Accalmie | Derek & Irvin

Aller à la page : Précédent  1, 2
Derek Knightavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t866-derek-knight-if-you-donMessages : 837 Points : 34
Pseudo : Flow
Avatar : Aidan Turner
Crédits : avatar : castamere ; signature : XynPapple
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les tours d'or blanc dans la Ville Haute
Patronus: Un raton-laveur
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Lun 12 Fév 2018 - 16:13

Accalmie
Derek&Torvi
Torvi semblait comprendre les mots veloutés de l’américain, qui sonnait comme une douce mélodie rassurante destinée à la femme aux cheveux de jais. Derek ne lui mentait pas, il pensait réellement ses dires et ses promesses de l’aider à essayer de maitriser au mieux ses pouvoirs : mais lorsqu’on connaissait l’esprit calculateur du sorcier, il était difficile de ne pas déceler une quelconque stratégie doucereuse. Il était utile d’avoir une Legilimens, surtout aussi talentueuse, de son côté. Elle n’en avait pas vraiment conscience, mais se lier avec Derek, c’était, en quelque sorte, faire un pacte avec le Diable : cela faisait étrangement penser à un dicton qu’on pouvait retrouver dans un vieux grimoire écossais, une édition originale qui trônait à la bibliothèque d’Atlantis. Il n'y a pas de diable plus effrayant que celui qui danse dans la poche, lorsqu'il ne s'y trouve pas la moindre pièce de monnaie marquée d'une croix pour l'en chasser. Car à lui souffler des tendres paroles, à lui promettre un soutien indéfectible, Derek voulait s’immiscer, tel un serpent, dans l’esprit de la jeune femme, et pour elle qui avait l’habitude de pouvoir cerner les desseins cachés des hommes, il serait probablement difficile de ne pas tomber dans ses filets. Vous êtes gentil, disait-elle. Si elle savait de quoi il était capable… Si elle connaissait la nature de ses apophtegmes… Probablement n’oserait-elle même pas le toucher.

Elle semblait toujours un peu sous le choc de l’attentat, et ça aurait probablement été le cas de n’importe qui : la raison pour laquelle la conversation s’orienta dans un ton beaucoup plus léger et badin. Et bien que Derek bouillonnait, à l’intérieur, car il voulait en savoir plus, analyser les moindres subtilités du raisonnement de la scandinave, abattre la moindre barrière restante pour se l’approprier totalement (et ces arrières pensées n’étaient aucunement impures ou lascives, bien que définitivement torturées, elles n’étaient que le résultat de l’appétit féroce de Sacramento pour en avoir toujours plus), il restait parfaitement calme en apparence. Il voulait que Torvi voit en lui un roc sur lequel elle pouvait s’appuyer, une constante dans sa vie qui semblait des plus complexe. Alors, Derek sourit. Qu’elle était douce. Beaucoup trop.

« -C’est vrai que mes congénères américains ont tendance à vénérer le sucre, mais… ce n’est pas forcément mon cas. Je préfère la pâtisserie française, beaucoup plus délicate, selon moi. Vous avez déjà goûté un croissant dans une boulangerie ? Bien sûr, il prononça les mots croissants et boulangerie en français parfait, sans aucun accent. Snob jusqu’au bout des ongles, sans s’en rendre réellement compte : il ne s’en ventait pas, mais pensait seulement sa supériorité. Il n’y a rien de meilleur.»  

Le sorcier sentit l’empressement de Torvi, dans ses mots bafouillés mais aussi dans ses pas, qui s’accélérèrent de manière presque indicible. Il n’eut pas besoin de sa confirmation orale pour comprendre qu’effectivement, ils arrivaient près de son logement, et de cet Irvin avec qui elle semblait vivre. Il devrait jouer un jeu subtil, avec cet inconnu : si la suédoise lui faisait confiance, ce ne serait probablement pas son cas, et il semblait entretenir avec elle une relation qui pourrait briser toutes les chances du criminel de poursuivre son emprise. Il faudrait être subtil, déborder de charme sans en faire trop.

Ils tournèrent à l’ultime croisement, et ils arrivèrent au numéro indiqué sur le mot envoyé par Irvin. Destination atteinte, accalmie rompue. Derek ne pouvait s’empêcher de se sentir déçu, de devoir écourter cet échange pourtant si intéressant, dans un souci de retenue. Comme s’il l’attendait impatiemment (et c’était probablement le cas), avant que Torvi n’ait pu sortir son jeu de clef ou que l’américain ne frappe à la porte, un jeune homme sortit de la petite maisonnée…  


ALL MONSTERS
ARE HUMANS
Irvin Fowleravatar
• Étudiant Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowlerMessages : 848 Points : 53
Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
Avatar : Georges Mackay
Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel et une petite Hobbite fraîchement née
Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Sam 24 Fév 2018 - 18:53
Ce n’est pas le bruit qui m’a extrait du demi-sommeil qui me gagne, mais les lueurs étranges et dansantes qui éclairent soudain mon plafond, au dessus du rideau. Allongé sur mon lit depuis… trop longtemps, je somnole sans trouver le sommeil ni la force de me relever. Il me faut plusieurs longues secondes avant de pouvoir lever le bras ; d’autres encore pour tirer les rideaux et dévoiler cette étrange lueur qui brille à la fenêtre, m’asseoir sur mon lit, et regarder enfin. Voir cette fumée épaisse qui s’avance au-dessus des immeubles et la lumière rouge au loin. Un incendie ? L’idée met du temps à frayer un chemin dans mon cerveau embrouillé. Je me lève. Écarte complètement le rideau.

Quelque chose brûle, au loin. Quelque chose d’imposant, au vu de la masse de fumée et de lueurs rouges qui cachent le ciel. Dans quelle direction ? Je réfléchis encore, et cet effort me semble surhumain. J’ai passé la journée dans ma chambre, entre mon lit et mon bureau ou traîne un livre ouvert au hasard pour tenter de me distraire un peu ; et pourtant je suis épuisé. Exténué comme je ne l’ai jamais été, et comme je le serai toujours, car j’ai l’impression que je ne parviendrai jamais à rattraper le repos qui me fuit depuis la fin des examens. Je ne sais même plus quelle heure il est. Ni quel jour nous sommes. La maison est plongée dans le silence qui constitue mon environnement naturel désormais, et je ne peux même pas dire si je suis seul ou non. Mes implants n’ont pas quitté le tiroir de ma table basse depuis 2 jours, car il m’est trop pénible de les porter en ce moment. Le moindre bruit me semble assourdissant, la moindre parole un insurmontable travail de décodage. Le silence est confortable, apaisant. Les gens me laissent tranquille en voyant que je ne réponds pas, et je peux sortir dans la rue sans m’attirer des regards de pitié pour la première fois depuis de trop longs mois. Même si je me force à les mettre de temps en temps pour parler à Torvi.

Je jette un oeil au calendrier suspendu au dessus de mon bureau. Une petite inscription en rouge me saute aux yeux : match avec Torvi. Le match… celui de Quidditch. J’ai laissé ma colocataire y aller seule, trop fatigué pour avoir envie de me plonger dans la foule tapageuse du stade.

Le stade. Je me fige, soudain. Un doute affreux me pétrifie pendant une seconde, puis je me précipite à la fenêtre. Le feu vient de la direction du stade. Impossible d’en douter. Je saisis mes implants et en accroche un que j’allume en grimaçant, tant les sons qu’il m’envoie me semblent agressif ; mais je résiste à la tentation de l’enlever et le règle sur la fréquence de la radio.

Et mon coeur s’arrête et se glace, à la mention de l’attentat et au récit du journaliste sur place ; puis se met à battre à tout rompre à l’écoute du long égrenage de noms de victimes. Mes mains tremblent si fort que je lâche presque le poste. Par Merlin, Torvi est là-bas, et qui d’autre ? Milo peut-être ? Et Poppy ? J’écoute, me concentrant de mon mieux, mais je n’y entends aucun nom familier. Ce qui ne veut rien dire, ils sont peut-être blessés, ou morts, perdus quelque part sous un bout du stade ou…

Calme toi. Un secouriste appelle à la retenue pour décourager les proches de victimes de se rendre sur le lieu, pour ne pas risquer de faire plus de blessés ou de gêner le travail des médicomages, puis le journaliste continue son récit morbide. Je coupe le poste. Que faire ? Je devrais aller directement aux urgences du centre médical, et chercher là-bas. Mais je dois essayer de contacter mes amis avant.

Je peste en voyant le perchoir vide de Nyota. Evidemment, elle a bien choisi son heure pour aller chasser ; mon coeur bondit à nouveau en l’imaginant près du stade… mais une chouette ne s’approcherait pas assez du lieu, peu intéressant comme terrain de chasse. Elle est sûrement indemne.

L’alarme bleue de la porte clignote soudain. Torvi ?! Je me précipite et ouvre la porte à la volée.

- Irvin ! Tu vas bien !

Le cri de Mummy est si strident que je sursaute, juste avant de me retrouver brièvement serré contre elle.

- J’avais si peur que tu sois au stade, je viens d’entendre pour l’attentat à la radio, je voulais être sûr que tu ne sois pas blessé !

Je comprends à peine ce qu’elle dit mais l’expression de son visage, ses mains légèrement tremblantes et son sourire nerveux parlent pour elle. Soulagée tout de même, elle me sourit et se détend avant d’entrer dans le salon plongé dans la pénombre. Et j’aimerais être aussi apaisée, mais mon coeur recommence à battre la chamade. D’un coup de baguette, j’amène à moi mon second implant et le met en marche.

- Je vais bien, j’étais ici. Mais Torvi y est encore, je ne sais pas où… Et… et d’autres.

Je frissonne et le visage de Mummy se recouvre d’inquiétude. Elle se relève aussitôt.

- Il faut aller la chercher. Tu as une photo d’elle ? Ça peut nous aider à la retrouver. Qui d’autre y était ?

Je retourne dans ma chambre et me rue sur mon bureau. Trouver une photo de Milo ne me pose aucun souci, j’en déniche rapidement une de Torvi et moi prise par Mummy le jour de notre emménagement, et une autre de Poppy à son anniversaire. J’ai à peine le temps de fourrer les clichés dans ma poche qu’un cri me rappelle au salon.

Un hibou inconnu se tient devant la fenêtre ouverte et Mummy marche vers moi en me tendant une lettre. Je parcours les mots à toute vitesse et un soulagement immense me gagne. Je soupire et j’attrape un stylo pour répondre à cet inconnu. Une personne saine et sauve ; mon coeur se calme un peu. Mais je ne peux plus courir au centre désormais, je dois attendre ici, pour m’assurer qu’elle va vraiment bien. Mummy acquiesce et se dirige vers la cuisine pour nous faire du thé, pendant que j’écris d’autres mots pour Milo et Poppy, en attendant que ma chouette revienne.

Des minutes interminables s’écoulent alors que nous attendons. Mes doigts tapotent la fenêtre derrière laquelle j’observe la rue. Je pourrais sortir pour rattraper ma colocataire et l’homme qui la guide, mais je ne sais pas d’où ils arriveront et craint de les manquer en partant dans une autre direction. Alors je patiente, même si l’attente me ronge d’angoisse.

Enfin ! Deux silhouettes s’approchent et je cours dans l’entrée. J’ouvre la porte en trombe pour me retrouver face à Torvi et à son sauveteur inconnu. Couverts de sang, de cendres et de poussière, leur apparence est presque effrayante. Mais je respire si profondément en voyant ma colocataire indemne que tout me semble accessoire.

- Torvi ! Tu vas bien ? T’es pas blessée ?

Je la prends par les épaules et je l’observe. Mummy arrive en courant à mes côtés et salue ma colocataire d’un grand sourire.

- Le bébé va bien ?

Je me tourne vers l’étranger, très droit, très calme malgré la gravité de la situation. Son dévouement m’étonne, peu de gens en feraient preuve dans une situation dramatique. Il semble même un peu trop calme pour quelqu’un qui vient d’échapper à la mort, mais je m’en soucie peu.

- Merci beaucoup.

Mummy invite déjà Torvi à entrer, une main réconfortant posée sur son bras.

- Ça a dû être terrible, on avait peur que tu sois blessée… Tu as vu un médicomage ? Par Merlin, tu es recouverte de cendre !

Elle regarde l'inconnu à son tour et le remercie d'un hochement de tête.

- Vous voulez entrer ? J'ai fait du thé, une tasse vous ferait du bien.



Torvi Von Wrangelavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t837-torvi-von-wrangel-exister-c-esMessages : 481 Points : 0
Pseudo : Bruleciel
Avatar : Katie Mcgrath
Crédits : Bruleciel
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis.
Patronus: Une créature mystique. Improbable. Un phoenix.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Jeu 8 Mar 2018 - 12:23
Maintenant qu’ils se rapprochaient de ces lieux rassurants, prometteurs et tant espérés, le cœur de Torvi battait plus fort. Il tambourinait, même, dans sa poitrine. Résonnait jusque dans son crâne. Comme un écho. Comme une joie. Parce que le charnier chaotique de l’attentat était loin de leurs pas pressés. Et Irvin si proche. Tellement proche.

Les derniers mots prononcés par Derek se désagrégèrent dans la conscience de la sorcière tant elle voulait rentrer et revoir ce visage réconfortant. Tant elle ne souhaitait que s’extirper définitivement de cette horreur dans laquelle elle s’était retrouvée. Bien malheureusement. Bien imprévisiblement. Et ce n’était pourtant pas contre son sauveur du jour, cette course qui brillait au creux de ses yeux. Ni ce manque soudain d’attention. Au contraire, elle devait beaucoup à l’américain.

Elle n’oubliait absolument pas tout ce qu’il avait déployé de calme et de patience à son égard. Allant même jusqu’à tempérer ce don si terrible et indomptable. Allant même jusqu’à lui promettre un enseignement salvateur.

Ils arrivèrent enfin à la porte du bâtiment, la sorcière ne cessant pas de presser les pas de son protecteur pour y parvenir au plus vite. Torvi ! La voix de son ami lui fit exprimer un petit cri étrange. Mélange sans doute inconvenant entre le soulagement, la surprise et la détresse. Tu vas bien ? T’es pas blessée ? Sous les émotions plurielles qui serraient sa gorge, elle ne trouva pas la force de répondre immédiatement.

Elle chercha plutôt à serrer ses mains contre les vêtements d’Irvin avec une tension visible. Sentir sa présence dans ce regain d’appréhension lui procurant à la fois du réconfort et de l’anxiété. Mais il était là, c’était l’essentiel. Ils étaient là. Seulement, alors, elle parvint à hocher la tête et à murmurer quelques termes laborieux sous les tremblements de sa bouche. « Oui… Ça va… Ça va, Irvin… » Et d’accentuer, brièvement, la crispation de ses doigts contre le jeune homme. « Irvin … » Puis de le relâcher, lentement et précautionneusement. Pour ne pas en faire trop. Pour ne pas s’imposer trop.

La silhouette de Mummy attira finalement son regard et sa proximité. La berçant de ses phrasés assurés et rassurants. Tu as vu un médicomage ? Torvi secoua le visage. « Non… Pas blessée … Pas médicomage … Juste cendre. Beaucoup de cendre. Je suis … Chance-chanceuse. » Contrairement aux autres. A beaucoup d’autres.

Brutalement, elle lâcha un sanglot et se réfugia contre son aînée. « Horrible … Si horrible… » Cédant à la pression précédemment encaissée. Les larmes gagnant ses yeux puis ses joues en des tracés salés.



“What is a Wanderess ? Bound by no boundaries, contained by no countries,
tamed by no time, she is the force of nature’s course.”
Derek Knightavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t866-derek-knight-if-you-donMessages : 837 Points : 34
Pseudo : Flow
Avatar : Aidan Turner
Crédits : avatar : castamere ; signature : XynPapple
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les tours d'or blanc dans la Ville Haute
Patronus: Un raton-laveur
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Jeu 15 Mar 2018 - 10:37

Accalmie
Derek&Torvi
Même dans les faubourgs, on pouvait sentir l’odeur de brulé émanant du stade, et ses relents âpres remontaient dans les poumons, menaçant quiconque les respirait à devoir tousser grassement, pour apaiser la brûlure qu’ils provoquaient. Les cendres volaient dans les airs, laissant des tâches noires sur les façades des maisons blanches. Atlantis se relèverait-elle d’une explosion de cette envergure ? Symbole d’unité, de mixité, de partage, la ville, pourtant, avait subi un coup à l’âme, et le quelconque groupuscule ayant perpétré cette attaque (Derek ne doutait pas que, bientôt, il revendiquerait l’attentat pour ces idéologies dépassées qu’il voulait forcer aux autres) démontrait encore une fois que toutes ces belles idées n’étaient que du vent. Homo humini lupus est. L’homme est un loup pour l’homme. Ces écrivains latins avaient bien raison, ils avaient déjà compris que jamais l’espèce humaine ne pourrait vivre en harmonie, rongée sans cesse par l’envie, par le pouvoir, ou, dans ce cas précis, par la peur. La peur d’un autre, la peur de la différence, la peur de l’inconnu. Derek n’avait jamais compris l’état d’esprit de ces gens : lui-même contemplait l’abysse avec fascination, plutôt qu’avec crainte. Ce mystère qui émanait de l’étrange, de quelque chose de totalement différent de notre propre conception du monde, était plus enivrant que n’importe quel alcool fin, tant il était constitué de strates obscures et remplies de secret.

Mais s’il ne saisissait pas les intentions, bien qu’il les connaisse, le sorcier ne jugeait pas les actes. Comment le pourrait-il, lui qui commettait chaque jour des crimes que la morale publique réprimait ? Cet attentat, au contraire, pourrait apporter beaucoup à son organisation. C’était bien connu, la guerre était très bénéfique au business : il pouvait déjà imaginer quantité de riches sorciers désirant acquérir des artefacts de magie noire pour se protéger de la menace moldue, et inversement, des no-majs voulant se protéger d’enchantements par des talismans et des sortilèges de protection, combattant le feu par le feu. Mais Derek, néanmoins, se désolait des vies perdues, car il y avait probablement, au milieu de ces corps, des personnes de valeur. De celles qui étaient peut-être anonymes, mais qui avaient une histoire bien plus intéressante qu’un ministre ou qu’un prince : peut-être même quelqu’un comme lui, ou au moins, qui essayait de vivre à la hauteur de sa légendaire existence, qu’on raconterait dans plusieurs décennies, dans les livres historiques. Si Torvi était morte dans l’explosion, nul doute que le monde aurait perdu un joyau, et si elle en avait réchappé, elle avait été chanceuse, pas comme ces pauvres âmes que le criminel avait vu allongées dans un bain de sang.

Mais Torvi était vivante. Choquée, mais son cœur battait dans sa poitrine, et alors que Derek l’observait, dans ses retrouvailles émouvantes avec le dénommé Irvin, il songea à ce qu’il aurait pu advenir, si le destin avait décidée qu’elle méritait de mourir. L’américain l’imagina étendue sur le sol froid du stade, et lui, debout, contemplant ses cheveux de jais contraster avec le liquide carmin dont elle était couverte. Il vit Irvin se précipiter à ses côtés, pleurant, demandant à Merlin pourquoi elle et pas un autre, pourquoi une chose pareille avait bien pu arriver. Tout ceci aurait pu arriver. Et pourtant, le sort en avait décidé autrement : certains y voyaient du hasard, mais Derek n’était pas un de ces hommes. Il croyait fermement que le chemin de la jeune femme n’était pas encore fini, et c’était la raison pour laquelle on l’avait épargnée. Il croyait aussi qu’il faisait parti de sa route. Il tiendrait parole : il l’aiderait à maitriser son pouvoir. La partie n’était pas finie.

Plus par politesse qu’autre chose, il en était sûr, on l’invita à prendre une tasse de thé. Ces anglais alors, avec leur fixation sur le thé, se dit-il en se retenant de lever les yeux au ciel. Il déclina la proposition. Il se serait senti de trop dans leurs retrouvailles, et probablement que si Torvi n’avait pas de blessures physiques, elle devrait panser ses plaies émotionnelles, provoquées par cet attentat dévastateur.

« -Je dois aller, moi-même, vérifier que mes amis vont bien. Je suis soulagé de vous voir de retour parmi les vôtres, Torvi. Pensez à ce que je vous ai dis, et lorsque vous vous sentirez prête à comprendre votre pouvoir, envoyez moi un hibou. »

Il ne demanderait pas de nouvelles à ses amis. A quoi cela servirait-il, de toute façon ? Si la mort avait cueillie Patrick, ou l’un des membres de son organisation, il le saurait bien assez tôt. Cela n’était qu’une excuse pour s’éclipser, un mot poli pour flatter son caractère devant la jeune femme. Derek tourna les talons. Il ne se retourna pas. Son travail était fini, ici.  


ALL MONSTERS
ARE HUMANS
Irvin Fowleravatar
• Étudiant Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowlerMessages : 848 Points : 53
Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
Avatar : Georges Mackay
Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel et une petite Hobbite fraîchement née
Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Sam 31 Mar 2018 - 19:39
L'odeur de brûlé me saisit alors que j'ouvre la porte et je manque de tousser. De la cendre est parvenue jusqu'ici, parsemant les maisons, comme dans un de ces films moldus sur l'apocalypse. Les lueurs de l'incendie se sont éteintes, mais de la fumée traîne encore au-dessus de la ville. Pourtant tout est si calme, si loin de l'agitation qui doit encore se dérouler sur près du stade… L'apparition de Torvi, couverte de suie et de sang – par Merlin, j'espère que ce n'est pas le sien – me soulage et m'alarme en même temps. Je la connais si fragile, si sensible, que je n'ose pas imaginer ce qu'elle doit ressentir après une attaque aussi violente. Elle semble bouleversée, assez pour me serrer contre elle, ce qu'elle ne fait jamais ; elle est d'ordinaire distante, ce qui me convient bien car j'ai ma dose de contacts avec Poppy et Milo. Son étreinte est raide, crispée, ses doigts tendus sur mon tee-shirt froissé s'accrochent de toutes leurs forces au tissu. La peur qui irradie d'elle me désarçonne – je suis déjà incapable de me gérer, moi, ces derniers temps, alors comment pourrais-je l'aider ? Je me sens brutalement inutile, impuissant à rien faire pour la soutenir, avec seulement l'envie de la confier à Mummy et de retourner me coucher. Pas pour fuir, mais pour me reposer et regagner un peu d'énergie. Tout le stress accumulé depuis l'annonce de l'attentat me frappe de plein de fouet et me submerge, me faisant chanceler sur mes pieds alors que je la serre contre moi. Je m'appuie un peu sur elle à mon tour, pour garder mon équilibre ; puis doucement, elle s'écarte. J'ai vu son hochement de tête, mais je ne suis pas vraiment rassurée. Peut-être les médicomages l'ont-ils jugée un peu vite indemne, débordé par la masse des blessés graves et plus urgents à soigner. La main soucieuse de Mummy se pose sur mon épaule mais j'évite son regard avant qu'il ne se reporte sur ma colocataire.

- Tu n'as pas vu de médicomage ? Il faut absolument que tu consultes, pour le bébé, dit Mummy d'une voix douce.

La peur me saisit violemment la poitrine à la pensée que Torvi puisse perdre son enfant. Elle ne paraît effectivement pas blessée, pas en apparence du moins, mais qui sait ce que le fœtus a pu ressentir, lui… L'onde de choc, la fumée et la poussière inspirée n'ont rien de bon pour un petit être aussi fragile.

- Tu veux aller au Centre Médical ? Pour être sûre ?

Mais elle s'effondre contre Mummy. Jamais je ne l'ai vue ainsi et je me sens de trop, comme si j'avais interrompu une scène qui aurait dû rester dans la discrétion de son intimité. Ma mère masse doucement son dos pour la calmer, et me lance un regard plein de confiance. Je la remercie d'un hochement de tête.

L'inconnu est toujours là, contrastant si fortement par son calme qui semble inébranlable. Il veut partir et je le comprends, mais sa dernière phrase me perturbe. Qu'il l'appelle déjà par son prénom, alors qu'ils viennent de se rencontrer, et cette...proposition ? ne m'inspire pas confiance. Travailler ensemble pour apprendre à contrôler son pouvoir ? Je lance un regard inquiet à Torvi ; je la devine assez influençable, rendue rapidement confiante par un sourire ou un mot gentil – il n'y a qu'à voir comment notre colocation a débuté. Peu de femmes accepteraient ainsi d'emménager chez l'ami d'un inconnu rencontré par hasard, sans se méfier. Mais habiter avec quelqu'un est une chose, ouvrir son esprit en est une autre. Est-ce que cet homme serait lui aussi legilimens ?

- Merci encore de votre aide, monsieur... ? J'espère que vous retrouverez vos amis.

Une boule de plumes profite de la porte entrouverte pour se glisser dans le salon et atterrit sur le sol, crachant et toussant.

- Nyota !

Je prends la chouette dans mes bras et l'amène aussitôt à la cuisine où, équipé d'un torchon humide, j'entreprends de la nettoyer de la cendre qui la recouvre. Elle a dû respirer beaucoup de fumée et ses petits crachotements font pitié à voir. J'hésite à la faire boire, Emilia m'a longuement expliqué que les chouettes ne boivent jamais ; je l'amènerai chez mon amie demain pour m'assurer qu'elle va bien. Je lui tends un peu de miamhibou et retourne m'asseoir sur le canapé, où Mummy a guidé Torvi, l'animal dans les bras. Sa présence me calme. Je fais glisser mon pouce sur sa tête selon des mouvements calmants que la vétérimage m'a appris ; je ne sais pas si c'est vraiment efficace, mais Nyota semble se détendre. Je lui montre les deux lettres écrites un peu plus tôt.

- Tu peux me faire une faveur ? Retourner dehors et livrer ça ?

Elle me lance d'abord un regard légèrement outré, mais accepte et tend sa patte pour que j'y accroche les courriers. Soulagé, je la remercie d'un nouveau morceau de miamhibou et elle disparaît à nouveau dans le ciel. Je m'approche de Torvi et enserre une de ses mains.

- Ça va mieux ?

Les traces de larmes dévorent encore ses joues, et je sens l'émotion me gagner de nouveau. Et je suis si fatigué soudain, si fatigué…

- Tu as besoin de quelque chose ?
dit Mummy. N'hésite pas à nous le dire. Peut-être que ce serait mieux que tu rentres à Flagley avec moi. Que vous veniez tous les deux, en fait, ajoute-t-elle en me regardant. Le temps que l'agitation ici diminue.

Mais je ne peux pas partir, pas tout de suite. Pas avant d'être certain...

- Tu...tu as vu Milo ? Ou ...Poppy ?

J'ose à peine la regarder, craignant trop ce que je pourrais lire sur son visage. Mes mains tremblent sans que je puisse les retenir, ma voix tressaille aussi. Les imaginer morts est au-dessus de ce que je peux supporter. Par Merlin, qu'ils soient sains et saufs...



Torvi Von Wrangelavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t837-torvi-von-wrangel-exister-c-esMessages : 481 Points : 0
Pseudo : Bruleciel
Avatar : Katie Mcgrath
Crédits : Bruleciel
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis.
Patronus: Une créature mystique. Improbable. Un phoenix.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Mar 8 Mai 2018 - 14:56
Tu n’as pas vu de médicomage ? Les mots résonnaient à ses oreilles et frappaient sa conscience d’une rudesse cruelle. En un rappel cuisant de ce qu’il s’était passé auparavant. De cette mêlée indécente et cendrée dans laquelle ses pas s’étaient perdus. Chanceux, certes, mais probablement trop conscients de ce qui était arrivé. Il faut absolument que tu consultes, pour le bébé. Elle avait alors hoché la tête. Péniblement. Distraitement. Tu veux aller au Centre Médical ? Cette fois-ci, elle avait réfuté du menton la proposition. Bouche close dans ce qui ressemblait à un mutisme passager. Un refus de parler davantage.

L’esprit encore trop encombré par ces choses horribles qui persistaient au creux de sa rétine. Les sons. Les images. Le sang.

Les ruptures. Les nervures. Le craquement de ce souffle mortel et poussiéreux.

Le petit rien destructeur.

D’un geste bref, la sorcière tourna son regard déstabilisé et humide vers la silhouette de Derek. Il partait. Dans ce chaos ambiant dont il ne résultait que des larmes et de l’inquiétude, il partait. Et il y avait là quelque chose d’étrange et d’incompréhensible dans ce mouvement vers l’extérieur. Une incertitude qui croissait au bord de ses lèvres tremblantes tandis que son protecteur du jour disparaissait vers d’autres objectifs. Elle aurait souhaité le retenir, encore un peu. Pour le remercier. Pour absoudre davantage de l’angoisse qui l’étouffait désormais sous les sanglots et que lui seul semblait être en mesure de maîtriser sereinement.

Torvi se serra plus fort contre Mummy. Non, évidemment qu’il n’était pas le seul à pouvoir la secourir. Pourquoi cette impression persistante, alors, appuyée contre son crâne en un ordre indistinct ? Ce sentiment, maintenant évaporé, de stabilité l’inquiétait. Ne risquait-elle pas de laisser son don craquer et vibrer dans l’air par manque de concentration ? Le mouvement contre son dos la poussa à expirer longuement. Une première fois. Puis une seconde.

Petit à petit, elle parvint à calmer les roulements dans sa gorge. Mais les larmes ne cessaient pas. Pas même alors qu’elle s’asseyait sur le canapé. Il y avait eu tant de souffrance, là-bas. Tant de terreur. De tristesse. Entre et sur les corps immobiles qui jonchaient le sol. Des âmes étiolées sous l’explosion d’une haine qu’elle ne comprenait pas – qu’elle n’avait jamais compris – tant bien même qu’elle faisait tout pour en discerner les tenants et les aboutissants. Pour ne serait-ce qu’imaginer le pourquoi. A défaut d’être en mesure de l’appréhender.

La proximité soudaine d’Irvin l’extirpa de ce méandre fragilisé. Ça va mieux ? Difficilement, encore, elle leva les yeux vers son jeune ami. « … Juste… Horrible… Vraiment… » Tu as besoin de quelque chose ? Un instant, Torvi hésita avant de se raviser. N’hésite pas à nous le dire. Hochement de tête lent. Peut-être que ce serait mieux que tu rentres à Flagley avec moi. Elle répéta le geste, un peu machinalement. Que vous veniez tous les deux, en fait. Le temps que l’agitation ici diminue. Énième expiration de la part de la sorcière. « Un peu… A Flagley… »

La voix d’Irvin, nerveuse, la força à froncer les sourcils à travers les larmes pour essayer de se remémorer. Tu as vu Milo ? Poppy ? « Non… Pas… Je ne crois pas… J’étais seule… Seule… Et Derek… Mais seule quand… Quand… » Elle baissa les yeux. « Juste… Aller à Flagley… C’est bien… »



“What is a Wanderess ? Bound by no boundaries, contained by no countries,
tamed by no time, she is the force of nature’s course.”
Irvin Fowleravatar
• Étudiant Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t564-irvin-fowlerMessages : 848 Points : 53
Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
Avatar : Georges Mackay
Crédits : Internet et BRO le magnifique pour le badge
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel et une petite Hobbite fraîchement née
Patronus: Une corneille, s'il savait en produire.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | Dim 1 Juil 2018 - 19:30
L’inconnu s’éloigne et Torvi le suit d’un regard étrange, ce qui m’inquiète d’avantage. Qui est ce type, qui s’est bien retenu de me donner son nom avant de disparaître ? Sa dernière phrase tourne en boucle dans ma tête, me donnant du mal à croire à leur histoire de simple sauveur altruiste. Je m’occupe sûrement de ce qui ne me concerne pas ; mais ce ne serait pas la première fois qu’un inconnu profiterait de la fragilité d’une personne qui vient de subir un traumatisme.

Nyota me distrait et je profite de son arrivée pour m’isoler quelques minutes dans la cuisine, calmant mon esprit en nettoyant ses plumes tachées de cendres. La pauvre petite chouette fait pitié à voir, et j’ai des remords à la renvoyer dehors, mais l’incertitude concernant mes amis est insupportable. De retour dans le salon, après avoir envoyé la chouette à son devoir, je me laisse à mon tour tomber dans le canapé. Torvi pleure, sans pouvoir s’arrêter, et cette vision me tort le coeur, résonnant si fort avec ma propre angoisse que c’en est à peine supportable. Jamais je ne l’ai vue aussi abattue, prostrée dans le canapé et incapable de dire le moindre mot ; depuis le début de notre colocation, nous nous sommes accordés l’un à l’autre avec notre introversion et notre retenue naturelle, partageant nos vies mais pas nos fragilités. Alors là, devant la Suédoise qui s’effondre, défaite comme jamais je ne l’ai vue, je suis complètement impuissant. Réconforter est une aptitude que je travaille, j’observe, tente et me construis des schémas pour chacun de mes proches. Je sais ce qui calme Milo, ce qui console Poppy, à force d’essais erreurs et d’expérience. Mais Torvi ne m’a donné que peu d’indices depuis son arrivée. Elle ravale tout. Elle arbore un visage impassible et une attitude imperturbable qui me donne peu de pistes : je n’ai aucune idée des mots qui pourraient la réconforter, des gestes ou des attentions qui pourraient l’apaiser. Ce n’est pas un reproche, chacun distille à sa mesure ce qu’iel veut bien montrer, mais j’aurais aimé savoir, pour pouvoir l’aider, maintenant. Je connais bien l’effet pervers de toujours tout garder pour soi ; je le vis de l’intérieur, je le vois maintenant de l’autre côté.

Quand enfin elle peut articuler quelques mots, avant de retomber dans son mutisme, sa douleur s’exprime mais se tait aussitôt. Mummy entoure ses épaules de son bras, pour l’encourager peut-être, et semble changer de tactique. Elle sourit, doucement, l’urgence dans son regard s’estompe.

- Tu es en sécurité maintenant, et on va tous aller à Flagley pour se reposer. J’ai une amie médicomage à Leeds, je vais lui demander de passer te voir. Ça t’évitera l’hôpital pour ce soir. Ça te convient ?

J’acquiesce en silence. Puis je me risque à poser la question qui me brûle les lèvres, celle concernant Milo et Poppy, et la réponse de ma colocataire me serre l’estomac.

- Je vais chercher quelques affaires, mais partez devant, je vous rejoindrai ensuite, je veux d’abord savoir pour Milo et Poppy.

Mummy me lance un regard hésitant, prête à me contredire, mais je me lève aussitôt et me dirige dans ma chambre prendre de quoi me changer.

- Tu veux prendre des habits Torvi ?

Après avoir fourré quelques habits dans mon sac, j’ouvre ma fenêtre et me penche dehors. Aucun signe de Nyota. Pitié, pitié, qu’ils soient sains et saufs. L’image de leurs corps, perdus là bas au milieu des décombres, envahit mon esprit et je dois lutter pour la chasser. Et d’autres visages s’imposent à mon esprit, des étudiants de mon cursus, des professeurs ; qui d’autre l’attaque a-t-elle emporté ?

Je retourne lentement dans le salon, pour voir Mummy et Torvi prêtes à partir.

- Je devrais aller au centre médical, pour les chercher.

Mummy trésaille.

- Même si tu y allais, ils ne te diraient rien, tu n’es pas de leur famille.

Son regard la trahit, elle veut me savoir à la maison, ou peut-être m’éviter la vue terrifiante des blessés là-bas.

- Allez-y, j’attends encore quelques minutes et je vie…

Nyota fonce soudain à travers la fenêtre ouverte de ma chambre. J’arrache presque la lettre de ses mains et me laisse tomber de soulagement contre le mur. Je crierais presque de joie si l’heure n’était pas si sombre.

- C’est Milo ! Il est chez lui, il n’était pas au stade, il va bien…

Puis je frissonne. La lettre adressée à Poppy est toujours accrochée à la patte de ma chouette. Je la lui désigne en nommant mon amie, et reçoit un hululement désolé en guise de réponse. Mes jambes me lâchent soudain, je m’appuie contre le meuble le plus proche et Mummy se précipite pour me soutenir par le bras. Elle insiste encore pour rentrer à Flagley, et j’accepte, cette fois. Peut-être Nyota ne l’a-t-elle pas trouvé parce qu’elle n’a pas voulu s’approcher de la zone attaquée, parce que Poppy est déjà au centre ? Mes pensées se brouillent en même temps que le décor autour de nous, et nous voilà à Flagley. Tout est calme ici, comme si l’attaque n’avait été qu’un rêve. J’entre péniblement dans la maison.

- Irvin ! Merci Merlin, tu vas bien ! Et Torvi aussi !

Mom me serre dans ses bras, suivi de mon parrain, accouru à la maison aussitôt la nouvelle de l’attaque diffusée à la radio. Il lance un regard inquiet à Torvi et lui tend une main en se présentant. Mummy lui sourit puis guide la Suédoise jusqu’à l’escalier.

- Je vais poser tes affaires dans la chambre de Matilda, et tu peux prendre une douche si tu veux, la salle de bain est la porte à côté.



Contenu sponsorisé
• Plus d'informations •
Sujet: Re: Accalmie | Derek & Irvin | 
Accalmie | Derek & Irvin
Page 2 sur 2
Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Cette accalmie m'inquiète.
» Signature de contrat - Derek Boogaard
» Inscription de Derek Sagan
» Derek ♛ per inania regna {terminée}
» La séduction a toujours été une histoire de manipulation [Derek]
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: