De la finesse de tourner les pages

Keith R. Campbellavatar
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Sujet: De la finesse de tourner les pages | Dim 27 Aoû - 8:42
« Moriarty, espèce de félin mal agencé ! »

Je lance un Impedimenta réflexe sur mon horripilant chat, trop actif en cette heure matinale, alors qu’il continue de lorgner sur ma pile de ressorts. Comme à son habitude – à croire que ça l’amuse – il retombe sur ses pattes trois mètres plus loin et fait semblant de me nier, se pourléchant une patte antérieure avec un air satisfait. Jalousement, je pousse mon bric à brac un peu plus loin sur la table et tente de l’observer du coin de l’œil. J’essaie de ne pas penser au nombre d’heures que j’ai déjà passé dans cette salle, face à un unique index et aux quatre autres doigts encore à l’état de vis et de fines plaques de cuivre. La commande m’avait enthousiasmé dès que je l’avais lue et j’avais décidé de descendre à l’atelier pour y travailler immédiatement.

« Moriarty, je te vois ! »

Ma voix résonne, grondante et grave, dans la salle déserte. Mon chat se laisse tomber sur son séant et me foudroie d’un regard boudeur, sans doute pas étranger à la tempête qui inonde Atlantis depuis la veille, et qui empêche mon vaillant chasseur d’embêter les pêcheurs des Salines. J’aurais du savoir que la nuit serait difficile, lorsqu’il a sauté de mon canapé pour trotter dans mes pas jusqu’à l’université. Ce félin de malheur ne savait que trop bien que là où je travaillais, il se trouvait toujours un objet quelconque à faire rouler, valdinguer et à pourchasser sous un meuble. Évidemment, ceux avec lesquels j’étais occupé étaient bien plus intéressantes que les multiples jouets que j’avais pu lui confectionner pour m’offrir un peu de paix. Souvent, je me demandais pourquoi, par Merlin, j’avais décidé de l’adopter.

Je me frotte les yeux pour tenter d’en chasser la fatigue et finit par choir sur le parquet, au milieu des parchemins couverts d’esquisse que j’y ai abandonné au cours de la nuit. J’ai souvent représenté des formes humaines pour mes automates, mais jamais avec une telle précision. Un bras articulé et une main si fine, si délicate, qu’elle permettrait même de tourner les pages d’un livre. Ce devait être un travail soigné et élégant, pour une vieille aristocrate prise d’affection par un jeune sorcier. Un objet qui pourrait réunir leurs deux mondes et soulager les affres de son âge. Or cet index est toujours trop brutal, n’avait pas la lenteur travaillée des gens de haute-naissance et je doute par ailleurs sérieusement qu’il puisse tourner une page sans l’écorner ou la déchirer. Ce serait inadmissible.

Je ne suis pas un spécialiste des mains, malgré le talent des miennes, et je ne peux travailler et me regarder travailler en même temps. Il me faudrait d’autres croquis, des dessins plus précis, sans doute quelque chose auquel la science moldue s’intéressait. N’opérait-il pas déjà les mains des gens, avec leurs scalpels et ces outils brutaux ?

Un bruit de métal me fait sursauter et je ne trouve même pas la force de lever le regard alors que le bruit étouffé caractéristique d’un chat qui atterrit d’une certaine hauteur me laisse deviner la scène qui s’est jouée dans mon dos. « Spero Patronum ». J’ai tellement l’habitude de lancer ce sortilège en travaillant que je me demande quelle efficacité il aurait encore s’il devait affronter un détraqueur. Le cheval ailé entreprend sa promenade dans un galop élégant autour de l’atelier, tandis que Moriarty délaisse mes ressorts pour s’attaquer aux reflets de lumière que le Patronus fait danser sur les murs de la salle. Entièrement couché au sol maintenant, je le suis du regard sans le voir, pensant à cet index qui me résiste.


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Lun 4 Sep - 17:41



Il y avait quelque chose d’étrange au fait que le bruit de ses pas se répercutait sur les murs du couloir de l’UPA qu’elle arpentait curieusement. Pas qu’il était surprenant que ses nouvelles baskets fassent un boucan pas possible ; il était en revanche surprenant qu’elle se trouve à l’intérieur du bâtiment. Elle n’était pas vraiment certaine de ce qu’elle était venue chercher ici, mais cela semblait être un thème récurrent chez elle ces derniers temps – la recherche d’un nouveau but et d’une nouvelle quête à poursuivre. Il y avait longtemps que Mini avait tutoyé tous ses rêves et les avait soigneusement alignés les uns à côté des autres pour admirer à quel point ils étaient beaux une fois complétés, mais il était désormais temps de s’en fabriquer de nouveaux.

Mini était extrêmement douée pour créer quelque chose. Surtout si ce quelque chose avait un vague rapport avec le monde des tatouages. En revanche, elle n’était pas et n’avait jamais été une tisseuse de rêves ; elle avait suivi le fil de premier – partir de chez ses parents – puis du deuxième – trouver quelque chose à faire de sa vie – puis enfin celui du troisième – arriver à faire partie de ce monde qui l’avait toujours fascinée, d’une façon ou d’une autre. Elle était arrivée au bout de la corde et elle s’était retrouvée à contempler un gouffre.

Elle avait donc décidé de remplir ce gouffre, mais elle n’était pas encore véritablement certaine d’avec quoi. Etudier à l’UPA n’était pas véritablement une option, en dépit de ce qu’elle avait balbutié à la dame de l’accueil pour qu’elle la laisse entrer (d’ailleurs, il était vraiment surprenant qu’elle ait cru à son mensonge malhabile et suintant de remords). Mais elle savait qu’une partie de l’université était réservée à la technomagie, et c’était exactement ce qu’elle cherchait – la technomagie lui avait permis de suivre le fil de plusieurs de ses rêves, il n’y avait pas de raison qu’elle ne l’aide pas à en créer de nouveaux, non ?

Bon, le seul problème, c’est qu’elle avait l’impression de s’être perdue.

Mini tritura nerveusement une mèche de ses cheveux alors qu’elle tentait de trouver des indications lui permettant de trouver les ateliers – ou, au pire, la sortie. Repartir sur ses pas ne lui semblaient pas être une très bonne idée, étant donné qu’absolument tous les couloirs se ressemblaient à ses yeux ; elle n’avait plus qu’à continuer à marcher et à espérer tomber sur quelqu’un capable de la renseigner, ou…

Un bruit de métal la fit s’arrêter brusquement. Brièvement, elle se demanda si elle n’avait pas buté dans quelque chose – cela n’aurait pas été la première fois – mais un bref coup d’œil circulaire lui permis de s’assurer que ce n’était pas le cas. Elle continua donc prudemment de quelques pas encore, et s’arrêta net au pas de la porte d’une salle, l’œil attiré par les éclats argentés d’une forme massive et ailée. A y regarder plus attentivement, il s’agissait d’un cheval ailé ; il galopait paisiblement autour de l’atelier sans rien renverser, poursuivi par un chat à l’apparence beaucoup plus banale.

Elle s’avança à l’intérieur de la salle, tentant de s’approcher de ce phénomène étrange et intrigant ; et ce fut à ce moment-là qu’elle le remarqua enfin. Quelqu’un était allongé au sol, visiblement éveillé, son attention dirigée vers le cheval ailé.

« Oh, désolée ! » bafouilla tout de suite Mini, consciente qu’elle n’avait sans doute rien à faire là. « Je voulais juste – » Elle s’arrêta dans ses excuses, reconnaissant finalement la personne qui au centre de la pièce ; ils s’étaient déjà croisés dans des conventions de technomagie et d’automates, c’était certain. « On se connaît, non ? »

Enfin, vu sa tête, elle faisait visiblement face à son fantôme après sa mort par épuisement, mais ça, c’était une autre histoire.



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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Mar 5 Sep - 17:03
Je me sens céder au sommeil, et cela me fâche. Je sais, rationnellement, que m’interdire le repos n’était absolument pas propice à la créativité, pas plus que la fatigue ne m’aidait à résoudre mes problèmes. C’est un fait logique et rationnel, que je sais reconnu par la société, accepté par mes pairs et que j’ai suffisamment expérimenté au cours de mes sessions de travail pour savoir qu’après une bonne nuit, une vraie, d’au moins sept heures, je ne fais que gagner en efficacité et en finesse. Pourtant, il est des jours comme celui-ci où je ne sais plus quand je me suis autorisé à fermer les yeux pour le dernière fois. Comme si je tenais à me punir moi-même pour me forcer à travailler mieux la prochaine fois. Je me frotte le visage et me redresse, décidé à me remettre à l’œuvre envers et contre tout. L’index, au moins. Lorsque l’index serait achevé, je pourrai aller me coucher.

Une femme se tient devant moi. Je cligne des yeux, hébété, tandis que ce qu’il me reste de conscience me propulse brutalement dans la réalisation que j’ai bel et bien entendu ses paroles. Il y a longtemps ? Je ne saurai même le dire. Elle m’observe, interrogatrice et attend, sans doute, une réponse à une question dont je ne parviens pas à me souvenir. Alors je continue de l’observer sans rien dire, persuadé qu’il ne s’agit pas d’une de mes étudiantes, incertain quant à un autre biais par lequel nous pourrions être familiers, elle et moi. Sa chevelure ubuesque m’intrigue cependant, et peu à peu, à travers les brumes de fatigue, de frustration et de réflexions qui ne cessent de s’envoler entre ressorts et tournevis, la mémoire me revient. Sans être convaincu que ma réponse va effectivement correspondre à sa question, je tente de construire une phrase sensée. Au fond, ce ne serait pas la première fois qu’une réaction peu adaptée me fasse targuer d’étrange personnage. La rareté se situe plutôt dans les occasions où on me trouve tout à fait approprié.

« Je crois bien. Un salon à  Newcastle ? Il me semble. Il y a trois ans ? Peut-être quatre ? » Je secoue la tête pour lui indiquer mon hésitation ; les dates n’ont jamais eu de quelconque importance pour moi. Peut-être était-ce il y a un an, ou six mois. Sûrement pas la semaine dernière. Tout ce dont j’étais encore certain, c’était que je n’avais pas remis les pieds à Londres depuis la fin avril, et qu’avant cela, j’avais plutôt évité la capitale anglaise. Je ne savais ce qu’il était des rumeurs qui avaient, alors, traîné sur mon compte mais je préférai les laisser soigneusement derrière moi.

Je repousse les esquisses pour prendre appui sur le parquet et éviter de glisser, quand mes propres traits me causent comme un électrochoc. Soudainement réveillé et enthousiaste – trop sans doute, car je manque tout de même de tomber en me relevant – je lui fais face avec une assurance retrouvée. « La tatoueuse. Je ne sais plus ni où, ni quand, mais je me souviens bel et bien de notre rencontre. » Les dessins, et la chevelure. Sans ces attributs, je n’aurais probablement jamais reconnu son visage. Avant un certain degré de relation et d’habitude les gens étaient, pour moi, interchangeables. Je me souvenais cependant de l’art si particulier qu’elle avait mis en scène ; assez spectaculaire pour m’impressionner alors que j’avais toujours considéré les tatouages avec dédain. La vie de ses créations, la coopération parfaite, et inexpliquée, de son outil moldu avec la magie d’art m’avait obligé à reconsidérer ma position.

Dans sa lente course, le patronus passe entre nous, couvrant la jeune femme de vagues bleu argentés à travers lesquelles elle gagne une apparence irréelle. Sur les flans de la créature se reflètent aussi la pagaille que j’ai semée dans l’atelier, plus extrême que ce dont je n’avais conscience lorsque je m’étais effondré. Je jette un œil par dessus mon épaule pour contempler l’ampleur des dégâts, sans pour autant trouver la force de lever ma baguette pour rassembler mes effets. « J’ai travaillé… longtemps. Je crois. Quelle heure est-il ? » Je lui fais face à nouveau, et attend la réponse, parfaitement neutre, sachant d’avance que peu importe la réponse, elle ne me plaira pas.


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Sam 9 Sep - 6:53



Il fallut plusieurs instants – longs, embarrassants – pour que son interlocuteur se souvienne d’elle. Elle ne savait pas si elle devait en être blessée ou en être rassurée ; si elle devait s’indigner de faire une aussi faible impression sur une personne dont elle se rappelait pourtant assez nettement, ou si elle devait célébrer le fait que si elle ne l’avait pas marqué, c’était sans doute parce qu’elle ne s’était pas rendue ridicule lors de leurs échanges. Mais, très vite, son regard s’éclaira, et il sembla additionner deux et deux.

« C’est ça ! » confirma-t-elle, soulagée qu’il se rappelle d’elle, ou au moins, qu’il la replace.

Ses gestes étaient brusques alors qu’il se redressait, et il se retrouva bien vite à sa hauteur – si elle comptait ses cheveux tout en les surestimant grandement. Le regard de Mini s’éclaira lorsqu’il mentionna ses tatouages, et son commentaire sur ses cheveux lui attira un sourire ; ils étaient difficiles à ne pas remarquer, c’était vrai. Petite, elle avait eu tant de questions de la part de ses camarades de classes, et tant de mains non désirées avaient tenté (ou réussi) de les toucher sans son accord, comme s’il s’agissait de quelque chose d’étrange et de mystique à analyser.

« Mini » précisa-t-elle en portant la main à sa poitrine, comme un réflexe. « Et – »

Elle s’apprêtait à lui redemander son nom, mais le cheval ailé qui passa juste devant ses yeux la coupa net dans sa phrase ; ses yeux se retrouvèrent attirés vers lui comme s’il s’agissait d’un aimant, et elle entrouvrit la bouche de surprise, encore fascinée par l’apparition étrange qu’il représentait à ses yeux. Elle avait beau avoir toujours été très attentive lors de ses cours de culture de la Magie, elle n’avait jamais entendu parler d’un tel animal – mais peut-être était-ce un sortilège, après tout. Ou un fantôme. Ou les deux. Tous les enseignements qu’elle avait reçus, ou presque, venaient de personnes qui n’avaient qu’une compréhension très théorique de la magie, ne possédant pas eux-mêmes des pouvoirs ; parfois, son lycée avait accueilli des intervenants, des sorciers du Ministère de la Magie venus expliquer, montrer, rassurer. Cela ne lui avait jamais véritablement suffi, pourtant.

« Onze heures et quelques » répondit-elle d’une voix absente, toujours concentrée sur le cheval ailé. « Qu’est-ce que c’est ? » demanda Mini en le désignant d’un geste de la main, la curiosité agitant sa voix.

Il était difficile de comprendre quelque chose que l’on ne pouvait pas tester, que l’on ne pouvait pas appréhender correctement. La magie n’avait très longtemps été qu’une explosion de couleurs, des feux d’artifices et des transformations merveilleuses, temporaires, et sans dangers. Puis les Détraqueurs étaient arrivés – et tout le reste avait basculé.

Ce n’était pas le moment de penser à ça.

Soudain, l’état de l’atelier la frappa ; le désordre qui y régnait, les croquis qui s’éparpillaient un peu partout, de la même façon que ses croquis à elle se répandaient dans son atelier lorsqu’elle travaillait sur un motif, sur une nouvelle technique, sur quelque chose de particulièrement ardu ou au contraire, qu’elle avait fait mille fois.

« J’espère que je ne vous dérange pas » fit-elle d’une voix rapide, soudainement inquiète à l’idée de l’avoir dérangé dans un quelconque processus créatif. « Je passais juste, puis j’ai vu votre… euh. Cheval. »

Cheval n’était sans doute pas un bon qualificatif pour un animal ailé, bleu argenté, brillant et transparent. Ceci dit, son interlocuteur n’avait pas l’air tout à fait normal non plus ; et le regard de Mini se promena un peu plus, observant un peu mieux les objets qui étaient répandus dans l’atelier, comme si cela allait lui permettre de mieux comprendre ce qu’il s’était passé dans cette salle. Il s’arrêta net sur le tas de vis et de plaques qui occupaient la table, sans qu’elle ne puisse vraiment identifier ce qu’il était en train de construire avec ça.

Un automate. Sans doute. Ou un truc du genre.




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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Lun 11 Sep - 6:45
Mini, je me souviens de ce nom, maintenant, mais il sonne toujours aussi étrange à mes oreilles que lorsqu’elle l’a prononcé pour la première fois. Je ne sais pas s’il s’agit d’un jeu de mot à propos de sa propre taille, ou si la métaphore s’est étendue sur la base d’une autre anecdote, mais une part de moi le trouve déplacé. Le minuscule peut bien entendu être élégant, travaillé, mais je préfère considérer la grandeur comme une qualité abstraite liée au travail et au soin. Les tatouages de l’artiste ont décidément cette qualité, ce caractère unique qui les rend, à mes yeux, tout sauf minuscules.

« Onze heures ! » Dans deux mots sont concentrés toute ma frustration et mon rejet de moi-même, tandis que je passe à nouveau les mains sur mon visage, grattant la peau de ce qu’il me reste d’ongles, comme si m’ouvrir à sang avait la moindre chance de résoudre mes problèmes. Un rapide calcul me révèle que je suis dans cette salle depuis plus de quinze heures et au vu de mes résultats plus que décevants, je me prends à céder, et à admettre qu’il est temps que je rentre dormir. Cette commande semble faire partie de celles, rares, que je dois aborder avec méthode et raison, plutôt que passion et obstination. Soudainement, je perds mon affection pour cette main à la délicate raison d’être et la considère avec hauteur et dédain.

« De … quoi ? » J’observe la jeune femme comme si je prenais seulement maintenant conscience de sa présence. « Non, je… Il faut sans doute que je fasse une pause. Je n’arrive à rien. C’est inutile. » Je soupire et cherche une nouvelle fois l’apaisement dans mon patronus qui, déjà, se dissout peu à peu. D’ici une minute ou peut-être deux sa substance argentée aura fini de se dissiper et tout, autour de nous, sera à nouveau diaboliquement banal. « C’est un Patronus. Un sortilège qui est normalement utilisé pour repousser les détraqueurs. Je l’ai appris... » Je m’interromps brusquement, incapable de trouver les mots pour décrire pourquoi, quelques mois après mon arrivée à Detroit, je m’étais retrouvé dans le besoin de produire un patronus corporel. Au final, je ne l’avais que très rarement utilisé pour sa véritable application, et ces souvenirs me faisaient encore frissonner. « … parce que c’est toujours utile. Je l’utilise surtout quand je travail, si élégant, si silencieux… Je le trouve apaisant. »

Je me tourne vers elle, comme en recherche de son approbation sur le sentiment que répandait le patronus. Sans doute car je me sens presque touché que ce soit cette réalisation qui ait attiré son attention ; même si je n’ai pas d’affection particulière pour les équidés, je suis exagérément fier de la forme que prend ce sortilège quand il sort de ma baguette. Je le trouve grandiose, et avoir appris que les patronus ne prennent que très rarement la forme d’une créature magique n’avait fait qu’ajouter une couche de douceur sur mon ego. J’en avais conscience mais je n’en avais pas honte. Qui aurait vraiment souhaité d’un noble défenseur sous la forme d’un rat, d’une crevette ou d’un putois ?

Soudainement, je fronce les sourcils, à la fois intrigué et intéressé par la présence de la tatoueuse. Il m’a fallu plusieurs minutes pour réaliser que si notre rencontre en convention est si lointaine, c’est parce que je ne l’ai encore jamais croisée sur Atlantis et qu’elle n’est ni étudiante – du moins, pas l’une des miennes – ni professeur. A priori. « Qu’est ce que tu venais faire par ici ? Cette aile est plutôt désertée, ces derniers jours. » Mes mots ne trahissent ni suspicion, ni accusation, juste une curiosité sincère doublée du désir de trouver dans sa réponse une once d’enthousiasme pour l’ingénierie magique.


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Lun 23 Oct - 11:32



Un Patronus. Maintenant qu’il le mentionnait, ce nom était familier, faisait sonner quelque chose, quelque part, dans sa mémoire. Cela datait probablement de l’époque où elle avait punaisé les flyers distribués par le Ministère de la Magie, après le retour de Lord Voldemort, sur le panneau de liège qui était suspendu dans la cuisine de ses parents – tentative vaines de les inciter à faire attention. Elle écouta la suite de ses explications en silence, les yeux rivés vers cette forme spectrale, impressionnante, acquiesçant lorsqu’il mentionna son aspect apaisant. C’était bien le mot.

La curiosité de l’automatier – dont elle ignorait encore le nom, mais il était désormais trop tard pour le demander – quant à ses raisons d’être ici la força à marquer un instant de pause. Pas qu’elle ne cherchait à dissimuler la vérité ; c’était plutôt qu’elle n’était pas certaine de savoir ce qu’était cette vérité, précisément. Lorsqu’elle ouvrit enfin la bouche, c’était avec hésitation, suivant un fil de sa pensée dont elle n’avait aucune idée de la destination finale.

« Je ne suis pas vraiment certaine, en fait » avoua-t-elle. « Je pense que je cherchais surtout comment me renseigner sur la technomagie, étant donné que je l’utilise tous les jours mais qu’au final je ne suis pas tout à fait certaine de comment cela fonctionne. »

Il aurait été difficile – et extrêmement gênant – d’expliquer à quel point son besoin de remplir le gouffre qui s’était formé devant elle était pressant, la conduisant ainsi à tâtonner, sans savoir vraiment quoi chercher.

« Enfin, je pense que c’est de la technomagie »
nuança-t-elle. « Une meilleure compréhension me permettrait sans doute une meilleure maîtrise. »

Au fond, elle ne faisait pas vraiment la différence entre technomagie et ingénierie magique – elle avait fait une filière littéraire et artistique, au lycée, et ne s’était jamais vraiment posé ce genre de questions. Maintenant qu’elle y pensait, c’était peut-être même de l’artisanat magique. Dans tous les cas, elle était heureuse d’être tombée sur l’automatier ; elle se souvenait surtout de l’aura apaisante qu’il semblait dégagé lorsqu’elle l’avait rencontré, dégageant une impression de savoir, mais surtout de passion.

Et la passion, c’était justement ce qui l’avait toujours motivée, et ce qu’elle rechercher chez les autres – comme pour tenter d’embraser la sienne, un peu vacillante ces dernières semaines, à la chaleur des flammes des autres. Et, en dépit de l’air fatigué qui habillait le visage de son interlocuteur, on ne pouvait pas nier à quel point la sienne brûlait ardemment.

« Enfin, voilà, c’est pour ça, du coup »
conclut-elle, un peu maladroitement, prenant soudainement conscience de ce qu’elle venait d’avouer.




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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Jeu 23 Nov - 17:02
Comme une intervention salvatrice, ses réflexions firent écho en moi et me détachèrent de mes frustrations latentes. Me concentrer sur d’autres questions que les miennes, des problèmes auxquels je pouvais apporter des pistes de solutions, détailler des réponses que je pensais posséder depuis bien longtemps, toute cette myriade de promesse chassa la fatigue qui commençait depuis quelques minutes à m’engourdir. Un rire m’échappa même, doux et bas, chargé de compassion pour cette difficulté qui m’avait accompagné de longues années durant, alors que j’approfondissais ma compréhension de la technomagie. J’en étais finalement arrivé à une conclusion si simple que je m’étonnais encore occasionnellement de ne pas y être arrivé plus tôt.

« Bien d’autres avant toi se sont posés cette question… Je pense qu’on ne finira pas de comprendre comment ça marche ; les interférences sont trop nombreuses, les évolutions, trop rapides… Il faut la sentir, la vivre, communier avec l’artisanat et la magie. C’est une question de passion. » Je hochais la tête à mes propres mots, comme si ils avaient suffit à me convaincre, et qu’il s’était s’agit là de mon but ultime.

Je replonge pourtant rapidement dans mes pensées, étirant sa réflexion à ma propre situation, me demandant dans quelle mesure je comprenais véritablement ce que je faisais. Pas comment mes automates fonctionnaient, mais pourquoi. L’essence, l’intrinsèque, qui permettait à la magie d’activer des mécanismes, de se lier si bien à un composant pourtant inerte. « Je pense honnêtement qu’il s’agit bien plus d’une affaire de sensations que de compréhension rationnelle. » J’ai presque l’impression de sonner boudeur, comme si cette constatation était une demi insulte à mon égard. « La connaissance théorique ne fait pas l’artiste. Il n’est pas nécessaire de savoir comment pousse un arbre pour pouvoir travailler le bois. » Et je réalise alors qu’en effet, je ne sais pas exactement quelle explication biologique se dissimule derrière la croissance et la renaissance des plantes.

« Pourquoi cette envie de mieux comprendre ? Tu as l’impression qu’il te manque quelque chose ? » Mon regard est à nouveau plus vif, et comme souvent lorsque je réfléchis intensément, je ne peux m’empêcher de faire les cent pas dans la pièce, zigzaguant sans avoir l’air de le remarquer entre les différents objets et parchemins qui se sont échoués de-ci, de-là, durant les quinze heures qui ont précédé. J’essaie de me souvenir exactement des œuvres qu’elle m’a montré à la convention où nous nous sommes rencontrés, et de cerner le manquement qui pouvaient tant la chiffonner. « Ou est-ce simplement un manque de satisfaction vis-à-vis de ton travail ? » La question m’a échappée, brute et sans fioritures, presque inquisitrice si seulement elle n’avait pas été chargée d’une forme d’empathie étrange. Celle de l’artisan qui sait ce qu’on ressent quand après tant d’heures d’acharnement, on ne parvient qu’à froncer les sourcils sur la représentation physique décevante de l’image parfaite que le mental s’était dessiné. « Cela m’arrive parfois. C’est souvent hors des sentiers battus que j’ai retrouvé la flamme. ».


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Sam 5 Mai - 8:26



Vivre quelque chose pour le comprendre… Oui, ça lui parlait beaucoup, ça résonnait en elle et avec ses expériences lorsqu’elle maniait sa machine à tatouer – particulièrement celle qui lui permettait de créer des tatouages magiques. Elle sentait que quelque chose se produisait, sans qu’elle ne parvienne véritablement à dire quoi. Elle n’était pas capable de le reproduire, pas capable de canaliser l’énergie qu’elle déployait autrement qu’avec les molettes et en changeant ses aiguilles, utilisant des encres différentes ; Mini n’avait pas d’influence directe sur la magie, elle se laissait simplement guider.

Si les premières réflexions de l’automatier lui parlèrent, les questions qu’il lui pose ensuite lui donnèrent l’impression de s’être pris un coup.  Il touchait trop juste, démêlait des fils qu’elle n’avait même pas eu conscience d’avoir tissé – il lui manquait effectivement quelque chose ; elle avait cette sensation de vide, là, qui prenait tout l’espace. Cette impression qu’elle était au bord du gouffre, qu’elle sentait son appel, mais qu’elle ne parvenait ni à le voir, ni à lui répondre ; il y avait quelque chose, et elle avait besoin de le poursuivre. Si seulement elle pouvait le voir.

« Les deux, je pense » articula-t-elle lentement, réfléchissant en même temps – laissant cette réalisation ruisseler en elle. « Il me manque quelque chose, mais je ne sais pas encore quoi, alors je tâtonne. »

Elle espérait qu’elle finirait par tomber dessus, un jour ou l’autre. Que la technomagie était ce quelque chose qu’il lui manquait – elle créait des tatouages, mais, quelque part, elle sentait qu’elle avait besoin de créer d’autres choses. De viser plus grand, plus large.

« Hors des sentiers battus ? » répéta-t-elle. Elle avait déjà emprunté le sentier parallèle à celui du tatouage, des années auparavant. Il l’avait portée à la renommée dans son milieu, à être capable d’ouvrir son propre salon de tatouage à Atlantis. Mais ce sentier semblait soudainement s’être arrêté. « Oui, c’est sûrement ça qu’il me faut. »

Il fallait juste le trouver, à présent. Elle fouilla dans son sac, et en ressortit la machine à tatouer qu’elle utilisait pour les tatouages magiques pour la faire tourner entre ses doigts, comme si elle tentait d’y découvrir des détails qu’elle n’avait pas encore remarqués. Dans les tons chauds et dorés, les rouages apparents – sans doute là uniquement pour la décoration, mais Mini n’avait aucun moyen d’en être véritablement certaine – étaient nimbés d’une lueur jaune, comme à chaque fois qu’elle ne s’en servait pas. Lorsqu’elle tatouait, la lueur changeait selon les couleurs, selon ce qu’elle faisait.

« T'es sorti comment de ton sentier ? » demanda-t-elle, relevant la tête vers lui.




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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Lun 18 Juin - 16:45
L’automatier fronça les sourcils. Plus par frustration, encore une fois, que par agacement ou colère. Tâtonner. C’était aussi une sensation qu’il connaissait bien, même s’il aurait fallu payer cher pour l’entendre l’avouer. Keith savait où il allait, quelle méthode il allait appliquer, et quel serait le résultat. Derrière la passion et l’obsession, la flamme débordante et presque sauvage, il se plaisait souvent à prétendre qu’il contrôlait parfaitement son travail, que tout cela n’était qu’un chemin bien tracé, malgré le flou qui rendait son approche incompréhensible pour le regard novice. Pourtant, épuisé et dépassé par le but trop lointain qu’il s’était fixé, il se contenta d’ouvrir la bouche pour la refermer immédiatement ensuite. Au milieu de sa jungle de parchemins et de morceaux d’objets brisés, même son ego chargé de délusion ne parvenait pas à se mentir avec assez de conviction pour prétendre haut et fort qu’il ne lui arrivait jamais de tâtonner.

Il hocha la tête, pris d’une empathie soudaine, ce qui était pour lui un sentiment assez rare. « C’est la merde, hein. » Autant que de l’entendre s’exprimer avec aussi peu d’élégance. Il se passa une main sur le visage et échappa un petit rire, avant de se laisser choir au seul, cédant autant à la gravité qu’à la fatigue. Sans un mot de plus, il regarda Mini avancer dans son cheminement de pensée, conscient qu’il devait parfois lui aussi arborer ce regard un peu perdu dans le néant, et pourtant, si concentré. Il reconnaissait la sensation, ou espérait en tous cas la reconnaître, et savait à quel point il détestait être alors dérangé. Patiemment, il laissa le silence s’étaler entre eux.

La machine à tatouer lui donna un coup de fouet cependant, et si Keith n’eut pas le courage de se lever, il se tenait décidément plus droit maintenant que la tatoueuse tripotait sa drôle de machine. Tel un enfant trop petit qui tentait vaillamment d’apercevoir son idole par dessus les têtes d’une foule déchaînée, le professeur se tortillait – avec décence et retenue néanmoins – pour saisir les moindres détails de l’objet. Moins fasciné par sa lueur dorée que par les mécanismes qu’il entrevoyait et les milles idées qui l’envahissait à cette simple analyse, il lui fallut quelques secondes pour revenir au moment présent et réaliser que Mini lui avait posé une question.

« Sortir de mon sentier ? » Il se mordit l’intérieur de la lèvre inférieure, tandis que les souvenirs de Detroit venaient, tel un raz-de-marée, chasser toutes les réflexions qui s’étaient entortillées autour de la machine à tatouer, rasant tout sur leur passage, comme à chaque fois que les flashs ombrageux, les voix excitées et les grognements de douleurs revenaient s’imposer à lui. « J’ai... » Il détourna les yeux une demi-seconde, avant d’accrocher son regard, décidé et presque froid, à celui de Mini. « Par l’expérience. L’expérimentation, même. J’ai réalisé que les seules limites qui existaient, étaient celles que l’on se mettait à soi-même et qu’il convenait dès lors soit de les dépasser, soit de s’en satisfaire. J’ai poussé des portes que je croyais verrouillées. Cherché l’essence même de la connaissance qui me manquait. » Les membres qui se tordent à l’extrême. Les hurlements. Les os qui craquent. Le silence. « J’ai gagné autant que j’ai perdu, cependant. » Sa voix avait faibli, pourtant, elle ne portait ni accent de regret, ni de remords. Juste le voile d’une expérience pas encore tout à fait digérée, et peut-être, peut-être le souhait de la répéter, afin de gagner cette fois un peu plus,


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Dim 1 Juil - 8:19



Un rire lui échappa lorsqu’il résuma leurs situations d’une façon aussi abrupte. Oui, en effet, c’était sans doute la meilleure façon de décrire ses tâtonnements désespérés et la brume qui l’enveloppait. Qui les enveloppait tous les deux, apparemment. La frustration qui avait amèrement teinté ses recherches semblait s’être évaporée, à présent qu’elle avait rencontré quelqu’un qui semblait être passé par les mêmes étapes qu’elle, par les mêmes désillusions et les mêmes obstacles. Il semblait en avoir surmonté quelques-uns, pourtant, et raccroché un but à ses errements – c’était ce qu’il lui manquait.

Lorsque Mini remarqua les contorsions de l’automatier pour observer sa machine à tatouer, elle s’assit à côté de lui et lui tendit son bien le plus précieux avec précautions. Elle avait toujours cette hésitation, avant de se rappeler que les sorciers pouvaient réparer des objets d’un coup de baguette magique – c’était exactement ce qu’il s’était produit lorsqu’elle avait trébuché sur son idiot de chat Pikachu et que sa machine s’était fendue – le client qu’elle s’apprêtait à tatouer avait seulement sorti sa baguette, marmonné quelque chose et sa machine avait été à nouveau comme neuve. Il lui avait fallu quelques minutes pour se remettre de l’ascenseur émotionnel dans lequel elle s’était engouffrée, mais elle avait désormais plus de facilité à prêter ses affaires à des sorciers.

Elle écouta ses réflexions en silence, étrangement transpercée par la façon dont il la regardait – comme s’il ne la regardait pas vraiment elle, en dépit du fait que c’était ses yeux qu’il avait pris comme ancrage. Non, il semblait s’adresser à quelqu’un d’autre. Lui-même, peut-être, ou alors à l’orage qui grondait en eux deux et dont Mini ne parvenait qu’à entendre que le roulement du tonnerre, pour l’instant, sans véritablement en voir la pluie ni les éclairs.

Sa voix semblait hantée, quelque part. Mais les paroles qu’il prononçait trouvaient leur écho en Mini, qui hochait la tête en détournant le regard, sentant qu’elle allait finir par rougir si elle maintenant le contact.

« Repousser les limites » répéta-t-elle. C’était ce qu’elle avait fait pour le tatouage, lorsqu’elle avait découvert qu’une alliance entre magie et technologie existait. Le premier pas qu’elle avait fait, et celui qu’elle se remémorait avec le plus d’affection. « Oui, c’est vrai. »

Elle demeura silencieuse quelques instants, tentant de faire le tri dans les émotions conflictuelles qu’elle ressentait, dans les tumultes qui ne s’apaisaient jamais véritablement – Mini n’avait jamais véritablement réussi à contrôler ses ressentis, et il lui semblait soudainement avoir trop chaud, que le sol était trop dur et que ses vêtements étaient inconfortables.

Se passant une main sur son visage, elle finit par braquer son regard sur l’automatier à nouveau, désignant sa machine à tatouer d’un léger coup de menton.

« Qu’est-ce que tu en penses ? »

Le reste était trop confus pour qu’elle continue à l’évoquer pour l’instant.



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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Dim 1 Juil - 15:47
Je saisis la machine à tatouer avec une déférence presque religieuse. J’ai pleinement conscience du cadeau qu’elle me fait en me laissant poser les mains sur son outil de travail qui, si elle le considère comme les miens, doit être son bien le plus précieux. Une lueur de respect vient alors briller dans mon regard, chargée de reconnaissance, avant que les réflexions dans lesquelles la jeune femme m’a projetée ne vienne reprendre leur place, loin, bien loin, au fond de mes iris. Enfin, quand les mots se sont épuisés et que le silence comble l’espace qui nous sépare, je me détourne de la tatoueuse pour commencer mon inspection de sa machine. Du bout du doigt, je long le fil de l’aiguille, et remonte sur la structure dans laquelle elle est engoncée. Je murmure quelques mots pour moi-même, inaudibles, alors que j’approche les engrenages de mon visage afin de mieux les comprendre. Enfin, je pose la machine sur la paume de ma main droite et l’éloigne à nouveau, détaille les reflets de lumière dans son métal cuivré et hoche la tête. Même s’il s’agit d’un outil que je ne saurais utiliser, et que je n’étais pas sur de pouvoir reproduire – bien que le défi m’intéresserait – je ne peux qu’approuver sa réalisation. Délicate, noble, et pour autant, visiblement efficace.

Seuls mes yeux se déplacent lorsqu’elle reprend la parole, mais je choisis de ne pas rebondir sur sa réflexion, incertain des conséquences que cela pourrait avoir pour moi-même. Mon cœur bat toujours un peu plus vite aux souvenirs de mon passé, même si, comme toujours, il ne s’attarde jamais longtemps – à moins qu’il en soit repoussé avec véhémence dans des recoins sombres. De plus, je suis depuis longtemps convaincu que le seul capable de choisir son propre chemin, c’est soi-même. Malgré le soutien de Maître Gerlach, rien de ce qui me définit aujourd’hui n’est conséquence du chemin qu’il a pourtant tenté de tracer pour moi. Ou presque.

« C’est un bel objet. Je comprends pourquoi tu y tiens. » Je lui rends la machine avec précaution, lorgnant sur l’aiguille maintenant qu’elle s’éloigne de moi, soudainement curieux de la sensation qu’un tatouage magique doit provoquer. « Est-ce qu’on sent le tatouage, lorsqu’il se déplace sur la peau ? » La question m’est venue avec tant de spontanéité que je ne peux entièrement éviter de prendre un air surpris. « Je veux dire, de toute évidence, la technique est moldue. Le moment du tatouage en lui-même doit provoquer la même… douleur ? C’est physique. Mais une fois qu’il est terminé, et entreprend de se déplacer ? » Étrangement, je trouve l’idée attirante. Comme pour la fabrication de mes automates, je n’accorde aucune valeur aux raccourcis, aux moyens faciles d’obtenir un résultat qu’on aurait autrement été incapable d’atteindre. La magie devait, selon moi, sublimer ce qu’on était capable de créer ou permettre d’accomplir ce que les mains seules ne pouvaient façonner. Sans que je puisse m’expliquer pourquoi, j’ai l’impression qu’un tatouage magique dénué de douleur perdait en authenticité. « Qui est ce qui te l’a enchanté ? L’enchantement doit être particulièrement puissant, pour se transposer au tatouage, au lieu d’être simplement posé sur la machine... » Malgré la réflexion distraite qui teintait fortement mes mots, il était impossible de rater la touche de jalousie qui les accompagnait. « D’ailleurs, comment en es-tu arrivée là ? A mêler tatouage moldu et magie, je veux dire ? »

Mes questions se sont enchaînées en l’espace de secondes, chacune plus rapide que la suivante, comme à chaque fois que ma curiosité et mon enthousiasme se mêlaient à une réflexion véhémente. La machine à tatouer était, d’une certaine manière, le complet opposé de ce que j’avais l’habitude de réaliser et je venais de prendre conscience que cette simple idée pouvait m’ouvrir un nouveau monde.


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Dim 1 Juil - 16:36



Mini sentit un léger pincement de cœur lorsqu’elle abandonna sa machine dans les mains de l’automatier, mais cette inquiétude fut aussi brutale que passagère : la déférence qu’il accordait à son objet suffit à la rassurer, et la crispation qui avait tendu ses épaules s’apaiser. Elle s’affaissa alors, s’avachissant légèrement, et le contempla alors qu’il observait sa machine sous toutes les coutures. Elle n’aurait pu dire quelles parties étaient importantes et quelles parties étaient de la décoration, mais il semblait savoir quoi regarder ; ses lèvres formaient des mots qu’elle n’entendit pas suffisamment pour les comprendre, avant qu’il ne finisse par lui rendre son bel objet.

Un sentiment étrange envahit alors Mini. Un mélange de satisfaction et de fierté que quelqu’un reconnaisse sa machine comme étant belle – elle avait toujours su à quel point elle était particulière, mais entendre quelqu’un d’autre le dire la contentait toujours.

En revanche, elle accueillit sa question avec un froncement de sourcils, incertaine de ce qu’il voulait dire. Avant qu’elle ne puisse poser la question, il explicita, et elle secoua la tête en rangeant soigneusement sa compagne dans la boîte qui lui était dédiée.

« Non » répondit-elle, une pointe d’excitation dans la voix. On s’intéressait rarement aux mécaniques de ses tatouages comme il le faisait, et elle n’avait pas véritablement de personnes avec qui partager ce genre de choses. « Il ne commence à bouger qu’une fois cicatrisé, en fait. Avec ma première machine, le tatouage bougeait presque dès le début, ce qui posait des problèmes pour finir correctement le tatouage ou pour la cicatrisation – le client finissait par avoir mal partout et la cicatrisation était bien trop lente. » Heureusement, le fabricant avait fini par améliorer le sortilège (ou l’enchantement, elle n’était pas certaine de la différence ?). Elle avait failli abandonner à cause des résultats catastrophiques du premier modèle, et avait dû remuer ciel et terre pour aider ses premiers clients – heureusement, il s’agissait de tatoueurs eux-mêmes qui savaient à quoi ils s’exposaient, mais tout de même. « Mais oui, ça fait toujours mal lorsque je tatoue le motif et lors de la cicatrisation. »

La question suivante – et surtout le ton teinté de convoitise qu’il avait employé – la fit sourire. Comme elle comprenait la jalousie qui l’habitait. Elle l’habitait sans cesse, tous les jours, alors qu’elle épluchait des books publiés par ses artistes préférés ou lorsqu’elle voyait les progrès de ceux qui s’étaient engouffrés à sa suite dans la voie du tatouage magique. Son acharnement à progresser lui permettait de continuer à avancer, mais la peur d’un jour devenir sans véritable importance dans le milieu empoisonnait parfois ses rêves.

« Elliot Thorne » répondit-elle. « Je ne sais pas si tu le connais ? Je l’ai rencontré à un salon sur la technomagie. Il m’a fait essayer son premier modèle et j’ai trouvé ça génial du coup j’ai voulu tenter. »

Elle s’arrêta une seconde, hésitant. Ce n’était pas toute la vérité, maintenant qu’elle y pensait. Elle ne s’était jamais vraiment posé la question, mais… Son intérêt pour la technomagie remontait encore plus loin.

« Une de mes amies d’enfance est une sorcière née-moldue, donc j’ai toujours été très curieuse des applications de la magie dans ma vie » compléta-t-elle en haussant légèrement les épaules. « C’était un peu le moyen d’associer deux choses qui m’ont toujours fascinée – l’art et la magie. »

Une fascination qui était née d’une pluie d’étoiles filantes et qui ne s’était jamais véritablement éteinte, en dépit de l’étreinte glacée des Détraqueurs et des allées et venues des nés-moldus en fuite dans son sous-sol lors de l’Année des Ténèbres.

« Et toi, comment t’es arrivé ici ? » demanda-t-elle en désignant les morceaux de parchemins, les croquis et les ébauches de projets qui les entouraient.




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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Mar 3 Juil - 16:00
Je fronce les sourcils à mon tour, déçu que la première version de la méthode n’ait pas été acceptée pour sa juste valeur. Car c’était bien de cela dont il s’agissait de mon point de vue, de traverser l’épreuve nécessaire pour mériter de posséder – et posséder était même un euphémisme – une œuvre aussi particulière. Je comprenais néanmoins la réflexion de la tatoueuse. Contrairement à moi, elle n’avait pas à souffrir elle même pour parvenir au résultat ultime. Et contrairement à mes clients, c’étaient les siens qui devaient se mordre les lèvres durant des heures pour obtenir enfin ce qu’ils avaient commandé. Je hoche finalement la tête étrangement rassuré de savoir que le tatouage en lui-même passe toujours par un processus physique, avec son lot de douleurs et d’attente. « Je vois. C’est sensé, oui. »

Je laisse le nom tourner dans ma tête pendant un instant. C’est un nom plutôt banal, et je ne parviens pas à déterminer si c’est pourquoi il me paraît familier, ou si j’ai bel et bien un jour rencontré cet enchanteur. Je finis par trancher que ce ne doit pas être le cas, ou qu’alors, il ne m’a pas présenté quelque chose d’aussi intéressant qu’une machine à tatouer magique. Je suis persuadé qu’il y a même dix ans, un tel outil aurait autant éveillé mon intérêt que maintenant. Peut-être le connaissais-je juste de réputation. Pour toute l’importance que j’accordais à ce genre de choses.

« Non,je ne me souviens pas l’avoir rencontré. Je me souviens rarement des rencontres banales, mais avec ce que tu me dis, je doute qu’il l’ait été, n’est-ce pas ? » Je lui adresse un sourire taquin, mais appréciateur. Je ne peux que respecter sa prise de risque. « C’est bien d’avoir voulu essayer. Il y a tant de créations magnifiques qui n’ont jamais pu se développer, parce que personne n’a jamais voulu les tester et participer à leur amélioration. » Je songe un instant à mes maigres tentatives d’enchantement de balais et d’accessoires de quidditch. « Au fond, peu importe la passion et l’acharnement si nos créations ne provoquent l’engouement de personne. » Mon ton est plus déterminé que je ne le voulais, soulignant à quel point ma motivation la plus ardente est l’utilité de mes automates. Je n’ai jamais été un artiste, et ne le serai jamais. Au contraire de Mini, peut-être, même si j’ai conscience qu’un tatoueur doit forcément se considérer plus artiste qu’un automatier. Après tout, un tatouage n’avait pas un nombre infini de raisons d’être.

« Comment je suis arrivé ici ? » D’abord surpris par la question, son geste vient à mon secours, et avant que je ne lui réponde que c’est mon lieu de travail, je lâche un hmm perplexe. Mon parcours avait été loin d’être linéaire. « Par la force des choses, le hasard et les bonnes rencontres, je dirais. » Je marque une pause. « Mais ce n’est pas une réponse très satisfaisante, j’imagine. Je ne sais pas vraiment, en vérité. Toute ma scolarité magique a été une suite de frustration car je trouvais tous nos enseignements bien trop théoriques et inutiles au quotidien. Je veux dire, c’est fascinant de pouvoir métamorphoser une fouine en bouquet de fleurs, mais qui s’est un jour dit que sa vie aurait été toute différente s’il n’avait pas maîtrisé ce sortilège ? Personne. » L’ardeur et la dureté dans ma voix sont une nouvelle fois plus intense que je ne l’aurais souhaité, ne laissant aucun doute sur l’amertume que je gardais de mes années à Poudlard. « J’ai quitté l’Ecosse rapidement à la fin de mes études, j’ai voyagé, aux Etats-Unis et en Suisse surtout, et j’ai rencontré des sorciers… différents. Qui pratiquaient la magie à d’autres buts. La considéraient comme un outil plutôt qu’un fait inné. Un moyen d’atteindre ce que nous ne pouvions faire et de sublimer le monde qui nous entoure. Cette idée m’a plu, alors je me suis plongé dans le lien qui relie la magie et le monde moldu, car on ne peut pas entièrement les séparer. Une plaque de cuivre, c’est une plaque de cuivre. Absolument rien de magique en soi. Mais dans certains enchantements, le résultat sera entièrement différent si tu travailles avec du cuivre ou avec de l’argent. Mais bref, je m’écarte. J’ai donc commencé un apprentissage chez un horloger et ai dévié sur les automates. Je veux le meilleur des deux mondes, et apporter quelque chose de différent aux deux communautés. Et ça ne fonctionne pas trop mal, jusqu’à présent. » Mes derniers mots sont teintés d’une fierté que je ne tente même pas de camoufler. Cela faisait longtemps que j’avais perdu la bataille contre mon aura d’arrogance, et après tout, si je parvenais un jour à automatiser la médecine au moyen de la magie, la fierté me semblait être de mise.


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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Jeu 6 Sep - 16:54



La réflexion de l’automatier la fit sourire – provoquer l’engouement. C’était ce qu’elle tentait de faire à chaque fois qu’elle peignait, qu’elle dessinait, qu’elle faisait quelque chose de ses mains. Elle voulait que ses clients – et tous ceux qui posaient les yeux sur ses travaux – ressentent quelque chose lorsqu’il les voyait. Elle préférait transmettre des émotions positives, un peu de bonheur ; mais parfois c’était autre chose qu’elle gravait dans la peau. Parfois, il s’agissait d’avertissements, de souvenirs désagréables qu’elle encrait à jamais. Ces tatouages étaient différents, plus difficiles à produire. Souvent, c’était parce qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de ressentir un peu de ces émotions que ses clients lui partageaient, souvent malgré eux.

Sa métaphore la tira de la toile que ses pensées avaient tissée autour d’elle, l’enroulant dans un cocon si serré qu’elle avait manqué ne pas se reconnecter avec le monde. Elle laissa échapper un léger rire, imaginant la transformation qu’il décrivait ; imaginer n’avait jamais été le problème, avec la magie. C’était plutôt de la comprendre.

« Le meilleur des deux mondes » répéta-t-elle, un sourire ourlant ses lèvres. « Je vois tout à fait ce que tu veux dire. »

N’était-ce pas pour cela, après tout, qu’elle avait suivi la construction d’Atlantis avec une attention particulière ? Qu’elle s’était précipitée pour ouvrir son salon, s’endettant copieusement au passage, pour être certaine de faire partie de cette aventure, de répondre à son besoin de voir comment elle pourrait vivre dans une ville mixte, de voir le progrès être créé sous ses yeux – par elle, avec elle, comme un fil doré qu’elle aurait aidé à tisser, une immense fresque sur laquelle elle peignait avec ardeur, créant des dégradés de rose et de bleu, parsemant le paysage de nuages laiteux.

La passion dont irradiait l’automatier l’apaisait, étrangement. Comme si elle renouait avec la sienne, avec ses ambitions ; comme si elle avait retrouvé les chemins tortueux dans lesquels elle s’était engagée la première fois qu’elle avait tatoué, pas tout à fait certaine encore qu’elle avait un quelconque talent, qu’elle parviendrait à le faire fructifier, à le ciseler au cours du temps – car ce n’était pas une question de talent. C’était une question d’entraînement, de travail acharné ; et Mini était acharnée, quelque part.

Parce qu’il fallait fuir ses angoisses, souvent. Parce qu’elle ressentait le besoin de créer, parfois.

Elle redressa sa posture, son sourire ornant toujours ses lèvres, quoi qu’un peu atténué. Il était pensif, il était plus doux ; elle tenait le bout de quelque chose, elle le sentait.

Il allait falloir tirer sur le fil, à présent.

« Est-ce que tu penses que je pourrais repasser ? J’ai pas mal de travail, mais tout ça m’intéresse beaucoup ». Elle désigna d’un grand mouvement l’ensemble de l’atelier, son regard ricochant particulièrement sur la… main ? que l’automatier était en train de créer. « La façon dont tu allies tout ça… »

Elle n’était pas certaine de ce que ça allait lui apporter – mais n’était-ce pas ainsi qu’elle était tombée dans les tatouages magiques ?

« Si ça te dérange, je comprendrais tout à fait » rajouta-t-elle précipitamment avant qu’il n’ait le temps de répondre.





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Sujet: Re: De la finesse de tourner les pages | Lun 17 Sep - 15:36
Je souris. Ni de joie, ni d’amusement. De ce sourire riche et apaisé, qui trahit une émotion profonde. Celle que je ressentais, rarement – bien qu’Atlantis m’ait gâté à ce sujet – lors qu’on rencontrait une âme dotée de la même passion et des mêmes travers. Un créateur qui connaissait ce besoin de se malmener physiquement, de se déchirer l’intérieur de l’âme pour produire le meilleur de ce que le pire de nos sentiments pouvaient faire naître. Quelques minutes seulement avec Mini m’avait suffit pour réaliser que nous partagions cette connexion, malgré nos domaines d’expertise différent. Et, aussi cher que m’était le lien avec les plus talentueux et les plus motivés de mes élèves, j’accordais une valeur encore plus importante à ceux, rares, qui naissaient entre moi et un autre. Quelqu’un qui, comme la jeune tatoueuse, ne voyait pas vraiment mes automates, ni même l’artisan qui les animait, mais le dévouement à la création, les perles de sueur qui les faisaient briller, la partie de soi qu’il fallait insuffler en chaque œuvre, afin de lui donner ce côté unique et parfait. Je souris parce que je la reconnais comme mon égale, digne de recevoir mon enseignement, et encore plus, de m’ouvrir les portes de son monde. Je hoche la tête.

« Je ne doutais pas que tu comprendrais. »

Et comme si cette réalisation avait été la plus grande réussite de ces quinze dernières heures, je sens soudainement la fatigue m’écraser et l’inspiration s’écouler entre mes doigts comme l’eau d’une douche trop chaude pour laquelle je me languis maintenant. Même Mortiarty s’est désintéressé de mes écrous et boulettes de papier, ce qui est – je l’ai appris à force d’expérience – le meilleur signal qu’il est temps de cesser de travailler – souvent, même si j’avais du mal à le reconnaître sans menace de torture, parce que cela signifiait déjà que je n’étais plus assez actif pour éveiller ses instincts de chasseur. Je préférais lui donner la faute entière, et comme il avait le bon goût de ne pas m’en vouloir à ce propos, il était un coupable tout désigné, et probablement par la même occasion, mon meilleur collaborateur.

« Bien sur, tu es la bienvenue. Quand tu le souhaites. » Je suis son mouvement, embrassant du regard le désordre que j’ai provoqué. « Je ne le sais pas toujours moi-même, comment j’allie tout ça, tu sais. C’est beaucoup de ressenti, d’essai et d’erreur. Malgré ce qu’on pourrai croire » Ou ce que mon égo voudrait croire « Le métier d’automate n’est ni très populaire chez les moldus, ni chez les sorciers. Les ressources et les enseignements sont rares. Il faut sans cesse se réinventer soi-même. Mais je suppose que c’est une réalité qui doit te parler aussi. » Je ne connaissais guère l’état de l’art en ce qui connaissait le tatouage moldu, mais j’en avais assez vu, ne serait ce qu’à Detroit, pour savoir que ce n’était pas une pratique particulièrement rare. Le tatouage magique, en revanche, me semblait bien plus secret, pour ne pas dire tabou. « J’habite aux Salines » Je lui griffonne rapidement l’adresse sur un bout de parchemin sur lesquels s’entremêlent quelques brouillons de croquis. « N’hésite pas à entrer, la porte est toujours ouverte. Si je ne suis pas là, je suis probablement en train de retourner un coin de l’aile d’ingénierie. J’ai un certain faible pour cette pièce particulière, je dois avouer. »

Je marque une pause et repense à la sensation de la machine à tatouer entre mes mains. J’hésite.

« Je serais ravi si tu pouvais me retourner la faveur. Je suis … curieux de te voir travailler. S’il peut se trouver un client qui ne sera pas dérangé pas ma présence, cela dit. » Ma main droite tremble, je la plonge dans la poche de mon pantalon, tentant de me convaincre qu’il ne s’agit que de fatigue, et non pas de réminiscences de mes années américaines. « La technologie, la magie au service fonctionnant ensemble pour rendre plus beau le corps humain… Je serais vraiment flatté si tu acceptais. »

Et je lui tends enfin le papier où j’ai griffonné mon adresse, espérant inconsciemment que l’accepter signifierait inévitablement qu’elle accepterait aussi de m’accueillir dans son monde. Comme un échange ainsi scellé. Un pacte.
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De la finesse de tourner les pages
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