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 Accalmie | Derek
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Torvi Von WrangelSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Accalmie | Derek   Sam 16 Sep - 9:35

Accalmie
Torvi & Derek

Et son don lui avait échappé. Malgré les suppliques. Malgré les tentatives de se raisonner. De se maîtriser. Toute cette violence lui rappelant bien trop les souvenirs qui s’étaient greffés à son être. Des camelotes ramassées – arrachées – aux victimes de son intrusion. Autant qu’ils lui remémoraient les terribles années passées en Israël. Les bombes. Toujours des bombes. Qui explosaient et sifflaient dans l’air avec une imprévisibilité crasse ; aussi sordide et dérangeante que ces cadavres déchirés qui peignaient alors les murs et les étals de Gaza.

Elle avait tenté, pourtant, de se contenir. De concentrer son esprit sur les soins à apporter aux blessés, elle qui souhaitait devenir médicomage. Mais la panique l’avait bousculé. Vaincue. Son souffle s’était alors empêtré dans l’angoisse. Ses mains crispées sur la hanche de l’inconnu gémissant. Telle la foudre, sa magie avait percuté l’air ambiant. Il lui fallait une victime.

Une proie à saisir et dans laquelle se noyer. Et c’était une très mauvaise chose, en vérité. L’anglais lui était encore pénible et difficile : elle y entrerait, ça oui, mais sans comprendre. Sans pouvoir se canaliser. Elle se fracasserait contre les pensées indescriptibles de cette langue qui lui était encore trop étrangère. Elle s’y abimerait. Elle s’y perdrait.

Elle allait faillir au milieu de la foule dans sa vulnérabilité la plus criante. Se mettre en danger – elle et l’enfant qui se lovait précieusement dans sa chair – dans un lieu tout sauf adapté. Milo et Irvin ne le lui pardonneraient pas.

Elle ne se le pardonnerait pas.

Les épaules secouées par un frisson annonciateur, la catharsis magique finit par lui échapper définitivement. Quelques infimes secondes, elle eut l’espoir fou d’un vide providentiel. Mais il y avait cet homme, là-bas. Par pitié, non. Leurs regards se rencontrèrent. Non ! Ses iris s’y projetèrent d’une puissance colossale et sa respiration défaillit complétement. Réduisant la distance qui les séparaient à une risible poussière cosmique. Dispersant le monde environnant et délavant ses couleurs pour n’en plus laisser … Qu’un labyrinthe.

L’image d’un labyrinthe. Pas de mots. Pas de sons.

Torvi s’y heurta sans douleur. Sans surprise. Propulsée là contre des parois intangibles. Il n’y avait rien. Rien pour la retenir. Rien pour la blesser. Petit à petit, cette quiétude inhabituelle parvint à réguler ses souffles. A assourdir la crainte. Ce rien était apaisant car elle ne pouvait aucunement s’y ancrer. Il lui était même plutôt favorable, à dire vrai.

Elle se calmait.

Son don finit par s’y apaiser. Seulement, ce furent les mouvements du corps médical qui l’extirpèrent de cette boite éthérée et réconfortante. Qui lui rappelèrent la réalité par quelques vérifications nécessaires puis le dépôt d’une couverture sur ses épaules. Hagarde et debout – quand s’était-elle relevée ? – la sorcière ne put que remercier ses sauveurs d’un léger hochement de la tête.

Avant de s’interroger davantage et de chercher du regard la silhouette de cet individu providentiel malgré lui. Qui était-il ?

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Dim 17 Sep - 4:32


Accalmie
Derek&Torvi
Bien des gens avaient tentés de percer les secrets du labyrinthe de Derek. Les Legilimens étaient décontenancés lorsqu’ils s’y heurtaient, habitués à des protections tangibles, de simples murs de brique, des parois inflexibles. Mais Derek donnait un espoir, la possibilité évidente de trouver la sortie, et qui permettrait à l’intrus d’accéder à ses pensées profondes : c’était un piège. Car dès qu’ils s’engouffraient dans les allés du dédale, la porte de la cage se refermait, et le chemin se rallongeait. Les murs changeaient constamment de place, de couleur, de texture, pour éviter de fournir un point de repère. Tout cela était immatériel, bien sûr, mais l’esprit a cette faiblesse de toujours essayer de représenter l’impalpable, et l’américain utilisait cette fragilité en sa faveur. Certains avaient réussis à s’échapper, la queue entre les jambes. D’autres étaient devenus fous. Et personne n’était encore jamais arrivé au centre du labyrinthe.

La tentative d’intrusion de la jeune femme était différente. C’était un concentré de magie brut, propulsé dans le seul réceptacle à sa disposition, à savoir les pensées de Derek. Il voyait la fragilité dans ses yeux, submergée par ses propres émotions, probablement à cause de l’horreur qui avait frappé le stade. Cela aurait été insensé de vouloir faire du mal à un simple esprit perdu. Il l’accueillit donc au sein de son labyrinthe, mais ne referma pas le piège, le transformant, quelque part, en simple balade. Il pouvait sentir la jeune femme dans sa tête, mais ne lui tendait aucun guet-apens, ne bouchait pas son passage par des murs infranchissables se matérialisant instantanément. Il protégeait ses pensées, bien sûr, mais il allait au devant du trajet de la brune, la détournant gentiment vers la sortie.

Tout cela se passa en quelques secondes, bien sûr, pour un œil non averti. Les médicomages arrivaient enfin sur les lieux, et la connexion se brisa lorsqu’un homme vint s’occuper de la jeune femme. Derek prit un air hagard, presque traumatisé, afin de vendre le fait qu’il avait bel et bien été victime de la bombe, mais ses pensées restaient fixées sur la Legilimens. Qui était-elle ? Quelle était son histoire ? L’américain avait toujours été fasciné par la richesse et la diversité des gens, et elle semblait être un joyau parmi les pierres que comptaient la ville d’Atlantis. Il lui fallait en découvrir plus.

Un médicomage s’approcha de Derek pour l’examiner : après tout, il était couvert de sang. Il se laissa faire, afin de ne pas éveiller les soupçons, soutenant simplement qu’il avait essayé d’aider l’amputé, et que le sang n’était pas le sien, il était juste un peu sonné. Lorsqu’on le laissa finalement partir, le médecin lui serra la main, le remerciant d’avoir fait ce qu’il avait pu pour le pauvre homme décédé.

Il enleva le plus de sang possible sur son visage d’un revers de manche, avant de sortir sa baguette pour lancer un Tergeo informulé, puis son regard se posa sur l’emplacement de la brune. Elle était toujours là, les yeux dans le vagues. Moins paniquée mais peut-être encore plus perdue. Presque sans qu’il s’en rende compte, Derek s’approcha d’elle, à pas lent, enjambant les gravas et ne prêtant aucune attention aux corps disséminés ici là – qu’est-ce qu’était la mort pour quelqu’un comme Sacramento ?

Il s’arrêta à quelques mètres de la femme, hésitant quant à la conduite à adopter. Que pouvait-il dire ? Qu’êtes-vous ? Cela serait certainement déplacé, et indigne de quelqu’un comme Derek. Il ne pouvait pas imaginer arriver avec une simple formule de politesse, un bonjour de convenance, après qu’elle se soit retrouvé (par erreur, certes, et sans pouvoir accéder à ses pensées) à l’intérieur de sa tête. De plus, le voleur ne savait pas si elle était seule ici, et il se voyait peu expliquer à un inconnu la raison pour laquelle il parlait avec la Legilimens, et discuter par ailleurs de ses dons en Occlumencie, une de ses ultimes défenses.

Mais rester ici, à simplement admirer les traits fins et graciles de la brune n’était pas une option. La curiosité était trop forte. Il combla donc la distance qui les séparaient, restant néanmoins à l’extérieur de son espace personnel, ne voulant certainement pas la brusquer.

« -Il est assez singulier de rencontrer quelqu’un qui possède vos aptitudes, dans un cadre si particulier. »

Si ses mots et son vocabulaire démontraient sa culture et sa sophistication, son ton était calme, presque neutre. Il ne voulait pas attirer l’attention sur eux, simplement satisfaire son appétence et avoir une explication sur les capacités de la jeune femme. Si elle était une Auror infiltrée… Peut-être que Sacramento viendrait à tomber.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Mar 19 Sep - 15:36

Accalmie
Torvi & Derek

Petit à petit, malgré le chaos environnant et sa cacophonie éreintante, l’esprit de Torvi parvint à retracer le fil des événements. A appréhender le déroulement excessivement dérangeant de cette soirée qui avait pourtant si bien débutée. La conscience rassérénée, singulièrement, par cette boîte inhabituelle dans laquelle son don s’était déchargé.

Dans laquelle son anxiété latente avait été minutieusement désamorcée.

Comme si la quiétude lisse et impalpable de cette rencontre mentale … S’était révélée contrôlée tout au long de son intrusion imprévue. Et c’était une information étrange. Captivante. Qui sortait clairement de tout ce qu’elle connaissait : car, d’ordinaire, son don lui échappait face à l’urgence. Il fuyait sa maîtrise et s’ancrait dans sa proie tel un crochet venimeux.

Plein d’un poison mortifère destiné à son seul esprit – tant ses malheureuses victimes n’étaient pas impactées, parfois à peine conscientes, de cette pénétration silencieuse.

Seule Torvi souffrait de ce lien temporaire. De ces souvenirs volés. De ces mémoires assimilées. Avalées goulûment par son don jusqu’à s’enraciner profondément dans sa propre histoire. Promptes, en les foudroiements les plus redoutables, à ne plus différencier l’emprunt du réel. Et bien qu’elle soit née en des décennies éloignées de la pétrifiante déchirure de l’Europe, la sorcière revoyait précisément ces ombres condamnées devant l’éternel.

Elle y était le bourreau et conduisait les colonnades muettes vers l’arche finale.

Arbeit macht frei.

Elle souffla par le nez d’une mélancolie bien trop récurrente ces derniers temps. Agrémentée d’une main gracile portée contre son ventre, progressivement déformé par la croissance somme toute logique de son héritage. Qu’il était égayant de songer – alors ! – à quel point une seule nuit avait pu tout changer.

Il est assez singulier – Torvi tourna son visage dans la direction de la voix, s’arrachant à ses réflexions épineuses. C’était lui, n’est-ce pas ? Rencontrer quelqu’un qui possède vos aptitudes. Une gêne certaine vint s’immiscer dans ses veines tandis que son esprit s’échinait à décortiquer les allégations anglaises. Tandis que son empathie s’effarouchait de la désobligeance précédemment effectuée. Jusqu’à battre dans ses oreilles d’une crainte nouvelle et presque désagréable.

S’inviter dans les pensées de quelqu’un était une chose, déjà … Disons, dérangeante. Le faire sans autorisation, de surcroît, rendait l’écueil amèrement cocasse. Alors, quand l’appareillé parvenait à s’en rendre compte … L’affaire était même franchement déplaisante. Sans compter les termes alambiqués de son interlocuteur. Était-ce des reproches ? Des accusations ? Pourtant rien ne permettait réellement de le confirmer. Ni dans l’expression. Ni dans le ton.

Les lippes de la suédoise se pincèrent néanmoins d’une excuse prévisible. « Je suis … Bien désolée. » L’accent roulait dans sa bouche comme un aveu. Elle avait échoué à canaliser sa particularité. A être quelconque. « Vraiment désolée. Je-je ne voulais pas. »

Dans son malaise palpable, Torvi songea à Irvin. De quelle manière pourrait-il résoudre une situation aussi … Confuse ? « Je peux … Être pardonnée ? » Les mots hésitants et imprécis venant bousculer le vermeil de ses joues plus que celui de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Mer 20 Sep - 11:46


Accalmie
Derek&Torvi
Il peinait à reconnaître les roulements de l’accent de la jolie brune. Lui qui se targuait d’être un expert en linguistique, ne parvenait pas à déterminer précisément d’où provenaient ces modulations alambiquées,  probablement de scandinavie, mais où ? De toute façon, Derek parlait cinq langues, mais aucune ne provenait de pays nordiques, et ne l’aideraient pas présentement. Il avait certes quelques notions d’allemand, et les locutions étaient semblables, mais il était loin d’avoir un niveau suffisant pour tenir une conversation : après avoir appris par passion le français, alors qu’il était encore à Ilvermorny, il s’était surtout focalisé sur les langues dont il avait besoin au sein de son organisation, à savoir le russe, l’italien et le chinois, dont les mafias faisaient souvent appel à ses… talents particuliers.

Derek écoutait la gracile créature se répandre en excuse, persuadée quelque part d’avoir fait une erreur, que le sorcier était en colère, ou en tout cas courroucé de sa tentative d’invasion à l’intérieur de sa tête. C’était légitime, assurément, et quelqu’un de moins captivé que l’américain l’aurait probablement été : mais lui était plus intéressé sur le pourquoi et comment du don, plutôt qu’une quelconque rage. La curiosité était sans conteste un élément principal du caractère du sorcier.

Ralentissant sa voix, et accentuant son accent américain, qu’il savait plus facile à comprendre que les intonations britanniques qu’il commençait à saisir depuis qu’il avait emménagé à Atlantis, il regarda avec amusement la jeune femme, attitude contrastant avec la situation autour d’eux.

« -Il n’y a pas besoin d’être pardonnée, mademoiselle. Pour un pardon, il doit y avoir une faute : hors, cette intrusion me semblait bien peu calculée de votre part. Je sais qu’un talent comme le votre a tendance a être exacerbé… il se reprit, probablement qu’exacerber était un verbe trop difficile pour son vocabulaire anglais, a devenir plus fort, dans des situations de stress. Ne vous en faites pas.

Il se voulait réconfortant mais peinait à utiliser des termes moins châtiés, moins travaillés, lui qui se complaisait dans sa culture et sa maitrise de la langue. Il se doutait que s’il avait essayé de s’abaisser à son niveau, la communication aurait été plus facile, mais il s’y répugnait. Il avisa la situation autour d’eux : les cadavres, les médicomages qui essayaient encore de sauver des vies autour d’eux, les flammèches encore brûlantes autour des débris. Rien ne favorisait une discussion sur les arts de la magie de l’esprit. De plus, peut-être que la brune était encore choqué de la force de l’explosion, et il ne désirait en aucun cas l’importuner.

-Je suis Derek Knight, mademoiselle. Vous ne semblez pas blessée, mais permettez moi de vous raccompagner chez vous, si vous le voulez bien. Ce n’est pas un endroit fait pour quelqu’un comme vous, ici.

La galanterie était pour lui, plus qu’une importance, une évidence. Il la voyait comme une fragile colombe tombée du nid, trop pure et immaculé pour ce monde de sang et de bruit. Peut-être était-ce à cause de ses yeux bleus si limpides, ou juste à cause de pensées arriérées que lui avaient apprises les rues de Brooklyn disant que les hommes devaient protéger les femmes, mais il se sentait étrangement responsable d’elle, lui le monstre sanglant qui avait, seulement quelques minutes auparavant, assisté à la mort d’un innocent sans même avoir levé un petit doigt pour l’aider ou l’apaiser.

-Ou au moins, si vous ne faites pas confiance à un étranger tel que moi, peut-être pourrais-je contacter l’un de vos proches, si ceux là ne sont pas tous restés en Scandinavie. »

Question détournée dans une autre. D’où venez-vous ? Car avoir cette information était moins poussée, moins violente que celle qui pressait les lèvres de Derek – qui êtes vous ? Il maudissait parfois cette éducation surannée qui le poussait à prendre en compte la bienséance. Lui, Sacramento, voyait les chefs de gang prendre sans demander, mais il était différent. Cette violence l’insupportait, bien qu’il en face usage lorsque le destin le lui demandait : il utilisait toujours cette excuse, le fait qu’il n’ait pas le choix, qu’il doive tuer, massacrer pour atteindre son but, au risque de tout perdre. Mais était-ce réellement le cas, ou n’était-ce qu’une excuse que lui soufflait son revers criminel pour justifier ses gestes ? Toujours est-il qu’il restait patient avec la jeune femme, alors que tout son corps lui criait d’en découvrir plus sur elle, et sur l’aura de mystère qui l’entourait.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Jeu 28 Sep - 14:35

Accalmie
Torvi & Derek

D’un geste lent et délicat, la sorcière ajusta quelque peu la couverture isolante sur ses épaules. Dissimulant, dans cette tentative désuète de protection, le foulard aux couleurs de la Suède. Aux couleurs de la victoire – tachée de sang, néanmoins, sous les éclats obscures et mortels de cette attaque soudaine.

De cette violence qui n’en finissait pas. Jamais.

Les lèvres pincées par l’inquiétude et la volonté de se faire excuser par son interlocuteur, Torvi affermit encore plus sa prise sur la chape aux ondoiements argentés. Il ne faisait pas froid, pourtant ; mais c’était comme un besoin primaire. Une pulsion viscérale que de serrer ses épaules dans cette enveloppe étrange qui lui rappelait toujours d’autres souvenirs. D’autres passés malheureux.

L’horreur n’en finissait jamais.

Et ce ventre – cette chair qui gonflait doucement loin des regards – lui donnait des frissons préoccupés. Lui conférait des raisons très sérieuses de se ronger les sangs face aux événements implacables d’une folie avérée. Celle du genre humain – quelle autre possibilité, si ce n’est cette engeance terrible ?

Brutale ? Véhémente ? La tête pleine de souhaits absurdes et la bouche étouffée par une succession de rages ? Elle tira encore un peu plus la couverture vers l’avant de sa silhouette, cherchant à cacher ce qui ne se voyait de toute façon pas. Au moins, tel que le disait autrefois son père, il restait l’espoir.

Et c’était toujours la seule chose qui restait à l’Humanité une fois le sol constellé de cendres tièdes.

Il n’y a pas besoin d’être pardonnée. Le regard luisant d’une stupéfaction réelle, Torvi se mit à fixer autrement l’homme qui lui faisait face. Elle s’attendait à beaucoup de réactions. Des vociférations aux silences évocateurs … Mais, ça ? Ses yeux clignèrent nerveusement, à plusieurs reprises, alors qu’elle s’échinait à retenir et à comprendre les mots énoncés. A devenir plus fort. Plus que les sons – quel était cet accent ? –  la sorcière s’efforça de lire sur les lèvres de l’inconnu, dans le but de compléter les informations qu’elle parvenait à appréhender.

Ne vous en faites pas. Elle le détaillait vraiment d’une manière étrange. Socialement inadaptée, sans doute, au vu des circonstances. Seulement, comment réagir autrement alors qu’elle s’était préparée à une attaque frontale ? Ou au moins narquoise et acide ?

Elle eut l’impression de le regarder pour la première fois depuis qu’il l’avait abordé. Analysant, instinctivement, les esquisses qui se profilaient ici et là sur le visage de cet individu incompréhensible. Cordial. Apaisant, même, par bien des aspects. Ne vous en faites pas. La suédoise relâcha un peu de son emprise sur sa protection triviale. Il n’y avait rien à craindre, n’est-ce pas ? De cette entrevue imprévue et décidément inhabituelle ? Je suis Derek Knight. « Derek. » Le prénom lui avait échappé en un souffle gêné ; tant le fait de répéter les nouveautés était devenu une habitude. Une nécessité – certainement saugrenue pour certains – dans l’appropriation de son environnement et des personnes qui y évoluaient.

Combien de fois s’était-elle égayée à prononcer Irvin et Milo ? A rouler les lettres sur sa langue et dans les sonorités délicates de sa voix ? Beaucoup trop.

Derek. C’était donc Derek. Raccompagner chez-vous. Bien trop concentrée sur l’assimilation de cette information essentielle, elle ne put que hocher machinalement la tête. Peut-être pourrais-je contacter l’un de vos proches. Elle songea alors à ces deux protégés … Qui finiraient bien par apprendre la nouvelle. L’attaque. La poussière. Les cris. Torvi porta une main vacillante et anxieuse à ses lèvres, comme pour en étouffer un trouble aigu. « Oh … Oui … »

Elle murmurait avec peine, en vérité. La quiétude hébétée des dernières minutes se volatilisant au profit d’une frayeur tourmentée.  « Milo … Irvin … Je dois … » Parce qu’ils allaient savoir, bientôt. Ils allaient se faire peur pour elle. « Rentrer, oui … S’il vous plaît, Derek. Ils vont … Ils vont … Être effrayés ? » Ils allaient se ronger le cœur pour le bébé. « S’il vous plaît, Derek … Irvin … Je ne veux pas qu’il pense … Que je suis … Morte. » Droite et tendue, elle n’en paraissait pas moins agitée de nouveau par cette crainte qui la dépassait. « S’il vous plaît, Derek … Ramenez-moi … »

Et c’était désormais une supplique insolite dans sa bouche. Fiévreuse et inconvenante.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Sam 30 Sep - 13:37


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Derek&Torvi
Derek était un homme sombre. Dangereux. Dont l’âme serait à jamais teintée de ses crimes passés, terribles, inavouables. Il se confortait pourtant dans l’idée que chacun de ses actes avaient un but, n’étaient pas gratuits, et qu’en quelque sorte, cet utilitarisme était une rédemption en soi, son esprit comme scindé en deux, Sacramento, et lui, l’innocent, le mouton blanc. Mais ce n’étaient que des œillères, un pare-feu pour éviter de couler plus loin encore dans un chaos indolent. Il ne pouvait pas être sauvé, plus maintenant. Il y a des actes si terribles qu’ils ne peuvent être pardonnés. L’enfant du Bronx avait grandit, et l’on ne peut accepter une vie de criminel sous couvert d’un comportement galant : c’était en tout cas ce que la société clamait.

Et pourtant. Sacramento courait toujours. N’était-ce pas quelque part le signe du mérite de son entreprise ? S’il était si diabolique, une quelconque entité divine l’aurait forcément arrêté, ou au moins, mit un frein à son œuvre interdite et illicite. Il continuait, donc, voguant à travers la mer des victimes de ses crimes, n’ayant qu’un vague regard pour ceux qu’il faisait souffrir. Ils n’étaient que des pions sur l’échiquier de sa vie.

La jeune femme apeurée, devant lui, avait tout d’une reine. Si gracile. Si fragile. Et pourtant, il pouvait voir dans son regard une force, une flamme, de lourds secrets. Sa langue veloutée par son accent nordique n’était qu’un élément parmi tant d’autres qui le fascinait. Et même leur rencontre hasardeuse, sur ce champ de destruction et ces débris fumants, ne faisait que renforcer ce caractère si singulier et fatal. Comme si encore une fois, la providence lui soufflait qu’il était sur la bonne voie. Continue.

La détresse dans la voix de la nordique était palpable et aurait pu toucher le cœur de n’importe qui, pourvu qu’il soit capable d’empathie. Et s’il était discutable qu’un monstre comme Derek puisse comprendre les sentiments d’un autre être humain, il voulait lui apporter l’aide qu’il se savait capable de lui apporter, poussé par la curiosité de connaître la nature de la sirène perdue. Son pouvoir dans son esprit avait été son chant, l’appel du pêcheur, et son angoisse, c’était ce qui faisait échouer son navire sur les côtes acérées de la rive.

Il se retint de poser une main d’apaisement sur son épaule, ne voulant passer pour un prédateur, ayant des pensées qui ne l’avaient même pas effleuré : certes, sa beauté diaphane l’émouvait, mais plus que l’apparence charnelle, c’était l’énigme qu’elle représentait qui l’attirait. Alors il se contenta de prendre sa voix la plus douce, la plus rassurante, pour qu’elle comprenne qu’il la protégerait, bien qu’il fut quelque peu déboussolé à la mention de deux prénoms masculins (il espérait un lien filial, plus qu’une amitié pouvant à tout moment basculer, ou même un relation qui le priverait de pénétrer l’intimité de la jeune femme).  

« -Calmez-vous… murmura-t-il. Il se détesta de ne pas avoir son don, de ne pouvoir lui-même l’apaiser de douces visions dans son esprit. Ils ne seront inquiets pas bien longtemps. Vous allez rentrer chez vous, je vous le promets. Vous connaissez votre adresse ? Ou au moins, avez-vous un nom complet, que je puisse envoyer un hibou à vos… amis, qu’ils puissent me dire où vous conduire ?

Il planta ses yeux dans les siens. Les promesses, il n’en donnait pas à la légère. C’était pour lui un contrat inaliénable, une atteinte à son honneur s’il ne respectait pas ses engagements. Si une nouvelle bombe venait à exploser, il la protégerait de son corps et il saignerait ; il détruirait quiconque viendrait porter atteinte à cette envoutante Legilimens ; il utiliserait tout le pouvoir, et s’il le fallait, l’aliénation de Sacramento pour parvenir à ce simple fait. L’aider.

-Et peut-être accepteriez-vous de me donner votre nom. », lâcha- t-il, presque tremblant dans ses mots, maudissant cette communication restreinte entre eux, maudissant les convenances qui le rattrapait. Maudissant tout, sauf la jeune femme devant lui, car elle était trop lumineuse dans son esprit pour être autre chose qu’une figure angélique, une énigme qu’il prendrait le plaisir de déchiffrer.    

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Jeu 5 Oct - 12:34

Accalmie
Torvi & Derek

Derek. C’était donc ce nom qu’elle devait s’approprier. Retenir, plus exactement. Pour être en mesure de l’associer au visage qu’il arborait alors : précautionneux et compatissant. Était-ce bien un semblant de miséricorde que ses iris pâles et curieux devinaient dans cet éclat singulier ? Il n’y avait pas de raison d’envisager le contraire, en l’état. Derek lui paraissait guidé par une bonté qu’il déployait diligemment malgré les fautes précédemment commises par la Suédoise.

Après tout, c’était lui qui s’était fait brutalement molesté par son intrusion – et pas le contraire. Pour une fois. Pour une première fois, même. Car c’était une nouveauté que cette frasque imprévue : investir les pensées d’un anglais !

L’exploit ne lui avait jamais été favorable jusqu’à aujourd’hui. Fallait-il donc se confronter à l’apocalypse pour en retirer un usage avéré – certes ! – mais précaire ?

Au moins, avait-il la maîtrise suffisante pour ne pas manifester davantage ses troubles… S’il en avait récolté durant cette rencontre singulière et informelle. Trop informelle. Oh ! Plus Torvi y songeait dans son anxiété générale, plus elle devinait que ses joues gagnaient en carmin et en gêne. Parce qu’en définitif, il y avait vraiment de quoi s’empourprer face à l’affaire : elle s’était glissée en lui avec si peu de prudence ! Elle s’était perdue si indélicatement sur des pentes aux vertiges funèbres !

Et heureusement que Derek avait été suffisamment doué et accommodant pour effacer de cette promenade champêtre la moindre trace de … Personnalité. Calmez-vous. La quiétude. Était-ce sa nature profonde, ce silence clairvoyant et flegmatique ? Semblable aux eaux calmes d’un lac placide d’altitude. Serein. Oublié. A l’état sauvage.

Calmez-vous. L’ordre lui revenait et hantait sa conscience comme un mauvais souvenir – et c’en était un, exact ? Il faut vous calmer, mademoiselle. Lorsqu’ils avaient été obligés de mettre son père en terre, autrefois.

Autrement.

Vous allez rentrer chez vous, je vous le promets. Lorsqu’ils avaient été obligés d’inhumer sa mère, autrefois.

Autre temps.

Et que toutes ces choses s’étaient révélées être des mensonges cumulés pour mieux l’assagir. Mieux la guérir. Des affabulations précieuses et nécessaires afin de rompre cette frénésie obstinée que la violence engendrait parfois dans son crâne et dans ses doigts. Vous connaissez votre adresse ? Sa main se contracta contre sa bouche et ses dents. Cherchant, par-delà l’étreinte de stupéfaction et de réflexion qui lui venait, à stigmatiser convenablement sa chair pour mieux revenir à la réalité. Que disait-il, déjà, Derek ? Avez-vous un nom complet que je- il la renvoyait à ce présent tangible qui les entourait.

Elle souffla doucement. Dans l’espoir de ne pas repartir dans une énième vague d’angoisse et de ne pas réitérer l’écueil proféré contre ce brave homme. Vos amis. Milo. Irvin. Excellent sujet de concentration. Mais quelle anxiété palpable ! « Irvin … Fowler. Irvin Fowler. » Quelle difficulté à ne pas s’alarmer de ce qu’ils pourraient bien croire. « Et … Milo Pierr-Pierce. Pierce. »

De ce qu’ils pourraient bien envisager pour ce qui grandissait lentement en son sein. « Ils … Il faut … » Seulement, elle n’avait pas été blessée. Ni secouée. Juste un peu sonnée, n’est-ce pas ? Il n’y avait pas de- « Je vais bien mais … Ils savent pas, Derek. Ils savent pas et j’ai peur qu’ils … Être effrayés. »

Et peut-être accepteriez-vous de me donner votre nom. Elle se remit à cligner des paupières, décontenancée par cet oubli d’une impolitesse crasse. « Oh … Pardon … Je suis désolée … » Affreusement embarrassée, en vérité, par ce manque criant de sociabilité. Alors que tout en elle chancelait non loin de cette ligne courbe entre le contrôle et l’affolement. « Torvi. Mon nom est Torvi. » Tout en étant assez soutenue, néanmoins, pour ne pas sombrer complètement dans le second versant.

Comme si … Il la stabilisait. Étrangement.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Dim 8 Oct - 3:28


Accalmie
Derek&Torvi
Cette lente agonie que l'accent sur sa langue infligeait sur ses sens… S'il déplorait cette barrière qu'érigeait l'exotisme de la jeune femme, il chérissait les volutes qui en découlaient, se sentant irrémédiablement attiré par leurs sonorités et leurs mystères. Car elle était bien insondable, la Torvi, avec sa beauté enchanteresse et sa candeur si touchante. L'appel à l'aide avait été entendu, Derek serait son salut et cela, il en était certain. Elle lui fournissait des réponses, bien qu’elles apportaient encore des questions, que l’homme gardait en tête de peur qu’elles ne soient malvenues. Il avait deux noms, aux consonances anglophones : qui étaient-ils ? Est-ce que l’oiseau s’était mis en cage, avait fait des promesses à cet Irvin ou ce Milo ? Derek s’en voulait, quelque part, de se poser ces interrogations, car il savait que la bienséance le poussait à taire ses espérances les plus secrètes, surtout dans une situation comme celle-ci. Au moins, il connaissait son nom, et c’était déjà plus que ce qu’il pouvait espérer.

De toute façon, se reprit-il, il pensait à l’envers : plus que d’espérer combler le trou des affres énigmatiques de la jeune femme, il lui fallait compter sur ce qu’il savait déjà, et de là, tirer des conclusions. Elle était Legilimens, et ils étaient bien peu avec un talent aussi vif, aussi brut, cela avait été un déploiement instinctif qu’un Occlumens moins doué que lui n’aurait pu résister, tant il avait été sauvage. Il ne suffit pas de connaître les chevaux pour dresser les mustangs, il faut comprendre leur nature et accepter cette part de révolte en eux, non pas comme une tare, mais comme une énergie à canaliser. Elle était fragile, nerveuse, apeurée par la situation alentour, et se raccrochait à Derek comme un sauveur, sans le connaître. C’était un tort, quiconque connaissait réellement l’américain aurait pu le comprendre, mais lui-même voyait ça comme une bénédiction. Elle voulait contacter deux hommes, dont la nature de leurs relations était encore inconnue, mais inconsciemment, le voleur pensait que bien peu de serments ne peuvent être brisés, surtout par lui. Rien n’était perdu.

Et c’était tout. Il avait bien peu de cartes entre les mains. Alors pourquoi ce lien inexplicable qu’il ressentait, cette envie maladive d’apaiser sa détresse ? Derek n’était pourtant pas un homme charitable. Il ressentait même un certain inconfort devant le piédestal sur lequel il avait déposé une parfaite inconnue : il lui fallait se reprendre.
Derek mit deux doigts dans sa bouche et siffla, et seulement quelques secondes plus tard, son hibou Grand Duc, Mercutio, fendit les airs, majestueux et presque invisible à cause de la fumée. Il écrivit rapidement deux lettres, son écriture noble se ressentant malgré son inattention, informant simplement les deux connaissances de Torvi qu’elle allait bien, qu’elle était sous sa protection et que, s’ils avaient la bonté de lui envoyer son adresse, il pourrait la ramener saine et sauve. Ses mots, bien que rassurants, transparaissaient d’une froideur glaciale, plein de mépris pour deux hommes qui auraient pu être les frères de Torvi, ou des liaisons ne touchant, en aucune façon, le cœur de la jeune femme. Mais il la voulait déjà pour lui seul, Derek, car il était collectionneur d’art et aimait enfermer les belles choses. Egoïste, il avait dans son entrepôt certaines des plus belles pièces au monde, volées dans les plus grands musés et remplacés par des copies de son ami Tobias, et lui seul avait le droit de poser les yeux dessus.

« -Torvi. Comme ce nom sonnait doux à son oreille, maintenant qu’il le prononçait à voix haute. Milo et Irvin vont être prévenus et vous serez bientôt chez vous, tout ira bien. Eloignons-nous d’ici en attendant la réponse, c’est encore dangereux, et qui sait si une autre bombe ne s’étant pas encore enclenchée ne repose pas quelque part sous nos pieds. Il se reprit. Il ne voulait pas l’inquiéter outre mesure. C’est hautement improbable, cela dit. Pas vraiment, mais soit.

Il l’entraina un peu à l’écart, là où il s’était trouvé, lui-même, au moment de l’explosion. Se trouvait un banc public et un arbre intact, dont seules les feuilles, avaient été roussies par l’explosion. Il ne s’assit pas, car il savait qu’un gentleman attend que la femme soit la première à se poser. Il préféra poser une autre question, pour passer le temps et apaiser la tension qui régnait encore dans l’esprit de la jeune femme –il fallait l’occuper, de quelque manière que ce soit-, mais surtout, assouvir sa curiosité maladive.

-D’où venez-vous Torvi ? Norge ? Danmark ? Sverige ? »
Il ne connaissait pas les langues scandinaves, mais connaissait les noms de tous les pays dans leur langue d’origine, trouvant bien plus racé de prononcer leurs désignations telles que leurs habitants les avaient voulues. Son accent était probablement terrible, mais, il espérait suffisamment compréhensible pour allumer une étincelle dans les yeux de Torvi.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Lun 1 Jan - 14:38

Elle s’efforça de respirer plus lentement. Cherchant à calmer cet indicible retour de l’anxiété entre ses côtes crispées par l’appréhension porté par le risque. Par la crainte. De cet écueil qui pourrait bien se tisser tant dans l’esprit de l’adorable Milo que du protecteur Irvin. Est-ce qu’elle se pardonnerait une panique aussi détestable chez eux ?

Ils ne méritaient pas d’angoisser. De souffrir d’une potentialité terrible. Torvi. La sorcière s’accrocha à la voix qui faisait vibrer l’air et lui permettait de disperser pour l’heure les nuages encombrants de son esprit. Juste un peu d’air. Juste un peu d’espace. De quoi faire adhérer sa conscience au réel palpable dans lequel ils évoluaient.

Elle, indubitablement, et Derek. Derek, donc. Dont les mots s’enchaînaient avec hauteur et clarté. Seulement … Tout était encore si difficile, si laborieux dans son crâne malmené par les événements. Vont être prévenus. « D’accord … » Bientôt chez vous. « Merci … Merci Derek. » Ses doigts se contractèrent encore. Douloureusement. L’une contre l’autre enserrées dans ce qui semblait être un ballet destiné à magnifier sa terreur silencieuse. D’extérioriser le mal insidieux qui lorgnait son contrôle tout juste maintenu par l’équilibre. Par la nécessité de ne pas abdiquer une nouvelle fois en faveur de ce don brutal. Sauvage. Bestial dans ces pénétrations perpétrées par l’urgence. Éloignons-nous.

Torvi acquiesça avec une lenteur raide, l’esprit entièrement focalisé sur ses propres exhalaisons. Inspirant et expirant à un rythme plus supportable pour son sang. Pour sa tête. Pour cette petite vie qu’elle devait protéger coûte que coûte en son sein. Une autre bombe. Elle adressa une expression franchement horrifiée au dénommé Derek. Guère certaine de tout assimiler. Hautement improbable. Elle s’échina à répéter le mot. « Improbable. C’est improbable. » Comme pour s’en rassurer.

Se défier de la possibilité évoquée.

D’un pas encore troublé et précautionneux, elle le suivit jusqu’au banc. Le corps trop tendu, toutefois, pour avoir l’envie et la force de s’autoriser à s’asseoir. Son regard pâle et décontenancé glissant de la proposition non-formulée à son instigateur. Attendait-il réellement qu’elle s’octroie quelque chose d’aussi commun ? Elle ne bougea pas. Le cœur un peu trop rude. Le souffle encore trop incertain dans ces interstices ombrageux imputables à la frayeur.

Les mains de la brune sorcière se portèrent à son menton. S’y joignant temporairement. Respirer. Elle devait respirer. Les iris se dérobèrent au monde quelques instants, suivant la ligne volontaire et nécessaire de cette démarche probablement spirituelle au premier abord. D’où venez-vous Torvi ?

L’interrogation résonna un moment en elle. Légèrement lancinante. Infiniment narquoise. Moqueuse quant à ce passé qui ne passait pas. « Sverige. » La réponse, murmurée du bout des lèvres, s’accompagna d’un retour de l’urgence. Moins emportée. Moins dramatique. Moins sauvage.

Plus déterminée. « Il faut … Rentrer, Derek. S’il vous plaît. »

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Mar 2 Jan - 17:03


Accalmie
Derek&Torvi
Mercutio fendait les airs, son précieux message bien attaché à sa patte gauche. Quelques particules de suie se frottaient parfois à ses plumes ébouriffées par la vitesse, preuves silencieuses de la terrible explosion qui avait eu lieu non loin de là : il se rapprochait du stade ravagé, où les médicomages évacuaient encore les blessés et où l’odeur de mort couvrait celle, bien plus concrète, de brûlé, mais surtout de son maitre, heureusement indemne. Il n’avait jamais été en danger bien sûr, mais ça, les gens présents ne le savaient pas, et le Grand Duc non plus, d’ailleurs. Il ne se posait pas ce genre de questions, qui auraient été peu communes pour un hibou, et se contentait d’apporter sa missive à celui qui le nourrissait généreusement tous les matins de délicieuses souris : il se posa sur son épaule, frottant doucement son bec contre sa barbe, dans une affection visible.

Derek, toujours aux côtés de l’enchanteresse Torvi, détacha le parchemin et le lit rapidement. L’écriture était visiblement pressée, urgente, et c’était sans surprise : si Irvin avait été probablement soulagé d’apprendre que la jeune femme était saine et sauve, l’américain avait donné bien peu de détail et il voulait probablement qu’elle rentre au plus vite. Derek n’avait toujours aucune idée de la relation qui les liait, mais cela n’occupait guère son esprit pour le moment : il se contenta de lire avec soin l’adresse fournie par cet Irvin Fowler, qui se trouvait assez loin de là où ils se trouvaient, dans les Faubourgs. Il voyait exactement où cela se trouvait, mais il ne voulait pas prendre le risque de transplaner, après tout, il ne s’y était jamais rendu et avait peur que l’organisme de Torvi, fragilisé par l’attentat, ne supporte pas le transport magique. Il se contenta donc de se tourner vers la jeune femme.

« -Oui… Vous allez rentrer chez vous.

Et galamment, dans une attitude protectrice qui aurait pu être charmante, si des corps sans vie ne se trouvaient pas encore à quelques mètres de là, Derek lui tendit le bras pour qu’elle marche à ses côtés. Il se doutait que, vu la situation, le tramway ne fonctionnerait pas, et ils avaient bien du trajet à faire à pied, son soutien ne serait donc pas du luxe pour la suédoise.

Un pied devant l’autre. Son corps masquait la scène de l’explosion des yeux de Torvi, enfin, une partie seulement. Il tourna dans la première rue possible, s’éloignant de leur destination mais ne voulant pas continuer à exposer ainsi la jeune femme à la scène d’horreur qu’ils avaient vécu il y a peu. Il n’osait pas vraiment lui poser de nouvelles questions, ne voulant pas sembler trop inquisiteur, et sentait que parler d’un sujet tiers, dans un contexte aussi étrange, serait déplacé. Sa curiosité avait été quelque peu assouvie, maintenant qu’il connaissait son pays d’origine, mais il avait besoin de plus, de bien plus. Il commencerait à apprendre sa langue à la minute qu’il la quitterait. Parce que c’était tout Derek, ça, de vouloir tout savoir, tout connaître, carnassier à l’extrême, plaçant l’intellect au dessus de tout. Enfin, à part son organisation criminelle, bien sûr.

Un silence s’installa. Pas gênant, non, car ce n’était pas que Derek cherchait désespérément un moyen de le rompre, mais plutôt un de ces moments quelque peu surréels de transition, où les mots ne semblaient pas à leur place et seules des petites choses simples, comme une main diaphane serrée contre un bras puissant, ou la chaleur de deux corps se mélangeant par leur proximité, devenaient indispensables. Il pouvait sentir la nervosité de Torvi, toujours évidente après ce qu’il avait vécu, et elle devait probablement songer à ses proches, qui se faisaient un sang d’encre pour elle. Lui, il n’avait personne pour se faire du souci. Sa mort entrainerait des complications pour son organisation, qui se verrait dissoute et une guerre des gangs des plus sanglantes se déclencherait : mais ce serait son pouvoir, sa position, pas lui, qu’on regretterait. Patrick s’en remettrait, il était jeune et, même s’il voyait Derek comme le père qu’il n’avait jamais eu, il se rendrait bien vite compte que Derek le traitait plus comme un loyal subordonné que comme un véritable fils. Il était rare que l’américain se laisse aller à ce genre de pensées, lui qui pensait que seule la gloire comptait vraiment, au final.

-Vous pouvez utiliser le labyrinthe, si vous le désirez, Torvi, dit-il doucement, rompant le silence d’un murmure. Je vous emmènerai à destination, vous pouvez me faire confiance. »

Peut-être apprécierait-elle cette distraction de l’esprit, elle qui avait semblé si apaisée après son premier séjour dans sa tête. Il ne savait pas vraiment comment le pouvoir de Torvi fonctionnait, il était plus sauvage que ceux des autres Legilimens qu’il avait rencontré, et ne savait pas si elle serait capable de marcher tout en parcourant les routes sinueuses de son labyrinthe mental : il se disait cependant que son cerveau mettrait automatiquement un pied devant l’autre, et que si elle se laissait porter par les directions de Derek, ils n’auraient aucun mal à arriver à destination. Lui, l’Occlumens aguerri, pouvait très bien former la barrière psychique, et conduire la jeune femme chez elle.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Dim 21 Jan - 8:34

Sa propre supplique sembla s’effriter dans l’air instable et presque crasseux qui succédait à la folie d’un attentat définitivement sanglant. Elle sembla se dissoudre et ne laisser plus que le silence. Le vide propre à cette attente qui galvanisait désormais sa chair et sa conscience. Parce qu’elle souhaitait rentrer, maintenant, n’est-ce pas ? Parce qu’elle voulait fuir, surtout, ce sentiment étrange que lui prodiguait l’incertitude du moment.

Que lui imposait la crainte et l’appréhension de la suite. Toujours en écho à ces heures sombres que son esprit remettait un peu trop bien. Le feu. Les cris. La cendre, chaude, outrageante, au goût de cuivre et de sel. Elle voulait juste partir.

Nier ce qu’il s’était déroulé sous ses yeux. Protégée, seulement, par la félicité soudaine d’une providence qui s’était si souvent faite tortionnaire par le passé.

Elle expira, le regard cessant de détailler d’invisibles volutes pour se tourner vers la silhouette de Derek. L’oiseau s’y posant au même instant en quelques battements d’ailes. Vous allez rentrer chez vous. Une once de chaleur, doucereuse et délicate, s’insinua dans ses veines à ces mots infimes. Si précieux, pourtant, à ses yeux. « Oh … Merci ! »

Et la détermination, extirpée des méandres souffreteux précédemment endurés, se fit plus vindicative et piquante dans les iris de la sorcière. Plus précise, aussi, alors qu’elle agrippait délicatement le bras tendu. Un contact inhabituel, toutefois, pour elle : tant elle évitait ordinairement la chose pour en privilégier seulement les siens.

Ses doigts s’y serrèrent, sans ajouter un mot. Le cheminement calme et muet lui permettant de songer à l’expression rassurée d’Irvin et de Milo. Comme pour s’en faire un étendard suffisant et bienveillant auquel se raccrocher, tandis que Derek la guidait vers son refuge privilégié.

Vous pouvez utiliser le labyrinthe, si vous le désirez, Torvi. Elle s’arracha, légèrement stupéfaite, à ses réflexions pour en juger la proposition. Je vous emmènerai à destination, vous pouvez me faire confiance. « C’est … » Son regard trahissant aisément de cette surprise qui lui venait. « Gentil, Derek. Merci. Mais … »

Comment le lui expliquer ? « Je … Ne peux pas. C’est difficile. » Que c’était soit un procédé très complexe, mieux maîtrisé par Friggja que Torvi, soit une réaction de survie ? « Je ne … Contrôle pas très bien. »

Et c’était mieux ainsi, certainement. Une part de vérité pour un inconnu sauveur qui la ramenait chez elle. « Et vous … C’est depuis longtemps ? La protection ? »

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Mer 24 Jan - 19:33


Accalmie
Derek&Torvi
La situation aurait pu déstabiliser plus d’un quidam, marcher dans des rues si silencieuses après la confusion et le chaos qui avait résulté de l’attentat au stade, avec un fond de l’air agréable et un léger filet de vent qui détonnait avec la chaleur de l’explosion. Mais pas Derek. C’était son quotidien, après tout : lorsqu’il fuyait après un cambriolage qui ne s’était pas passé comme prévu, où le sang avait dû couler ou la fuite avait été de mise, il était toujours un peu étrange de sortir et de voir que le monde continuait sa route, paisible, égal. Il était si facile pour l’homme de se sentir comme étant le centre de l’univers, et c’était en particulier vrai pour quelqu’un comme l’américain, si égocentrique, pensant que tout lui était dû et que, toujours, le destin jouerait en sa faveur.

Cette soirée, en réalité, semblait, quelque part, représenter la vie qu’il avait vécue jusqu’à présent. Une enfance difficile, dans la fureur des guerres de gang et l’incertitude de savoir si un repas chaud serait présent le soir, à table. Et puis une rencontre avait changé sa vie : Mitch, celui qui avait été son mentor, et depuis, tout était bien simple. Il vivait dans le luxe, agrandissait de plus en plus, petit à petit, son organisation criminelle, et le nom de Sacramento était sur les lèvres de bien de représentants des forces de l’ordre. Il espérait simplement que Torvi ne finirait pas de la même manière que Mitch… Car s’il avait été un oasis au milieu du chaos, il avait été aussi le premier homme que Derek ait jamais tué : et la jeune femme était bien trop précieuse, bien trop innocente, pour subir le même sort que le moins que rien qui lui avait appris l’Occlumencie.

Ils marchaient, donc. Bras dessus, bras dessous, comme s’ils étaient de vieux amis ou en tout cas, plus que de simples connaissances. Mais quelque chose les liait, n’est-ce pas ? Après tout, elle avait pénétré dans son esprit, et certes, elle s’était heurtée aux murs végétaux de son labyrinthe et s’y était perdue, sans réellement chercher la sortie, mais cela restait néanmoins une expérience personnelle, presque intime. Et cela plaisait à Derek de se dire qu’une si jolie jeune femme, avec un don si particulier et un accent si chantant, lui faisait confiance pour la ramener chez elle, lui le loup dans la bergerie, lui le gentleman assassin. Si elle savait… Bien sûr, rien ne lui arriverait : il avait émit une promesse, et la tiendrait jusqu’au bout. Cela n’empêchait pas Sacramento de chuchoter, au fond de lui, des désirs ensanglantés informulés, qu’il se contentait de balayer au fond de son cerveau.

Elle sembla surprise par la proposition du criminel. Cela lui semblait pourtant évident d’émettre une telle proposition compte tenue de la façon dont ils s’étaient rencontrés. Et puis il comprit. L’attaque de son esprit n’avait pas été prémédité, ça avait été un acte désespéré, une magie sauvage qui s’était libérée et qui n’attendait qu’à être canalisé. Peut-être pourrait-il l’aider à mieux maitriser son don, enfin, si elle le désirait bien sûr.

« -Je vois… dit-il, la voix songeuse. Cela doit être difficile de sentir sa propre magie agir de sa propre volonté, comme si votre corps n’était au final, qu’un hôte pour une force si puissante et sauvage.

Il se retint de dire que lui-même n’aurais jamais supporté qu’une chose pareille lui arrive, lui si perfectionniste, si sûr de lui. Il l’avait bien souvent dit : il préférait mourir que de subir un sortilège de l’Imperium. Perdre le contrôle… Cela l’effrayait terriblement.

-Enfin, je suis sûr qu’avec de l’entrainement, vous pourrez mieux réussir à maitriser votre pouvoir. Je pourrais vous aider, si vous le voulez bien.

La question qu’elle lui posa, par contre, le prit de court. C’était pourtant poli, n’est-ce pas, de s’enquérir de l’autre après avoir parlé de soi ? La base d’une conversation. Mais Derek avait peu l’habitude de parler de lui, préférant s’enrichir des histoires des autres, et devant, de toute façon, s’inviter le plus souvent un passé bien moins sombre qu’il ne l’avait été en particulier. Car après tout, les souvenirs qu’il racontait devaient coller avec sa prétendue vie présente. Celle du riche philanthrope adepte de généalogie nommé Derek Knight. Mais cela lui semblait relativement sûr de dévoiler une réponse véritable à Torvi, après tout, cela ne jurait pas avec sa couverture.

-Depuis mon enfance, une connaissance m’a apprit les bases… Mais je n’arrivais à rien, malgré mes efforts. Les Occlumens érigent des murs pour protéger leur esprit, enfouissent leurs souvenirs dans des coffres, ou des compartiments inviolables… Mais toujours, mon maitre arrivait à briser mes défenses. Jusqu’au jour où j’ai pensé au labyrinthe. Il est possible d’arriver au centre, mais personne n’y ait arrivé pour l’instant. Mais sans s’y prendre garde, on peut s’y perdre, et ne plus jamais réussir à s'en échapper. Il murmura sa dernière phrase, plus pour lui-même que pour la jeune femme. C’est peut-être une illusion mais j’ai l’impression que leurs voix sont encore là, dans ma tête, criant pour qu'on les fasse sortir…

Il se reprit. Il ne fallait pas l’effrayer, pas maintenant. Ils arriveraient bientôt à destination, et elle était si intéressante qu’il voulait continuer leurs échanges plus tard, dans de meilleures circonstances peut-être. En suédois pourquoi pas : maintenant qu’il maitrisait 5 langues parfaitement, pourquoi ne pas en apprendre une sixième pour pouvoir plus aisément comprendre l’envoûtante brunette ?

-Dites moi si ma question est indiscrète mais… comment une Legilimens suédoise telle que vous s’est retrouvée dans une ville comme Atlantis ? Cela doit être une histoire passionnante.»

Et il espérait que la réponse ne serait pas trop compliquée, ne voulant pas l’embarrasser par sa curiosité mal placée. Il gardait un ton badin, afin de bien signifier que la réponse l’importait peu, alors que la vérité était toute autre.

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Jeu 25 Jan - 11:34

Ils s’éloignaient, de plus en plus, des débris et des corps inertes imputables à l’attentat. Ils s’éloignaient de cette discordance horrible pour le mieux ; c’était cette perspective à laquelle songeait et s’accrochait farouchement Torvi maintenant que son esprit était assuré de rentrer auprès des siens. Car malgré la cacophonie ambiante et les râles persistants des blessés, affectant progressivement son empathie encore sclérosée par la frayeur, elle savait que ses pas échapperaient au pire.

Aussi étrange que cela pouvait lui sembler, le serviable et mystérieux Derek paraissait prompt à la préserver elle plutôt que quiconque. Comme si la mission s’en était révélée à lui avec une évidence propre et particulière à la fois aux soubresauts du destin.

Comme si tout ce qui était arrivé ici-bas n’avait rien d’aussi urgent et essentiel que sa survie. Que l’assurance qu’elle parviendrait entière à Irvin et Milo dominait le reste des prérogatives. Mais des gens ne souffraient-ils pas, aussi, dans le même temps qu’il la guidait vers des lieux sécurisés ?

D’une certaine manière, ce favoritisme évident qu’il déployait à son égard avait … Quelque chose de rassurant. Singulier. Inhabituel. Mais réconfortant. Tel que ce bras qu’elle lui tenait pour s’en laisser conduire au fil du chemin. Je vois. Ses pâles iris s’intéressèrent au visage de son interlocuteur, encore, y cherchant précautionneusement des émotions et des expressions coutumières au genre humain.

Cela doit être difficile. Elle acquiesça avec délicatesse, soulagée qu’il puisse comprendre au-delà de ces mots imparfaits ce qui lui pesait véritablement. « Oui, c’est difficile, Derek. Très difficile. Très fatigant. » Force si puissante et sauvage. C’était exactement ça. Sa peine. Son fardeau. Celui qu’elle s’obligeait à exploiter sous les traits de Friggja sans jamais réussir à en esquiver les maladresses et les douleurs engendrées. Sans jamais contrôler pleinement ce que cela lui coûtait de volonté et d’endurance. « Vous … Vous avez raison. Elle est trop forte. Elle m’écrase, parfois. » Qu’avait-elle à perdre de quelques aveux, de toute façon ?  

Ne se montrait-il pas suffisamment protecteur à son égard ? Avec de l’entraînement. Ah ! Si seulement il savait. « Il y a longtemps … Une sorcière a essayé de m’aider. Elle n’a pas réussi. J’ai échoué à … Maîtriser. » Et tout lui venait si aisément, maintenant qu’ils commençaient à converser. Même si son accent cognait encore contre les termes et les sonorités. Même si son regard trahissait de la déception qu’elle ressentait vis-à-vis d’elle-même. Je pourrais vous aider. « Vous … Vous voulez m’aider ? C’est vrai ? »

Elle se tût un instant, pour y réfléchir. Parce que la proposition était alléchante, n’est-ce pas ? Et ce, en dépit que Derek lui soit inconnu … Toutefois, n’était-ce pas justement une opportunité à saisir ? Il ne la connaissait pas réellement, alors, il ne la jugerait pas. Il ne la sermonnerait pas. Plus. Surtout à son âge.

La voix de l’homme l’extirpa de ses vives réflexions. Ainsi, cette protection contre son impitoyable don, il la devait à sa propre existence ? A sa propre entremise. Torvi se mit à le détailler davantage, soudainement fascinée. « C’est … Woah. Labyrinthe. C’est un labyrinthe. Impressionnant. » Et pleine d’espoir : parce qu’il y avait peut-être là quelque chose à en tirer pour qu’elle ne s’écorcha plus dans l’esprit des autres.

Dites-moi si ma question est indiscrète, mais- Torvi haussa un sourcil, se concentrant sur les mots pour en saisir pleinement leur essence. Et, de fait, ce que Derek attendait d’elle. « Je suis … Ici pour démarrer une nouvelle vie. Atlantis est ma vie. Ailleurs … Je n’ai plus rien. Plus personne. C’est une histoire … Compliquée, Derek. Très longue. Pas joyeuse. » Énoncé de la sorte, son parcours lui semblait même déprimant. « Mais j’ai espoir, pour ici. Je suis serveuse … Dans un petit café. Vous aimez le café ? Le thé ? Vous venez d’ici ? »

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Ven 26 Jan - 20:06


Accalmie
Derek&Torvi
Il pressa doucement le bras de la scandinave, montrant par sa présence, son soutien. Peut-être que si la situation avait été différente, il aurait éprouvé du mépris pour quelqu’un qui n’arrivait pas à maitriser sa propre magie : lui qui se targuait d’être, en toutes circonstances, l’architecte de sa propre vie, quelqu’un qui se laissait aller aux déferlements de puissances internes pouvait sembler quelque peu inférieur. Mais Torvi l’avait touché, et il avait vu le potentiel en elle. Elle était forte, peut-être trop forte pour sa propre sécurité. S’il n’avait pas trouvé le moyen de canaliser son énergie… Peut-être se serait-il retrouvé comme elle.

« -Je ne connais pas cette sorcière, et je ne doute pas de ses capacités, mais… Il en doutait. Bien sûr qu’il en doutait, car il pensait sincèrement que personne, jamais, ne pourrait battre son supérieur intellect. Comme toujours, il était poli et ne montrait en rien la flamme qui brûlait en lui, cette flamme dévorante d’ambition et de désir de contrôle. Je pense que je comprends, quelque part, ce que vous traversez : vous essayez de vous maitriser, mais vous devriez, avant toute chose, vous comprendre. Comprendre d’où vient la source de ce don que vous possédez, ce qui l’alimente : et ce n’est qu’à ce moment là que vous pourrez avancer.  

Le dialogue n’était pas si difficile, malgré la barrière de la langue. Certes, la suédoise n’avait pas encore saisi les subtilités de la conjugaison anglaise et utilisait un vocabulaire simpliste (bien que, de ça et là, certains mots plus complexes sortaient de la bouche hésitante, et Derek ne pouvait s’empêcher de hocher la tête, dans un encouragement infime, pour signifier son approbation), mais elle comprenait sans problèmes les phrases ampoulées du sorcier. Elle devait passer bien plus de temps à écouter qu’à s’exprimer, voyeuse discrète dans cette ville si exotique pour elle : et sûrement que son pouvoir, dont Derek avait saisi les tenants et aboutissants, était l’une des causes du trouble l’ayant emmené bien loin de chez elle. Quelque part, il regrettait de lui avoir posé cette question, sur la raison de sa présence à Atlantis : il savait ce que c’était, de devoir tirer sur un passé lointain. Le gamin qui avait grandit, sans le sou et misérable, dans le coin le plus crasseux du Bronx, n’était plus qu’un lointain souvenir dans un coin de sa mémoire, et s’il pouvait s’en débarrasser, il le ferait sans soucis. Il avait pensé à l’éventualité de se procurer une Pensine et de jeter les derniers éléments de son enfance dans l’eau trouble, mais il aurait prit le risque, qu’un jour ou l’autre, quelqu’un tombe dessus. La légende de Sacramento ne devait pas être teinte par un passé indigne du personnage qu’il s’était créé. Il devait rester une ombre menaçante, un fantôme destiné à effrayer les générations futures, sans que l’on puisse vraiment savoir pourquoi ni comment. Car c’était le fondement de la peur, n’est-ce pas ? L’incertitude. Ne pas savoir ce qui se trouve derrière la porte fermée, ce qui se cache dans le noir. Et son passé mourrait avec lui : pas son mythe.

Mythe d’ailleurs, qui continuerait à se développer, se dit-il en apercevant, flagorneur, une pointe de révérence dans les yeux de Torvi alors qu’il parlait de son don. Probablement qu’elle ne faisait qu’envier le contrôle qu’il avait sur son propre don, mais comme d’habitude, il y vit une preuve de plus de son incroyable supériorité.

-Le pouvoir de l’imagination est supérieur à bien d’autres, et je l’ai utilisé à mon avantage. C’est fascinant, quand on y réfléchit : il n’y a pas de murs, pas de labyrinthes, même pas de véritables souvenirs… simplement des impulsions produites par notre cerveau. Et pourtant, nos aptitudes arrivent à les décrypter en des images existantes dans notre propre plan métaphysique.

Il était probablement allé un peu trop loin avec ses termes, et il doutait que Torvi comprendrait ce qu’il voulait dire, mais il n’en avait cure. Derek parlait un peu pour lui, plus que pour son interlocutrice : il était réellement intrigué pas ces pensées, qui agitaient son esprit. Il secoua la tête, laissant échapper un rire qu’on aurait pu assimiler à un glapissement.

-Mais je m’égare… J’essayais simplement de vous expliquer que le contrôle, quelque part, est une illusion, car tout n’est qu’illusion. Je pense pouvoir vous aider parce que je comprend comment le monde marche, et j’aimerai vous montrer ma vision des choses.

Enfin, la réponse de Torvi sur son passé arriva, et elle fut tout aussi obscure et mystérieuse que ce qu’il attendait. Car l’histoire ne pouvait être que compliqué, longue, et triste, n’est-ce pas ? Se retrouver seule, à des milliers de kilomètres de chez soi, en ayant seulement les bases de la langue parlée dans le pays… Cela signifiait forcément des affaires bien complexes.

-Vous avez voulu recommencer à zéro, je vois. Atlantis est une ville tournée vers l’avenir : je pense que vous avez fait le bon choix. Et il sourit doucement devant les questions presque simplistes qu’elle lui posait, après ce qu’ils avaient vécus, après leurs mots précédents. Elle était touchante. Trop pure pour qu’un démon comme lui ne la souille. Je ne suis ni adepte, ni détracteur de ces boissons : j’apprécie quand elles sont bien faites, et je ne doute pas que c’est le cas de celles que vous servez. Une pause, et un petit sourire. C’est rafraichissant de parler avec quelqu’un qui ne sait pas instantanément d’où je viens, de par mon accent. Je suis américain, je suis né à New-York.

Et il ne s’étendit pas plus sur le sujet. Plus elle en savait sur lui, plus il risquait que la vérité ne s’effrite : elle était bien trop précieuse pour qu’elle se fasse tuer, simplement parce qu’elle en saurait trop. De toute façon, ils arriveraient bientôt à destination, et la conversation tournerait court. Il la reverrait, peut-être en tout cas, si elle acceptait sa proposition de l’aider à comprendre son pouvoir. Ou peut-être pas. Mais l’accalmie après le chaos, dans tous les cas, aurait été des plus plaisante.

-Vous reconnaissez ces rues ? Nous ne sommes plus très loin, à ma connaissance. »

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MessageSujet: Re: Accalmie | Derek   Ven 9 Fév - 13:05

Je ne connais pas cette sorcière. Torvi avait hoché la tête, en une expression curieusement impavide compte tenu du sujet. Et je ne doute pas de ses capacités, mais- Elle avait acquiescé en ce qui lui semblait être une leçon difficile à appréhender autrement. Parce que ces échos souffreteux, ces relents dissolus d’un passé révolu, appartenaient tous à une situation qui n’avait plus de sens aujourd’hui. Ne lui avait-on pas signifié, à plusieurs reprises, qu’il était nécessaire de laisser mourir le passé ?

Et d’une certaine manière, c’était ce que lui disait Derek, pas vrai ? Hjöl n’était rien de moins, rien de plus, qu’un souvenir. Qu’un échec qu’il convenait de dépasser. De vaincre aujourd’hui sous des augures plus cléments. Après tout, Atlantis s’était dressée au-devant de sa fuite comme une solution. Comme une perspective suffisante. Probablement que Derek pourrait éclairer d’autres pans de sa nouvelle existence avec la diligence d’un maître assuré.

Je pense que je comprends, quelque part, ce que vous traversez. Ces mots, infimes et délicats, raisonnèrent étrangement dans la tête de Torvi. L’obligeant à considérer son interlocuteur d’une autre manière. Le regard curieux derrière les masques policés que dressaient entre eux la bienséance.  

Conception inhabituelle, pour elle, surtout. Il comprenait. Si peu d’âmes pouvaient, en vérité, susurrer de telles choses à son oreille. Si peu qu’il ne lui paraissait en connaître même aucune, à l’aune du monde actuel. Vous essayez de vous maîtriser. Et c’était très exactement le propos. La problématique de sa courte vie.

Elle s’échinait à dominer un pouvoir incommensurable. En vain. Perpétuellement brisée et broyée sous le poids d’un tel don, aussi cruel que cathartique. Aussi utile que meurtrier. Meurtrier. Car Friggja n’était pas complètement innocente, dans le fond. Les blondeurs immaculées d’un divin moqueur se trouvant parfois mêlées à des teintes carminées.

Des devoirs terribles et irréversibles. Parce qu’ils devaient payer. Tous payer. Pour l’holocauste. Pour les massacres. Pas un seul n’était innocent, finalement. Et ils avaient été violentés par son esprits puis saignés par les autres en guise de rédemption ultime.

Vous devriez (…) vous comprendre. Elle frémit, brutalement. Ses épaules tressautèrent, même, à cette extraction soudaine de tréfonds lointains que provoquait la voix rassurante de Derek. Une seconde, elle manqua d’air ; mais elle finit par se reprendre, sans parvenir à dissimuler de ce trouble revenu. « Oui… Comprendre… Me comprendre… »

Ses doigts se crispèrent, un instant, avant de se détendre. Sa conscience s’accrochant aux paroles de l’homme protecteur pour mieux adhérer à la réalité. Peu importe qu’elle n’en comprît pas toutes les références. Au moins ne se remettait-elle pas à tomber dans un vide incommensurable. Car tout n’est qu’illusion. « Le … Contrôle est illusion ? La magie aussi, parfois, Derek ? » Je pense pouvoir vous aider- « Merci. Merci beaucoup. Vous êtes gentil, Derek. »

Vous avez voulu recommencer à zéro. Elle acquiesça une nouvelle fois. Que pouvait-elle dire de plus ? Surtout avec cet anglais si laborieux qui la restreignait tant et douloureusement dans ses expressions. Je suis américain. « Oh ! » Je suis né à New-York. « Américain, oh ! Je suis désolée… Américain… C’est pourquoi le thé et le café… » Elle se mit à réfléchir, s’adonnant de bon cœur à des pensées faciles et agréables. Loin de l’attentat. Loin du passé. Loin de tous ces détails ténébreux. « Et les pâtisseries ? J’ai … Des américains étaient au café. Ils aimaient beaucoup les pâtisseries. Les … Donuts, vrai ? Vous aussi ? »

Vous reconnaissez ces rues ? Torvi cligna des yeux à plusieurs reprises, pour mieux en discerner son environnement. « Oh… Oui… » Nous ne sommes plus très loin, à ma connaissance. « Oui ! Derek… Nous sommes proches. Oh, c’est … Bien ! Venez ! Il faut… Irvin ! »

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