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 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »

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Léandre RosierLéandre Rosier
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MessageSujet: Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »   Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » EmptyDim 17 Sep - 13:47

High born22 mars 1971
Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 9c1116ec38de287009299f4544fa2985

« Et il était le dauphin. L'héritier. Celui qui succéderait à ce grand-père aliéné
et à ce père enthousiasmé. Il serait Roi : mais ne l'était-il pas déjà, entouré de la sorte ?
Ne l'était-il pas plus que son géniteur, lui qui promettait l'avenir ?
Lui qui laverait l'honneur des siens par le sang ?
Peut-être serait-il Empereur, alors.
Au moins, était-il déjà Léandre. »



SlytherinSeptembre 1982 à Juin 1989
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Création de Alishenciya

« L'orgueil ! A mes yeux c'était un attribut mixte, moitié vertu, moitié vice.
Une vertu en ce qu'il maintient un homme au dessus de la fange, un vice
en ce qu'il lui rend le relèvement difficile quand il est une fois déchu. »
Conan Doyle


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« Le prince rentrait en la demeure de ceux qui s'étaient échinés
à souiller la vindicte guerrière et divine de ses aïeux révérés.
Il foulait le sol de Salazar d'une satisfaction cruelle ;
lui qui réfutait les discours houleux de Gaspard et d'Evan,
lui qui incluait les nés-moldus à sa cour et son pouvoir
comme on s'offrait les services d'un pieux vassal. »



Auror DivisionSeptembre 1989 à Juin 1992
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« Et il avait été repéré si tôt, l'infant Rosier. Dès ses premiers mots.
Dès ses premiers souvenirs. Lui qui se remémorait tout à jamais.
Lui qui était incapable d'oublier un détail, tant son esprit était prometteur.
Il avait été appréhendé si tôt, Léandre. Par son père. Par ses précepteurs.
Par les collègues de son géniteur. Comme si la suite était évidente.
Il avait été formé si durement, Léandre. Dans les larmes, le sang, la sueur.
Il avait été confronté si violemment au terrain, l'étudiant. Les doigts écorchés.
Avant de devenir cet Auror terrible et dévoué aux sorciers.»


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Heroism2 mai 1998
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« Le combat éprouva l'Auror. L'escarmouche déprécia le sorcier.
Et pourtant, Léandre persista contre les sortilèges sifflants et sifflés.
Et pourtant, Rosier fils continua ses attaques et ses défenses.
Jusqu'à être nommé héros. Jusqu'à être projeté ; fracassé contre mur.
Archange triomphant et blessé à la fois,
Saint des saints abandonné-là dans son propre carmin. »



« Il survécu néanmoins à la Bataille de Poudlard, le corps marqué d'escarres éternelles. »


ProphecyDécembre 1999 à aujourd'hui
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« La Pythie familiale avait énoncé les maux de sa vision.
La bouche pleine d'une prophétie terrifiante et implacable.
Léandre doit perpétuer le lignage, le sang de ses aïeux.
Sinon, ce sera la fin des Rosier.
Sinon, ce sera la mort du clan. »



« Mais Cassandre oublia le dernier détail de cet avertissement ;
et tous ignorèrent l'ultime mise en garde proférée par les cieux.
Car : la survie des siens coûterait ses ailes au nouveau Lucifer. »


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Statut reconnu par le célébrissime “Registre des Sang-Pur” publié en 1930 par Teignous Nott : Sang-Pur. Famille faisant partie intégrante des Vingt-huit sacrés de Grande-Bretagne. Les Rosier ont toutefois des ancêtres moldus. Mais ils étouffent ce fait sous un amas de mensonges et de diligence déployée comme une protection. Leur sang étant reconnu comme rutilant (et précieux) par ce registre, au même niveau que les lignées Malfoy, Lestrange, Carrow, les descendants Rosier sont des membres légitimes de l’aristocratie sorcière.


Quels liens avec les autres familles de l'aristocratie sorcière ?
Druella Rosier (1934-1955) est une sœur de Gaspard Rosier (1926-1981). Elle a épousé Cygnus Black III (1938-1992), dont elle a eu trois enfants: Bellatrix (1951-1998), Andromeda (1953) et Narcissa (1955). Les Rosier sont donc liés, par cette branche:
- aux Malfoy (Sang-Pur) par Narcissa
- aux Lestrange (Sang-Pur) par Bellatrix
- aux Black (Sang-Pur) par Druella, Bellatrix, Andromeda et Narcissa
- et aux Tonks (Moldus) par Andromeda

Gaspard Rosier (1926-1981)  a épousé Sibylle Prendergast (1926). Par ce biais, les Rosier sont liés:
- aux Prendergast (Sang-Pur) par Sibylle, Evan, Camille, Abigail et Aliénor

Camille Rosier (1952) a épousé Iris Nott (1950). Par ce biais, les Rosier sont liés:
- aux Nott (Sang-Pur) par Iris, Léandre, Honoria, Ombeline

Abigail Rosier (1954) a épousé Erik Kvelgen. Par ce biais, les Rosier sont liés:
- aux Kvelgen (Sang-Pur) par Abigail, Siobhan, Ella

Léandre Rosier (1971) a épousé Adrasteia Raventhrone. Par ce biais, les Rosier sont liés :
- aux Raventhrone (Sang-Pur) par Adrasteia et Calypso


L’histoire, en de grandes lignes, de la famille Rosier :
Avant 1550 : les Rosier sont des sorciers Sang-Pur depuis trois siècles environ. Ils proviennent de deux très vieux lignages franc et latin (avant l’an mil), mêlant aisément sorciers et moldus. Ils se mêlent facilement aux Sang-Pur originaires de la péninsule Italienne, d’Espagne, de Navarre et de France. Certaines rumeurs, infondées, laissent entendre que le nom Rosier provient de la légende du Saint Graal et de l’Ordre des Templiers. Les Rosier auraient été des protecteurs de ladite relique en des époques obscures et antérieures. Seulement, aujourd’hui, rien ne permet de l’affirmer ni de s’en convaincre … Ce ne sont que des rumeurs, des murmures ayant traversé le temps par la volonté de s’enrouler dans quelques gloires incertaines. Rien ne peut être confirmé.
Après 1550 : les Rosier se sont intéressés à la politique franco-italienne moldue, dans l’espoir de s’octroyer des richesses et des titres. Ils en ont effectivement récupérés : mais le plus important est leur attache progressive à la chrétienté.    
1552. Lavinia Giulia Della Rovere (1535-1570) : La dernière née de François Marie Ier Della Rovere (1490-1538), un puissant moldu italien, épouse le patriarche de l’époque Gertrand Rosier (1526-1608). Elle n’est pas indiquée sur l’arbre généalogique de sa famille, en raison de son statut de sorcière. Elle est, d’ailleurs, de sang-mêlée par le biais de sa mère (Éléonore de Mantoue - appartenant à une lignée Sang-Pur de la Lombardie).
1554. Lavinia Della Rovere (1535-1570), aussi douée en magie que entreprenante dans sa nouvelle famille, diffuse petit à petit la chrétienté parmi les siens.
1570. Lavinia Della Rovere (1535-1570) décède lors de la naissance de son septième enfant. Toute son existence, elle a profité de son influence et de sa douceur pour que les Rosier s’attachent à la religion chrétienne. C’est chose faite, après sa mort.
1571. Les Rosier s’intéressent réellement à la papauté et à son influence, essayant de la soutenir ça et là par quelques interventions mesurées.
1608. Gertrand Rosier (1526-1608) décède. Son fils aîné, Louis Rosier (1553-1627), lui succède et se décide à glisser sous silence les origines de sa mère.
1624. François Marie II Della Rovere (1549-1631), le neveu moldu de Lavinia Della Rovere (1535-1570), légua en secret une part de sa fortune au lignage sorcier Rosier faute de descendance mâle de son côté. Le reste fut donné par testament aux États Pontificaux.
1678. Une dénommée Lisbeth (1662-1725) rencontre l’héritier Honoré Rosier (1663-1733) à proximité d’un couvent tenu en secret par des sorcières dans la région de Blois. Son charme impérieux - et presque royal - fait tomber le jeune homme amoureux. L’année suivante, il enlève l’adolescente pour la mener à ses aînés.
1680. A force de recherches, de questions et d’expérimentations indélicates, les Rosier découvrent que Lisbeth n’est pas une simple née-moldue roturière. Enlevée à sa mère dès sa naissance par quelques sordides intrigues et remplacée par une infante gravement malade, elle est en réalité Anne-Elisabeth de France (1662-1725). Déclarée morte par ses aînés. La troisième fille de Louis XIV (1638-1715) et de Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683). Cette découverte change complètement la donne et permet son mariage avec Honoré Rosier (1663-1733). Son statut de sang sera dûment dissimulé par le biais de stratagèmes sournois et de mains grassement payées. Quant à ses liens avec la royauté française, ils permettent aux Rosier de s’octroyer une place de choix dans l’aristocratie sorcière et moldue du Lys Blanc. Moins regardante sur la pureté du sang que sur le pouvoir qui en découle.
Mai et juin 1789. Départ de la lignée Rosier pour l’Angleterre, afin d’échapper aux massacres et à l’épuration des hautes sphères françaises pendant la révolution.
1798. Installation dans le manoir de la Roseraie après la fin de sa construction, au Nord de Nottingham (Angleterre). La bâtisse est située dans un espace isolé, avec un immense parc forestier. Elle est constituée de plusieurs résidences distinctes.
1930. Publication du “Registre des familles Sang-Pur” de Grande-Bretagne. Les Rosier sont dedans.
Été 1945. Mariage entre Gaspard Rosier et Sibylle Prendergast.
Février 1970. Mariage entre Camille Rosier et Iris Nott.
1972. Mariage entre Abigail Rosier et Erik Kvelgen.
1975. Gaspard Rosier est arrêté par les Aurors et emprisonné à Azkaban.
Printemps 1980. Evan Rosier est tué par Alastor Maugrey. Il était un mangemort.
15 août 1981. Gaspard Rosier décède à Azkaban, seul et abandonné de tous, dans sa cellule. Seule sa femme, Sibylle Rosier, venait encore lui rendre visite. Il était un mangemort.
18 août 1981. Camille Rosier devient le nouveau patriarche de la famille Rosier.
25 décembre 2000. Mariage entre Léandre Rosier et Adrasteia Raventhrone.


Les Rosier sont chrétiens :
Suite à l’intervention très poussée et énergique de Lavinia Giulia Rosier, née Della Rovere, les Rosier se sont intéressés à la religion chrétienne. Ils s’en sont rapprochés. L’idée d’un dieu unique, aussi aimant que autoritaire et déterminé, leur a beaucoup tapé dans l’oeil. Surtout pour s’en faire une manne financière, à l’époque. Un levier de pouvoir.Depuis, la perception qu’ils en ont s’est très “magifiée” (ce terme n’existe pas, mais il souligne une idée très importante). Ils perçoivent, aujourd’hui, ce dieu unique comme un créateur absolu de tout ce qui existe - dont la magie. Si les sorciers sont dotés de magie, c’est pour une raison précise. Un destin. Dieu ne ferait pas ça sans une bonne raison. Au cours du 18ième siècle est apparue l’idée suivante et elle s’est confirmée pendant le 19ième et le 20ième : les “bons” sorciers ont été dotés de magie pour combattre les forces du mal. Les suppôts de Satan. Grindelwald en était un. Lord Voldemort aussi.

Gaspard Rosier (dit Rosier Senior) et Evan Rosier se sont partiellement égarés, de fait.
Sibylle Rosier, née Prendergast, aussi. Seulement, elle n’a jamais porté la marque. Même si une chose toute aussi importante doit être considérée : les Rosier aiment le pouvoir. Ils le désirent. Le souhaitent. Le rêvent. Pour Gaspard et Evan, servir Lord Voldemort était un moyen d’acquérir ce pouvoir et d’en faire profiter leur lignage.


Les Rosier face à la déchéance de Gaspard et Evan Rosier :
Gaspard Rosier et son fils aîné, Evan Rosier, se sont ralliés à Lord Voldemort dans l’espoir d’en obtenir un pouvoir incommensurable. Ils étaient Pro Sang-Pur. Cela dit, Gaspard Rosier était aussi particulièrement sensible à l’argument de la richesse : c’est pourquoi il a accepté de marier sa première fille, Abigail Rosier, au réformiste Sang-Pur Kvelgen. Evan Rosier, lui, était avide de faire ses preuves et d’établir un nouveau modèle de règne. En outre, il était un coureur de jupon avéré et n’a jamais reconnu les femmes comme ses égales. Elles étaient, pour lui, uniquement des reproductrices. Autant dire qu’il s’entendait très mal avec ses deux jeunes sœurs Abigail et Aliénor.
Sibylle Rosier, elle, s’est comportée de la même manière que Narcissa Malfoy. Elle soutenait son mari et les idéaux Pro Sang-Pur de Lord Voldemort, sans pour autant porter la marque.
Camille, Abigail et Aliénor sont venus au monde dans ce milieu, avec des parents s’étant détournés du chemin de leurs ancêtres. Très tôt, ils se sont accrochés aux valeurs de leurs grand-parents plutôt que celles présentées par leurs géniteurs. La première révolte contre cet enseignement galvaudé a été celle de Camille : tous pensaient qu’il finirait à Serpentard grâce à sa détermination et l’influence de ses aînés. Or, il a supplié le Choixpeau de le tourner vers Poufsouffle - et c’est ce qui a été fait. Par la suite, ses sœurs ont emprunté des chemins similaires. Tous trois, ils se sont attachés à redorer le blason de leur lignage et à faire patte blanche auprès du Ministère de la Magie. Camille Rosier a notamment travaillé auprès des Aurors. Lors de l’emprisonnement de Gaspard Rosier en 1975, ils n’ont pas cillé.
Face à cette résistance inébranlable et à la perte de ses deux amours, Sibylle Rosier a décidé de garder le silence et de laisser ses idéaux s’effriter. Se dissimulant loin des regards. Sa façon de percevoir le monde reste - et restera - profondément Pro Sang-Pur, mais elle ne se mêlera plus aux dissidences de son temps. Pourtant, lors du retour de Lord Voldemort (1995) , elle a tenté de se rallier à lui dans un dernier effort. Malheureusement, elle a été confinée chez elle et privée de sa baguette par ses trois enfants avant d’avoir eu le temps de se manifester.


Le blason de la lignée :
Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » Embleme
(Création d'Ariane)
Le blason de la famille Rosier ressemble à une rosace colorée de rouge et de blanc, telle qu’on en voit souvent dans les églises aux vitraux resplendissants. En son centre, la rose s’est ouverte en trois branches pour rappeler les trois principes du lignage : Honneur, Pouvoir et Foi. Ce sont les trois piliers originaux.

Chaque membre de la famille la porte en chevalière d’or (si homme) ou d’argent (si femme). Il est également possible de la détenir en pendentif - seulement, les Rosier préfèrent généralement orner leurs poitrines d’une croix en l’honneur de Dieu et de son fils, Jésus-Christ.


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 918834Chronologiedeleandre
22 mars 1971 - Naissance de Léandre.
12 mars 1978 - Naissance d'Honoria.
2 février 1982 - Naissance d'Ombeline.
1 septembre 1982 - Entrée à Poudlard. Répartition chez Serpentard.
22 septembre 1984 - Léandre intègre l'équipe de Quidditch de Serpentard. Il devient batteur.
30 juin 1989 - Dernier jour à Poudlard. Fin des études.
1 septembre 1989 - Intègre le corps des futurs Aurors.
30 juin 1992 - Dernier jour de sa formation d'Auror. Il est reçu avec les félicitations.
2 mai 1998 - Il participe à la bataille de Poudlard aux côtés de la résistance. Il est grièvement blessé.
6 octobre 1998 - Il sort enfin de Sainte-Mangouste. Après des mois à récupérer.
18 janvier 1999 - Léandre arrive à Atlantis, pour y occuper la fonction d'Auror.
25 décembre 1999 - Honoria lui révèle une sombre prophétie à propos de l'avenir des Rosier.
25 février 2000 - 'Retrouvailles' avec Adrasteia Raventhrone.
30 mai 2000 - Adrasteia lui tombe (littéralement) dans les bras.
16 juillet 2000 - Présentation d'Adrasteia aux Rosier et annonce de sa grossesse aux proches de la famille.
20 septembre 2000 - Meurtre des moldus par Adrasteia et Derek.
11 octobre 2000 - Annonce des fiançailles avec Adrasteia Raventhrone.
13 décembre 2000 - Première rencontre avec le prêtre pour les cours pré-nuptiaux.
25 décembre 2000 - Célébration de son mariage avec Adrasteia Raventhrone.
2 mars 2001 - Naissance de Calypso Rosier.
20 mars 2001 - Léandre démissionne de sa fonction d'Auror.
14 mai 2001 - Voyage de trois jours en France, en compagnie de Rowan Westminbrook.




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- Une baguette en bois de prunellier, crin de licorne. 30,5 centimètres. Légèrement souple.
- Une chevalière d'or au blason de la lignée Rosier.
- Une montre à gousset finement ouvragée et ornementée.
- Une cape d'invisibilité de facture indienne, qu'il garde précieusement cachée.
- Une pensine partagée avec Adrasteia.
- Des entraves en météore inconnu.
Spoiler:
 
- Une fiole de Sucre d'Orge régressif.
Spoiler:
 


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10 mai 1988 : (RP FLASHBACK) A tous les postérieurs que j’ai aimé… Avant !

3 janvier 2000 : A light that never comes
A light that never comes - PART 2

10 janvier 2000 : Urgence mystérieuse

13 janvier 2000 : À la recherche du Nott perdu

Fin janvier 2000 : Who wants to party ?

14 février 2000 : Au cœur de la meute

22 février 2000 : Nos méandres oubliés

25 février 2000 : Table Ronde sur le métier d'Auror

2 mars 2000 : We won't let you get us down

Printemps 2000 : Un lendemain de veille des plus explosif !
Une intervention périlleuse dans les profondeurs
La semaine de l'orientation - stand justice magique & divination

2 mai 2000 : Pour une histoire de cape et deux robes

30 mai 2000 : Conspirations

16 juin 2000 : [Manoir des Rosier] Retourner chez soi

29-30 juin 2000 : Nos affres

15 juillet 2000 : Petites concomitances

20 septembre 2000 : For the sinners to play as saints

Automne 2000 : Une rencontre inattendue
Show me how deep is your love
Chapiteau des arts divinatoires
[Intrigue #2] Show must go on

11 octobre 2000 : Be Prepared

22 octobre 2000 : [EVENT] Sous l'emprise des sorciers

25 décembre 2000 : Say amen


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Présentation
16 juillet 2000, à la Roseraie en Angleterre

Et tout le monde se trouvait dans l'attente, n'est-ce pas ? C'est ce qu'il se disait, du moins, lorsqu'il entra enfin dans la pièce qui s'apparentait le mieux à un salon. Probablement qu'il y aurait une autre manière d’aborder la chose, mais Léandre craignait de ne pas avoir ce luxe. Surtout pas depuis le séjour à Tchernobyl d'Adrasteia. « Bon. Merci à tous d'avoir fait le déplacement. Je sais que ... Il faut vraiment que l'on discute tous ensemble, ce n'est pas simple à annoncer. Même si certains d'entre vous ont déjà quelques informations en leur connaissance. Laissez-moi, du coup ... Vous présenter Adrasteia Raventhrone. » Son bras se tendit sur le côté, en direction des siens, pour laisser le loisir à la bien nommée de s'y présenter.

Dos à la porte, bras croisé sous sa poitrine, Ariane restait éperdument plantée devant l'une des grandes fenêtres du salon, le regard perdu sur le paysage qui s'offrait à elle. Malgré tout, elle restait attentive aux murmures dans son dos, ceux des discussions et des messes basses en attendant l'héritier des Rosier. Attentive au crépitement du feu. Elle était intriguée par cette réunion qu'elle trouvait tout à fait mystérieuse. Quand Léandre entra enfin, elle se retourna lentement, sans pour autant quitter son recoin d'ombre, observant avec une certaine neutralité son frère et celle qui l'accompagnait... Une étincelle d'intérêt illumina cependant son regard clair, mais c'est bien la seule chaleur que présentait sa silhouette...

La druidesse ne pouvait s'empêcher d'arborer l'ébauche d'un sourire qui semblait ostentatoire présenté à côté de ceux qui partageaient son silence, tous dans l'attente de la révélation du Lion. La main posée sous celle de sa mère assise à côté d'elle sur l'élégant sofa, elle tentait d'apporter autant de réconfort qu'elle le pouvait à Adrasteia de par ses regards emplis de sérénité et de douceur, dissociée de la majorité des membres du clan, en particulier d'Ariane. Elle savait pourquoi son frère les avait réunis, et il lui paraissait limpide que la slave avait en ce moment besoin d'un soutien solide de quelqu'un "d'extérieur" ; d'une voix en sa faveur parmi toute ces voix qui, se disait-elle, pouvaient être des plus effrayante pour l'ingénue, qui ne l'était plus  tant, et réprobatrice. Abigail, elle, était aussi placide qu'il était possible de l'être, caressant distraitement la main de sa fille en écoutant les paroles de son neveu avec un intérêt certain. Elle ne savait pas grand chose au sujet d'Adrasteia, seulement ce que Siobhan  avait pu lui raconter, aussi n'avait-elle pas d'aprioris sur la russe, uniquement de la curiosité. Si elle avait tapé dans l’œil de Léandre c'était bien pour une raison, non ?

Elle était nerveuse, la Slave aux frasques légendaires. Elle qui d’ordinaire, ne se laissait pas impressionner devant les titres de la noblesse d’une aristocratie qu’elle méprisait autant qu’elle ne jurait par sa suprématie, peinait à maintenir un souffle stable et régulier. Elle angoissait, pour lui, parce qu’il était évident que la bénédiction de ses pairs était si précieuse. Elle s’inquiétait, pour eux, parce qu’il était irréfutable que leur avenir subirait directement les conséquences découlant de l’assemblée. Elle se désespérait à prier les cieux, pour qu’on leur accorde une chance, qu’on ne les juge pas trop durement d’avoir dépassé les bonnes convenances. Et il était pénible, en fait, de supporter le poids de ces craintes, elle qui avait appris à se délester des opinions avec désinvolture, n’avait pas mesuré que de s’abandonner à l’Auror comportait d’en partager les maux. Et elle avait si peur, de se voir une nouvelle fois couronné d’insuffisance de par l’hégémonie du lien du sang. Et elle avait si mal, d’anticiper la déception sur le visage du Rosier lorsque la chair de son nom aurait proclamé jugement. Mais la Slave restait droite, le visage sans doute un brin crispé sous ce qu’elle espérait exprimer la fierté. Parce que si la peur dominait la moindre de ses songes, elle se tenait prête. Prête à le défendre, prête à revendiquer ce bonheur qu’ils avaient droit, prête à se plier s’ils se faisaient cléments. Elle jeta un bref regard en direction de Léandre qui l’avait introduit, ses muscles fléchissant l’espace d’une seconde… Avant de trouver le courage de s’avancer d’un pas, au creux d’une douceur que Siobhan lui dirigeait. Elle hocha doucement la tête, s’inclinant selon les conventions, tremblante malgré elle et toute sa bonne volonté. « Je vous remercie également de votre attention à notre demande. » Avait-elle dit d’une reconnaissance notable, avant de reprendre sa place à ses côtés.

Et à l'exception de sa compagne, personne n'avait semblé dire mot. Personne ne voulait prendre la parole avant que les clarifications ne viennent de lui, exact ? Le regard de Léandre se perdit un court instant vers Adrasteia, pour en juger la ferveur autant que la sienne. Le silence de son clan lui paraissant difficile à appréhender. « Je sais que ... Vous ne m'avez jamais pressé à remplir mes engagements auprès de vous. Vous ne m'avez jamais condamné, non plus, dans mes indécisions passées. Vous avez toujours été là, auprès de moi, avec bienveillance. Laissez-moi, aujourd'hui ... Vous rendre de cette patience que vous avez déployé... Même si la situation est loin d'être anodine, la perspective qui s'est présentée à moi vise à nous renforcer. » Ses doigts se serrèrent auprès de Raventhrone. « Car j'ai décidé de prendre pour femme l'infante Raventhrone ici présente. Elle et ... Notre enfant qu'elle porte en son sein. » Probablement qu'il était plus simple de tout énoncer ainsi, d'un ton vif et assuré, pour ne pas en trembler ni en douter davantage : à ses yeux, mieux valait lancer le rocher dans l'eau en un coup plutôt que deux.

Le sujet de leur rassemblement ne tarda pas à éclater au grand jour, avec cette assurance si caractéristique de son rang et de sa personne. L'Auror n'avait pas bougé de son carré d'ombre, son regard glissant à tour de rôle sur la silhouette de l'infante et du Lion. Elle cherchait à définir l'état d'agitation qui les animait tout les deux. La révélation cependant lui provoqua un vif mais bref étonnement. Non pas le souhait de son très cher cousin de prendre la Raventhrone pour épouse -il n'était pas difficile, à ses regards envers elle, à deviner toute l'affection et l'attachement qu'il éprouvait pour elle- mais l'annonce de cet enfant qu'elle portait en son sein. L'étonnement fit rapidement place à une joie mêlée d'appréhension. La joie pour eux, mais l'appréhension de la réaction du reste de la famille. Il ne doutait pas trop du soutien qui pourrait naître de leur génération, il n'y avait qu'à voir le sourire enthousiaste et chaleureux de Siobhan pour Raventhrone, mais elle doutait que l'enthousiasme soit le même chez leurs très chers parents. Un enfant hors des liens du mariage... S'il n'avait pas annoncer vouloir la prendre pour épouse, le scandale aurait très largement pu entacher cette annonce... Elle sorti de ses ombres pour avancé de son pas altier vers le jeune couple. L'expression neutre de son visage persistait cependant. Elle s'arrêta à quelques pas du couple, cherchant le regard de son cousin. Elle prit la parole d'un ton solennel, bien consciente qu'il savait déjà ce qu'elle allait énoncer « C'est... Une nouvelle étonnante... Et je suis certaine que tu es conscient des difficultés qui vous attendent... » Un fin sourire passa sur ses lèvres avant qu'elle ne poursuive. « Mais soyez certains, tout les deux, que vous aurez tout mon soutien ! »  Elle sourit un peu plus largement, ouvrant doucement ses bras à Léandre pour une étreinte fraternelle, glissant à son oreille. « C'est une merveilleuse nouvelle, félicitations. A tout les deux. » Elle lâcha son très cher cousin pour faire de même avec Adrasteia glissant également quelques mots à son oreille. « Bienvenue dans la famille... » Elle n'était pas certaine que ce soit le cas de toute la famille au grand complet mais pour elle, c'était le cas.

La réaction de Sibylle ne tarda pas, comme pour illustrer l'inquiétude d'Ariane. « C'est une honte. Une fille de l'Est, en plus ! Je ne cautionne pas ça. » Et pour marquer la défiance qui l'animerait encore des mois plus tard, elle se leva et quitta la pièce en claquant des talons, entraînant dans son sillage la silhouette d'Honoria. Guère ravie de ce choix définitif porté par son frère adoré.

Les regards se tournèrent alors en direction de Camille et Iris. Extatiques. Inquiets. Attentifs. Et avant que le patriarche ne puisse réagir, c'est son épouse qui se décida à prendre parole. La voix plus posée que jamais. « C'est un honneur de vous accueillir, Adrasteia. Venez, prenez place ma fille. Nous allons converser tous ensemble de votre mariage. »


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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Dear December - Chapitre 1
13 décembre 2000, chapelle de la Roseraie

Qu’elle était nerveuse, pour tout dire.
Tétanisée, de ses lèvres pincées distraitement au même titre qu’elle ne réalisait pas à quel point chacun de ses muscles étaient contractés par l’angoisse du moment à venir. Parce que c’était important, n’est-ce pas ? Pas que pour lui, mais pour toute sa famille. Et qu’il ne s’agissait pas de simplement faire bonne impression, mais bien de se présenter, pécher impossibles à nier, devant celui qui se dressait comme dernier obstacle avant le grand jour. Elle n’avait jamais eu aussi honte, à son souvenir, de se présenter à qui que ce soit. Et bien que les premiers temps étaient loin d’avoir été des plus délicats à affronter, aborder ce ventre rond ne lui avait jamais semblé aussi critique, incitant au préjudice. « Est-ce… » L’hésitation était difficile à négliger, comme si poser la question en elle-même était redouté. Elle avait fait au mieux, pendant son absence, pour éviter de trop porter attention aux dires de la vieille femme qu’il lui avait attribué à son plus grand désespoir. Ce n’était pas pour autant qu’elle n’avait pas soulevé des inquiétudes au creux de sa tête. « La harp- la vie… Madame Rosier dit que… le prêtre … selon ses dires il aurait insinué qu’au grand jamais il ne nous autoriserait à nous marier. Qu’on ne passera pas les cours. » Voilà. C’était dit. Ou peut-être avait est-ce été craché, ses yeux maintenant ouverts bien plus que nécessaire tandis qu’elle tentait maladroitement de se redresser sur ses deux pieds. Avant de se laisser retomber mollement contre sa chaise. Parce que ce genre de propos, elle aurait dû les dire debout, instinctivement du moins, c’était ce que son corps avait tenté par réflexe. En vain. Parce que debout n’était plus une de ses positions favorites, ni assise… allongé était plus ou moins confortable, mais pas sur le dos sans quoi elle n’arrivait plus à respirer. Et comme elle passait le plus clair de ses nuits à fixer le plafond parce que le bébé bougeait dans tout les sens … ou bien aux prises de rêves aussi troublants que vifs… couchée, n’était finalement pas tant amusant non plus maintenant qu’elle y songeait. En fait… peut-être était-ce seulement le manque de sommeil qui la rendait aussi … aussi … elle avait oublié. « J’ai faim. Rentrons… Il nous a surement oublié… il a … dix minutes… Ah, non, nous avons dix minutes d’avances. Je suis fatiguée, rentrons… il nous a surement oublié Léandre… »

Et elle marmonnait la Russiférienne, nouveau surnom dont elle fut décernée par la vieille harpie. Une créative alliance entre la haine qu’elle portait pour la Russie sans manquer l’opportunité de lui rappeler – comme s’il lui était possible d’oublier – les affronts des sacrilèges proférés. Et il ne faisait aucun doute aux yeux de l’aïeule, que la Slave était la pécheresse – seule et unique – responsable d’avoir ingénieusement envoûté son petit-fils pour le piéger dans cette histoire de grossesse subite. Tant bien scrutée d’un œil suspect, qu’elle n’avait aucun scrupule à lui promettre qu’elle n’hésiterait pas à prendre les grands moyens pour s’assurer que l’enfant venait bien de Léandre. Et la voilà encore qui faisait des siennes, à encombrer l’entièreté de ses songes au moment le plus critique. Ses lèvres s’étaient ourlées, d’un mécontentement notable tandis qu’elle portait son attention sur ce ventre maintenant bien trop gros, bien trop lourd. Et ce n’était qu’une excuse, d’en caresser la peau tendue qui semblait s’animer lorsqu’on observait bien. Sans aucun doute parce que l’oiselle refusait catégoriquement de lever les yeux pour satisfaire sa curiosité du bureau dans lequel ils patientaient. Il lui était simplement impossible de faire face aux accusations désapprobatrices que lui lançait chacun des objets présents dans la pièce.

Il était vaillant, d’ordinaire. Du moins, il dissimulait habilement les situations inquiétantes et difficiles à gérer, délicates, même, en ce qu’elles étaient aussi bien soumise à Dieu qu’au jugement des Hommes. Du moins, surtout, il cachait pour beaucoup sa crainte finalement assez enfantine d’être condamné pour quelques égarements. Quelques manquements. Notamment celui qui ajoutait un net arrondi – conséquent aujourd’hui – au ventre de l’héritière Raventhrone. Honoria l’appelait d’ailleurs, d’un sourire soigneusement hypocrite, la panse proéminente de la dragonne. Et, sans doute, que cette créature magique ressemblait pour beaucoup au tempérament actuel de la Slave.  Venant souligner par le soufre et le feu ce témoignage silencieux et accusateur de leur folie passée.

De leurs débandades passées. Parce qu’il n’y avait pas eu qu’une seule fois. Pourquoi s’en priver ? Léandre n’était pas un saint de la ceinture. Il avait plutôt tendance à vanter les sacrements divins par de vibrantes saillies. Disons, seulement, que la grossesse d’Adrasteia était prévue à long terme. Et que, la main de Dieu aidant à la chose – était-ce vraiment que la main du Seigneur qui s’était animée dans l’affaire ? Siobhan rirait de l’excuse – le temps long était devenu le très court. Au moins, pouvaient-ils se gausser de ce point avec concupiscence. La réduction de l’échéancier envisagé n'atteignant pas d’autres points sensibles. Heureusement.

Enfin. Ils s’en amusaient avant. Maintenant, installés dans le bureau, ils ne pouvaient qu’espérer le moins pire des scénarios. Surtout avec les commentaires de l’avisée  Sibylle et de la supposée clairvoyante Honoria. D’ordinaire, Léandre ne manquait pas de marquer la limite et de gronder son agacement face aux véhémences des deux femmes. Seulement, aujourd’hui, il s’agissait d’une situation plus délicate. Oh, son père avait cherché à le rassurer. Sa mère et Ariane également. (Le regard désabusé de Siobhan avait été suffisant pour qu’il ne chercha pas à insister sur ce sujet, après tout, il se faisait selon elle du mauvais sang pour quelques divinités mensongères). Évidemment. Mais comment pouvait-il étouffer ses propres craintes si ce n’est par le silence ? Il ne savait pas. Alors Rosier fils avait opté pour une assurance docile et muette. Se tenant auprès d’Adrasteia dans un mutisme qui en disait long, pour peu qu’on le connaissait, sur son malaise.

Parce qu’il n’était jamais discret, l’Auror. Et encore moins gêné. C’était bien la première fois.

Seulement, les préoccupations successives de sa compagne finirent par l’interpeller. D’une œillade timide, comme s’il avait soudainement sept ans, il l’observa. Une main agitée vint gratter l’arrière de sa nuque tandis que le peu d’orgueil qui lui restait … S'évaporait derrière un sourire incommodé. « Il a toujours été un homme ponctuel et compréhensif. » Malgré ça, il ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter. Plus par anticipation que par crainte fondée … N’est-ce pas ? « Et… Je crois qu’il ne serait pas très apprécié de lui faire faux bond... Surtout aux yeux de ma mère et ma grand-mère. »  Et Dieu seul savait à quel point Sibylle s’était donnée corps et âme à la chose pour racheter, ce qu’elle nommait d’un air dédaigneux, la déchéance de sa lignée. « Nous devrions attendre. Probablement que votre faim passera pendant … La discussion. »

La chute de Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Plus-Le-Nom l’ayant poussée, sans doute plus que de raison, vers les prières et les sermons de la maisonnée Rosier.

Compréhensif. Sa langue s’était claquée d’un agacement marqué, haussant un sourcil en réaction au mot qu’il avait – probablement – tiré des paroles de ses pairs. Et si l’intention était sans doute de bonne foi, même inconsciente, il était évident que l’aristocrate rapportait les termes qui lui avaient semblé soulager le moindrement sa conscience. Il pouvait bien s’indigner au nom de tous les saints, son malaise était si coriace que même ses affirmations n’arrivaient pas à fêler sa surface. Et peut-être était- ce par attendrissement que la Slave s’était gardé de lui reprocher le mensonge. Parce qu’au fond, elle aurait préféré qu’il soit honnête, histoire de ne pas se faire de fausses idées… de potentiellement faire un faux pas. Toutefois, elle se voyait forcée à reconsidérer qui des deux tentait-il de convaincre réellement.

Et pourtant l’insolente avait refait surface dès la mention de ladite mégère. Elle s’était subitement redressée, hérissée d’une insulte qu’il ne remarquerait sans doute même pas. Et d’un soupir la brune avait tenté au mieux de freiner ses propres outrances. « Croyez-moi Léandre… votre mère est indubitablement le seul argument convaincant à mes oreilles. Voir si je peux vous conseiller pour… ce qui a trait de m’inciter à - j-je … Je crois que j’aimerais. Q-que vous ! J’apprécierais, que la vieille harpie soit moins influente quant à – E-e-elle passe son temps à faire des menaces de ci et de ça ! Et en fait - »

Elle s’était soudainement coupée, baissant honteusement le menton par contrition. Parce qu’elle n’était pas juste, n’est-ce pas ? Et elle soupira faiblement, avant de grimacer alors qu’elle n’arrivait plus à discerner si les sensations qu’elle éprouvait étaient par faim ou par la curiosité d’un bébé éveillé. « On peut tout à fait … être complètement terrorisé et quand même … avoir faim vous savez ? La grossesse, change énormément notre façon de penser. Par exemple je sais maintenant que l’on peut avoir faim, en mangeant. » avait-elle soufflé, un brin plus légère dans la tonalité de sa voix. Peut-être même qu’un timide sourire pouvait être perceptible aux coins de ses lèvres.

Et d’une œillade soudainement mutine, la Nymphe s’était levée – maladroitement – pour s’élancer dans une exploration prétendue de la pièce. Parce qu’il ne fallait pas non plus abuser. Il semblait très certainement que l’attitude du Rosier l’incitait à se pourvoir d’une assurance qu’elle avait cru laisser au bas des escaliers de l’église. Mais rien au monde ne serait suffisant pour lui donner le courage de tolérer le regard du Christ posé sur elle. Et peut-être était-ce ça, l’instinct maternel dont ils parlaient tant dans les livres. L’envie de protéger, de préserver… parce qu’il ne lui était d’autant moins tolérable de le constater aussi appréhensif. La Slave vint finalement poser ses mains contre les épaules du dernier fils, ses pouces se pressant contre la peau de sa nuque. Remonter lentement, de la septième à la première vertèbre cervicale. Descendre, d’une pression plus prononcée le long du splénius. « Nous avons encore une dizaine de minutes Léandre. Peut-être seriez-vous plus détendus en m’honorant d’une petite visite des lieux ? Une toute petite… ?»

La demande était risquée, la tentative était précaire. Au mieux, de mener le bref moment de détente serait suffisant pour l'aider à reprendre sa prestance. Au pire, de la réprimander d'ainsi vouloir se faufiler hors du bureau dans un moment aussi critique, suffirait à briser sa discordance.

Le regard du sorcier s’était perdu, petit à petit, vers les opuscules qui se tenaient les uns aux autres dans un coin du bureau. Plus pour essayer de récupérer un peu de cette assurance qui lui manquait cruellement que pour se distraire. Il avait Raventhrone avec lui, après tout : c’était une occupation déjà bien assez envahissante et amusante en temps ordinaire. Probablement que la véhémence malingre déployée par cette gorge Slave à l’évocation de Sibylle était amusante, justement. La description le poussa, en tout cas, à sourire d’une vérité impossible à nier.

Elle était difficile à vivre, en effet, la grande dame Rosier. Aussi élevée de statut que d’âge pour eux, ses nombreux petits enfants. Et si Léandre n’avait jamais eu de problèmes à gérer avec elle – quoi que sa fastueuse période des coucheries multiples lui avait été soigneusement reprochée à l’époque des faits – il comprenait toutefois parfaitement l’agacement de sa compagne. Quoi qu’elle méritait bien, par certains aspects, la surveillance de la terrible Sibylle sur ses épaules. « Disons, Adrasteia, que son affection, même teintée de ces humeurs narquoises, me tient à cœur. Et puis, à force de vous fréquenter … Elle finira par vous apprécier. N’attend-elle pas l’enfant que vous portez avec impatience, comme nous tous ? Elle est probablement juste plus discrète là-dessus.  » Il avait alors esquissé un très faible sourire.  « Je demanderai qu’on vous prépare un grand repas, en rentrant, alors. Si tel est votre souhait, je pense qu’il est de mon devoir de l’exaucer, n’est-ce pas ? »

Finalement, l’idée de noyer ses inquiétudes dans la nourriture ne lui semblait pas être une si mauvaise idée. Il pourrait, plus qu’à l’instant présent, dissimuler son mauvais sang derrière quelques chairs savamment cuisinées. Mais ils devaient attendre leur aîné, cependant. Léandre se ravisa dans son bref soulagement. Avant d’être stupéfait, dans le domaine de l’agréable, avec le contact des doigts de la Slave. « Que voulez-vous découvrir ? » Pas fou pour un sous quant à ce qu’il entendait néanmoins : car les termes employés étaient sensuels. Il mentirait dûment devant Dieu s’il avouait que cela ne l’excitait pas. Seulement l’appréhension le dominait toujours et il craignait, très sérieusement, d’être pris sur le fait par leur rendez-vous.  « Ou peut-être voulez-vous que je nous fasse répéter nos pas de danse pour la soirée ? Doucement, très doucement, pour ne pas vous brusquer. Cela vous amuserait-il, Adrasteia ? » Et c’était un excellent moyen, aussi, de la détourner des tentations qu’elle proférait à son encontre.

La sorcière avait arqué un sourcil dubitatif aux disculpations qu’il légitimait quant à ses plaintes précédentes. Et si l’envie de s’élancer dans une interminable liste d’exemple venant contrer ses dires, elle n’osa pourtant pas narguer le diable pour vilipender les membres d’une famille dont elle endosserait bientôt le nom. Et elle se révélait placide, se contentant d’hocher doucement la tête en réponse aux excuses qu’elle avait accentué d’un faible bruit d’approbation manifestement suspicieuse. De toute évidence, elle éprouvait bien plus d’appétence quant à cette nuque dont elle s’évertuait à décontracter sous ses doigts pianissimo. D’autant plus que contre toute attente, le roi paradoxe se dévoilait agréablement réceptif à ses caresses. Et elle se sentait agitée soudainement, intriguée à vif par cette lueur d’audace qui semblait ressurgir pour répondre à ses manigances suggérées. Le gloussement s’échappa malgré elle, jetant un regard furtif en direction de la porte pour s’assurer que personne ne l’avait malencontreusement entendu.

Du bout des doigts elle avait tracé quelques marques du passé, à peine perceptibles pour la plupart sauf s’il l’on s’y attardait aussi minutieusement qu’elle l’avait fait au cours des derniers mois. Puis vint les contours finement tranchés d’une mâchoire, qu’elle effleurait jusqu’au bout de son menton dont elle s’empara inopinément pour en relever son faciès. Gorge entièrement offerte qu’elle harcelait par frôlements, simplement pour le gracier d’une pupille séditieuse. « C’est nouveau ça ? Depuis quand la douceur vous empêche de me tourmenter ? » avait-elle murmuré dans ce qui semblait prendre les apparences de messes basses. « Parce que nous savons d’autant plus, que la lenteur ne vous prévient pas de m’éreinter. Et que vous avez effectivement de nombreuses obligations à honorer pour satisfaire votre pauvre femme affamée. »

Parce qu’elle était sa femme maintenant, depuis la veille, du moins aux yeux de la loi. Ce n’était pas encore suffisant pour calmer son impatience et pourtant si précieux à prononcer. Elle pinça ses lèvres, agitée soudainement par ses propres mots. « Heureusement pour vous Monsieur Rosier, elle semble surestimer vos talents de danseur pour admettre que la suggestion serait bien plus qu’amusant. Mais nous n’avons plus que cinq minutes maintenant. Le temps nous échappe trop rapidement pour éviter de me brusquer. »

Cette fois-ci, le sourire s’était élargi d’un aveu difficile à dissimuler. Trahissant, légèrement, cet amusant perturbé qu’il ressentait présentement à l’égard des tentatives de sa compagne. Des tentatives sournoises derrière les caresses idolâtres qui couraient contre son visage.  « Je préfère vous ménager, tout de même, Adrasteia. Vous et le bébé. A moins qu’il soit déjà bon danseur ? » Encore une fois, il s’efforça de se soustraire aux idées piquantes qui frôlaient son crâne.  « Le sentez-vous danser, parfois ? Du moins, est-ce que vous percevez la différence d’avec ces agitations ordinaires ? » Il s’obligea, même, à soigneusement éviter de répondre aux baguettes pourtant très nettement tendues.

Non sans être tourmenté, intérieurement, par ces mots affabulés de maux érotiques. Parce que c’était bien ça, le cœur du sujet ? Sauf s’il se faisait des idées à se tarauder de la sorte avant le jugement céleste de leur aîné. « Je suis certain, toutefois, que bouger ferait le plus grand bien à vos membres. Et ne vous insurgez pas, je suis un excellent danseur.  » Surtout sous pression. « Mais je peux être aussi guide touristique si vous avez l’envie d’arpenter les lieux. Laissez-moi néanmoins émettre un avertissement : nous ne devrions pas nous éloigner de cette pièce. C’est pourquoi danser est la meilleure option à mes yeux. »

Finalement, il s’était légèrement relevé sur la chaise, adressant un regard qu’il espérait plus sérieux que troublé à la Slave.

« Plaît-il mon roi, mais il soit possible que mes envies initiales aient changé et qu’elles nous attirent bien plus de problèmes s’il fallait sillonner la pièce même. » avait-elle abruptement rétorqué, avant de baisser la tête avec la même vélocité maintenant qu’il se faisait maître stoïque. Plus difficile de soutenir le regard du Rosier et d’être hérétique quand ses joues abordaient les teintes de pourpres et qu’elle ne bénéficiait plus de l’avantage au bout des doigts. Pourtant elle n’hésita pas plus que ça, à lui tendre ladite arme divine pour toute réponse. Parce qu’elle n’allait certainement pas laisser passer l’offre fortuite, elle qui aimait tant valser. Et que l’idée lui plaisait bien, au fond, affectée par ses propres maléfices.

Ils y revenaient toujours, finalement, à tout ces péchés dont ils s’évertuaient à louanger tout les deux. Sentencieux, de liturgies plus ésotériques que celle dont ils comptaient bientôt célébrer. Ses doigts se pressèrent contre les siens, jetant un nouveau regard en direction de la porte maudite.

Et ce n’était qu’au constat de son immuabilité qu’elle s’était rapprochée, positionnée, d’un naturel sordide comme s’il fut réellement bien plus sage de danser à même la scène d’un crime éventuel. Et elle avait peut-être raison, la vieille bique… peut-être qu’elle était effectivement l’apocryphe du dernier fils. Et elle s’était finalement laissé sourire, l’hérésie d’ébène, autant par les fantasmes qui se composaient au creux de sa tête que par l’exaltation de danser avec lui. « Je crois que tu te méprends Léandre, danser avec toi me rend sereine. Je n’ai aucune inquiétude quant à cette danse, je l’attends avec impatience… Et puis pour ce qui est du bébé, je dirais que oui, il y a des différences dans les mouvements. C’est… surtout par association. Le bébé apprend par mes émotions. Elles changent la composition du liquide amniotique, par exemple l’adrénaline quand je suis agitée. Et puis bébé associe les sons de ma voix, de mes battements de cœur, ma respiration… Ses réactions aussi à ce qui est effrayant, comme les claquements de porte, les cris, on dirait que bébé essaie de se cacher… Quand papa parle c’est plus amusant que les autres aussi, c’est plus des coups pour être vu. Je ne sais pas si c’est réellement de la danse mais c’est fort quand je suis au piano. Les médecins sont tous d’accord sur le sujet, d’ailleurs. Les orgasmes sont favorables autant pour le bébé que pour le couple qui vit beaucoup de changements troublants. » Et elle avait d'autant plus rougi, l'oiselle de malheurs, venant nicher le bout de son nez sous la pointe de son menton pour se préserver d'assumer ses propres paroles. Ce n'était certainement  pas parce qu'elle n'était pas épanouie dans les bras de son Auror, mais bien qu'elle se trouvait si ridicule d'être autant fébrile à ses attentions.

« Et bien, je réserve normalement cette partie bien plus tard dans le programme, mais je crois que pour vous deux... »

Sans l’intervention soudaine de leur aîné, Léandre aurait probablement rebondit sur les mots enchevêtrés de vœux coupables. Il avait même commencé à sourire plus largement, rattrapé qu’il était par ce qui le faisait maître en son domaine. Presque serein, l’espace d’un instant, face à ce qu’il appréciait et maîtrisait en un art tantôt délicat tantôt bestial. Il s’agissait, après tout, de chuchotements suffisamment excités et excitants pour balayer un peu de la pudeur religieuse qu’il s’efforçait de maintenir depuis leur arrivée dans le bureau.

Mais leur interlocuteur du jour avait indiqué sa présence du bout de la langue et Léandre, brutalement rappelé à ses devoirs, s’était figé de gêne. Quelques secondes, pas plus. Bien assez, néanmoins, pour que la stupéfaction se trouva visible et éclatante sur son visage. Accusatrice, quelque part, quant à tout ce qu’il n’avait pas correctement honoré selon l’heure attendue et la coutume espérée. «  Mon père. » Le sorcier s’était fait violence pour dépasser l’appréhension qui lui serrait la gorge et extirper de sa propre bouche la salutation respectueuse à l’égard de son aîné.

Et même si ses doigts n’avaient pas quitté la proximité d’Adrasteia, ils avaient glissé en des territoires plus acceptés par la morale. « Je vous… Présente nos excuses, ce n’était pas un sujet à aborder si précipitamment en ces lieux… » Et, très précautionneusement, ses phalanges se crispèrent silencieusement contre l’étoffe de la nymphe. Pour en dissimuler, indubitablement, le tremblement incertain et inquiet qui glissait le long de ses muscles.

La Slave s’était figée, mortifiée par la voix seule d’un homme qui n’était pas le sien. Un homme de dieu, un représentant de l’Église. Et si la voix s’était montrée plus légère qu’elle ne l’aurait cru, il n’en restait pas moins que les sous-entendus restaient assez fidèles aux réprimandes mesquines que la vieille harpie avait elle-même insinués… par valeurs, voyons !

Et elle restait immobile, incapable de bouger. Elle n’osait pas, par crainte, de se retourner et faire face au nouvel arrivant que Léandre s’était pressé de saluer. Par déception, par égoïsme, d’avoir à écourter le moment alors qu’elle s’était laissé enjouer par l’idée de danser, un peu, pas beaucoup… mais un peu plus. Elle n’osait pas, par honte anticipée, de ce qui allait s’en suivre. D’avoir, malgré sa bonne volonté, aggravé la situation. L’homme s’était esclaffé, comme s’il n’avait pas été possible de la troubler davantage. « Rassurez-vous Léandre, je suis peut-être un vieil homme mais ce n’est pas pour autant que je m’offusque pour si peu… j’ai entendu bien pire depuis le temps. »

Avait-il répliqué, se dirigeant derrière son bureau alors qu’il les invitait à s’asseoir. La Slave avait jeté un regard furtif en direction de l’homme, pétrifiée à son plus grand désarroi. S’il y avait bien une chose qu’elle maîtrisait et qu’elle avait toujours habilement maîtrisé, il s’agissait bien de savoir comment faire bonne impression. Et elle était toujours impeccable, toujours de bon goût. Impossible de faire autrement depuis qu’elle était à la tête de l’UkRa. Et puis, n’avait-il pas toujours été sa première défense ? Loquace à l’excès.

N’était-il pas question de se vendre ? Pour un contrat ? Pourquoi avait-elle si peur ? « Asseyez-vous mes enfants, j’ai promis à votre grand-mère de contourner quelques règles considérant… la situation pressante, mais si nous ne débutons pas immédiatement, nous ne serons jamais prêts à temps. » Elle avait finalement hoché la tête, ses doigts effleurant subtilement cette main qui s’accrochait à elle, un peu pour le rassurer, un peu pour lui offrir son soutien. Tout irait bien, n’est-ce pas ? Parce qu’ils étaient bien pressés par l’imprévu, mais l’imprévu était bien arrivé parce qu’ils avaient d’abord convoité se marier, n’est-ce pas ?

« Nous avons traversés bien pire Léandre… tout ira bien, je te le promets… » avait-elle murmuré, glissant ses doigts entre les siens, simplement pour les soustraire à cette robe qu’ils s’agrippaient pour pouvoir prendre place tel que l’homme avait demandé. « Je suis désolée mon père, l’intention n’était pas de profaner… simplement de détendre en lui changeant les idées. C’était maladroit, je crois que nous sommes particulièrement exténués et nerveux ces derniers mois que nous n’avons pas… nécessairement mesurés la portée de ces plaisanteries. J’oublie énormément de chose ces derniers jours…»

Il avait acquiescé, dans un premier temps, les muscles tendus par l’appréhension et la crainte qui ne cessait pas de croître dans un coin de son esprit. Les nerfs piqués par l’inquiétude, presque vicieuse, qui se profilait au-devant d’eux. Heureusement, la prise de sa compagne le rassura assez pour qu’il trouva la force de poursuivre au-delà de ses incertitudes. Tout ira bien. Ils n’avaient pas le choix, de toute façon.

Léandre expira d’un souffle nerveux, toujours tiraillé entre la violence de l’émotion primaire et son devoir le plus honorable. « Je sais, Adra ...  » Il le savait trop. Beaucoup trop. Douloureusement. Péniblement. Corps désarticulés et dissimulés sous la terre aussi vite que possible.  Puis, poussé par les mots enchaînés d’Adrasteia, il vint s’asseoir face à leur aîné.  « Considérez, sincèrement, nos plus plates excuses. » D’un regard vif, auparavant adressé de trop brèves secondes à la Slave, il abonda en ce sens. Les yeux rivés sur le bureau comme le ferait un coupable. « Nous savons à quel point nous vous sommes redevables de tolérer nos égarements. Autant que d’officier la cérémonie à venir. » Comme le ferait un enfant, même ?

Mais il était Homme, désormais. Seulement, trop de péchés se liaient à son passé. Trop de manquements. « Nous sommes prêts à vous écouter. Guidez-nous, je vous en prie. » Et peut-être qu’il culpabilisait, l’Auror. Finalement. Envers et contre tout. Maintenant qu’il devait s’en remettre au seul Seigneur du monde. Probablement qu’il s’effrayait, aussi, de l’éventualité où il ne pourrait pas s’attacher davantage Adrasteia.




Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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Beware the Heir of the Rose – Prologue
Partie 1
2 mars 2001, à différents endroits


Deux cent quatre-vingt cinq, quarante semaines et cinq jours de retards.

Cinq jours de trop. Et l’on lui servait toutes sortes d’excuses pour l’encourager dans son attente. Parce que forcément mieux valait qu’elle subisse cinq jours supplémentaires que le bébé souffre de cinq jours d’avance. Quoi qu’à cinq jours près, il n’aurait sans doute pas souffert de réelles complications, non ? Quoi qu’il en était, malgré son impatience frôlant les sommets des montagnes des plus hautes sphères, la Slave se tenait bien de garder sous silence son agacement quand à porter l’enfant plus longtemps que prévu, parce qu’il était important de se déculpabiliser des réprimandes martelant ses songes en direction du prochain Rosier à joindre les rangs si rapidement derrière elle. Qu’il était honteux, pour une mère, de tant vouloir se départir de son enfant alors qu’il y restait bien au chaud, protégé d’un monde plus aliéné que dans les fictions dépourvues de tout personnages aux morales et valeurs respectables… n’était-ce pas censé être naturel déjà ? L’instinct maternel poussant les mères en devenir, à éprouver de la compassion pour sa chair s’il en résultait d’un sacrifice venant impacter directement la santé du précieux… même s’il était question de taire ses propres caprices et calvaires ? Pourtant, le poids du bébé ne faisait que s’alourdir au fil des jours s’additionnant, et s’il était réjouissant d’en constater que ces quelques jours amélioreraient ce poids plume qui avait tant peiné à talonner la moyenne générale, ils ne réalisaient sans doute pas combien difficiles et épuisants ces cinq jours avaient été pour elle, qui notons le, était indubitablement la contributrice des gènes responsables de ce petit corps chétif selon les avis du corps médical. Et encore heureux, parce qu’elle n’osait même pas imaginer combien la situation aurait été pire si le bébé avait tenu de la carrure de son époux. Et si encore aujourd’hui elle subissait les contres-coups d’une attirance inchangée des premiers jours, déposant les petites chaussettes qu’elle avait choisies pour les bagages du premier Rosier du nouveau millénaire pour tapoter ses joues aux couleurs aussi vives que la chaleur qu’elles dégageaient, ce n’était pas pour autant qu’il lui aurait été aisé de mettre au monde un enfant au physique imposant… sans parler de ces cinq jours interminables.

Et puis d’une moue clairement mécontente, la Russe avait pivoté au mieux de ses capacités, parcourant la pièce d’une démarche à la grâce suscitant quelques questionnements, pour sortir de la chambre du Rosier fils. Puis subitement d’une mine aux malices anticipant une interception venant dudit Lion, elle se dressa subtilement sur la pointe de ses pieds, comme s’il lui était encore possible d’échapper aux pupilles en état d’alerte d’un Auror l’ayant pour cible principale … seule et unique cible pour tout dire… de toute manière, il fallait même s’avouer ambitieux, que de prétendre qu’elle pourrait habilement filer vers les jardins d’hivers sur la pointe de ses pieds.

Mais il devenait urgent, à la seconde même, une question de vie ou de mort … de marcher autant que possible pour accélérer le processus … cinq jours … Dieu avait créé le monde avec le même délai, déjà … pour se reposer le septième jour qu’avait été le dimanche… et elle n’arrivait pas à délivrer un minuscule petit bébé qui lui pesait maintenant si lourdement au bas du ventre, qu’elle devait cambrer son dos inconfortablement à son maximum pour simplement tenir sur ses deux jambes. Marcher, qu’ils disaient… marcher enclenche la machine.

Non loin, les doigts de Léandre parcouraient le filigrane des mots entrelacés. Des lettres introductrices de prénoms aux tracés parcimonieux et délicats. Il en était au “M” de ce septième livre qu’il compulsait maintenant sur les patronymes à choisir. L’index glissant le long du grain de la page, caressant les dorures et les potentialités d’un geste concentré. Parce que la suite prochaine des événements allait impliquer un choix, aussi doux que terrible pour l’avenir des siens. Un choix de prénom. De direction. De mythologie sous-jacente, mêlée d’espoirs et de souhaits parentaux. Un choix qui lui semblait difficile, pourtant, maintenant que c’était à lui de le faire. A eux, plus exactement. Car Rosier fils s’inspirait aussi des songes de la nymphe terrible pour élargir les possibilités. Pour s’assurer qu’il n’y aurait pas de tensions à ce sujet déjà polémique.

Comment pourraient-ils appeler leur premier enfant ?

D’un mouvement lent, pour lui permettre d’imprégner suffisamment sa rétine de tous ces mots et leurs significations, il tourna la page. Le calme des lieux répondait à sa concentration. Quoi que. Le grincement d’une planche malmenée par un pas précieux lui fit redresser le visage vers le couloir. « Dois-je me lever ? A moins que vous comptiez consulter avec moi les dictionnaires et les étymologies ? » Une esquisse de sourire s’était invitée sur son visage. Légèrement moqueuse.

Abruptement, elle s'était pétrifiée, d'un hoquet à l'ironie frôlant l'absurdité tant elle l'avait pourtant anticipé au gré de ses pas. Et son souffle elle avait retenu, immobile devant l'incertitude du comportement à aborder en réponse à la question. Parce qu'elle n'avait pas fait l'objet d'une quelconque situation laissant transparaître son ingéniosité depuis un bon moment déjà. Et bien qu'il était déjà difficile de berner le roi, il n'en n'était certainement pas de ses machinations spontanées - qu'elle n'arrivait pas à taire, ressortant bien plus du réflexe que de ruses - qu'elle arriverait à seulement lui dissimuler quoi que ce soit. « Miaou » - imbécile.

Et d'un reproche sous silence elle avait fermé ses paupières d'une force exagérée, avant de reprendre son souffle et de s'élancer d'un pas plus pressé - plus grossier - vers les escaliers, s'arrêtant subitement devant la première marche. « Mmmmmmmh...»

Elle hésitait, décidément, perplexe devant le problème imminent. Parce qu'elle était trop lourde pour se supporter aisément devant de tels obstacles, malhabile et instable. Parce qu'elle était épuisée et survoltée à la fois, et que prendre une petite pause était hors de penser puisqu'elle n'arriverait plus à se remettre sur ses deux pieds. Parce qu'elle en avait peut-être envie, d'aller le retrouver pour consulter ces précieux livres, confortablement lovés et en sécurité, à quémander quelques attentions pour chasser cette humeur irritable qui la rendait morose. Mais elle avait tant envie d'aller aux jardins... autant pour en admirer les finesses que pour se satisfaire d'avoir encore quelques habiletés. Et d'un regard vers la pièce où se trouvait son époux, la Nymphe s'était laissé corrompre par les caprices voraces d'une indomptable jamais trop loin trop longtemps. Encore une erreur, comme à son habitude. La chute fut plus surprenante qu'autrement, s'accrochant à la rampe d'une étrange contorsion qui s'effilait en une vive douleur au bas du dos. Elle avait pourtant fait son possible pour en retenir une plainte, mordant sa lèvre inférieur pour en étouffer le résultat de son incompétence. Et de ses sourcils froncés d'une inquiétude face à son dilemme, c'est d'une voix embêtée et presque gênée qu'elle lui adressa finalement une réponse, massant douloureusement le bas de son dos. « C'est plutôt moi qu'il vous faudrait relever... si vous n'êtes pas... trop occupé ? »

L’exclamation féline, indubitablement surjouée, l’avait poussé à lever les yeux au ciel. Même brièvement. Parce qu’il était amusant, quelque part, de constater à quel point la terrible aventurière du jour s’épuisait en stratagèmes pour le duper. Il devait le lui reconnaître : elle avait de l’ambition pour ses périples dans la Roseraie. Seulement, Léandre n’était pas encore suffisamment sourd ou étourdi pour se laisser convaincre par une entourloupe trop sommaire.

Mais il n’avait pas bougé, dans les instants qui succédèrent l’esquisse de miaulement. Seul son regard, inquisiteur et curieux, s’était fixé d’une attente scrupuleuse en direction du couloir. Et du bruit. Il n’avait pas répondu non plus. Ni soupiré. Seul son sourire s’était accentué d’une note mesquine.

Il préférait lui céder d’infimes secondes d’espoir et de liberté avant d’agir. Lui faire croire qu’elle pourrait lui échapper. Sans doute que l’approche était un peu cruelle. Seulement, la perspective de la surprendre ensuite lui plaisait beaucoup trop pour qu’il chercha à s’en détourner. Sans ciller des yeux, toujours tournés vers la position supposée d’Adrasteia, son doigt reprit ce mouvement répétitif contre la page. Enfin. Un autre bruit lui parvint. Puis la voix de sa compagne s’éleva à son égard. « Vous relever ? Vous êtes tombée ? » Immédiatement, il avait délaissé le livre pour se précipiter à sa rencontrer. Probablement un brin trop inquiet. Vraisemblablement un soupçon trop anxieux. « Adrasteia. » Il vint lui porter secours, ses mains venant la stabiliser et la porter suffisamment pour l’arracher au sol. Prononcé ainsi, le prénom de l’indomptable sonnait à la fois comme un reproche silencieux et une frayeur diluée par le soulagement de ne pas la constater étalée tout en bas des escaliers. Une affection rassurée par cette non-catastrophe. « Je peux savoir la raison de votre précipitation ? Si vous vouliez voler, il suffisait de me le demander, je peux vous promener sur mon balai en toute sécurité. Sérieusement, Adrasteia. Est-ce que vous avez glissé à cause du parquet ? Avez-vous mal ? » Et dans cet entremêlement d’émotions luisait, plus fort que les autres, la tendresse qui caractérisait leurs échanges entre les remontrances et les taquineries proférées.

Sous le flot de paroles, la Slave s'était montrée dubitative, répétant les questions qui lui étaient dirigées d'une voix soufflée. Est-ce qu'elle avait mal ? Non, du moins, l'inconfort n'abordait pas les caractéristiques d'un mal à proprement parlé, simplement étrange, difficile à discerner. Le balai ? « La Roseraie est bel et bien immense, mais je ne crois pas qu'il soit sécuritaire d'y voler sur un balai ! Je voulais seulement marcher, ils ont dit que plus je serais active, plus vite le bébé... je voulais aller aux jardins, un peu. J'ai presque terminé les bagages de la petite pousse... je me suis peut-être étiré un muscle lombaire, je ne suis pas certaine...»

Sa voix s'était finalement coupée, effacée en suspend un peu étrangement. Le parquet ? Et elle s'était agité, quelques secondes, baissant les yeux pour confirmer cet étrange inconfort qui semblait provenir de son dos. « J'ai glissé sur le parquet. Je ... mes eaux ! C'est... j'ai glissé... il faut... rester calme. Perdre les eaux, ça veut rien dire... le bébé peut n'arriver que dans vingt-quatre heures. On doit... Oh Léandre, je crois qu'il est très bas. Ohh je crois que je panique. Ohh je ne veux pas mettre au monde dans des escaliers, elles sont magnifiques ces rampes, mais je refuse. Ohh non. Je ne veux pas accoucher. Huh huh. Mais quelle connerie on a fait. Oh seigneur. Je vais, pas. J'ai pas ce qu'il faut pour donner naissance à un bébé ! Et je ne veux pas être '' la femme qui échappa son nourrisson dans les escaliers '' dans les journaux. Et si j'ne savais pas comment j'ai jamais tenu de bébé dans mes bras. Mais à quoi avez-vous pensé ! Vous auriez dû m'offrir un chaton ! »

Il avait d’abord hoché la tête. Le cœur rassuré par les propos de sa compagne. Il n’y avait rien d’alarmant. Comme toujours, elle avait souhaité une chose bien inoffensive. Marcher. Non, définitivement, ce n’était pas une perspective problématique. Il n’allait quand même pas l’empêcher de respirer, marcher et boire tout de même ? Surtout que leur enfant ne se pressait pas pour quitter la matrice maternelle. Loin s’en faut : il semblait plutôt bien à l’aise au-dedans. Les médecins n’avaient-ils pas appuyé les arguments qu’elle lui présentait parallèlement ? Préparer le corps, en douceur, pour qu’il veuille bien se mettre au travail. J’ai glissé sur le parquet. « Foutu- » Il n’eut pas l’occasion de finir sa phrase. Ni même de vraiment l’entamer. Elle perdait les eaux.

Les premières secondes qui suivirent l’annonce, il l’observa. Les yeux ronds. Incrédule. Devait-il dire “déjà” ou “enfin” ? Ses doigts s’étaient contractés légèrement, contre elle. Et pour une satané raison qui lui échappait, il ne parvenait pas à rétablir une pression adéquate au creux de ses nerfs. C’était comme si ses muscles refusaient d’obéir, aussi décontenancés par l’information que son cerveau. Pourtant ils avaient eu le temps de s’y préparer.

Beaucoup plus que le commun des mortels, d’ailleurs.

Elle paniquait entre ses bras raidit. Elle s’exclamait d’une urgence qu’il ne pouvait pas nier. Elle allait accoucher. Bon Dieu. Il expira, fébrile et déboussolé dans ce moment qu’ils avaient anticipé par trop de fois ces dernières semaines. Il inspira, et se perdit dans une émotion qui l’étouffa un peu tout en lui procurant assez de motricité pour la porter jusqu’en haut de l’escalier. S’efforçant de la tenir comme une petite poupée fragile jusqu’à ce qu’il pousse l’allonger en sécurité. Alors, seulement, il lui sembla reprendre un peu ses esprits. Il ne s’éloigna pas, de crainte et d’excitation, mais sa voix porta bien plus loin dans la demeure. « Mère ! Le bébé arrive ! » Et si l’un des siens présent ce jour-là doutait encore de l’événement, le ton pressé et terrifié qui résonnait dans la gorge de l’Auror finit de convaincre le plus récalcitrant. Au loin, la vieille femme qui hantait les lieux de sa présence cynique ne manqua pas de glorifier l’instant prodigieux alors que son petit fils s’affolait : « Ce n’est pas trop tôt !  ». Dans les escaliers délaissés, les bruits de pas précipités firent grincer le bois centenaire. « Ce sera un adorable chaton une fois né, promis, Adra ... »

Muet qu'il avait été, visiblement aussi agité qu'elle n'était bavarde, poursuivant ses déboires en réalisant à peine qu'il l'avait ramené à la chambre, « Et si il était difforme ? Et si je ne l'aimais pas ? Et si vous ne l'aimiez pas ? Et si c'était un psychopathe ? Et si - et si je donnais naissance à un véritable chaton ? » - Elle avait secoué la tête, niant elle-même l'absurdité de ses propres angoisses qu'elle avait pourtant - et invraisemblablement - si bien géré jusqu'à maintenant. Outre passant les inquiétudes basées sur les répercussions possibles d'une mésaventure qui la hanterait sans doute jusqu'à ce qu'ils puissent enfin se rencontrer.

Et ses yeux s'étaient écarquillés dès l'intonation stressante de la vieille harpie alors qu'elle pestait désormais d'une langue - maudite - étrangère entre ses dents sans quitter le Rosier de ses lunes meurtrières. « S'il faut choisir Léandre, ramène-moi immédiatement dans les escaliers, je préfère me damner à y mettre au monde dix enfants avant qu'elle ne vienne critiquer chacune de mes contractions. »

Mais il ne l'écoutait pas, du moins, il semblait bien trop avalé de ses cogitations pour l'avoir écouté. Et puis elle s'était ravisée, à sa promesse, hochant finalement la tête. « N'invitez-pas toute la ville... j'aimerais bien qu'il soit encore possible de dire que personne ne m'a jamais contemplé nue, autrement que mon époux ? » avait-elle finalement soufflé, jetant un regard furtif en direction de la porte. « Et puis il faut se rendre au plus rapidement au centre, il faudrait contacter Aaron... ça ne veut pas dire que bébé va vous rencontrer dans l'heure, vous avez bien compris ? C'est parce qu'il est plus protégé maintenant... et qu'il faut profiter pendant que j'arrive encore à marcher et que je n'ai pas mal. »

D’un geste qu’il voulait rassurant, bien que maladroit, il adressa une légère caresse au front de sa compagne. « Il va être parfait. Et nous l’aimerons. » Cherchant sa force, fragile et presque enfantine, dans le réconfort peu adroit qu’il cherchait à lui procurer. « … Je te promets que je lui offrirai un serre-tête avec des poissons si jamais il s’avère que c’est un chaton. » En dépit de la frayeur qui persistait au creux de ses veines, il essaya l’humour. Au moins pour elle. Pour la détendre. Faisant aisément abstraction des commentaires sarcastiques de son aïeule paternelle, toujours si prompte à exprimer ses sentiments sur la situation.

Et sur la lenteur de cet enfant qui avait refusé de se manifester jusqu’à aujourd’hui.

Mais ce n’étaient que des mots, pour lui. Que des échos déformés d’une crainte lointaine. Il s’effrayait davantage de ne pas savoir quoi faire et comment sans les indications nécessaires. Techniquement, il les connaissait. Théoriquement, il pouvait les mettre en pratique. Seulement, de ce qu’il avait assimilé  à ce qu’il devait faire … Le Rosier chancelait tant l’incertitude rôdait encore dangereusement au bord de ses nerfs. « Je … Oui, certes, mais... » A cet instant, une silhouette passa l’embrasure de la chambre. Iris. Nimbée de cette aura insondable et mystique que le calme d’une âme d’expérience dégageait ordinairement dans les moments fatidiques. Elle s’approcha sans s’imposer, certainement rodée par les grossesses successives de ses jeunes années et celles des soeurs de son époux. En des mouvements silencieux et précis, elle abonda dans le sens d’Adrasteia sans chercher à couper leur échange.

Juste assez pour que son fils, son premier-né de presque trente ans, soit en mesure de comprendre et de s’apaiser. Au moins un peu. Au moins pour faire ce qu’il fallait. « Il faut … Prendre les bagages. C’est ça ? Et nous pouvons y aller. Je n’oublie rien ? Adrasteia, je vous porte jusqu’en bas ? Est-ce que … Atropos reste ici, n’est-ce pas ? »

Et c’était étrange que dans cet instant il pensa à l’acariâtre volatile. A cette créature détestable alors qu’ils avaient bien d’autres maux à gérer. Derrière eux, Iris extirpa sa baguette albâtre pour faire léviter quelques malles qu’elle reconnaissait du regard. Prête à porter secours à ses chers petits le temps qu’il leur faudrait.


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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Beware the Heir of the Rose – Prologue
Partie 2

2 mars 2001, à différents endroits


« Et dire que j'enviais la voisine parce que son mari lui avait offert tout un assortiment de coutelleries en or. J'ai si hâte de la voir verte de jalousie, lorsqu'elle admirera notre enfant dans la cours arrière à se parader avec son serre-tête à poisson. Aucun homme ne pourra jamais rivaliser avec la perfection de mon roi. » qu'elle avait minaudé d'un air mutin avant de laisser s'échapper un soupire manifestement agacé par la vieille harpie qui s'accordait elle-même toute l'attention qu'elle croyait mériter. Et puis tandis que Léandre semblait s'apaiser de la lénifiante présence d'Iris, la Slave s'intéressa malgré elle aux désagréments d'une mère d'autrefois. Et peut-être étaient-ce ses hormones qui s'activaient d'une étrange manière, mais il lui semblait si évident, en l'observant, que la vieille harpie abordait un comportement aussi désagréable que bien trop familier. « Madame Rosier. Si vous avez l'obligeance de m'accorder une seule journée, sans le moindre commentaire dénigrant, de près ou de loin... alors peut-être pourrais-je vous autoriser à tenir compagnie à Iris et Léandre dans la salle. Par contre, un seul commentaire désobligeant et je vous garantis que même le concierge du centre médical verra cet enfant avant que vous ne sachiez même s'il est au monde. » Avait-elle dit d'une voix ferme et pourtant bienveillante. Parce qu'il était pareil, n'est-ce pas ? Démuni et impuissant, à vilipender sur la moindre brindille plus haute que les autres dans un champ de blé. Parce qu'ils géraient les choses ainsi, n'est-ce pas, à extérioriser leurs mécontentements - même les plus futiles - pour compenser ces choses qu'ils n'arrivaient pas à dominer. Et s'ils n'arrivaient pas à se faire maître d'un x, c'est le y sur lequel ils s'acharneraient bien trop fort jusqu'à ce que tous oublient ce x indomptable.

Elle secoua finalement la tête aux paroles du dernier fils, ses traits abordant une mine bien plus douce et rassurée. « Vous savez parfaitement si nous sommes prêts Léandre. Vous savez toujours bien mieux que moi, lorsqu'il est avisé de faire quoi que ce soit. Pour ce qui est de me porter... Mieux vaut-il profiter de l'exercice ... Pour que vous puissiez enfin vous rencontrer, n'est-ce pas ? Et puis croyez-moi, vous devriez garder vos forces pour le bon moment. Éventuellement, vous aurez à penser pour nous trois... » - Et de sa maladresse légendaire depuis quelques semaines, la Slave s'était difficilement redressée, ses prunelles ricaneuses venant croiser celui de sa belle-mère qu'elle remerciait d'un sourire doucereux. Parce qu'il était évident, qu'aujourd'hui son fils aurait besoin de son soutien plus que jamais, pour devenir ce père qu'elle avait façonné depuis sa naissance. Et puis doucement elle s'était retournée vers son roi paradoxe, inclinant légèrement sa tête en direction de la porte de la chambre. « Vos livres, vous oubliez vos précieux livres... Il vous faudra vous pratiquer à faire la lecture à voix haute, c'est votre dernière soirée avant d'avoir l'obligation de raconter des contes de fées. Joignons l'utile à l'agréable... nous pourrons choisir un prénom, pour l'utile, et pour l'agréable, je pourrai vous juger toute la nuit sans scrupule sur vos talents d'orateur. Il faudra prendre des voix et tout. »

Il avait inspiré et expiré, très lentement. Très précautionneusement. Comme il avait vu faire auparavant lors de quelques exercices d’usage. D’abord, il avait hoché la tête, reprenant progressivement consistance. Puis il s’était légèrement relevé sans lâcher la prise de ses doigts contre le corps de l’indomptable. Plus pour pouvoir maintenir le contact que pour la gêner. Une nouvelle fois, son regard s’était tourné vers Iris. Avant de se perdre plus loin, vers le visage de son aïeule qui était apparu à l’angle de la porte. Sans doute que les avertissements proférés par Adrasteia à son égard avaient terminé d'attiser sa curiosité. Une esquisse étrange bordait ses lèvres asséchées par d’éternelles réprimandes. Ce n’était ni un sourire - Sibylle ne souriait presque jamais - ni une moue désagréable. Uniquement une ligne droite aux accents floutés par les ourlets de rides trop nombreuses.

Si l’aigreur d’un silence imposé pouvait être décelé au coin de ses yeux perspicaces, la vieille femme se garda d’en faire étalage. Tout au plus lâcha-t-elle un : « Soit. » Sophistiqué et volontairement neutre dans l’intonation. Malgré toute la déplaisance que lui procurait sa belle petite-fille et que tous connaissaient aussi bien à la Roseraie qu’à Atlantis.

Léandre finit par se détourner des visages familiaux pour se concentrer sur sa tâche. « C’est vrai. Les livres. Il ne faut pas les oublier. » Lui qui était si peu intellectuel avait tant trouvé de réconfort dans les quelques opuscules traitant des prénoms et de leurs significations. Lui qui lisait que de manière distante, s’était découvert une passion imprévue pour … « Madame, vous vous moquez de moi. Il ne peut pas avoir meilleur conteur pour un enfant que son propre père. Ou sa mère. Ou les deux. Laissez-moi faire mes preuves et vous convaincre. » Rosier fils avait profité de sa position pour reprendre un peu d'assurance. Plus théâtrale que véritable, finalement :  car la crainte enserrait toujours ses entrailles.

D’une main très peu adroite, contrairement à d’habitude, il tira sa propre baguette pour ranger les livres dans la dernière petite malle. Celle des distractions. Il la fit  léviter jusqu’à eux, pour permettre à sa compagne de constater la chose : il n’oubliait pas ses précieux ouvrages. « Je crois que nous pouvons y aller. Les malles sont … » Iris acquiesça délicatement et ouvrit le chemin vers l’étage, accompagnée des bagages enchantés. « Elles sont prêtes. Sibylle, pouvez-vous rédiger un message au médecin et l’envoyer par le hibou ? Ce serait plus rapide. Adrasteia, votre bras je vous prie ? Que je garde au moins un oeil sur cette descente des escaliers. Elle vous est difficile aujourd’hui, j’ai peur. » La grande aînée avait levé les yeux au ciel mais, sous la demande de son petit-fils, s’était pliée à la manœuvre. Quittant la chambre d’un pas leste pour s’occuper du parchemin et du volatile de la maisonnée.

Elle avait ricané, encore une fois, la tête légèrement baissée pour en dissimuler son amusement. Parce qu'il ne fallait surtout pas faire l'impensable : l'encourager un peu trop ouvertement dans ses histoires, au risque de lui donner la confiance nécessaire à ambitionner sur des terrains potentiellement risqués. Parce qu'il n'en nécessitait que si peu, pour qu'il s'adonne à des pratiques dangereuses que lui seul semblait en apprécier les conséquences. Parce que tourmenter sa Nymphe était un sport qu'il avait bien trop aisément maîtrisé, tant bien qu'il n'avait pas laissé passer la première opportunité d'augmenter le niveau de difficulté dès qu'elle lui était passée sous le nez. Sans doute, aussi, savait-il parfaitement qu'elle avait bien beau damner chacun de ses ancêtres dans une colère explosive, il n'en restait pas moins que l'aristocrate prenait autant plaisir que lui à rétorquer de ses menaces les plus élaborées. « J'espère que papa ne s'efforce pas d'adopter une voix caricaturée de sa femme pour interpréter les rôles féminins de ses histoires, autrement vos preuves ne serviront qu'à me convaincre d'un sort bien funeste à votre égard, Monsieur Rosier. »

Et elle ricanait encore, haussant les sourcils alors qu'elle obéissait bien sagement - pour une fois - en lui offrant son bras tel que demandé. « Et bien, avoir eu la certitude que vous seriez aussi avenant, j'aurais simulé le travail il y a des semaines déjà ! » avait-elle soufflé, s'empressant toutefois d'activer la marche pour se faire oublier au plus rapidement. « Oh dites-moi... vos livres, avaient-ils de bonne suggestions concernant les chatons ? »

Avec une attention toute exacerbée, il la guida vers le couloir puis l’escalier, veillant à la faire descendre sans engendrer de drame. Ni pour elle. Ni pour le bébé. Et si il s’efforçait avec violence de contenir ses doutes, la pâleur de ses yeux trahissait régulièrement les affres qui couraient le long de sa conscience à chaque mouvement d’Adrasteia. D’apparence, il faisait l’Homme. Le fier maître de maison. Mais en vérité, il agissait plutôt comme un enfant zélé, protégé par la théâtralité d’un ton plus mature que ne l’étaient les battements de son propre cœur. « Si j’avais l’audace d’imiter une voix féminine avec indécence, vous ne seriez pas la seule à me maudire. Je trouverai un moyen de rendre la chose moins désagréable à vos oreilles. Je tiens à pouvoir entraîner mon équipe de Quidditch, plus tard. Ce serait dommage de ne pas être en état de le faire. »

Iris continuait d’ouvrir la marche, au-devant d’eux. D’un calme impérial que les tentatives d’humour de Léandre ne parvenaient pas à troubler. « Ce sont des prénoms de sorciers, mais vous savez aussi bien que moi … Que nous donnons parfois de telles appellations à nos animaux. Après la naissance, vous voudriez que j’aille chercher un chaton pour l’enfant ? Peut-être que nous pourrions mandater Siobhan pour une mission aussi importante. Elle sait amadouer les créatures à poils de tous types. » Lui-même avait opté pour une démarche plus lente, tandis qu’ils descendaient à l’étage inférieur. « J’ai envoyé le hibou. Allons-y. » La voix de l'aïeule résonna derrière eux, d’une vivacité peu coutumière.

Rosier fils inclina alors le visage, sans pour autant se presser davantage : il s'adaptait au rythme de l’indomptable pour lui être un soutien suffisant. En dépit de la crainte. De l’incertitude. Et de toutes ces choses qui se mêlaient dans un coin de sa tête. Ils gagnèrent ainsi la porte, puis l’extérieur du manoir. La vieille sorcière venant fermer l’entrée en de multiples tours. Tant bien même qu’il y avait toujours quelqu’un dans la maison. Et à cette heure, si ce n’était pas Camille, il s’agissait probablement d’Honoria.

«  Voyez-vous le temps ? Il est parfait. Tout va bien ? La marche est encore supportable, Adra ? »

Et si le sang bleu aux sueurs froides se faisait un sang d'encre, l'hérétique semblait chanceler d'une concentration un peu plus précaire, à l'écoute d'un corps aux bouleversements qui s'additionnaient au gré du temps. Et il s'en passait tant à la fois, et pourtant si peu lorsqu'elle anticipait la suite de l'avènement. Chaud, il lui semblait avoir chaud, simplement parce qu'il en était naturel pour le jeune couple, d'êtres aux antipodes pour mieux se compléter, sûrement. Ou peut-être était-il seulement plus rassurant d'en sonder les profondeurs d'une vie pour lui attribuer des raisons composées de poèteries plus lénifiantes que de rebrousser chemin à l'idée d'une douleur éventuelle pour un corps si éphémère lorsque l'on poussait davantage l'aspect philosophique d'une tendance plus pessimiste.

Parce qu'ils n'étaient rien d'autres qu'un organisme à la vie bien trop courte sur l'échelle d'un tout qu'ils n'arrivaient pas à nommer. Bien trop futiles, pour que leurs différences composant leur amalgame, n'aient aucune incidence sur les mystères de la vie, de la mort. De l'être. « Et bien, s'il vous fait plaisir d'attribuer une tâche quelconque à Siobhan pour souligner la naissance de la petite pousse, je n'ai pas d'objection. Mais j'aimerais... lui offrir mon héritage avant. Je ne crois pas que ce soit pour vous plaire toutefois. »

Et elle s'était arrêtée, observant sa vieille harpie favorite fermer la marche d'une porte bien trop lourde de réalité pour qu'elle n'échappe à l'angoissante fatalité. D'une respiration manifestement plus tranchée, plus véloce, elle reporta son attention sur le sorcier. « Pourquoi ? Je n'ai pas l'air d'aller bien vous croyez ? J'ai mauvaise mine ? J'aurais... peut-être devrions-nous retourner à la chambre, pour me changer ? Je dois avouer que pour le moment les contractions ne sont que gênantes, mais la robe mouillée est particulièrement désagréable ... rentrons. Vite ! »

De son regard inquiet reporté sur la porte de la Roseraie, la Slave avait haussé les sourcils sous la peur qui lui malmenait bien plus le ventre que le travail qu'elle craignait tant. Elle pivota soudainement, remontant quelques marches d'une habileté ironiquement surprenante, quoi que d'une durée décevante, s'arrêtant pour poser une main contre ses reins pour soutenir l'enfant à venir, essoufflée plus que nécessaire. « On n'est pas obligé d'y aller dans la seconde comme si il y avait urgence vous savez ? Enfin je veux dire, maintenant que je prends le temps d'évaluer la situation ... je crois que je me suis trompée. Bébé n'est pas prêt d'arriver. Allons dormir et puis demain nous verrons bien ce qu'il en est vraiment lorsque nous irons faire le suivi prévu en raison du retardataire ! »

Et de sa tête elle confirmait ses dires, d'un hochement qui n'arrêtait plus de s'affirmer, d'un long oui qui prenait le rythme rapide de son souffle. « Et puis tu sais Léandre, il faut se montrer ferme le plus tôt possible. Pour bien instaurer une discipline dans l'éducation de l'enfant. Être autoritaires. Déjà, ça commence par l'assiduité, bébé a refusé de sortir pendant cinq jours et nous devrions accepter comme ça qu'il débarque sans prévenir ? Non non, moi, je dis... qu'on doit lui apprendre qui décide ici. Fait un homme de toi et puis tu lui dis : Je suis désolé bébé, mais nous, on avait prévu quelque chose et faudra t'accommoder. Nous ne sommes pas disponibles avant 2080. Et si tu ne lui dis pas, ce sont trois corbeaux que je lui offrirai, qui te donnerons des millions de petits coups de bec mesquins. »

Ils s’étaient finalement tous immobilisés. Iris, silencieuse. Léandre, décontenancé. Sibylle, les bras croisés par un désaveu évident. La réaction d’Adrasteia surprenait Rosier fils plus qu’il ne l’aurait souhaité. Et si l’argument de la robe était un point recevable de ce retournement, l’énumération du reste lui fit froncer les sourcils.

Autant à lui qu’à son aïeule déjà muette d’une critique somme toute équivoque. Seule sa mère restait discrète sur ses émotions : sans doute car elle comprenait bien mieux sa belle-fille que les deux autres énergumènes.

D’un geste doux, aux accents maladroits, il vint poser sa main sur l’épaule de l’indomptable. Un instant, il observa la porte de la demeure. Oh, Léandre n’hésitait pas. Il n’était pas question pour lui de revenir en arrière maintenant que les eaux s’étaient rompues et que le médecin avait été prévenu. Mais, dans un élan inhabituel et probablement insoupçonné, il essaya de comprendre. Il s’efforça de déceler dans les tracés de l’entrée ce qu’elle voyait et qu’il n’était pas capable de repérer.

La pression sur l’épaule de la nymphe terrible se fit plus assurée, progressivement. Précautionneusement. « Nous aurons tout le temps de nous montrer ferme plus tard. Nous nous organiserons pour vous trouver une nouvelle robe une fois que vous aurez été examinée par le médecin. A mon sens, ce n’est pas le plus urgent. Allons-y, s’il vous plaît. » Et comme il craignait qu’elle chercha à fuir ou à lui désobéir, telle qu’elle savait le faire si vivement, le sorcier vint la soulever du sol et la porter entre ses bras. Tendus. Extatiques. Mais sûrs dans le maintien qu’ils offraient à la silhouette d’Adrasteia.

« Trois corbeaux, donc ? Je suis définitivement maudit par vos soins. Je préférais vraiment l’idée du chaton. » Tout en la serrant contre lui d’une force qui n’autorisait pas de contestations, il reprit le chemin. Sa mère et sa grand-mère à ses côtés. « Est-ce votre héritage, trois corbeaux pour notre enfant ? Un seul ne serait-il pas suffisant, Adra ? Parce que élever deux créatures aussi indisciplinées qu’un bébé corbeau et un bébé sorcier est une tâche ardue. Vous vous en doutez, n’est-ce pas ? »

Ses lèvres s'étaient entrouvertes par réflexe, inspirant si longuement qu'il était bien trop aisé d'en deviner les objections qui n'en finiraient jamais. Mais à peine ses poumons s'étaient-ils gonflés qu'il rétorquait déjà par la force, accentuant gravement l'arc d'inquiétude qui soulevait ses sourcils.

Elle s'était pourtant accroché, nez maintenant froissé d'un mécontentement manifeste par la haute trahison qu'il osait machiner en un jour aussi fatidique. Et si elle mourrait, cette nuit ? Et si elle devenait comme sa mère, dans quelques années ? La Slave se contenta d'en dissimuler son faciès au creux d'un cou aussi rassurant qu'il n'était contrariant, fermant ses paupières dans l'invraisemblable espoir de se réveiller qu'une fois l'affaire faite. « Vous n'aurez ce chaton qu'une fois après avoir fait sortir un bébé de votre ventre. Trois corbeaux me semblent beaucoup moins terrorisants que donner la vie.  » avait-elle soufflé, posant toutefois une main pour en caresser l'enfant si sage depuis quelques jours, autant que pour en calmer ses propres craintes qui semblaient finalement se concrétiser. Du moins, cette fois, d'une contraction suffisante pour lui en couper le souffle, mais pas assez pour faire autrement que d'en raidir tout ses muscles. « C'est commencé. Je crois... qu'il faut se dépêcher. Léandre, je crois que je ne sens plus bébé bouger. Mais je ne sais pas... si c'est normal ou si c'est parce que je suis terrorisée, si bébé va bien... »

Oh, il avait esquissé un très léger sourire. D’allure compréhensive mais d’essence moqueuse : car il était évident qu’il n'appréhendait pas la situation de la même manière que sa compagne. Trois corbeaux lui paraissaient être, dans l’immédiat, une perspective terrifiante à long-terme. Non pas qu’il n’appréciait pas les animaux, bien au contraire, même si être à l’aise n’était pas chose facile auprès d’eux. Mais la seule idée d’affronter des multiples d’Atropos lui donnait quelques sueurs froides.

A moins qu’il ne déplaça son angoisse du moment sur un détail aussi insignifiant.

Le début d’amusement s’estompa néanmoins rapidement. Car la véritable inquiétude s'immisça de nouveau en lui aux mots d’Adrasteia. « Je… Oui. Je vous tiens. Accrochez-vous. Allez, du nerf ! » Immédiatement, alors, ses bras s’étaient resserrés contre les courbes de l’indomptable. Puis, en des mouvements dictés par l’urgence, il se mit à courir. Prudent, toutefois, vis-à-vis du chemin emprunté. Il ne s’agissait pas de perdre l’équilibre et de tomber, mais de foncer.

Quelque part, il remerciait tous les entraînements de sa fonction. Toute la dureté de ses missions passées. Ces expériences lui permettaient de tenir, alors que ses deux parents peinaient à le suivre. Son aïeule n’hésitant pas une seconde à pester à l’encontre de ses vieilles jambes. Il se dépêchaient et Léandre ne pouvait qu’espérer que ce serait suffisant. « Peut-être … Pouvez-vous … Souffler … Une berceuse ? Bien … Respirer ! »

Et c’était bien tout ce qu’il pouvait espérer : que tous pourraient respirer.

Elle s'était simplement contenté de hocher la tête pour toute réponse, ses mains venant se nouer derrière sa nuque pour s'accrocher tel que demandé. « Peut-être est-ce simplement la perte des eaux qui fait en sorte que... peut-être que bébé se repose une dernière fois avant… Ils disent que c'est particulièrement traumatisant pour l'enfant, de naître. Enfin je comprends - ouh... - pourquoi. Imaginez, être si inconscient de simplement exister... pour souffrir autant de compression dans des positions si inconfortable, simplement pour sortir d'un néant existentiel vers une lumière in imaginée, éclairant d'autres êtres immenses et - » et quoi ? Sa voix s'était fêlée, parce que cette fois, ce n'était plus une initiation, ni une préparation. Rien de moins qu'une douleur déchirante qui semblait tirer si fort qu'elle aurait pu jurer qu'elle aspirait son propre corps vers l'intérieur. Et elle était si lourde maintenant. Et elle était si rigide et pourtant d'une posture si affaissée à la fois. Une berceuse. Par les sept enfers, « Je, je crains mon bel amour, qu'aucu-Une... berceuse ne soit composé d'une gamme aussi criarde qu'il me serait possible de souffler. Je crois qu'une lamentation est actuellement plus à ma portée... »

Toutefois, elle approuva la proposition, respirer, comme ils avaient appris, comme ils avaient pratiqué. Elle ne s'arrêta que pour en mordre sa lèvre inférieure pour étouffer sa plainte alors qu'une nouvelle contraction se faisait sentir, laissant sa tête se reposer contre l'épaule du Rosier qui se montrait - pour faire changement - beaucoup plus brave qu'elle ne l'était. « Vos yeux, j'aimerais qu'il ait vos yeux. Et votre habileté. Comme ça, quand je serai aussi vieille que votre harp- très vieille, alors bébé pourra me faire valser pour me rendre heureuse. Et peut-être un peu ... cet air malicieux que vous avez bien souvent, quand vous ne souriez que d'un coin des lèvres. Mais rien qu'un peu, pas trop. Parce que vous l'affichez quand vous avez envie de m'embêter pour me faire exploser. Ou lorsque vous avez des idées peu catholiques, je n'arrive jamais à déterminer lequel, allez savoir, parfois ce sont les deux en même temps ! »

Les sourcils de Rosier fils s’étaient encore plus accentués d’une inquiétude vivace. Il craignait tant toutes les choses qui pouvaient arriver ici bas. Il s’effrayait de ne pas faire assez. Ou d’en faire trop. Tout lui semblait tenir sur une corde raide, bien trop raide, contre laquelle ses capacités physiques ne seraient que dérisoires. « Respirez, Adrasteia. Et priez plutôt qu’il n’ait pas ce sourire : c’est l’esquisse des bêtises avant l’heure. Enfant, j’étais infernal. Ne nous souhaitez pas ça, s’il vous plaît. Ou alors de manière très infime. Comme vous le dites. Rien qu’un peu. Expirez. » C’était finalement la partie qui lui semblait la plus aisée.

Cristallisant sa concentration sur leurs respirations communes alors qu’il courait encore. Alors que Sibylle grommelait quelque chose d’incompréhensible dans la course douloureuse vers l’établissement de santé.

Et dans l’urgence, Léandre songea au balai. Il aurait été plus rapide et raisonnable de le prendre. Le chemin en aurait été plus court. Mais dans l’urgence, toujours cette foutue urgence, il n’y avait pas songé. Il s’était laissé corrompre le sang par un instinct pas assez sorcier à son goût : mais il garda cette appréciation désagréable pour lui-même tandis qu’ils avançaient encore et encore. « Peut-être que les plaintes en miaulant sont adaptées … Vous parliez d’avoir un chaton. Miaulez. Je préfère ça plutôt que de vous entendre maudire le monde. Vous risqueriez d’enfanter une harpie, vous qui les détestez tant ! »

C’était là une dernière tentative de soulager l’atmosphère. D’oublier la brûlure de l’air dans sa gorge et la chaleur qui irritait ses tempes. Ils couraient. Et ils espéraient que c’était bien assez.


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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MessageSujet: Re: Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »   Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » EmptyDim 24 Mar - 8:58

Beware the Heir of the Rose – Prologue
Partie 3

2 mars 2001, à différents endroits

Il commença, lui, à éprouver une lueur de soulagement lorsqu’ils atteignirent enfin l’établissement. L’Auror qu’il était ne chercha pas à faire dans la dentelle. Son pied poussa la porte qui menait à la salle d’accueil et il capta l’attention de toute l’assemblée sans en être gêné. « Ma femme accouche ! Le docteur Menahem est prévenu, où est-il ? »

De toute façon, il n’avait pas le temps de s’occuper de l’opinion de ses semblables. La peur et l’excitation imprégnaient trop, encore, les veines tendues de sa chair.

« Oh seigneur. » Avait-elle soufflé alors qu'elle tentait visiblement d'en dissimuler son visage aux teintes écarlates un peu plus au creux de son cou, seulement après en avoir marqué sa peau d'une morsure protestataire pour souligner son comportement excessif. « Par les sept enfers Léandre, ne dis plus jamais que tu étais infernal lorsque tu étais enfant, clairement le temps de verbe donne l'impression que ce n'est plus d'actualité. » - et peut-être, avec toute la chance du monde, arriverait-elle à lui faire percevoir une ellipse suffisante à tempérer son assaut.
Elle leva doucement le menton, ses yeux balayant la scène qui se trouvait derrière lui, non sans en rater l'esquisse d'une dérision venant marquer d'une fraction à peine perceptible sur les lèvres d'Iris qui ne dérogeait pas de son silence.

La femme jaugea le sorcier d'une œillade aussi blasée que rigide. « Monsieur. Veuillez déposer mademoiselle et ne plus ouvrir la porte de votre pied. Je vous signale qu'il s'agit d'un établissement pour soigner la population, alors gardez vos semelles pleines de germes et de saletés au sol et utilisez vos mains. Remplissez ces papiers pour l'inscription au triage puis venez me les remettre une fois complétée ainsi qu'une pièce d'identité avec photo ainsi que celle de l'établissement. Vous pourrez ensuite vous asseoir dans la salle d'attente à votre gauche. » - La Slave s'en mordait déjà les lèvres d'anticiper la réponse du sang-pur, ses pupilles glissant de la réceptionniste à son époux sans arriver à prévoir si l'apocalypse frappait déjà à leurs portes. Et puis même s'il en était d'une douleur perçante, elle fut la première à déchirer le silence d'une plainte qu'elle tenta toutefois de mesurer en raison de la présence de témoins, soufflant, lentement, en contrôle, paupières closes pour se donner toutes les chances d'en gérer la douleur.
Et puis qu'est-ce qu'elles devenaient de plus en plus longues, de plus en plus rapprochées, ces dites contractions de malheur. Doucement, elle avait posé sa tête contre son torse, simplement pour s'apaiser pendant que l'homme se faisait soudainement patriarche d'un monde qu'il voulait gouverner - « Miaou »

Il avait d’abord pincé les lèvres. Mécontent de la réponse qu’on lui faisait. Un peu piqué dans son honneur que de devoir attendre au milieu de la plèbe alors que son épouse accouchait. L’esquisse d’un souffle plus brutal que les autres échappa à ses lèvres. Peut-être qu’il était en passe de fulminer : lui qui avait des colères si explosives !

Seulement le miaulement douloureux d’Adrasteia le rappela à la réalité. Hurler et s’afficher devant tout le monde ne ferait pas avancer le problème. Et pour côtoyer l’univers médical de par sa fonction - blessé ou tortionnaire - il savait indubitablement comment ces cercles rigides fonctionnaient. « Bien. » Sa voix avait néanmoins claqué avec une véhémence difficilement contenue. Pleine de dédain et d’impatience.

Précautionneusement, néanmoins, il avait ensuite déposé l’indomptable au sol, soutenu par Iris. Sibylle, non loin derrière, distribuait des regards mauvais à quiconque osait adresser un regard dans leur direction. L’expression suffisamment mauvaise et hautaine pour qu’on la trouva aisément inquiétante. Puis, l’Auror s’était occupé des papiers en des gestes vifs et furieux. Il extirpa d’une des malles ensorcelées le dossier préparé à l’avance pour ce grand moment, vérifiant d’une inquisition scrupuleuse la justesse des informations et la qualité de la photographie.

Enfin, seulement, il déposa le tout à l'accueil, toujours aussi peu aimable. De toute manière, il n’avait pas envie d’insister, trop de choses pullulaient déjà dans son cerveau. Sa poigne, plus assurée et directive en présence du monde, dirigea sa compagne et ses aînées vers la salle d’attente. A gauche. Il expira d’une raideur plus diluée quand il réussit enfin à s’asseoir. « Mes sales semelles lui permettent de pouvoir travailler en paix, ici, le cul vissé devant son bureau. Elle devrait me remercier plutôt que de râler. Sat- ... Tout va bien, Adra ? Les contractions ? » Aussi vite qu’il s’était corrompu le sang d’une injustice crasseuse, son esprit s’était tourné vers la Slave. Un éclat inquiet au fond des yeux.

Et elle hochait la tête, paupières closes, à tenter de se concentrer sur les paroles du Rosier qui crachait sa haine contre la réceptionniste. Parce qu'au fond, elle devait avouer que de l'entendre pester d'une colère certaine, soulageait ses propres envies de meurtres motivées par la douleur, d'une satisfaction clairement égoïste.

Et elle s'agitait, sur sa chaise, sans trouver la moindre position suffisamment confortable pour s'y asseoir et attendre son tour. Attendre son tour. « Non. Non. Je suis assise dans une salle d'attente avec des gens qui n'ont même pas la décence de tousser dans le creux de leurs coudes, pendant qu'une tête essaie de se frayer un chemin pour sortir entre mes cuisses. Et que j-je dois prendre un numéro pour ATTENDRE, que ce soit mon tour pour mettre au monde un enfant qui a cinq jours de retards. Et et .. tout ça parce que je dois subir la vengeance silencieuse d'une vieille grébiche clairement mal baisée. Oh seigneur. Pardons. Pardons. J'ai juste.. » « Monsieur et Madame Rosier ? Qu'est-ce que vous faites ici ? La réceptionniste ne vous a pas dit de venir directement à la chambre de Madame Rosier ? Elle est prête pour vous y rendre, nous devons surveiller immédiatement l'avancement comme la grossesse est à risques... » - Soulagement, apaisement, satisfaction - contraction - « J'vais la tuer cette sale - »

Et elle avait tenté, malgré la contraction, de se lever pour aller montrer à cette réceptionniste, de qu'elle sorcière, elle avait affaire. Et pourtant, à peine avait elle fait un pas que la douleur l'avait brusquement immobilisée, prenant appui sur l'infirmière pour ne pas s'effondrer à même le sol. « La chambre. La chambre. Ou bien non, frappez-moi très fort à la tête. »

L’entendre vociférer à l’encontre de la réceptionniste le fit sourire. Largement. Parce qu’il était agréable de pouvoir se concentrer là-dessus alors que ses nerfs tiraillaient sa conscience d’une inquiétude toujours diffuse. Parce qu’il était amusant, aussi, de constater les ressemblances qui ne se disaient certainement pas entre son épouse et son aïeule. L’une et l’une pestant des reproches cumulés à l’encontre de ceux qui se dressaient sur leur chemin.

Elles ne se supportaient pas tout en ayant quelques points communs savoureux. Seulement, Rosier fils ne profita pas davantage des insultes distrayantes de sa compagne. La colère, dissimulée quelques secondes par l’amusement, revint plus fort au coin sa bouche. Rictus infime. Visible néanmoins en quelques esquisses tempétueuses.

Mais il n’avait le temps de rien ! Ni d’exprimer sa frustration, ni sa frayeur, ni sa fureur. « La chambre, oui ! » Il s’était relevé brutalement pour venir soutenir Adrasteia et l’aider à suivre l’infirmière. « Là, je ne vous frapperai pas. Vous le savez, Adra. Et puis, il manquerait plus que ça :  vous avez déjà bien assez à gérer. Pensez aux détails de la chambre. De la jolie chambre. Du beau petit bébé à venir. » Par ces mots, il essayait de se calmer et de se rassurer également. Guidant les pas de l’indomptable et terrible madame Rosier à la suite de leur sauveuse du jour, jusqu’à atteindre enfin la chambre tant attendue.

Et c’est là qu’il se sentit étrangement dépassé. Maintenant qu’elle était entre de bonnes mains, qu’il ne lui restait plus qu’à prier, il … Était inutile, n’est-ce pas ? Il se rapprocha pourtant, vérifiant que rien ne lui procurait des craintes dans la pièce. Que rien ne lui semblait étrange. Que rien- « … Êtes-vous toujours partante pour un serre-tête avec des poissons, Adra ? »

« Certainement pas… s’il faut autant souffrir, alors autant sortir un vrai bébé et pas un chaton ! » qu’avait-elle rétorqué, levant ses bras pour laisser l’infirmière lui retirer cette robe qu’elle s’insupportait de sentir coller contre ses jambes. Et tandis qu’elle continuait machinalement ses tâches pour préparer la jeune sorcière, l’infirmière fit signe à Léandre de s’approcher, lui pointant les deux moniteurs qui se trouvaient devant le lit. « Vous voyez ces deux fils, celui-ci mesure les battements du cœur de bébé, d’accords ? Et celui-là, c’est pour mesurer et chronométrer les contractions. Comme ça, on peut savoir à quel moment elles arrivent et à quel stade Madame Rosier en est dans le travail. Comme ça, vous pourrez nous dire si vous croyez que le bébé est en souffrance et puis suivre votre femme pour mieux l’encourager lorsqu’une contraction est en approche. Le docteur devrait bientôt passer pour faire ses propres analyses, mais pour l’instant, il faut que la nature fasse son travail… Une fois le docteur passé, je viendrai vous donner quelques suggestions pour faciliter le travail, en attendant, même si c’est difficile, il faut qu’elle se repose ou qu’elle mange. »

« Viens ici papa… avec tes livres… » qu’elle lui avait soufflé, tapotant une place à ses côtés sur le lit au confort discutable. « Plus tard, si on peut, nous irons lancer des boules de papier avec des menaces sur la réceptionniste … »

Une fugace impression d’inutilité lui mordit les nerfs, mais il s’efforça de hocher la tête. D’acquiescer du mieux qu’il le pouvait pour bien montrer qu’il avait compris. « Les fils. D’accord. Je vais les suivre. » Et c’est vrai qu’il était fascinant de pouvoir suivre ces courbes du regard. Au moins d’un oeil distrait tandis que sa compagne l’appelait. « Est-ce que l’on cherche, encore, des prénoms ? » Lentement, il avait extirpé sa baguette pour en appeler une malle, l’ouvrir et en retirer ses précieux ouvrages. Iris, à l’arrière, continuait à entreposer les autres dans un coin de la pièce. Puis à ranger ce qui pouvait l’être avec organisation et méthode. « Avez-vous des idées, déjà, Adrasteia ? »

D’une œillade vigilante, Léandre observa les mouvements de l’infirmière puis il souffla quelques mots à l’indomptable. « Nous dessinerons des visages mécontents sur les boules. Ce sera plus amusant. » L’expression pleine de jugement et acariâtre de Sibylle, sur le pas de la porte, le fit se redresser et perdre un peu de cette esquisse conspiratrice. « J’aurai aimé Victoire, personnellement. Mais je sais que ce prénom ne vous enchante pas. Alors j’attends de pied ferme, madame Rosier, vos envies et suggestions ! »

Elle avait grimacé par réflexe, autant par un agacement affiché inconsciemment que d'une mine désolée qu'elle ne puisse exaucer ce vœu pour son époux. Puis elle avait secoué la tête, haussant les épaules alors qu'il lui demandait d'exprimer ses propres envies. « Pour être honnête... tu semblais si heureux de farfouiller tes livres à la recherche du prénom parfait... que j'éprouvais la même joie à l'idée de te savoir aussi dévoué à la tâche. Ce n'est pourtant pas parce que je n'aime pas le prénom, pour être honnête, ni parce que je ne saurais pas faire la différence entre notre enfant et elle ... simplement je ne serais pas en paix avec moi-même s'il fallait que quiconque puisse croire qu'il en résulte d'un hommage, encore moins vers ma mère, même si elle n'a pas toute sa tête. Et puis nous avons encore du temps avant de devoir se fixer, mais tu peux toujours me montrer tes préférés et puis nous choisirons une fois que nous lui verrons enfin le petit nez... » avait-elle soufflé, mordillant sa lèvre inférieur dans l'arrivée manifeste d'une contraction qui semblait prendre tout son temps pour atteindre son apogée. « Dis-moi... tu sembles très ... tu crois que c'est une fille ? On finit toujours par en revenir à Victoire... »


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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MessageSujet: Re: Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »   Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » EmptyDim 24 Mar - 9:06

Beware the Heir of the Rose – Prologue
Partie 4

2 mars 2001, à différents endroits

Elle expira, péniblement. Dos cambré à son maximum alors qu'elle tentait de prendre appui contre son lit alors qu'elle cherchait une position qu'elle n'avait pas encore trouvée et qui lui donnerait le moindre semblant d'un confort inespéré. Parce qu'elle les avait toutes faites, à ce qu'elle pouvait seulement songer. Parce qu'être innovatrice devenait de plus en plus difficile considérant qu'elle avait l'impression qu'elle n'arrivait même plus à formuler une pensée complète sans dériver vers une prière pour que ça s'arrête enfin. Il y avait bien une éternité d'écoulée depuis qu'ils étaient arrivés dans la chambre n'est-ce pas ? Au moins une demie-vie de passée depuis qu'elle n'arrivait plus à maintenir une simple conversation pour le moins sensée. « Allez, un dernier tour Adrasteia et je crois que cette fois, ce sera la bonne... Vous y êtes presque ma chère, un dernier effort et puis vous verrez que le bébé sortira comme un - » « un cognard. » avait-elle abruptement coupé l'infirmière, se redressant avec peine, une main posée sur son dos - comme s'il était possible d'en soulager la douleur - et l'autre sur son ventre - comme s'il était possible d'en alléger le poids qui lui semblait être comparable à porter un adulte de 50 ans. - puis elle pivota, tout en lenteur, pour se diriger vers la porte de la chambre.

Ils avaient sans doute fait le tour de l'étage des milliards de fois jusqu'à maintenant. Et peut-être était-ce la douleur qui faisait des siennes, pourtant, elle aurait certainement pu mettre sa main au feu que l'estimé était complètement réaliste... du moins très près du chiffre réel. Elle s'était toutefois arrêtée, tendant une main en direction de l'Auror alors qu'elle profitait de l'attente pour se reposer un peu. Simplement parce que faire plus de deux pas nécessitait tellement d'énergie de sa part et que même s'il était sans doute tout autant épuisé qu'elle, il lui était complètement impossible de faire ce foutu tour d'hôpital sans sa présence sur laquelle s'appuyer pour ne pas s'effondrer au sol à chaque contraction qui se diffusait dans chacun de ses muscles maintenant. Et d'un geste lent, elle avait refusé que la plus jeune Slave ne se lève de sa chaise, visiblement déterminée à les suivre dans ce que l'infirmière déterminait comme les derniers mille avant le début de la fin. La fin qui ne finissait pas de terminer. Qui ne finissait pas d'arriver. Parce que le temps semblait long dans les dernières heures de l'éternité. Puis elle repris son avancée lorsque son époux avait enfin rejoint sa silhouette à la posture si tordue et pourtant cambrée à la fois, penchée et courbée vers la gauche, étirée et tendue de tout son flanc droit, sa démarche de plus en plus précaire tant par le débalancement d'un ventre maintenant si bas qu'elle ne pouvait faire autrement qu'avancer d'une manière si caractéristique aux femmes qui portaient la vie depuis la nuit des temps. « Un canard... ce sera l’œuf le plus gros depuis que le monde est monde. J'en peux plus... il doit bien avoir du chloroforme quelque part dans une chambre près d'ici... c'est ton tour Léandre, j'ai fait le plus gros, c'est à ton tour de porter le bébé... et j'ai chaud, si froid, j'aimerais juste pouvoir faire une petite sieste... vous croyez, on pourrait lancer un imperium à bébé et puis lui ordonner de sortir maintenant... où est ma baguette ? »

Il était éreinté, finalement. Mais pas d’une manière absolue. Ni autant que sa compagne. Il l’était davantage comme un écho déformé de celle-ci. Les traits du visage tirés par l’appréhension et la lenteur de l’accouchement. Il avait toujours pensé, bien naïvement, que ces affaires-là étaient expéditives.

Véloces et instinctives. A peine une ou deux heures pour voir naître ce simili soi qui n’en était pas un. Seulement, il s’était fourvoyé. Oui. Il avait eu tort. Et c’était une chose terrible pour celui qui détestait se tromper, qui détestait devoir remettre en perspective sa vision du monde. Il avait eu tort de croire que ce serait rapide et facile. Leur enfant n’avait pourtant pas caché ses intentions : tant de jours de retard ne pouvaient dire qu’une chose. Il n’était absolument pas pressé.

« Ça me semble une mauvaise idée, honnêtement, cette histoire de baguette. » Ils faisaient donc des tours innombrables dans la bâtisse pour le pousser à sortir. Pour amener le travail, déjà si ardemment douloureux, à son point de non retour.

Un instant, ses yeux observèrent la silhouette d’Adrasteia. Sa souffrance lui nouait les nerfs d’une impuissance crasseuse. D’une réalité irascible : à part la soutenir, il ne pouvait rien faire. Juste l’encourager. Juste se montrer disponible. Un rôle de second plan qui le rendait presque malade pour elle. « Si c’était possible, croyez-le, je le porterai déjà. Mais comme la création ne m’y autorise pas … Je me dis que je le porterai autant que vous une fois né. Je serai le papa-porteur. » La drôlerie de son humour le fit sourire très brièvement. Puis il se reprit, sa main libre venant adresser une caresse aux cheveux de son épouse. « Peut-être que nous pourrons opter pour l’oeuf, lors du prochain. Ce ne serait que justice. Mais ne vous fourvoyez pas, vous ferez naître des aigles plutôt que des canards. D’ailleurs, avez-vous vu comment Sibylle compulse sa boule de cristal ? Je l’ai espionné, elle cherche des vêtements pour nouveaux-nés. Pas n’importe lesquels, par ailleurs : de beaux vêtements de célébrations. J’imagine qu’elle voudra commander une peinture du bébé pour la mettre dans sa chambre ou la rajouter à l’arbre généalogique. »

D’apparence amusé, alors que l’angoisse grondait toujours au fond de lui, il embrassa légèrement le front de sa compagne. « Je voulais savoir … Une fois tout ceci passé … Qu’est-ce qui te ferait le plus envie de manger ?  » Et perpétuellement, il cherchait un moyen de la distraire ou de la soulager un peu de ses maux mêlés.

« Nous devrons remédier à ça au prochain... il est évident que tu sauras porter tout ce poids bien mieux que je ne le fais. Et puis quel drôle d'oiselle je fais ? Avec cette démarche, je tiens bien plus du vilain petit canard que du corbeau sinueux. Quoi que si tu me demandes, j'ai bien plus l'impression d'aborder les plumages d'un oiseau de malheur, comme jamais je ne l'ai fait jusqu'à aujourd'hui. » qu'avait-elle déploré, avant de gentiment ricaner sous les aveux d'un Rosier fils bien trop indiscret. « Quand tu dis des vêtements de célébrations, ce n'est pas des vêtements propices à l'exorcisme n'est-ce pas ? J'aurais pu croire qu'elle souhaiterait immédiatement s'assurer de faire sortir le démon aux héritages slaves du bébé dès son premier cri. »

Et malgré tout, la brune s'était réconfortée par l'entremise d'un chaste baiser, caressant du bout des doigts la galbe de son ventre prêt à exploser, simplement pour y insuffler la même douceur rassurante qu'il lui offrait. Et peut-être serait-ce suffisant pour encourager l'enfant à venir les rencontrer, s'il savait qu'il n'avait rien à craindre autrement que d'être aimé. Et d'une simple question, la Slave semblait trouver l'énergie suffisante à revêtir ses malices les plus sinueuses, les plus ombrageuses, ses lèvres s'étirant d'un sourire à la nature aussi discutable que ne l'était ce nez retroussé - « Du Rosier, en brochette, mais pas trop cuit, encore saignant. » qu'elle avait minaudé d'une octave plus près d'un grondement vorace sans pour autant de délester d'une teinte sombre à la menace rauque. Et puis comme si ses encouragements avaient porté fruits, une contraction venait rapidement remplacer ses aires faussement machiavéliques aux ricanement cannibalisme. « Je n'ai pas... je n'ai vraiment pas... » - Et elle s'arrêta, voilant ses iris par des paupières manifestement bleuie par l'exténuation. Peut-être était-ce simplement le sujet de conversation, ou bien le résultat d'un corps au bout de ses peines par l'intensité croissante d'une douleur impossible à décrire par sa complexité. Quoi qu'il en soit, elle pouvait ajouter haut-le-cœur à ses inconfort, et encore, elle n'arrivait pas à déterminer si le symptôme était juste, tant tout lui semblait si particulier comparativement à tout ce qu'elle avait pu expérimenter dans sa vie. « Je n'ai vraiment pas faim Léandre... je crois même que mon corps refuse catégoriquement la simple idée d'ingérer quoi que ce soit. » lui avait-elle pleurniché, relevant finalement la tête sous les hurlements d'une détresse inquiétante parvenant au bout du couloir, enclenchant systématiquement une crainte suffisante pour la tétaniser sur place.

Et pourquoi elle hurlait autant la dame ? Et pourquoi pleurait-elle avec tant de maux ?

La Slave inspira brièvement, dans l'intention d'exprimer quelque chose, visiblement. Pourtant, elle s'était coupé, horrifiée par le constat d'une réalité angoissante alors qu'elle pouvait manifestement observer la scène plus ou moins troublée par une vue affectée par la grossesse. Parce qu'il était pourtant si logique, quand on y songeait le moindrement, de savoir ce dont il s'agissait, alors qu'on entendait que les pleurs d'une femme berçant un bébé. Parce qu'il n'y avait que ses pleurs à elle, que ses hurlements, seulement les siens. Effrayée, elle avait reculé, tirant maladroitement sur la main de son époux. « Ça porte malheur... de croiser un enfant mort-né. »

Et puis elle n'eut pas la chance d'en élaborer les légendes, ni même d'en échapper la fatalité, avant de se pencher douloureusement vers l'avant et de tendre sa main libre vers l'Auror. « Oh non, ça y est ... oh non, je n'arriverai jamais à me rendre à la chambre... »


(La suite sera postée la semaine prochaine dans le journal d'Adrasteia)


Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237060-moon1 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237066-moon2 Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » 1545237071-moon3
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MessageSujet: Re: Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable »   Léandre Rosier | « On a donné le nom de Lucifer au prince des anges qui firent la guerre dans le ciel ; et enfin ce nom, qui signifie phosphore et aurore, est devenu le nom du diable » EmptyDim 24 Mar - 9:20

Myriade – Chapitre 1
Début mai 2001, manoir de la Roseraie

D'un agacement contenu, quoi que trahi par les vibrations continues d'un mécontentement qui taquinait son épiderme, Léandre croisa les doigts. Il s'efforça de les joindre aussi proprement que ceux de son interlocuteur du jour. Mais il n'y arrivait pas. Malgré toute la bonne volonté du monde. Ou, plus exactement, malgré tout l'orgueil qui brûlait ses veines. Il avait beau imiter le mouvement indolent et méticuleux de son cadet, quelque chose persistait à souligner son évidente fausseté.

Il ne parvenait pas à se hisser suffisamment haut dans ce jeu étrange et indescriptible pour contrebalancer l'impossible flegme de son homologue. Et ce simple fait le rendait furieux. Littéralement. Parce qu'il était Roi, le Rosier, en son territoire. Il était celui qui dominait. Dictait. Broyait ceux qui osaient contrevenir à ses directives. Aussi parsemées de langes et de peluches que de grognements agressifs. Il était comparable à ces feux impatients et violents qui s’amusaient de la cendre et se nourrissaient de la moindre brindille.

Seulement, ici et maintenant, il n'avait pas la moindre surface sur laquelle s'embraser. Il n'avait aucune prise. Aucun effet suffisant pour ne serait-ce que impressionner la silhouette placide et mesurée qui lui faisait face. Pourtant, il lui semblait que le feu était une énergie si puissante et terrible qu'elle suffisait à faire fondre ce genre de glace. Parfois même davantage. Mais il échouait. Encore. À chaque seconde qui s'égrenait impitoyablement entre eux.

Il croisa les doigts, espérant obtenir au moins un triomphe en raidissant davantage ses index que ceux de son visiteur. Une victoire potentielle bien puérile au demeurant.
« Honnêtement, je suis surpris. Ce nom ne se prononce plus ici depuis au moins quatre ans. Et les rumeurs …
- … Sont des murmures troublants à vos oreilles, sire Rosier. Mais vous les connaissez mieux que moi, je n'en doute pas. Elles ont la gorge bien tristement asséchée par faute de maux trop nombreux, souvent véhiculés sans savoir de quoi il retourne réellement. Passons, toutefois, ce point indélicat. Voulez-vous ? »

Léandre avait d'abord haussé une épaule. Guère touché par la demande si soigneusement formulée, tant il espérait détenir ainsi de quoi troubler son invité. De quoi lui montrer, insidieusement ou brutalement, à quel point seul lui dominait leur environnement immédiat. Toutefois, l'absence de réaction à l'égard de sa propre indolence le força à réitérer l'action pour la rendre plus ostensible. Plus inévitable. Mais le silence perdura malgré tout. Encore. Sans discontinuer. C’en était humiliant.

A dire vrai, il lui sembla même déceler une ombre d'égayement au coin des yeux de son interlocuteur. Pas même une trace tangible. Juste un mouvement à peine perceptible. Un doute. Une mouvance si nébuleuse que l'ancien Auror commença aussitôt à se demander s'il n'avait pas sur-interpréter la chose. Sérieusement, comment ne pouvait-il pas douter de ce que son propre esprit avait supposé ? Cet homme en face, bien trop calme et réfléchi, ne laissait rien transparaître de déraisonnable sur les traits de son visage. Ni de raisonnable, d'ailleurs : il n'y avait là que de la retenue extrême et de la pondération détestable.

Tant et tant que Rosier fils se trouva obligé de trahir sa propre fierté pour ne pas risquer de fusionner avec le silence. Encore plus violemment qu'il ne le contrôlait absolument pas et le subissait, bien trop, à son goût de Roi malmené.

« Vous buvez encore du thé, au moins ? » L'interrogation résonnait d'un agacement embrasé d'orgueil, alors qu'il s'efforçait d'apparaître avenant avec ce sourire qui n'en dupait pourtant pas un. « Vous n'avez pas renié la totalité de votre héritage, quand même, je suppose. Ce serait d'une tristesse.
- Vous seriez décontenancé, mon cher Léandre, en visitant Paris. Le thé est autant adoré en ce territoire que dans le vôtre. Ce sera donc un Darjeeling, comme autrefois. Je ne doute pas que vous en ayez quelques grands crus, d'autant que votre sœur, demoiselle Honoria, est une fervente adoratrice de ces arômes obscurs. »

Il aurait aimé pouvoir lever les yeux au ciel et se dispenser de la verve toujours aussi lente et mesurée de son homologue. Il aurait adoré, surtout, pouvoir le remettre à sa place et être en mesure de l’assujettir par quelques violences suffisantes. Impérieuses. Mais, faute de prise suffisante – par tous les Saints, est-ce que ce sorcier était seulement saisissable par quelques recoins ? – il pinça les lèvres d'un mécontentement avéré. Pas plus de quelques secondes. Trop l'affirmer ce serait perdre la face et laisser dicter leur échange par-

« D'accord, deux thés. En parlant de sœur, comment va la vôtre ? » Avec un peu de chance, il pourrait dégoter deux-trois informations pour faire basculer la situation. « Depuis qu'elle a quitté Poudlard, elle vaque à ses propres occupations de l'autre côté de l'océan. Tout va pour le mieux, en somme. » Distraitement, Léandre leva la pointe de sa baguette vers le service à thé, disposé non loin. En quelques mouvements du poignet et d'infimes étincelles, ce dernier se mit en branle pour s'occuper des deux tasses commandées et récupérer quelques douceurs.

« C'est assez succinct, je m'attendais à … Des nouvelles plus impressionnantes.
- Vous me voyez navré de ne pas avoir de détails grandiloquents à vous transmettre sur ma cadette.
- Pas même quelques rumeurs agréables ? Un fiancé ? Un retour prochain sur notre superbe île ?
- Vous, mieux que quiconque, Léandre, savez à quel point il n'y a plus rien pour nous ici. Vous et vos semblables, ne vous êtes vous pas assurés de la chose, après tout ? »

Ses doigts se contractèrent légèrement contre la férule qu'il n'avait pas encore lâché. «  Je ne suis pas responsable de vos choix passés. Vous êtes un ancien mangemort, pas moi.
- J'ai trahi Lord Voldemort et j'ai combattu à vos côtés. N'était-ce pas suffisant ? L'ensemble de ma vie personnelle s'en est trouvée sacrifiée. Mes choix, aussi maladroits et mal avisés qu'ils étaient, ont été graciés par le sang des miens. J'ai plus que payé ma dette à l'égard de notre nation.
- Qu'importe vos repentances, elles ne rendront pas les innocents tués. Alors, oui, c'est injuste si je vous écoute. Mais c'est un fait. Vous avez porté la marque, c'est pire que de l'infamie. Je comprends totalement que l'aristocratie ait décidé de vous honnir. »

Cette fois-ci, Léandre esquissa un large sourire, tout en suivant du regard le ballet des tasses et théières. Parce qu'il le tenait, son triomphe : il s'y agrippait avec toute la puissance herculéenne qui le caractérisait. Parce qu'il le devinait. Mieux, il le sentait. Il le savait que ce sujet était pénible pour son interlocuteur. Pourquoi n'y avait-il pas songé auparavant ? Il l'avait sans doute envisagé, trop brièvement, avant d'être distrait par une nouvelle information. C'était si simple, pourtant, de lui rappeler à quel point ce nom était maudit, conspué, détesté en ces terres royales par tous ceux qui avaient guerroyé contre le Seigneur des Ténèbres. Tant pis si cette victoire grandissait dans le carmin fragile de la famille de son hôte. Tant pis s'il avait fait finalement volte-face pour affronter le représentant du mal. Tant pis pour tout.

L'Histoire ne retiendrait de toute façon pas ces détails. Insignifiants. Risibles. Il n'y avait de place en ce monde que pour un seul type de personnalités héroïques : la sienne.
Alors qu'il baissait sa baguette d'un mouvement soudainement plus délicat – jouissif, même – l'ancien Auror s'amusa à relever le visage pour en affronter d'autant mieux celui de son homologue. Il percuta de plein fouet l'expression lisse, quoique grave, de son cadet. Lisse, c'était le mot. Impénétrable. Et particulièrement froid. Glacé. Sans doute renforcé par l'éclat figé qui luisait dans ces iris céruléens.

Léandre avait probablement touché une corde sensible. Seulement, au lieu d'enflammer la roche trop stable qui lui faisait face depuis de trop longues minutes … Il lui semblait qu'elle s'était au contraire encore plus affirmée dans son intouchabilité. Sincèrement. Il le détestait. «  … Qu'est-ce que vous voulez, Rowan ? Sérieusement. Vous n'avez aucune raison de me rendre visite. Et vous n'imaginez pas les trésors de patience et de cadeaux que j'ai été obligé de déployer pour que mon épouse nous laisse seuls. Venez-en aux faits, par pitié. »

En fait, Rosier fils perdait justement patience. « Pourriez-vous ne pas sucrer la boisson, s’il vous plaît ? J’ai à cœur de discerner les arômes d’un thé aussi profond que celui que vous allez me servir … Sans me fourvoyer dans des onctuosités passagères. Un peu trop versatiles et caressantes à mon goût. » A moins qu’il ne perdait complètement le fil de ses réflexions à force d’essayer de suivre celles de son hôte. « Vous n’êtes pas sérieux. C’est pas possible. Honnêtement. » Les lèvres de l’ancien Auror commencèrent à se tordre sous le coup de l’incompréhension et de la frustration. Alors qu’il lui semblait remarquer, en face, une ondée … De fierté ? « Ne prenez pas ombrage de ma demande, je préfère simplement éclaircir ma gorge avant de devoir vous offrir quelques … Tirades. Oh, je vous remercie, c’est très aimable. » Et tandis que le dénommé Rowan prenait enfin possession de sa tasse, gracieusement amenée par le service ensorcelé, Léandre serrait les dents pour ne pas trahir davantage de son épuisement.

Ou de son énervement. Au choix. « Alors ? » Les quelques secondes de consécration lui semblaient … Lointaines. Désagréables. Bien trop manquantes. Comment avait-il chuté dans sa maîtrise et ses émotions en un temps si risible ? « Je ne vais pas éluder davantage. Sire Rosier, j’ai besoin de vos services. Plus exactement, vos talents d’Auror m’intéressent tout particulièrement pour la mission qui m’incombe.
- Je ne suis plus Auror.
- Il s’agit exactement de la raison de mon déplacement. Vous n’êtes plus affilié au Ministère de la Magie. Vous avez donc les mains libres pour emprunter … De nouvelles directions, dirons-nous.
- Non. Je n’ai pas quitté ma place pour m’embarquer dans je ne sais pas quoi, je ne sais où et avec un ancien mangemort en prime. J’ai d’autres devoirs, aujourd’hui. Et, honnêtement, je crois savoir que vos plus anciens alliés vous sont toujours fiables. Ils vous aideront mieux que moi. C’est même un conseil, prenez-le en considération.
- C’est de vous que j’ai besoin. Vous me connaissez malgré vos années supplémentaires. Je ne suis pas de ceux qui se déplacent pour perdre inutilement du temps.
- Je connaissais le digne héritier, pas le mangemort. »

Il avait tellement espéré entendre un soupir. Ne serait-ce qu’un souffle minime et lésé par les attaques successives. Une preuve qu’il visait avec précision des plaies encore fragiles. « Sommes-nous obligés de revenir à ce sujet une énième fois ? Je me présente à vous car vous êtes un ancien combattant, certes, mais surtout car vous êtes d’une remarquable habileté. En outre, la piste que je remonte dans le cadre de mes travaux concerne directement votre lignage.
- Vous en bouchez la fuite de mon chaudron. » L’ironie roula dans la gorge de Léandre, si fortement et présomptueuse, qu’elle arracha cette fois-ci une légère ride au front de son interlocuteur. Une ridule ! « De ce que je sais, vos possessions françaises n’ont pas toutes été détruites.
- Impossible. Les révolutionnaires ont tout démoli. Nous n’avons rien pu sauver. » Son cadet ne pouvait que mentir. Aucun Rosier ne doutait de cet épisode tant il était gravé au fer rouge dans la chair des siens. « Vraisemblablement, il existe un décalage entre ce que vous savez et ce qu’il en est réellement. Ne paniquez pas, de fait, si je vous précise qu’une partie de votre lignée, bien vivace, est restée en France.
- Vous mentez.
- Je ne me reconnais pas dans cette description légèrement fielleuse. D’autant plus que c’est l’une des raisons pour lesquelles je me tourne vers vous. N’êtes-vous pas curieux, sire Rosier ? N’avez-vous pas à cœur d’examiner ce mystère, si ce n’est pour vous, pour votre enfant ? » Il avait beau le fixer, aussi intensément que possible, rien ne semblait venir contredire ce point. Rien ne venait altérer l’éclat de véracité triomphante qui brillait dans les pâles iris de son invité. Oui, il le détestait. Enfin. Le verbe sélectionné ne brûlait pas assez au creux de son ventre pour le délester de la grogne qui montait progressivement en lui.

Il finit par expirer. Brutalement. « J’ai du mal à vous croire. Et vous pensez, Rowan, parvenir à convaincre ma femme de me laisser partir en quête d’un passé dont tout le monde se moque ? Même si ça m’intéressait, et ça ne m’intéresse pas soyons francs, vous ne pourriez pas la convaincre. Et puis, quelle folle idée conduirait un historien tel que vous à courir les … Ruines de ma famille, en France ? Vous cherchez quoi, des preuves de notre fuite vers l’Angleterre ? Des recueils protestants ? Des choses évidentes et inutiles comme le reste de l’histoire de ce monde ?
- Des livrets latins sur une magie, plus exactement une civilisation, qui pourrait nous cacher des moldus. Nous en sauver, même, éventuellement. J’en ai bon espoir.
- … Du genre ?
- L’Atlantide. » Oh, en fait, Westminbrook était seulement devenu fou.


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