pas. Une deuxième fois. Puis une troisième. Et le tapotement s’accompagna d’une voix, une petite voix aigüe, qui sembla me poser une question. Je relevai enfin la tête, jetant à la petite fille un regard pas très assuré.

- Pardon ?


Elle répéta sa question et il me fallut un effort de concentration incroyable pour percer le sens de ses mots.

- Irvin.


Elle était mignonne, enjouée. Sa petite tête blonde me fit penser à Matilda, ma plus petite sœur, quand elle était enfant, et je sentis une nouvelle vague d’émotion prête à me submerger. A elle non plus, je n’avais rien dit. Elle m’aurait tellement manqué…

Je fixai la petite sans savoir quoi lui dire. Et puis j’enfonçai ma tête dans mes mains, espérant qu’elle s’en irait jouer avec les crayons éparpillés sur le tapis, et m’oublierait aussi vite.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Mer 4 Oct - 15:15


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La petite fille ne semble pas impressionné devant la détresse apparente d’Irvin, et saisit sa peluche singe, Tipee.

« -T’es triste ? Moi quand je suis triste, y’a mon singe qui me remonte toujours le moral. Tiens, je te le prête.

Elle pressa le singe contre les mains de l’étudiant, dans l’idée, visiblement, qu’il le saisisse plutôt que sa tête. Je remarquais enfin que ma nièce était en train d’importuner le patient, et la regardait, visiblement mécontent d’elle.

-Annie, laisse le monsieur tranquille. Il ne faut pas faire de bruit ici, on est chez le docteur et tu dois être sage, lui expliquai-je doucement.

Je ne voulais pas qu’elle associe le fait d’aller chez le docteur comme étant une contrainte, quelque chose de mal, et ne désirais pas vraiment, non plus, m’étaler sur les raisons de ma visite avec elle. J’espérais avoir été assez ferme et recommençais à fixer l’horloge, en espérant que mon rendez-vous allait bientôt commencer, sentant mes sens se brouiller. Ce n’était vraiment pas le bon moment de faire une crise, là, maintenant, tout de suite.
Je n’avais visiblement pas bien calculé la volonté de ma nièce de guérir les gens tristes, qui ne s’arrêta que pendant les quelques secondes où je la regardai.

-Tu sais, c’est pas grave d’être malade. Moi l’année dernière, j’ai eu la viracelle. Et regarde, je vais mieux ! Y’a pas besoin d’être triste.

Voyant qu’Annie n’arrêtait pas son discours au jeune homme qui, visiblement, ne semblait pas d’humeur à divertir une fillette –et qui le serait, dans un endroit comme celui ci ?-, je me levais, avant de la tourner vers moi et de m’agenouiller à sa hauteur.

-On dit la varicelle, Annie, et ici, ce n’est pas le même genre de docteur. C’est un docteur pour les grandes personnes, pas pour les petites filles comme toi. Le monsieur veut être tranquille, tu veux bien aller faire un coloriage ? S’il te plait ?

Avisant mon air sérieux et réprobateur, ma nièce retourna à ses crayons de couleur. Je pouvais voir qu’elle continuait de jeter de temps en temps des coups d’œil vers Irvin, mais elle n’essaya plus de lui adresser la parole, et au final, c’était le principal. Je retournai m’asseoir, en fichant mes ongles dans l’accoudoir, de plus en plus mal, mais faisant bonne figure. J’avais l’impression que le tic tac de l’horloge était de plus en plus fort, mais c’était probablement mon imagination. Le téléphone de la secrétaire sonna, me faisant sursauter bien trop fort. Je l’entendis parler, je supposais, avec le docteur Foster, qui lui disait de faire patienter ses deux prochains rendez-vous, car il en avait encore pour un peu de temps de son côté. Lorsqu’elle raccrocha le combiné et me fit un sourire contrit, en s’excusant de l’attente, je ne pus m’empêcher de lui jeter un regard noir, bien que ce ne fut pas de sa faute.

Annie, de son côté, avait fini son dessin, et ne savait plus vraiment quoi faire. Son œuvre représentait une ile déserte, sur laquelle se trouvait une sirène, et d’où partait un arc-en-ciel : si on pouvait bien reconnaître le prisme, les couleurs ne trompant pas, le reste était bien plus… imagé. Toutefois, elle était très fière de son dessin, et décida d’en faire cadeau à Irvin.

-Tiens c’est pour toi. Comme ça, tu seras plus triste.

Elle avisa les appareils qui ornaient l’oreille du jeune homme, intriguée. Elle n’avait jamais vu ça de sa vie, et elle se demanda si Irvin était une sorte de robot. Elle n’osa pas lui poser de questions à ce sujet, un peu intimidée, mais les regarda fixement, la bouche ouverte. Elle fit un petit signe à Irvin, pour lui signaler d’attendre, et saisit un crayon. Sur la tête de sa sirène, elle rajouta deux petites antennes, pour symboliser les implants du jeune homme.

-Voilà, là c’est mieux. On dirait toi. »

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Ven 6 Oct - 4:48

Visiblement pas découragée par mon envie manifeste de solitude, la fillette continua de me parler. Sa petite voix me parvenait au travers du brouillard, mais ses mots semblaient vides. Triste ? Si j'étais triste ? Je me sentais effondré. Broyé, comme une bibliothèque dont les étagères se seraient écroulées en brisant les suivantes, une à une, défonçant tout, ne laissant plus au sol que des débris. Rempli d'un vide insupportable qui pesait sur tout mon corps, m'empêchant de bouger, de réfléchir, de ressentir autre chose que la douleur qu'il me causait et qui pulsait à chaque seconde, chaque mouvement, chaque respiration. Que pouvais-je lui répondre ? Avant d'avoir eu le temps de le faire, je sentis une fourrure douce se presser contre mes doigts et je relevai la tête, juste assez pour voir de quoi il s'agissait.

C'était un petit singe aux joues rouges et à la tête coiffée d'une fleur, qui m'observait avec un sourire compatissant. Tellement compatissant que je sentis des larmes affleurer mes paupières, et je me trouvai complètement ridicule ; si proche d'imploser que la bouille inquiète de la petite fille et sa peluche suffisaient à me rapprocher encore de la rupture.

Je ravalai mon trop plein d'émotion et saisis le singe avec un hochement de tête, incapable de parler plus. Mais la fillette ne partit pas pour autant, visiblement pas encore satisfaite de mon état. Je priai Merlin qu'elle me laisse, je ne voulais que du silence, que du calme… Mais malgré l'injonction de son père, elle semblait décidée à me remonter le moral ; et malgré moi, je souris, légèrement, à sa tirade sur la varicelle.

Je m'affaissai à nouveau dans mon siège, triturant machinalement le singe en peluche, et je suivis d'un œil vague les gestes de la petite. La sonnerie stridente du téléphone de l'accueil me fit tressaillir, et je lançai un regard perplexe à la secrétaire, puis au père de la gamine. Je n'entendis pas clairement ses paroles, mais le regard glacial de l'homme m'offrit une réponse. J'avais vaguement cru comprendre que le psychomage aurait du retard, mais je n'avais de toute façon rien de mieux à faire de ma journée ; alors je m'enfonçai encore plus dans le fauteuil et attendit. Puis je fermai à nouveau les yeux, espérant profiter de l'attente pour dormir un peu ; j'aurais passé ma vie à dormir tant le sommeil était devenu un refuge, malgré mes rêves souvent agités.

- Tiens c’est pour toi. Comme ça, tu seras plus triste.


Je rouvris les yeux. La fillette tenait un dessin à bout de bras, un magnifique exemple d'art plus ou moins contemporain dans lequel je distinguai un arc-en-ciel et une… sirène ? Certainement. Mon regard passa de son dessin à ses yeux ronds et à sa bouche ouverte, et je remuai sur mon siège, mal à l’aise ; je détestais qu’on me détaille ainsi et je passai machinalement une main dans mes cheveux trop longs pour couvrir un peu mieux mes implants. Mais la petite était décidée à me faire un cadeau, alors je tendis la main pour prendre son dessin.

Main qui se referma dans le vide. Car la fillette fut prise d’une inspiration soudaine et revint quelques secondes après me montrer le résultat, perplexe mais satisfaite.

- Euh… merci.


J’étais perplexe à mon tour. Je ressemblais à une sirène avec des antennes ? Mes cheveux avaient un peu trop poussé, mais pas à ce point quand même… Je me redressai un peu et saisit la feuille des deux mains, l’observai une minute, puis je la tins entre nous deux à hauteur des yeux de la petite fille.

- Elle fait quoi sur son île, ta sirène ?

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Ven 6 Oct - 10:31


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John & Irvin
La petite fille était visiblement contente d’avoir établi un début de communication avec l’étudiant et affichait un grand sourire, que moi-même je manquais, trop concentré sur les tics de l’horloge et mes doigts qui s’impatientaient sur l’accoudoir de mon fauteuil. Ravie de la question ma foi très pertinente d’Irvin, Annie prit un air profondément inspiré et passa quelques secondes à réfléchir très fort, avant de répondre.

« -Ben alors, si elle est comme toi, elle fait des choses que font les robots sirènes. Elle se maquille et elle mange des piles. Elle était très sérieuse dans son discours, comme si elle avait pensé à la question pendant plusieurs heures. Même si tu es le premier robot que je vois en vrai, tu es comme dans le livre que me lit tonton John. Tu es gentil.

Elle se reprit, presque comme si elle se rendait compte de ce qu’elle disait, tout à coup.

-Mais toi t’es pas une sirène, parce que t’as pas de queue ! Du coup, tu fais que manger des piles, quand tu es pas chez le docteur, pas vrai ?

Je réussissais à entendre, entre deux coups d’œil stressé sur les posters de la salle d’attente qui affichaient des logos colorés, le babillage de ma nièce. Elle semblait avoir réussi à faire parler le jeune homme, et je n’en étais pas vraiment étonné : cette petite avait la capacité de rendre plus doux qu’un agneau le pire des loups renfermé. Moi le premier. Je ne me serais jamais pris pour quelqu’un capable de passer pour un parent, et encore pire, d’apprécier ça, et pourtant. Elle était si intelligente tout en gardant cette naïveté et imagination si vive caractéristique des enfants, qu’on ne pouvait qu’avoir envie de prendre soin d’elle. J’essayais de me concentrer sur les deux individus, malgré mon trouble, prêt à intervenir au moindre signe d’inconfort d’Irvin.

-Mon tonton il dit que les piles, c’est l’une des meilleures idées des moldus, comme invention. Et comme les robots c’est très très très intelligent, c’est pour ça qu’ils doivent manger des piles, comme ça leur cerveaux il marche bien !

Bien entendu, son discours n’avait ni queue ni tête, et pourtant, on pouvait découvrir une certaine logique, totalement fausse bien sûr, mais bel et bien existante, derrière son monologue, et John en était très fier. Il était encore plus content, cependant, de l’ouverture d’esprit dont elle faisait preuve chaque jour. Elle qui avait passé les premières années de sa vie dans un environnement totalement sorcier, qui répugnait, même, la moindre once de sang non magique, s’était très rapidement adapté à la technologie moldue et n’avait aucun problème avec la ville mixte qu’était Atlantis. « Regardez la parler de piles alors qu’elle n’en avait jamais entendu parler avant il y a quelques mois… », pensais-je, comme une fière maman poule.

-Mais Irvin ! Je comprend pas. Moi je croyais que les robots, ça tombait pas malade ! Pourquoi t’es là, tu devrais aller chez le réparateur de robot. Elle se gratta la tête, toujours plongée dans une grande réflexion. Mais moi je veux que tu restes ici parce que t’es un gentil robot et donc t’es mon copain.

Ses mots n’avaient rien d’étonnants pour quiconque avait l’habitude de côtoyer des enfants : ceux-ci partent toujours du principe qu’ils sont amis avec tout le monde. Mais l’attention d’Annie, ainsi que la mienne, fut bientôt détournée par la porte du cabinet du docteur qui s’ouvrit, dévoilant le docteur Foster qui escortait son patient à l’extérieur. Je me levais d’un bond, moi qui d’habitude étais si apathique. Mais il me restait toujours un soucis, et de taille : Annie. Celle-ci continuait de discutait avec Irvin sans vraiment s’occuper de moi. Mes neurones se connectèrent l’un à l’autre, et je regardai le jeune homme dans les yeux.

-Vous pourriez garder Annie, le temps de mon rendez-vous ? Si ça ne vous dérange pas, bien sûr… »

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Ven 6 Oct - 17:16

Je. Ne. Pouvais. Pas. En. Placer. Une. La fillette me noya sous un flot de paroles improbables, me laissant à peine le temps de saisir une idée avant d’enchaîner sur la suivante. L’écouter nécessitait déjà de moi un effort conséquent, la suivre dans ses réflexions était presque au-dessus de mes capacités. Mais elle avait décidé que j’étais ouvert à la conversation, et rien n’aurait pu la persuader du contraire. Je me penchai vers elle par réflexe, plissant légèrement les yeux.

- Les robots ne mangent pas de… Quel livre ?


J’espérai que son père – ou plutôt son oncle – me vienne en aide mais il ne dit rien, et je restai seul face à cette petite à la logique aussi redoutable que déroutante. De sirène, je devins robot, et même poisson, car j’ouvrai et fermai la bouche à la fin de chacune de ses tirades sans jamais avoir le temps de parler. Elle se tut enfin après avoir déclaré que j’étais maintenant son ami robot, et je l’observai prudemment, attendant de voir si elle allait rester silencieuse.

- Mais je ne suis pas un robot… Pourquoi tu…

La porte s’ouvrit alors, m’interrompant encore. Un frisson désagréable me parcourut l’échine à la vue du docteur Foster, ou plutôt de l’imminence de notre entretien, et je me retournai vers l’enfant.

- Je ne suis pas un robot, regarde, je suis un humain, comme toi,
et je soufflai sur sa main pour le lui prouver. Les robots ne respirent pas.

Son oncle m’interpella alors, et je le fixai avec des yeux ronds. M’occuper d’elle, là ? Me laisser seule avec cette pile sur pattes ? Elle me faisait penser à Poppy en version miniature, et malgré sa bouille souriante et son quotient de mignonnerie indiscutable, elle était beaucoup trop fatigante pour mon cerveau épuisé.

- Garder… La garder ? Mais je…


Je me tournai à nouveau vers ladite Annie, qui me souriait de toutes ses dents. Puis vers son oncle. Puis elle. Elle était en train de m’avoir. Et j’aurais même juré voir son regard s’humidifier légèrement. Je soupirai, vaincu, puis acquiesçai.

- D’accord, oui.

Je me laissai glisser de mon fauteuil jusqu’au sol avec une grimace et m’assit le plus confortablement possible sur l’épais tapis, le singe toujours sur mes genoux. Je manquais d’aise avec les enfants, car si j’aimais bien leur compagnie en général, je ne savais jamais vraiment comment me comporter avec eux. Heureusement, Annie semblait peu s’en soucier, du moment que j’appréciais ses dessins et que je l’écoutais sans trop l’interrompre. Je l’observai à mon tour ; et je repensai à ma discussion avec Torvi, un mois auparavant. Si j’avais accepté sa proposition, je serais en voie de devenir père… Le mot me sembla plus net et réel que jamais, et je sentis le regret piquer le creux de mon ventre, comme s’il se réveillait après que j’aie soigneusement tenté de l’enfouir. Je respirai profondément. Trop tard. J’avais raté ma chance, et c’était peut-être pour le mieux, après tout.

- Je ne suis pas malade, j’ai juste des soucis.
Je tirai machinalement sur les bras du petit singe pour éviter de croiser le regard scrutateur d’Annie. Sa curiosité naïve et sincère avait quelque chose d’apaisant, pourtant.

- Et ton singe, il est aussi sur l’île ?


Je saisis une feuille à mon tour et m’emparai d’un crayon. Avec beaucoup de concentration, je parvins à dessiner un robot plutôt convaincant, une sorte de C3PO anguleux et sans aucune antenne. Je tendis le dessin à Annie.

- Ça c’est un robot, un gentil robot, mais il ne mange pas de piles. Les piles ne se mangent pas, c'est dangereux
, ajoutai-je en lui lançant un regard légèrement inquiet.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Sam 7 Oct - 4:45


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Je ne savais pas si j’étais vraiment rassuré à l’idée de confier Annie à cet étudiant inconnu. Certes, il n’avait pas l’air bien redoutable, mais je savais que les apparences pouvaient être trompeuses. Cela me rappelait ce Mangemort auquel j’avais assisté au procès, que le jury avait acquitté grâce à la défense acérée de l’avocat, Humphrey Bowman, qui reposait pourtant sur un simple fait : il était beaucoup trop petit et mignon pour être dangereux. Mais la guerre était finie, et je devais commencer à faire confiance à nouveau. De plus, je serais dans la pièce juste à côté, et même si la secrétaire n’avait pas l’air d’être la femme la plus agréable du monde, elle ne laisserait probablement pas un étranger enlever une petite fille. Surtout lorsque je connaissais celle-ci pour avoir des réactions de magie élémentaire au moindre mécontentement (cela causerait décidemment du désordre dans la salle d’attente).

Je remerciai donc cet Irvin d’un mouvement de tête avant de rentrer dans le bureau du Docteur Foster, me disant que j’allais faire renouveler mon ordonnance, esquiver les inévitables questions sur mon moral, et revenir chercher ma nièce le plus vite possible.

Annie, elle, était ravie d’avoir trouvé un nouvel ami avec lequel épancher ses milliers de questions et ses histoires farfelues. Mais maintenant qu’Irvin lui avait assuré n’être pas un robot, cela soulevait un autre questionnement : qu’était-il ? Il lui disait être humain, mais c’était la première personne qu’elle voyait avec ces étranges appareils collés à ses oreilles.

« -Mais les humains ils ont pas des antennes supersoniques. Même les moldus, parce que Richard, à mon école, son papa et sa maman ils sont moldus et ils en ont pas.

Elle lui disait ça comme si elle avait raison, et lui tort. Annie avait un caractère bien trempé. Elle remarqua, cependant, que la tristesse n’avait pas quitté le corps d’Irvin, pire, qu’elle s’était encore un peu approfondie. Ne voulant pas augmenter le trouble qui emparait l’étudiant, elle se dit qu’il fallait impérativement qu’elle le console.

-Moi quand j’ai des soucis, je vais au parc avec tonton John, et même des fois, il m’achète une glace. C’est bon les glaces, surtout à la fraise. Ma maman elle me laissait pas en manger parce qu’elle disait que ça me ferait des dents moisies, mais là elle est en prison donc elle peut rien dire.

Elle lâcha cette information sans se rendre compte de la portée de ses paroles, comme les enfants font souvent lorsqu’ils n’ont pas conscience de la gravité de la réalité. Elle continuait de griffonner sur une feuille blanche, ayant entamé un autre dessin qui commençait vaguement à ressembler à une forêt, avec des arbres dont les feuilles touffues prenaient l’ensemble de la partie supérieur du papier, ne s’arrêtant même pas à la mention de l’emprisonnement de sa mère.

-Mon singe, il est pas sur l’île, il est avec toi et moi, là. Elle le pointa du doigt. Et on est pas sur une île, t’es bête ou quoi ?

Il était parfois si difficile de saisir l’enfant, qui possédait toujours la candeur et la maladresse de son âge, tout en ayant une intelligence vive qui commençait de plus en plus à se dessiner. Elle avait tendance à tout remettre en question et, à la fois, à rester très terre à terre. Il fallait donc faire preuve de beaucoup de patience, mais aussi d’une part d’abnégation, si on ne voulait pas partir dans des débats sans fin et des dialogues de sourd.

Annie regarda ensuite avec admiration le robot dessiné par Irvin, subjuguée par son talent d’artiste et intriguée par ce droïde, bien différent de ce qu’elle avait imaginée de l’esthétique robotique.

-Mais s’ils mangent pas des piles, comment ils font pour avoir de la nectricité ? demanda-t-elle, visiblement secouée par tant de révélations. La télé de chez tonton elle doit avoir de la nectricité pour marcher. »

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Lun 9 Oct - 10:41

Mon argumentation ne l’avait pas convaincue, je le voyais à ses yeux ronds fixant mes implants. J’aurais préféré éviter toute discussion à ce sujet, mais avec une fillette aussi curieuse, c’était peine perdue. Je soupirai.

- Ce ne sont pas des antennes supersoniques, c’est des hmm… des appareils pour m’aider à entendre mieux. Mes oreilles ne fonctionnent pas bien. Mais je suis un humain.

J’attrapai aussitôt une autre feuille et griffonnai sa surface dans l’espoir d’offrir une distraction à son regard interrogateur. Sa tirade sur les glaces était presque touchante mais elle ne fit qu’augmenter mon malaise, mon inquiétude quant à la recherche de mes propres façons d’aller mieux. Je guettais tous les bruits provenant du bureau du psychiatre, espérant et redoutant à la fois que mon attente se prolonge. Le mot « prison » me ramena à la situation présente, non sans étonnement. J’observai Annie d’un œil nouveau, touché par ce qu’impliquait ce mot échappé presque négligemment. Elle avait certainement vécu des choses déjà trop difficiles pour son jeune âge.

- Ton tonton a l’air de prendre bien soin de toi. Ta maman a raison, le sucre est mauvais pour les dents, mais de temps en temps, ce n’est pas grave. A ton âge, mes mères me disaient toujours de brosser mes dents pendant une chanson de plus si j'avais mangé des bonbons.

Ma phrase me sembla terriblement stupide mais je ne savais pas quoi répondre d’autre, et je craignais de mettre la fillette mal à l’aise en lui posant des questions sur sa mère. Le souvenir des chansons des dents de Mummy avait au moins le mérite de détourner mon esprit vers un sujet plus léger pour un instant. Sa remarque suivante me piqua au vif et je tressaillis avant de me rappeler que j’avais à faire à une enfant de 7 ou 8 ans qui parlait sans vraiment de filtre. Je hochai la tête, pas très motivé à l’idée d’entrer dans un débat avec elle, débat dont j’avais le pressentiment que je ne sortirais pas vainqueur. Je repris mon crayon pour achever mon dessin, dont j’étais plutôt fier ; j’étais loin d’être un artiste mais je savais faire des croquis, talent très utile pour tout inventeur qui se respecte. Annie ne releva pas la référence à Star Wars, et sa réaction à mon C3PO modifié me laissa penser qu’elle n’était pas coutumière du style de vie moldu.

- On dit électricité. Il n’y a pas que les piles qui donnent de l’électricité, la télévision ne fonctionne pas avec des piles, il faut la brancher.

Je jetai un coup d’œil dans la salle d’attente.

- Viens.

Je me levai, posai le singe sur le tapis et fit signe à Annie de me suivre. C’était son jour de chance, car les architectes de ce bâtiment avaient pris au mot la volonté de mêler les cultures sorcière et moldue : dans un coin de la pièce trônait un lampadaire tout à fait moldu et tout à fait électrique. Je le débranchai et montrai la prise à la fillette.

- L’électricité arrive dans le fil par la prise, et la prise est reliée à d’autres fils, dans le mur. Ensuite les fils vont jusqu’à la centrale à charbon, qui fabrique l’électricité et l’envoie dans le réseau électrique d’Atlantis. Je rebranchai la lampe pour éviter qu’Annie n’aille explorer la prise avec ses doigts. Il y a toujours de l’électricité dans les fils, il ne faut pas toucher les prises, tu pourrais t’électrocuter.

J’observai un instant son petit visage concentré et en même temps ébloui par cette découverte, puis mon regard retomba sur mon dessin.

- Les robots fonctionnent avec des batteries. C’est comme des grosses piles, qui durent plus longtemps.

Je me laissai à nouveau tomber sur le tapis, fatigué d’avoir tant parlé. Ma tête tournait et je me rappelai soudain que je n’avais rien mangé depuis le début de la journée. Je m’appuyai au mur en attendant que le vertige passe, sans quitter des yeux Annie et ses petites mains curieuses près de la prise.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Mar 10 Oct - 14:37


Keeping your head above water
John & Irvin
Annie hocha les épaules lorsqu’elle entendit enfin l’explication de la présence des implants d’Irvin, visiblement peu impressionnée par leur véritable utilité, disant simplement « oh, d’accord » et reprenant son dessin de forêt de plus belle. Elle ne releva la tête que lorsqu’il mentionna le fait d’avoir des mères, encore une fois intriguée par le plus vieux qui, décidemment, avait une vie bien exotique pour elle.

« -Quoi, t’as deux mamans ? La chance ! Moi j’ai juste mon tonton John, et puis Calin aussi. Il a tout plein de poils et il arrête pas de faire pipi dans mon lit.

Elle commença à gratter le papier extrêmement rapidement et avec de grands gestes, pour colorer l’ensemble des feuilles des arbres d’un vert profond, sur sa feuille qui commençait à avoir des airs de Jackon Pollock. Elle parlait sans réfléchir, et n’avait même pas conscience de là où elle se trouvait, qu’une salle d’attente d’un psychiatre n’était vraiment pas l’endroit adapté pour taper la causette à un étudiant qu’elle venait, en plus, tout juste de rencontrer. Et après tout, il valait mieux la laisser s’exprimer, après tout ce qu’elle avait traversé à un si jeune âge, la laisser apaiser sa curiosité, pour éviter de la frustrer inutilement et créer une anxiété sociale qui n’aurait pas lieu d’être.

Lorsqu’Irvin lui fit signe de la suivre, elle fut un peu perturbée, regardant la porte où je m’étais engouffré, presque pour me demander l’autorisation alors que j’étais absent. Mais après tout, si j’avais confié sa garde à l’étudiant, c’est qu’elle pouvait lui faire confiance, n’est-ce pas ? Elle suivit donc le jeune homme jusqu’à la lampe. Elle avait compris le principe de l’électricité en emménageant avec moi à Londres, avant même d’arriver à Atlantis, car j’avais adopté, depuis la levée du Secret, un mode de vie plutôt mixte : j’avais même songé à passer le permis de conduire moldu, mais j’avais renoncé lorsque j’avais vu le taux d’accidents sur les routes. Cependant, je n’avais jamais expliqué clairement à Annie d’où venait le courant, comment fonctionnait une usine, ce genre de choses. De toute façon, je n’étais pas un expert et de plus, je me voyais mal avoir ce genre de conversation avec une petite fille de 8 ans.

Irvin, lui, semblait plus au courant et expliquait patiemment les tenants et aboutissements du fonctionnement de l’électricité à la petite fille, avec un message plutôt sympathique sur la prévention. Au final, il était assez pédagogue, même sans s’en rendre compte. Annie s’approcha de l’interrupteur et l’activa, illuminant la lampe, avant de l’éteindre.

-Mon tonton avant il utilisait des Lumos quand il y avait pas d’électricité, mais maintenant, il utilise toujours des lampes. Je le vois plus jamais avec sa baguette. Tu crois que c’est pour ça qu’il va chez le docteur ? Il y a quelque chose qui marche plus avec sa magie ? » lui demanda-t-elle, presque sur le ton de la confidence.

J’avais essayé de cacher au maximum mon dégoût de l’utilisation de la magie à ma nièce, mais les enfants captent tout très vite, et visiblement, elle avait compris mon petit manège, sans en comprendre le pourquoi du comment. Elle espérait peut-être qu’Irvin, en sa qualité d’adulte, pourrait l’aiguiller, mais elle n’avait pas prit en compte qu’il ne me connaissait ni d’Eve, ni d’Adam.

Alors que la blondinette ne comprenait en rien le trouble qui traversait Irvin, j’étais assis dans le divan du Dr Foster, à essayer d’éviter au mieux ses questions inquisitrices pour faire passer le plus vite possible mon rendez-vous. Ça ne semblait pas vraiment marcher, au contraire, ma retenue semblant lui indiquer un trouble psychologique encore plus important que mes crises et mes flashbacks de la guerre habituels. Je n’avais qu’une hâte : récupérer mon ordonnance et sortir d’ici. Probablement que le garçon à qui j’avais laissé Annie, avec sa mine de déterré, avait besoin de plus d’aide que moi, de toute façon.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Ven 13 Oct - 18:47

Annie n'insista plus au sujet de mes implants et j'en fus immensément soulagé, satisfait de passer à un autre sujet. Je devrais sûrement en parler en long, en large et en travers avec le psychomage, et ce serait bien suffisant pour une seule journée. Sa réaction devant la description de ma famille m'arracha presque un sourire, et une petite bouffée de gratitude me gagna face à ses mots si sincères, si dénués des absurdités coutumières à ce sujet ; naïfs et en même temps plus raisonnables que ceux de la plupart des adultes. Et de la plupart des gens que je devais supporter à son âge, leurs moqueries et leurs insultes, leur façon de nous regarder ou de nous ignorer. Malgré ça, j’avais été choyé, sans aucun doute, autant par Mom et Mummy que par mon parrain, ma marraine et mes grands-parents. Annie n’avait clairement pas cette chance, malgré toute l’affection et la gentillesse que pouvait déployer son oncle.

A ces pensées, la douleur presque enfouie par l’innocence de la fillette se réveilla dans mon ventre, mordante et glacée. Je remuai, mal à l’aise, me courbant sous l’assaut de pensées à nouveau beaucoup trop sombres. C’était la psychomage vue en urgence pendant mon court séjour à l’hôpital qui avait posé le mot de culpabilité sur le ressenti qui m’obsédait ces derniers mois. Je l’avais d’abord jugée ridicule, puis l’idée avait fait son chemin jusqu’à devenir évidente. Mais j’avais des raisons de me sentir coupable, non ?

- J’ai de la chance, oui… dis-je en triturant mon crayon entre mes doigts.

Trop de chance. Mes mères méritaient mieux qu’un fils suicidaire et handi… Je secouai la tête pour chasser ce dernier mot, sentant les larmes me gagner à nouveau. Milo et Torvi méritaient mieux également, comme ami. Poppy aussi.

- Qui… qui est Cal… ? Ton chat ? Ou ton chien ?


Je gardais la tête baissée, ce qui ne m’aidait pas à comprendre les mots un peu trop rapides d’Annie mais me préservait de son regard. Je n’avais jamais eu de difficulté à regarder les gens dans les yeux avant, pourtant maintenant cela me semblait parfois insurmontable.

L’explication du fonctionnement de l’électricité m’offrit une distraction bienvenue que je saisis sans hésiter. Annie écoutait avec une grande attention et un immense sérieux, engrangeant chaque mot avec soin ; je pouvais presque voir les rouages tourner dans son cerveau, et je revis Matilda, ma plus jeune sœur, assise avec moi sur mon lit, les yeux grand ouverts de curiosité alors que je lui lisais mon premier livre de Poudlard tout juste ramené du Chemin de Traverse. La question sur la magie de son oncle, ou plutôt son absence soudaine, m’intrigua, et je lançai un regard involontaire en direction de la porte du psychomage. La magie était sensible à l’état de la personne, je le savais et l’expérimentais moi-même depuis quelques jours ; je ratais parfois des sorts si ridiculement simples que j’évitais moi aussi de sortir ma baguette trop souvent. C’était une sensation extrêmement désagréable que de sentir ma magie m’abandonner, me lâcher sans prévenir, me rappelant que je n’avais plus le contrôle de grand-chose, même plus de moi-même. Ajouté aux douleurs qui me parcouraient sans cesse, c’était à rendre presque dingue.

- Parfois, la magie peut diminuer un peu, c’est possible… Devenir plus difficile à utiliser. Mais elle reviendra. Elle n’est pas cassée, ne t’inquiète pas.

Je passai une main sur mes yeux, épuisé de parler autant et de me concentrer pour comprendre Annie. Quand je la regardai à nouveau, elle me fixait de ses yeux interrogateurs, un peu inquiets. Je ne voulais pas qu’elle se soucie pour moi, elle n’était pas là pour ça.

- Tu crois que ton singe aimerait avoir un casque de robot ?


Je me relevai au ralenti et revint m’asseoir devant les feuilles abandonnées sur le tapis. J’en saisis une et entrepris de la plier en forme de scaphandre, intimant d’un regard Annie à me rejoindre.

- Tu as vu s’il y a quelque chose à manger à l’accueil ?


Mon ventre grognait douloureusement maintenant, et ma tête tournait toujours plus. Je n’étais plus sûr de la date de mon dernier vrai repas, et le manque commençait à se faire sentir.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Sam 14 Oct - 7:21


Keeping your head above water
John & Irvin
Elle pouvait sentir que l’humeur d’Irvin, qui n’avait jamais été au beau fixe, commençait doucement à sombrer dans le carrément déprimant. Les enfants ont le don pour sentir ces choses là. Annie ne savait pas vraiment quoi faire pour remonter le moral de l’étudiant, mais elle se jura d’essayer, au mieux de ses capacités. Elle se mit à raconter la vie trépidante de Câlin, pendant qu’elle réfléchissait à des moyens de faire sourire le jeune homme.

« -Câlin c’est mon chat, il est tout marron et noir et il a des grands poils, il aime pas trop mon tonton John, et il aime bien dormir dans des boîtes et des fois il me réveille pendant la nuit parce qu’il me lèche les pieds.

Lorsqu’Irvin la rassura sur la magie de son oncle, elle fut d’autant plus déterminée à ce qu’il soit le plus joyeux possible, parce qu’elle pouvait voir qu’il était profondément gentil et qu’il passait une mauvaise passe. Bien sûr, il était impensable qu’une fillette de son âge comprenne le pourquoi du comment, ou même la nature profonde de ce qu’était la dépression, mais elle était suffisamment intelligente pour saisir qu’il était triste, et qu’il avait besoin d’aide.

-Mon singe c’est plus un cowboy qu’un robot. Il habite dans les Etats-Unis avec les chevaux et il a des vaches. Moi, je vais devenir un astronaute quand je serais grande mais j’aurai aussi un ranch aussi comme ça il sera content et moi j’aurai un poney. Mon tonton il dit que je peux pas en avoir parce qu’il serait pas content dans l’appartement.

Son dessin de forêt était à présent terminé : elle avait fini les arbres et avait rajouté des dizaines d’oiseaux de toutes les couleurs perchés sur les branches, avec des becs plus ou moins grands et des yeux globuleux. L’un d’entre eux était au pied d’un arbre, avec des croix à la place des yeux, ce qui était plutôt étrange, mais Annie semblait trouver ça tout à fait normal. Lorsqu’Irvin parla de nourriture, elle se dirigea immédiatement vers son petit sac à dos rose Hello Kitty, sans hésitation, et en sorti une petite boîte à collation.

-J’ai mon goûter si tu veux ! J’ai une pomme, et un beignet à la framboise, et des chocogrenouilles. Vas-y mange !

Elle lui fourra la boîte sous le nez, le forçant presque à prendre sa nourriture. Elle était volontiers partageuse, et c’était une petite fierté de ma part, car je savais bien qu’elle n’avait pas appris ça chez ses Mangemorts de parents, qui passaient leur temps à cracher sur les moldus et à penser que la richesse était une chose acquise. Si elle avait parfois du mal à concevoir que j’étais bien moins aisé que mon frère et ma belle-sœur, et que notre petit appartement à Atlantis était bien moins luxueux que le manoir familial au Pays de Galle, elle voulait toujours venir en aide son prochain et avait vraiment le cœur sur la main.

Mais ce don d’aliments n’était pas suffisant pour Annie. Elle voulait faire plus pour aider son nouvel ami Irvin, pour effacer sa tristesse du mieux qu’elle pouvait. Elle s’assit en tailleur à côté de lui, pendant qu’il pliait une feuille de papier sans la regarder, et, sans qu’il ait le temps de réagir, entoura son corps de ses petits bras, dans un câlin maladroit. Sa tête n’arrivait même pas à son épaule, bien qu’ils soient tous les deux assis, minuscule à côté de l’adulte.

-Tu sais, ça va aller. C’est pas grave d’être triste. Mon tonton il dit que le plus important, c’est de se rappeler qu’à un moment, on retrouve le sourire. »

Et c’est ce qu’elle fit. Elle lui sourit, avec toute l’innocence que l’enfance pouvait lui apporter.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Dim 15 Oct - 11:24

Les paroles d’Annie flottaient dans l’air de la salle, presque au-delà de ma conscience submergée par le poids du regret menaçant de m’engloutir. Je luttai de toutes mes forces pour ne pas m’effondrer devant la fillette, sûrement déjà bien assez marquée par une histoire familiale que je devinais compliquée, respirai un grand coup et déglutit pour ravaler les larmes qui montaient, inexorablement.

- Mon chien fait ça aussi, parfois, pour me réveiller le matin. Enfin pas les pieds, il ne lèche pas les pieds, le…
concentre-toi... le nez plutôt. Tu dois être contente de l’avoir. Ton… ton chat.

Malgré les tentatives de cacher mon trouble, je savais qu’il n’était pas passé inaperçu aux yeux d’Annie, son flot de paroles accéléré le trahissait et je me sentis encore plus coupable. Alors je m’assis sur le tapis avec la ferme intention de la distraire et de la surveiller, comme me l’avait demandé son oncle, et de laisser de côté mes pensées. Je me redressai un peu, soufflai profondément, relevai la tête et reportai mon attention sur elle et ses explications.

- Astronaute est un métier très intéressant, c’est bien d’avoir de l’ambition. Tu seras peut-être la première Sorcière à aller dans l’espace ! Je suis sûr que ton singe aimerait venir, même s’il préfère être un cowboy.


Je pris une feuille et la tins à hauteur de sa tête, jaugeant rapidement. Mes mains tremblaient, comme ma voix, je resserrai ma prise sur la feuille puis la reposai à terre pour réfléchir.

- On peut faire un casque d’astronaute alors, c’est un scaphandre, c’est… - je secouai la tête pour me concentrer - rond, avec une espèce de grande visière.

Je saisis quatre feuilles, une pour chaque côté du scaphandre qui, faute de mieux, serait plutôt rectangulaire, puis je fouillai mes poches à la recherche de ma baguette. Je perdis une bonne minute à la sortir de ma poche de mon jean, sous l’œil un peu inquiet d’Annie ; je lui souris vaguement pour la rassurer et entrepris de rendre les feuilles dures comme du carton à l’aide d’un sort de transfert. Je lançai le sort… mais rien ne se passa. Une deuxième tentative, puis une troisième, échouées comme la première, et puis ma main se mit à trembler avec trop de force pour m’autoriser à poursuivre. Pathétique.

Je demandai alors à Annie si elle avait repéré à manger, autant pour calmer ma faim que pour détourner son attention de mon échec cuisant. Elle bondit aussitôt sur ses pieds et revint en brandissant sous mon nez une petite boîte à goûter pour enfants.

- Non, non, merci, c’est gentil mais garde-ça pour toi.


Je tentai de la repousser mais elle agita la boîte de plus belle, et j’eus peur de la blesser en refusant. Et puis, j’avais vraiment faim…

- Juste une chocogrenouille alors, merci beaucoup.

Je pris la friandise et la posai sur mes genoux, l’observant sans plus savoir comment l’ouvrir pendant une seconde. Concentre-toi. Je saisissais à nouveau une feuille de papier lorsque je sentis des petits bras se refermer autour de ma taille.

- Tu sais, ça va aller. C’est pas grave d’être triste. Mon tonton il dit que le plus important, c’est de se rappeler qu’à un moment, on retrouve le sourire.

Elle me lança un sourire si franc et compatissant, si sincère, que je me sentis céder ; et les larmes jaillirent, sans que je puisse les arrêter. J’enfouis mon visage dans mes mains, tentant de me calmer, de stopper le flot. Je pleurai en silence pendant quelques minutes, oubliant presque que j’étais dans une salle d’attente publique et que l’oncle d’Annie serait certainement furieux de nous voir ainsi. Et puis les larmes se tarirent, je me sentis un peu mieux, étrangement mieux, vidé mais plus léger. Je respirai profondément pour calmer les battements affolés de mon cœur, et passai un bras autour d’Annie pour lui tapoter l’épaule.

- Tu as raison, ton oncle a raison, ça va aller.

Je frottai mon visage avec ma manche pour ôter les traces de pleurs et me dégageai doucement de l’étreinte d’Annie pour lui faire face.

- Merci, et je lui souris, doucement mais plus vaillamment qu’auparavant.

J’attrapai la chocogrenouille abandonnée sur mes genoux et l’ouvrit. Une fois ses deux bons réglementaires effectués, je la saisis et la coupai en deux.

- Tu veux la carte ? proposai-je à Annie en lui tendant une moitié. Je la privai déjà d’une partie de son goûter, je n’allais pas en plus le dévorer seul sous ses yeux.

Je reportai mon attention sur les feuilles du scaphandre. Grignotai une patte de chocogrenouille. Puis je repris ma baguette d’un geste plus assuré ; et je réussit, enfin, à cartonner les feuilles, l’une après l’autre.

- Voilà, comme ça le casque sera solide. Tu veux colorier la visière ?

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Dim 15 Oct - 16:33


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John & Irvin
A l’intérieur du cabinet du psychomage, je n’avais aucun doute de ce qu’il pouvait se passer dans la salle d’attente, et probablement que mes sentiments auraient été mitigés, si c’était le cas. Si j’étais à même de comprendre la détresse psychologique (après tout, je ne serais pas assis sur un divan à parler à un docteur, si ce n’était pas le cas), mais j’avais toujours essayé de la cacher à Annie. Elle méritait d’être préservée, surtout après tout ce qu’elle avait vécu à son jeune âge. Ce que je n’avais pas encore compris, à propos de ma nièce, c’était qu’elle était bien plus intelligente que ce qu’elle pouvait paraître. Bien sûr, j’avais conscience qu’elle avait parfois un discours bien sérieux pour son âge, et des passions qui pouvaient dénoter, mais elle pouvait surtout démontrer une maturité émotionnelle exceptionnelle. Elle avait le cœur sur la main, et je me demandais comment elle avait pu grandir aussi vite et aussi bien, dans la maison de fou dans laquelle elle avait vécu. Je me doutais que mon frère n’avait pas pour habitude de torturer des moldus sur la table de leur salon, mais elle n’avait probablement pas eu une éducation comme les autres. Et pourtant. Malgré tout, elle voulait aider, faire de son mieux.

Et les pleurs d’Irvin ne semblaient pas lui faire peur. Au contraire, elle resserra son emprise sur le corps bien trop grand pour elle de l’étudiant, ses cheveux blonds cascadant le long de son dos et gardant toujours le sourire. C’était un petit rayon de soleil dans la pluie de larmes. Si j’avais été présent, j’aurai été quelque peu circonspect quant à l’attitude de l’adulte, mais j’aurai été fier de celle de ma nièce.

Lorsqu’il se calma, elle ne le relâcha pas tout de suite, pas avant d’être sûre qu’il n’allait pas replonger. Puis elle saisit sa pomme et la croqua à pleine dents, sans parler de ce qu’il venait de se passer, continuant simplement de sourire pour montrer son soutien. Lorsqu’il parla de la carte de sorciers célèbres, cependant, son regard s’éclaira.

« -Oui ! Mon tonton m’a donné son ancienne collection de quand il était à Poudlard. J’en ai plein. Elle saisit la carte et regarda avec attention le nom et la photographie : il s’agissait de celle de Kingsley Shackelbolt, le ministre de la magie, et mon plus ancien ami. Oh c’est monsieur Kingsley ! Je ne l’avais pas encore, je pourrais lui montrer la prochaine fois qu’il viendra voir tonton.

Elle mit précautionneusement la carte dans sa poche, avant de prendre une autre bouchée de sa pomme, et de pousser le beignet vers Irvin, le pressant d’un mouvement de la tête de le manger. Elle regarda ensuite la création de l'étudiant avec attention, réfléchissant à la meilleure teinte pour le scaphandre. Alors qu’elle tendit la main, elle fut interrompue par la porte du cabinet du psychiatre qui s’ouvrit. Je sortis d’un air grincheux, comme toujours lorsque je devais discuter de moi pendant une longue période de temps, et en particulier de mes problèmes. Le docteur resta à l’intérieur, histoire de classer quelques dossiers avant son prochain rendez-vous.

J’avisai Annie, tranquillement installée à côté d’Irvin, qui portait encore sur son visage les traces de ses larmes, et levai un sourcil interrogateur. Je fus heureusement rassuré par le sourire de ma nièce, qui se leva immédiatement et se jeta sur moi.

-Tonton John ! Irvin il est très gentil, on pourra l’inviter à jouer à la maison ?

Je lui ébouriffai les cheveux, me sentant tout de suite plus rassuré de son entrain et sa bonne humeur. Si j’avais assurément passé un mauvais moment (le Dr Foster n’arrêtant pas d’essayer de me persuader que le meurtre de mon frère n’en était pas un), ce n’était pas son cas, et c’était le plus important.

-On verra Annie, je suis sûr qu’il doit être occupé. »

Et puis, au final, je ne savais rien du garçon. Je ressentais des bonnes ondes venant de lui, et, après une carrière de plus de 20 ans chez les Aurors, je me targuais de savoir bien lire les gens : cependant, l’erreur était humaine, et je ne ferai jamais rien qui mettrait en danger Annie, même sans être totalement sûr qu'elle le soit.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   Mer 25 Oct - 14:37

En temps normal, j’aurais évité, comme la plupart des gens, de pleurer ainsi en public. Encore plus devant la porte d’un psychomage qui m’attendait pour un premier rendez-vous ; les yeux rouges et le nez coulant constitueraient une magnifique entrée en matière pour notre première discussion. Mais pleurer me soulageait ; et quand les larmes se tarirent, une sorte de vide avait remplacé le poids qui pesait sur tout mon corps. Enfin, pas remplacé, non ; mis de côté, pour un temps. Je ne me sentais pas vraiment mieux, mais au moins j’avais moins mal. Assez pour me permettre d’envisager un peu mieux la suite des évènements, maintenant que la pression qui tordait mes entrailles avait diminué.

Et Annie n’était pas étrangère à ce sentiment. Sa petite bouille souriante ne trembla pas, ne cilla pas, et elle continua de m’observer avec tout le soutien qu’elle pouvait dispenser. J’étais surpris d’une telle attitude, d’une telle maturité. Je lui souris à mon tour, autant pour la remercier que pour lui signifier le retour au calme.

Je m’attaquai enfin à la chocogrenouille gentiment offerte et lui tendis la carte.

- Toute une collection, wow, impressionnant.
Je levai un sourcil, surpris. Tu connais ce monsieur ? C’est un homme politique très important.

Je lançai un regard à la carte et souris à nouveau.

- Toi aussi tu auras une carte, quand tu seras astronaute.


Je repoussai doucement la boîte à goûter vers elle.

- C’est gentil mais garde-le pour toi, tu en as plus besoin que moi. La chocogrenouille me suffit
, ajoutai-je en gobant ce qu’il en restait.

Puis je me penchai avec elle sur cette sombre histoire de teinte de casque. Pendant qu’elle réfléchissait, je soudai les arrêtes des cinq feuilles du casque pour lui donner sa forme, puis lançai un nouveau sort destiné à le rendre brillant comme le modèle.

La porte s’ouvrit soudain, laissant sortir l’oncle d’Annie, et je me redressai un peu, machinalement, pour tenter de minimiser l’apparence de tristesse et de laisser-aller que je devais renvoyer. Il m’avait confié Annie et je ne voulais montrer que j’en étais capable ; au moins, j’aurais fait une chose utile dans ma journée. Heureusement, l’enthousiasme de sa nièce eut tôt fait de le rassurer. Je souris en coin à la demande de la petite, si naïve d’inviter un adulte inconnu chez elle comme un simple copain de classe. Mais j’étais touché, même si, au vu de son caractère, elle devenait probablement amie avec la plupart des gens qu’elle croisait.

- Je suis assez occupé, oui. Mais je suis sûr qu’on se reverra. Et de toute façon, je te verrai à la télévision quand tu seras devenue astronaute.


Je pris le casque dans mes mains et y apposai la touche finale : de la couleur noire sur la visière puis un dernier sort pour la rendre transparente. Et je le posai sur la tête d’Annie, pas peu fier de ma création.

- Explorer de nouveaux mondes, découvrir de nouvelles vies, et aller courageusement là où aucun humain n’est allé auparavant !


Il valait mieux que je me taise avant que son oncle ne fuie en courant, mais la citation m’avait échappé. Et si Annie voulait vraiment devenir astronaute, il était absolument indispensable qu’elle connaisse Star Trek. Primordial même. Je me tournai vers son oncle.

- Bonne journée à vous.


Je souris une dernière fois à Annie et les suivit du regard tandis qu’ils s’éloignaient puis quittaient l’étage. Et lentement, je me tournai vers le bureau du psychomage ; debout dans l’encadrement de la porte, il m’observait, évidemment. Je pris une grande inspiration. Et j’avançai vers lui, mon ventre se resserrant brutalement à la pensée de la discussion à suivre. Il me tendit une main que je serrai mollement et m’invita à entrer. Je repensai à mon suivi précédent, interrompu par l’excuse de mon déménagement à Atlantis. Je m’assis et attendit qu’il engage l’échange, pas certain de ce que je voulais lui raconter, et encore moins de ce que je voulais lui cacher.

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MessageSujet: Re: Keeping your head above water - John & Irvin   

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