De la finesse de tourner les pages
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MessageSujet: De la finesse de tourner les pages   Dim 27 Aoû - 8:42

« Moriarty, espèce de félin mal agencé ! »

Je lance un Impedimenta réflexe sur mon horripilant chat, trop actif en cette heure matinale, alors qu’il continue de lorgner sur ma pile de ressorts. Comme à son habitude – à croire que ça l’amuse – il retombe sur ses pattes trois mètres plus loin et fait semblant de me nier, se pourléchant une patte antérieure avec un air satisfait. Jalousement, je pousse mon bric à brac un peu plus loin sur la table et tente de l’observer du coin de l’œil. J’essaie de ne pas penser au nombre d’heures que j’ai déjà passé dans cette salle, face à un unique index et aux quatre autres doigts encore à l’état de vis et de fines plaques de cuivre. La commande m’avait enthousiasmé dès que je l’avais lue et j’avais décidé de descendre à l’atelier pour y travailler immédiatement.

« Moriarty, je te vois ! »

Ma voix résonne, grondante et grave, dans la salle déserte. Mon chat se laisse tomber sur son séant et me foudroie d’un regard boudeur, sans doute pas étranger à la tempête qui inonde Atlantis depuis la veille, et qui empêche mon vaillant chasseur d’embêter les pêcheurs des Salines. J’aurais du savoir que la nuit serait difficile, lorsqu’il a sauté de mon canapé pour trotter dans mes pas jusqu’à l’université. Ce félin de malheur ne savait que trop bien que là où je travaillais, il se trouvait toujours un objet quelconque à faire rouler, valdinguer et à pourchasser sous un meuble. Évidemment, ceux avec lesquels j’étais occupé étaient bien plus intéressantes que les multiples jouets que j’avais pu lui confectionner pour m’offrir un peu de paix. Souvent, je me demandais pourquoi, par Merlin, j’avais décidé de l’adopter.

Je me frotte les yeux pour tenter d’en chasser la fatigue et finit par choir sur le parquet, au milieu des parchemins couverts d’esquisse que j’y ai abandonné au cours de la nuit. J’ai souvent représenté des formes humaines pour mes automates, mais jamais avec une telle précision. Un bras articulé et une main si fine, si délicate, qu’elle permettrait même de tourner les pages d’un livre. Ce devait être un travail soigné et élégant, pour une vieille aristocrate prise d’affection par un jeune sorcier. Un objet qui pourrait réunir leurs deux mondes et soulager les affres de son âge. Or cet index est toujours trop brutal, n’avait pas la lenteur travaillée des gens de haute-naissance et je doute par ailleurs sérieusement qu’il puisse tourner une page sans l’écorner ou la déchirer. Ce serait inadmissible.

Je ne suis pas un spécialiste des mains, malgré le talent des miennes, et je ne peux travailler et me regarder travailler en même temps. Il me faudrait d’autres croquis, des dessins plus précis, sans doute quelque chose auquel la science moldue s’intéressait. N’opérait-il pas déjà les mains des gens, avec leurs scalpels et ces outils brutaux ?

Un bruit de métal me fait sursauter et je ne trouve même pas la force de lever le regard alors que le bruit étouffé caractéristique d’un chat qui atterrit d’une certaine hauteur me laisse deviner la scène qui s’est jouée dans mon dos. « Spero Patronum ». J’ai tellement l’habitude de lancer ce sortilège en travaillant que je me demande quelle efficacité il aurait encore s’il devait affronter un détraqueur. Le cheval ailé entreprend sa promenade dans un galop élégant autour de l’atelier, tandis que Moriarty délaisse mes ressorts pour s’attaquer aux reflets de lumière que le Patronus fait danser sur les murs de la salle. Entièrement couché au sol maintenant, je le suis du regard sans le voir, pensant à cet index qui me résiste.

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MessageSujet: Re: De la finesse de tourner les pages   Lun 4 Sep - 17:41




Il y avait quelque chose d’étrange au fait que le bruit de ses pas se répercutait sur les murs du couloir de l’UPA qu’elle arpentait curieusement. Pas qu’il était surprenant que ses nouvelles baskets fassent un boucan pas possible ; il était en revanche surprenant qu’elle se trouve à l’intérieur du bâtiment. Elle n’était pas vraiment certaine de ce qu’elle était venue chercher ici, mais cela semblait être un thème récurrent chez elle ces derniers temps – la recherche d’un nouveau but et d’une nouvelle quête à poursuivre. Il y avait longtemps que Mini avait tutoyé tous ses rêves et les avait soigneusement alignés les uns à côté des autres pour admirer à quel point ils étaient beaux une fois complétés, mais il était désormais temps de s’en fabriquer de nouveaux.

Mini était extrêmement douée pour créer quelque chose. Surtout si ce quelque chose avait un vague rapport avec le monde des tatouages. En revanche, elle n’était pas et n’avait jamais été une tisseuse de rêves ; elle avait suivi le fil de premier – partir de chez ses parents – puis du deuxième – trouver quelque chose à faire de sa vie – puis enfin celui du troisième – arriver à faire partie de ce monde qui l’avait toujours fascinée, d’une façon ou d’une autre. Elle était arrivée au bout de la corde et elle s’était retrouvée à contempler un gouffre.

Elle avait donc décidé de remplir ce gouffre, mais elle n’était pas encore véritablement certaine d’avec quoi. Etudier à l’UPA n’était pas véritablement une option, en dépit de ce qu’elle avait balbutié à la dame de l’accueil pour qu’elle la laisse entrer (d’ailleurs, il était vraiment surprenant qu’elle ait cru à son mensonge malhabile et suintant de remords). Mais elle savait qu’une partie de l’université était réservée à la technomagie, et c’était exactement ce qu’elle cherchait – la technomagie lui avait permis de suivre le fil de plusieurs de ses rêves, il n’y avait pas de raison qu’elle ne l’aide pas à en créer de nouveaux, non ?

Bon, le seul problème, c’est qu’elle avait l’impression de s’être perdue.

Mini tritura nerveusement une mèche de ses cheveux alors qu’elle tentait de trouver des indications lui permettant de trouver les ateliers – ou, au pire, la sortie. Repartir sur ses pas ne lui semblaient pas être une très bonne idée, étant donné qu’absolument tous les couloirs se ressemblaient à ses yeux ; elle n’avait plus qu’à continuer à marcher et à espérer tomber sur quelqu’un capable de la renseigner, ou…

Un bruit de métal la fit s’arrêter brusquement. Brièvement, elle se demanda si elle n’avait pas buté dans quelque chose – cela n’aurait pas été la première fois – mais un bref coup d’œil circulaire lui permis de s’assurer que ce n’était pas le cas. Elle continua donc prudemment de quelques pas encore, et s’arrêta net au pas de la porte d’une salle, l’œil attiré par les éclats argentés d’une forme massive et ailée. A y regarder plus attentivement, il s’agissait d’un cheval ailé ; il galopait paisiblement autour de l’atelier sans rien renverser, poursuivi par un chat à l’apparence beaucoup plus banale.

Elle s’avança à l’intérieur de la salle, tentant de s’approcher de ce phénomène étrange et intrigant ; et ce fut à ce moment-là qu’elle le remarqua enfin. Quelqu’un était allongé au sol, visiblement éveillé, son attention dirigée vers le cheval ailé.

« Oh, désolée ! » bafouilla tout de suite Mini, consciente qu’elle n’avait sans doute rien à faire là. « Je voulais juste – » Elle s’arrêta dans ses excuses, reconnaissant finalement la personne qui au centre de la pièce ; ils s’étaient déjà croisés dans des conventions de technomagie et d’automates, c’était certain. « On se connaît, non ? »

Enfin, vu sa tête, elle faisait visiblement face à son fantôme après sa mort par épuisement, mais ça, c’était une autre histoire.


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MessageSujet: Re: De la finesse de tourner les pages   Mar 5 Sep - 17:03

Je me sens céder au sommeil, et cela me fâche. Je sais, rationnellement, que m’interdire le repos n’était absolument pas propice à la créativité, pas plus que la fatigue ne m’aidait à résoudre mes problèmes. C’est un fait logique et rationnel, que je sais reconnu par la société, accepté par mes pairs et que j’ai suffisamment expérimenté au cours de mes sessions de travail pour savoir qu’après une bonne nuit, une vraie, d’au moins sept heures, je ne fais que gagner en efficacité et en finesse. Pourtant, il est des jours comme celui-ci où je ne sais plus quand je me suis autorisé à fermer les yeux pour le dernière fois. Comme si je tenais à me punir moi-même pour me forcer à travailler mieux la prochaine fois. Je me frotte le visage et me redresse, décidé à me remettre à l’œuvre envers et contre tout. L’index, au moins. Lorsque l’index serait achevé, je pourrai aller me coucher.

Une femme se tient devant moi. Je cligne des yeux, hébété, tandis que ce qu’il me reste de conscience me propulse brutalement dans la réalisation que j’ai bel et bien entendu ses paroles. Il y a longtemps ? Je ne saurai même le dire. Elle m’observe, interrogatrice et attend, sans doute, une réponse à une question dont je ne parviens pas à me souvenir. Alors je continue de l’observer sans rien dire, persuadé qu’il ne s’agit pas d’une de mes étudiantes, incertain quant à un autre biais par lequel nous pourrions être familiers, elle et moi. Sa chevelure ubuesque m’intrigue cependant, et peu à peu, à travers les brumes de fatigue, de frustration et de réflexions qui ne cessent de s’envoler entre ressorts et tournevis, la mémoire me revient. Sans être convaincu que ma réponse va effectivement correspondre à sa question, je tente de construire une phrase sensée. Au fond, ce ne serait pas la première fois qu’une réaction peu adaptée me fasse targuer d’étrange personnage. La rareté se situe plutôt dans les occasions où on me trouve tout à fait approprié.

« Je crois bien. Un salon à  Newcastle ? Il me semble. Il y a trois ans ? Peut-être quatre ? » Je secoue la tête pour lui indiquer mon hésitation ; les dates n’ont jamais eu de quelconque importance pour moi. Peut-être était-ce il y a un an, ou six mois. Sûrement pas la semaine dernière. Tout ce dont j’étais encore certain, c’était que je n’avais pas remis les pieds à Londres depuis la fin avril, et qu’avant cela, j’avais plutôt évité la capitale anglaise. Je ne savais ce qu’il était des rumeurs qui avaient, alors, traîné sur mon compte mais je préférai les laisser soigneusement derrière moi.

Je repousse les esquisses pour prendre appui sur le parquet et éviter de glisser, quand mes propres traits me causent comme un électrochoc. Soudainement réveillé et enthousiaste – trop sans doute, car je manque tout de même de tomber en me relevant – je lui fais face avec une assurance retrouvée. « La tatoueuse. Je ne sais plus ni où, ni quand, mais je me souviens bel et bien de notre rencontre. » Les dessins, et la chevelure. Sans ces attributs, je n’aurais probablement jamais reconnu son visage. Avant un certain degré de relation et d’habitude les gens étaient, pour moi, interchangeables. Je me souvenais cependant de l’art si particulier qu’elle avait mis en scène ; assez spectaculaire pour m’impressionner alors que j’avais toujours considéré les tatouages avec dédain. La vie de ses créations, la coopération parfaite, et inexpliquée, de son outil moldu avec la magie d’art m’avait obligé à reconsidérer ma position.

Dans sa lente course, le patronus passe entre nous, couvrant la jeune femme de vagues bleu argentés à travers lesquelles elle gagne une apparence irréelle. Sur les flans de la créature se reflètent aussi la pagaille que j’ai semée dans l’atelier, plus extrême que ce dont je n’avais conscience lorsque je m’étais effondré. Je jette un œil par dessus mon épaule pour contempler l’ampleur des dégâts, sans pour autant trouver la force de lever ma baguette pour rassembler mes effets. « J’ai travaillé… longtemps. Je crois. Quelle heure est-il ? » Je lui fais face à nouveau, et attend la réponse, parfaitement neutre, sachant d’avance que peu importe la réponse, elle ne me plaira pas.

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MessageSujet: Re: De la finesse de tourner les pages   Sam 9 Sep - 6:53




Il fallut plusieurs instants – longs, embarrassants – pour que son interlocuteur se souvienne d’elle. Elle ne savait pas si elle devait en être blessée ou en être rassurée ; si elle devait s’indigner de faire une aussi faible impression sur une personne dont elle se rappelait pourtant assez nettement, ou si elle devait célébrer le fait que si elle ne l’avait pas marqué, c’était sans doute parce qu’elle ne s’était pas rendue ridicule lors de leurs échanges. Mais, très vite, son regard s’éclaira, et il sembla additionner deux et deux.

« C’est ça ! » confirma-t-elle, soulagée qu’il se rappelle d’elle, ou au moins, qu’il la replace.

Ses gestes étaient brusques alors qu’il se redressait, et il se retrouva bien vite à sa hauteur – si elle comptait ses cheveux tout en les surestimant grandement. Le regard de Mini s’éclaira lorsqu’il mentionna ses tatouages, et son commentaire sur ses cheveux lui attira un sourire ; ils étaient difficiles à ne pas remarquer, c’était vrai. Petite, elle avait eu tant de questions de la part de ses camarades de classes, et tant de mains non désirées avaient tenté (ou réussi) de les toucher sans son accord, comme s’il s’agissait de quelque chose d’étrange et de mystique à analyser.

« Mini » précisa-t-elle en portant la main à sa poitrine, comme un réflexe. « Et – »

Elle s’apprêtait à lui redemander son nom, mais le cheval ailé qui passa juste devant ses yeux la coupa net dans sa phrase ; ses yeux se retrouvèrent attirés vers lui comme s’il s’agissait d’un aimant, et elle entrouvrit la bouche de surprise, encore fascinée par l’apparition étrange qu’il représentait à ses yeux. Elle avait beau avoir toujours été très attentive lors de ses cours de culture de la Magie, elle n’avait jamais entendu parler d’un tel animal – mais peut-être était-ce un sortilège, après tout. Ou un fantôme. Ou les deux. Tous les enseignements qu’elle avait reçus, ou presque, venaient de personnes qui n’avaient qu’une compréhension très théorique de la magie, ne possédant pas eux-mêmes des pouvoirs ; parfois, son lycée avait accueilli des intervenants, des sorciers du Ministère de la Magie venus expliquer, montrer, rassurer. Cela ne lui avait jamais véritablement suffi, pourtant.

« Onze heures et quelques » répondit-elle d’une voix absente, toujours concentrée sur le cheval ailé. « Qu’est-ce que c’est ? » demanda Mini en le désignant d’un geste de la main, la curiosité agitant sa voix.

Il était difficile de comprendre quelque chose que l’on ne pouvait pas tester, que l’on ne pouvait pas appréhender correctement. La magie n’avait très longtemps été qu’une explosion de couleurs, des feux d’artifices et des transformations merveilleuses, temporaires, et sans dangers. Puis les Détraqueurs étaient arrivés – et tout le reste avait basculé.

Ce n’était pas le moment de penser à ça.

Soudain, l’état de l’atelier la frappa ; le désordre qui y régnait, les croquis qui s’éparpillaient un peu partout, de la même façon que ses croquis à elle se répandaient dans son atelier lorsqu’elle travaillait sur un motif, sur une nouvelle technique, sur quelque chose de particulièrement ardu ou au contraire, qu’elle avait fait mille fois.

« J’espère que je ne vous dérange pas » fit-elle d’une voix rapide, soudainement inquiète à l’idée de l’avoir dérangé dans un quelconque processus créatif. « Je passais juste, puis j’ai vu votre… euh. Cheval. »

Cheval n’était sans doute pas un bon qualificatif pour un animal ailé, bleu argenté, brillant et transparent. Ceci dit, son interlocuteur n’avait pas l’air tout à fait normal non plus ; et le regard de Mini se promena un peu plus, observant un peu mieux les objets qui étaient répandus dans l’atelier, comme si cela allait lui permettre de mieux comprendre ce qu’il s’était passé dans cette salle. Il s’arrêta net sur le tas de vis et de plaques qui occupaient la table, sans qu’elle ne puisse vraiment identifier ce qu’il était en train de construire avec ça.

Un automate. Sans doute. Ou un truc du genre.



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MessageSujet: Re: De la finesse de tourner les pages   Lun 11 Sep - 6:45

Mini, je me souviens de ce nom, maintenant, mais il sonne toujours aussi étrange à mes oreilles que lorsqu’elle l’a prononcé pour la première fois. Je ne sais pas s’il s’agit d’un jeu de mot à propos de sa propre taille, ou si la métaphore s’est étendue sur la base d’une autre anecdote, mais une part de moi le trouve déplacé. Le minuscule peut bien entendu être élégant, travaillé, mais je préfère considérer la grandeur comme une qualité abstraite liée au travail et au soin. Les tatouages de l’artiste ont décidément cette qualité, ce caractère unique qui les rend, à mes yeux, tout sauf minuscules.

« Onze heures ! » Dans deux mots sont concentrés toute ma frustration et mon rejet de moi-même, tandis que je passe à nouveau les mains sur mon visage, grattant la peau de ce qu’il me reste d’ongles, comme si m’ouvrir à sang avait la moindre chance de résoudre mes problèmes. Un rapide calcul me révèle que je suis dans cette salle depuis plus de quinze heures et au vu de mes résultats plus que décevants, je me prends à céder, et à admettre qu’il est temps que je rentre dormir. Cette commande semble faire partie de celles, rares, que je dois aborder avec méthode et raison, plutôt que passion et obstination. Soudainement, je perds mon affection pour cette main à la délicate raison d’être et la considère avec hauteur et dédain.

« De … quoi ? » J’observe la jeune femme comme si je prenais seulement maintenant conscience de sa présence. « Non, je… Il faut sans doute que je fasse une pause. Je n’arrive à rien. C’est inutile. » Je soupire et cherche une nouvelle fois l’apaisement dans mon patronus qui, déjà, se dissout peu à peu. D’ici une minute ou peut-être deux sa substance argentée aura fini de se dissiper et tout, autour de nous, sera à nouveau diaboliquement banal. « C’est un Patronus. Un sortilège qui est normalement utilisé pour repousser les détraqueurs. Je l’ai appris... » Je m’interromps brusquement, incapable de trouver les mots pour décrire pourquoi, quelques mois après mon arrivée à Detroit, je m’étais retrouvé dans le besoin de produire un patronus corporel. Au final, je ne l’avais que très rarement utilisé pour sa véritable application, et ces souvenirs me faisaient encore frissonner. « … parce que c’est toujours utile. Je l’utilise surtout quand je travail, si élégant, si silencieux… Je le trouve apaisant. »

Je me tourne vers elle, comme en recherche de son approbation sur le sentiment que répandait le patronus. Sans doute car je me sens presque touché que ce soit cette réalisation qui ait attiré son attention ; même si je n’ai pas d’affection particulière pour les équidés, je suis exagérément fier de la forme que prend ce sortilège quand il sort de ma baguette. Je le trouve grandiose, et avoir appris que les patronus ne prennent que très rarement la forme d’une créature magique n’avait fait qu’ajouter une couche de douceur sur mon ego. J’en avais conscience mais je n’en avais pas honte. Qui aurait vraiment souhaité d’un noble défenseur sous la forme d’un rat, d’une crevette ou d’un putois ?

Soudainement, je fronce les sourcils, à la fois intrigué et intéressé par la présence de la tatoueuse. Il m’a fallu plusieurs minutes pour réaliser que si notre rencontre en convention est si lointaine, c’est parce que je ne l’ai encore jamais croisée sur Atlantis et qu’elle n’est ni étudiante – du moins, pas l’une des miennes – ni professeur. A priori. « Qu’est ce que tu venais faire par ici ? Cette aile est plutôt désertée, ces derniers jours. » Mes mots ne trahissent ni suspicion, ni accusation, juste une curiosité sincère doublée du désir de trouver dans sa réponse une once d’enthousiasme pour l’ingénierie magique.

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