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 Do you suppose she is a Wildflower? | Keith
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Keith R. CampbellProfesseur - StaffavatarProfesseur - Staff
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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 16 Sep - 2:26

J’obéis à l’injonction. Elle est simple pour moi ; se taire, ne rien faire, laisser passer le temps. C’est dans mon habitude, celle que si souvent on me reproche. Je préfère sentir sa respiration dans mon col et juger sa rapidité, tenter de comprendre, encore, ce qui a bien pu se passer, la raison de ses larmes. Elle ne me repousse pas et j’en déduis que ma faute n’était pas si grande, ou que mes excuses suffisent à l’effacer, une fois de plus. Je le regrette rarement, traçant normalement mon propre chemin, satisfait d’être exceptionnel dans d’autres domaines, prenant mon inadéquation sociale comme un sacrifice nécessaire à mon génie. Aujourd’hui pourtant, cette nouvelle erreur me pèse et je me dis que si l’oiseau avait été un peu moins beau, et mes mots plus appropriés, les larmes n’auraient peut être pas suivi la joie.

Je frémis sous le baiser, décontenancé par cette initiative, presque incapable de le comparer au dernier dans son genre, tant il est éloigné de celui-ci, dans le temps et dans ce qu’il signifie. Je hoche la tête, je savais que l’oiseau était parfait, et après un moment d’hésitation, je ne doutais plus qu’il lui plaisait. Même pour moi, sa réaction avait été limpide. Je ne comprenais pas sa fuite, ses larmes, les rapports qui reliaient tous les éléments de cette équation, de cette promenade apparemment anodine et déjà tellement riche en questions qu’une partie de moi souhaitait que je n’ai jamais tenu ma promesse. Je baisse également la tête, observe un instant la main qui se perd à mon col, comme s’il s’agissait d’une étrangère, un objet non identifié, avant de fermer les yeux à la recherche d’une réponse.

Je n’ai pas encore trouvé les mots que, comme toujours, Poppy reprend déjà la parole, reformule sa pensée, dans un effort que je sais tout particulièrement destiné à l’aura d’incompréhension dans laquelle je dois baigner. Je m’accroche à son regard, tente d’y interpréter les lueurs, dans lesquelles je ne lis cependant rien de plus que ce que ses mots exprime. La question ne m’aide pas, et me fait même douter plus, chercher le tabou social que j’ai brisé. Aurais-je du m’interdire l’excellence volontaire ? N’avais-je le droit de mettre le meilleur que pour celles parmi mes œuvres qui sont commandées, payées ? « Je… Poppy… Pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? Pourquoi aurait-il du être moins joli ? Je n’ai jamais fait qu’essayer de traduire ton souhait. » Je la regarde agiter l’oiseau devant mes yeux, bercé par son rire et les cliquetis des mécanismes dans lesquels se prennent le vent. C’est à mon tour de rire alors, d’un rire décontenancé et presque sans joie, teinté d’agacement et de frustration d’être encore plongé dans une telle situation, sans savoir ce que j’avais fait pour m’y retrouver.

« C’est ce que je fais, Poppy. Je ne fais rien de laid, rien sans y mettre du cœur. Tu le mérites simplement pour avoir été là lors des premiers pas de sa conception, pour avoir attendu si longtemps avant de le recevoir. » Je marque une pause, respire lentement pour me donner le temps de réfléchir, pour essayer de comprendre ce qu’elle attend de moi, avant de reprendre non sans une hésitation. « Je t’ai souvent blessée, je voulais… qu’il te fasse oublier ça. Qu’il te ressemble. » Je n’étais pas certain que c’était ce qu’elle attendait de moi, mais j’avais seulement rarement été aussi sincère. J’avais conscience de la patience qu’elle déployait à mon égard, des efforts qu’elle faisait pour me laisser vivre dans mes étrangetés sans exiger de moi que je me fonde dans le moule commun. De telles rencontres étaient rares, et je la savourais à sa juste valeur.

« Aller, pose le et retournons nous asseoir. »
Soudainement, j’ai envie de jeter cette œuvre par-dessus bord, à bas de la falaise, de le laisser s’abîmer sur les rochers et disparaître dans les vagues. Je veux retourner dans l’herbe, l’analogue de mon canapé, où la jeune étudiante s’installe d’ordinaire pour faire les questions et les réponses, alors qu’il me suffit de hocher la tête et de sourire à l’occasion, de contempler son bonheur et d’y ajouter, à l’occasion, une étincelle. Sa main glisse le long de mon torse, et je ne peux qu’être témoin du rouge qui monte sur ses joues, pas si rare chez elle dont l’humeur danse si souvent entre les extrêmes. Sans pouvoir me résoudre à m’écarter, j’ai besoin de remettre la distance, de reprendre mes idées et de réfléchir pour cerner les implications possibles de ce qui venait de se passer.

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Poppy IrvineÉtudiant・Sorcier - StaffavatarÉtudiant・Sorcier - Staff
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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 16 Sep - 4:42

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

La réponse devenait limpide. Comme bien souvent, Keith ne réalisait pas la portée de ses actes ou de ses paroles. Ou, cette fois, peut-être était-ce Poppy qui avait tant souhaité y lire des messages cachés que, finalement, elle s'était fourvoyée... Elle ne savait plus, et à force, elle ne voulait plus vraiment savoir. Malgré tout, ses mots l'apaisaient, la calmaient. Ce qu'il disait avait du sens et c'était agréable à entendre. Au moins, le doute s'était estompé, l'oiseau n'était qu'un cadeau qu'elle avait mérité, une douce excuse chantante, et elle devrait se satisfaire de cette explication. « Je t’ai souvent blessée, je voulais… qu’il te fasse oublier ça. Qu’il te ressemble. ». La phrase résonne quelque peu dans l'esprit de la jeune femme. Elle la trouve belle, vraie et touchante. En lâchant petit à petit sa prise sur le col de Keith, Poppy sourit avec beaucoup d'amertume qu'elle tente vainement de cacher, de balayer. « Hm... C'est gentil, oui. Merci. Ça va un peu mieux, je crois. ». La question qu'elle se pose, maintenant, c'est de savoir si elle doit laisser l'homme dans ce flou qui devait l’étouffer, ou lui donner toujours plus de clefs pour tenter de comprendre les quiproquos qui s'étaient creusés un chemin dans l'esprit de l'étudiante.

Elle se sentait lourde, seule à guider les rennes d'une relation qui pourtant se construit à deux. Pour une fois, avec lui, elle n'aimait pas attirer autant l'attention et elle préférerait, elle aussi, retourner à l'herbe qui chante sous le vent et aux secondes qui défilent sans qu'elle ne s'en soucie. Pourquoi n'avait-elle pas simplement pu profiter d'un moment de partage, d'un agréable pique-nique, et rien de plus ? C'est comme si une force inconnue la poussait à se mettre dans des situations de malaises, qui en plus gênaient clairement ce pauvre Keith. Elle lui faisait du mal, et elle ne voulait plus. Mais évidemment, la curiosité et le perfectionnisme de la jeune étudiante étaient plus forts que son envie de bien faire. Ainsi elle se retourna, lâchant ses prises sur les vêtements de Keith avec un sourire un peu jaune et déçu, puis déposa l'oiseau sur le guidon en attendant le clic qui assurerait un bon maintien. En revenant près de lui, Poppy souffle un grand coup et a un regard fuyant. « Oui tu as raison, je devrais juste être satisfaite de ce joli cadeau. ». Elle lui sourit, c'est sincère mais pas entier, il y a comme une petite partie qui se serait décrochée, perdue quelque part. C'est différent d'avant. « C'est juste que... Tous ces moments avec toi, ces sourires, ces... étreintes... J'ai cru que tu essayais de me dire que tu m'appréciais vraiment, pas comme n'importe quelle étudiante ou même n'importe quelle autre personne. J'ai mal interprété, je suis désolée. Ca m'a rendue confuse, je crois. ».

En soi, l'explication n'est pas fausse, quelque peu romancée et accompagnée d'un peu de mensonge par omission, sûrement, mais Poppy espére surtout qu'avec ces mots qu'elle a choisi, Keith comprenne, pour de vrai. C'est déjà si difficile, pour elle, de se retenir de ne pas hurler ni le secouer dans tous les sens. Elle en a envie, forcer la compréhension par cette violence qu'elle exacerbe souvent, dans ce genre de cas. Mais pour lui, elle fait l'effort de faire attention : ne pas le brusquer, expliquer lentement et calmement, aussi directement que possible. Elle est mise à nue, une sensation qui la dérange tant que rapidement, elle essaye de changer de sujet. « Mais oui, retournons plutôt nous asseoir ! ». Elle avait voulu saisir sa main, en avait frôlé une phalange ou deux, senti la chaleur, puis s'était ravisée. Elle ne pouvait plus vraiment faire ça, si ? Pas tout de suite, en tout cas, ça sonnerait comme un manque de respect ou une provocation trop indélicate. Poppy s'avance donc simplement dans le chemin pour retourner sur leur petit carré d'herbe déjà un peu aplatie. Ici, le calme a la main-mise. Elle espère qu'ils puissent remonter un peu dans le temps, perdre leurs pensées chacun de leurs côtés comme ils ont l'habitude de faire. Poppy parlerait un peu de tout, un peu de rien, et Keith hocherait juste la tête. Ce ne serait ni bizarre ni lourd. Évidemment, ce ne serait pas non plus aussi agréable que d'être dans ses bras, couché sur le sol, mais elle se contente de ne pas penser à cela, en soupirant.

Poppy a enfin pu fouiner dans son sac pour sortir le petit spray de désinfectant et un coton. Ses jambes ne lui font plus mal, et le sang a séché avec l'air, mais le produit aiderait un peu et ferait disparaître les traces. Elle s'occupe donc de tout cela, frottant avec douceur et contemplant le détail de ses petites blessures. Tout à l'heure, il a dit qu'il avait eu peur, non ? Est-ce qu'il avait eu peur pour elle, de sa douleur, ou de la propre chute qu'il avait fait ? Elle se le demandait, et la Poppy habituelle aurait déjà posé la question sans se soucier des répercussions, mais celle-ci, celle qui doutait un peu de tout à présent, se terre dans un mutisme tant inhabituel qu'il en était déconcertant. Pour marquer cependant son envie d'avancer un peu, de continuer leur routine, elle sort d'une main la bouteille d'hydromel et la tend à Keith, accompagné d'un léger sourire. « Tu peux l'ouvrir ? Je dois avoir un tire-bouchon, dans la petite poche avant de mon sac. », puis elle esquissa un sourire plus fort, cette fois-ci, à la pensée risible que Keith ne sait sûrement pas à quoi ressemble un tire-bouchon, ni comment l'utiliser. S'il faisait une remarque à ce sujet, peut-être enfin que leur relation redeviendrait comme avant. Elle se moquerait de son incompréhension des moldus et lui montrerait. Alors elle attendait, en croisant les doigts. Bientôt, déjà, elle aurait fini de s'occuper de ses petites gambettes qui n'avaient pas tant souffert et pourrait de nouveau lui offrir tout son temps et toute son attention, sans malentendus ni malheurs.

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Keith R. CampbellProfesseur - StaffavatarProfesseur - Staff
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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 16 Sep - 5:32

Le soulagement m’empare, je m’apprête à retourner vers le carré d’herbe où sont encore nos affaires, mais le ton de Poppy me pousse à rester. La conviction n’y est pas, quelque chose la chiffonne encore alors j’attends, dans l’espoir de comprendre enfin ce qui la perturbe tant, la cause de cette tristesse dont elle ne parvient pas à se défaire malgré mes excuses et explications sincères. L’inconnue à l’équation continue de se dérober devant moi, et je rêve un moment de pouvoir lui illustrer mes intentions autrement, avec plus de franchise encore, de l’emmener dans l’atelier de Konrad Gerlach, là où j’ai véritablement pris les rênes de ma vocation, dans les rues d’Aberdeen où j’ai déniché ce pauvre Moriarty. Partout, partout sauf à Detroit, dans mon passé brûlant, avec lequel je suis encore aux prises. J’ai vu trop de proches souffrir de leurs liens forts, des secrets qui, inévitablement, se révèlent avec le temps et même si je ne peux prétendre les fuir constamment, j’ai conscience de ne pas les chercher avec autant d’ardeur. Nul ne se déçoit qui reste seul.

Une fois l’oiseau posé, je ne peux m’empêcher de glisser un doigt sur son dos, d’admirer son mécanisme en harmonie parfaite avec la voix de la jeune femme, où ne résonne cependant pas son entrain habituel. J’hésite à lui suggérer de recommencer le sortilège de Parole, maintenant que tout va mieux, mais j’ai peur de la blesser et de toute façon, elle s’est écartée déjà, sans un regard, sans plus un sourire. Et avant même de pouvoir lui répondre, encore une fois, la douce trille de sa voix recouvre le silence.

Ses mots courent sous ma peau, me font frémir, résonnent tout au fond de moi, et tout ce que je percevais encore clairement devient confus. Depuis longtemps déjà je ne considère plus Poppy comme une simple étudiante, ou n’importe quelle autre personne. Il me semblait clair qu’elle avait ce rôle particulier de celle qui avait le droit d’entrer et venir dans ma vie, mon appartement, mon bureau, d’y commenter ce qu’elle voyait, d’en triturer les détails. Plus qu’à tous mes autres étudiants, je lui ai autorisé une vision sincère de ce que je suis, le droit de critiquer mes torts. Si je n’essaie pas de me changer – je sais que c’est en vain– je fais l’effort d’essayer de comprendre le monde comme elle le voit, de m’ouvrir à tout ce à quoi elle accorde de l’importance. Sa remarque me vexe presque, alors que lentement, j’additionne le souvenir des étreintes, de sa main dans la mienne, de ce baiser inédit déposé avec furtivité. Sans commentaire, plongé dans ses pensées, je l’accompagne dans l’herbe, sans plus avoir conscience ni du soleil, ni du bruit des vagues. Tout me semble flou.

Loin dans ma brume, je l’entends évoquer son sac, un tire-bouchon et quelques autres choses pas assez salientes pour parvenir à m’atteindre. Je triture la poche, distraitement, sans même vraiment savoir ce que je dois en sortir, et commence donc à en retirer tout ce sur quoi mes mains peuvent tomber. Mes pensées courent toujours de jours en jours, de semaines en semaines, jusqu’à cette soirée de janvier où l’oiseau avait été esquissé et même encore plus loin, lorsqu’elle avait pénétré mon amphithéâtre de cours pour la première fois, anonyme parmi les autres.

Oh.

Elle doit m’attendre, je ne sais plus, mais je regarde simplement Poppy avec un œil nouveau. Elles sont rares celles avec qui j’ai partagé plus qu’une amitié sincère, mais aucune ne s’approche même de ce que l’étudiante représente pour moi. De la joie et l’enthousiasme qui m’étreignent lorsque je reconnais les quelques petits coups secs frappés à ma porte, l’apaisement quand, d’une discussion triviale, elle saute à ma suite dans des considérations mécaniques, peu dérangée par le coq-à-l’âne. Sa valeur a mes yeux est grande, et je me sens soudainement coupable d’avoir été vexé par ses doutes, quand je n’ai pas été capable de reconnaître l’importance qu’elle m’accorde. « Mais… Tu n’es ni n’importe quelle étudiante, ni n’importe quelle autre personne. Tu... » Je secoue la tête, incapable de trouver les mots, incertain d’avoir jamais eu à exprimer une idée similaire. « Je ne sais pas, mais… Ce n’est rien de semblable. À aucune autre personne. Je ne pensais pas que tu… Je te croyais simplement comme ça. Je n’ai pas réalisé. »

Et je pose une nouvelle fois ma main sur la sienne, plus hésitant encore cette fois, toujours confus, et pourtant attaché à cette vérité. Non, tu n’es pas interchangeable.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 16 Sep - 6:57

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Son silence, pour la première fois, la dérange. Il ne répond pas, ne réagit pas, et c'est bien pour ça que Poppy hésite à saisir cette main, et s'enfuit vite sur l'herbe sans un mot de plus. Habituellement, jamais elle n'était gênée par le fait de monopoliser la parole, elle sait qu'il l'écoute. Puis habituellement, l'incompréhension ne se fraye pas un chemin entre eux deux. Quand ils parlent d'ingénierie, ils ont ce vocabulaire à eux, ils se comprennent. Là, Poppy à l'impression de parler fourchelangue à un homme phobique des reptiles, que la distance entre eux est si grande qu'elle n'est même pas imaginable. Elle se déteste pour ça, de toujours pousser les choses. Pour lui, doucement, elle se tait, luttant pour ne pas se laisser de nouveau envahir par sa culpabilité ambiante et retrouver sa routine duveteuse, sur le canapé à rire en regardant Moriarty courir après le Pégase. Elle avait d'ailleurs trouvé amusant que quelqu'un de si pragmatique se retrouve avec un patronus onirique, un mythe symbole de la poésie, comme si au fond Keith était profondément sage. Un saint.

Elle le regarde vider le sac tandis qu'elle termine de nettoyer ses jambes. Elle replace discrètement le coton utilisé dans une petite poche, qu'elle le jette plus tard, et ramasse ses clefs éventrée à terre. Il y a un stylo, une fiole vide, plusieurs papiers et quelques autres bricoles. « C'est ça, le tire-bouchon. ». Elle montre du doigt l'objet qui trône aux pieds de Keith, se refusant à aller le ramasser elle-même. En le pointant, elle lève les yeux vers son visage qui semble perdu dans des pensées. Finalement, peut-être qu'il commence à comprendre. Il y a comme cette lumière qui s'illumine, la même qu'elle voit quand Keith trouve enfin une solution à un problème qui le faisait trop réfléchir. Une fois de plus, Poppy se sent apaisée, elle a peut-être atteint ce but dérisoire, qu'on ne devrait pas avoir et qui devrait être si simple à toucher du doigt. Mais tout s'inverse, quand il s'agit de Keith : l'évident se perd dans un labyrinthe de réflexions et le compliqué trouve des solutions trop rapides. Rien n'est plus comme avant, quand on le côtoie. Il renverse le monde, tord les habitudes. Ça avait tant séduit la petite blonde perdue dans ses sentiments qui, à la rentrée de septembre, était encore si hésitante de ses choix. Il l'avait rassuré, sans même essayer. Sans Keith, elle serait sûrement toujours encore dans ce placard sombre, enfermée pour se punir de n'avoir pas su réagir. Ligotée, incapable de sortir. Mais Keith était arrivé, il n'avait pas enfoncé la porte comme beaucoup l'aurait fait, il avait trouvé mieux et lui avait construit une fenêtre, une nouvelle échappatoire, auquel personne n'avait songé. Penser en dehors de la boîte, comme on dit. C'est ça, qui l'avait libérée.

Puis il recommence à parler, prononcer ces mots qu'elle n'espérait plus. Cette-fois, c'est elle qui ne comprend pas. Ils jouent à chat, se chassant tantôt l'un tantôt l'autre, à en perdre l'ordre et le sens. Poppy devait-elle fuir ou lui courir après ? A qui était-ce de jouer ? Si sa mère la voyait, Isla qualifierait sûrement la situation avec le titre de cette chanson française qu'elle aimait bien, Je t'aime moi non plus, dite avec un accent français à couper au couteau comme elle seule sait le faire. Elle était sortie lorsqu'elle avait rencontré Eoin, lorsque l'Europe se déchainait de ses passions et que toutes les problématiques du monde étaient si futiles. Ils avaient le temps, à l'époque, de s'aimer et se détruire. Et, ironiquement, Isla serait heureuse de voir sa fille comme ça, torturée et bousculée, car enfin Tomás n'était plus derrière elle à la hanter. Après un an à flirter avec la neurasthénie, enfin, il y avait quelqu'un d'autre. Et les mots de Keith font battre le cœur de Poppy si fort qu'elle en deviendrait presque sourde. Elle n'entend plus que la répétition du boom qui s'accélère. Ses yeux, écarquillés et perdus dans les siens se remplissent d'une nouvelle douceur. Il la regarde différemment, soudainement, elle pourrait le jurer. Elle échappe un soupir. « Personne... Personne n'est simplement comme ça, Keith. ». Quelque peu désemparée, ne sachant pas comment réagir, elle pousse d'un geste toutes les babioles échouées à leurs pieds. La bouteille d'hydromel finit elle aussi au sol. « Je suis comme ça, oui, je... Je suis affective, et tactile, mais avec toi c'est pas pareil. Il n'y a qu'avec toi que je... serre, si fort. Il n'y a qu'avec toi que j'en ai envie. ».

Son regard chancelle, court d'un point à un autre, et ses doigts se courbent et se plient les uns dans les autres, ne sachant que faire. C'est finalement une pulsion qui la pousse, une de celle qu'elle ne contrôle toujours pas. Appuyée sur ses bras tendus, plaqués au sol, elle s'avance vers lui, les lèvres tendues en avant. Poppy aurait voulu continuer sa course, l'embrasser, toujours, mais elle s'est arrêtée, laissant tout juste sa poitrine venir se coller au torse de Keith. Elle sait bien qu'il y a ce risque qu'il se retire et se recule, elle ne voudrait pas le forcer à déposer ses lèvres sur les siennes s'il ne le veut pas. Mais elle insiste. « Si je suis si différente, Keith, prouve-le... Montre-le moi, dis-le moi. Je n'veux plus m'emballer en croyant comprendre quelque chose, je n'veux plus me tromper. Il faut que ça vienne de toi, que tu t'exprimes... Me laisse pas faire le dialogue toute seule, je t'en prie. ». Sa respiration était courte, tapant contre ses joues. C'était un peu le tout pour le tout. S'il reculait, elle irait pleurer dans les bras de sa mère dès ce soir, très vraisemblablement, et s'enfermerait une partie de l'été sur un projet de machine quelconque pour occuper son esprit. Dans tous les cas, le cap de ses 20 ans serait sûrement inoubliable.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 20 Sep - 9:10

Je jette un regard au tire-bouchon, même pas intrigué par sa forme étrange, même pas intéressé, de près ou de loin, par l’utilité qu’il peut avoir, l’ingéniosité de son mécanisme. J’ai mal à la tête de réfléchir, d’essayer de comprendre comment cette situation a pu se produire, pourquoi j’ai l’impression qu’au milieu de ces doutes et de cette confusion, mon cœur m’est remonté dans la gorge. J’essaie de remonter le fil des semaines, de me souvenir du premier moment où Poppy a pris la parole à mon cours, de sa première irruption dans mon bureau, de sa première visite à mon appartement. Je me tords l’esprit et la mémoire pour comparer tous ces instants à ce que je sais des convenances, à ce que le monde signifie pour mes autres, et continue d’être déchiré par le désir de me lacérer le visage tant je me déteste de n’avoir pas eu conscience de ce que j’ai observé à tant d’occasions chez mes pairs. Ce jeu que je pensais reconnaître clairement chez les autres, si évident et à la fois, si complexe.

Sans émotions, mes pensées volent vers Kate, dont le nom était la seule banalité. Sa magie si vivre et brillante, presque indomptable, ses enchantements presque inutilisables et qui pour certains, devaient toujours vivre une forme de vie automne dans les théâtres abandonnés de Detroit. Je me souviens, comme un spectateur, du premier baiser fougueux avec lequel elle m’a dompté, dans une danse dont elle était incontestablement la meneuse. Elle n’était en rien comparable à Harmony dont la simple apparence avait réussi à me déconcentrer, le temps, quelques semaines, que me quitte la fascination pour ses yeux émeraude et sa longue chevelure cuivrée. Aucune des deux ne s’approchaient même de la relation que j’entretenais avec Poppy, des rires et de la spontanéité, des efforts que j’étais prêt à faire pour elle, de la valeur que j’accordais à notre coopération.

Je hausse les épaules alors que la voix de l’étudiante perce la brume de mes réflexions. Qu’en sais-je, moi, pour qui la plupart des contacts ne sont qu’une intrusion, qui évite déjà de serrer la main de mes visiteurs. La présence de Poppy m’avait dépassé, pas uniquement son contact physique, mais l’aura qu’elle irradiait autour de moi, le contact qui semblait toujours présent, même lorsqu’il ne s’agissait que de ses yeux, attentifs, qui suivaient le moindre mouvement de mes mains, qui surveillaient tous les détails de mes croquis, et qui, à l’occasion, s’accrochaient aux miens comme pour tenter de percer au-delà de mon regard. Je ferme les yeux et hoche doucement la tête, maintenant que j’ai compris où elle voulait en venir, et que j’atterris avec peine dans une situation plus étrangère que tout ce vers quoi la petite blonde a pu me mener, le temps d’une année scolaire. Longtemps, à Poudlard,  j’ai ri en silence des hésitations et des confusions de mes camarades, persuadé que dans un monde terre-à-terre et pragmatique, rien ne pouvait être si compliqué. On voulait, ou on ne voulait pas.. Intérieurement, je ris à nouveau, mais jaune cette fois, à la lumière de mon erreur.

J’ouvre les yeux pour contempler le regard de Poppy juste à quelques centimètres de moi, son souffle chaud et rapide droit sur mon visage. J’écoute ses mots sans ciller, patient, tentant vainement de contrôler les battements irréguliers de mon cœur et de retrouver la maîtrise et le détachement qui me caractérisent. Je prends une grande respiration et hoche la tête à nouveau, laissant le silence s’installer une nouvelle fois entre nous. Doucement mais sans hésitations, d’un mouvement qui ne semble tolérer de résistance, je glisse mes mains sur ses épaules pour la faire basculer à mon côté, et me penche jusqu’à rencontrer ses épaules. Machinalement, mon visage glisse le long du sien, dessinant la ligne de sa joue avec mon nez, jusqu’à me loger dans le creux de son cou. Dans le même temps, mes bras se referment autour d’elle et j’inspecte doucement mon ressenti face à ce geste, moins désarçonnant que je ne l’aurais cru avant de le poser. Les yeux à nouveau fermés, j’écoute les battements trépidants de son cœur.

« Non tu n’es pas comme toutes les autres, oui tu es différente. Je ne vais pas te le prouver comme le ferait n’importe quel autre, car ça ne voudrait rien dire. » Pour une fois, je me refuse ardemment à céder au stéréotype, au banal, à ce qu’ils font tous. Le corps a, pour moi, une signification aussi particulière que retorse, chaque contact plus lourdement chargé que la plus dure des offenses et si les vivats du corps ne m’étaient pas étrangers, il n’en allait pas de même pour ceux du cœur. « Comment es-tu différente ? Je ne sais pas. Comme aucune autre, sans comparaison, ni dans l’art, ni dans la manière. Je ne peux pas te promettre ce que je ne comprends pas encore, ni te donner des réponses à des questions que je ne me suis pas encore posé. » Pragmatique.

Je redresse la tête sans pour autant m’écarter, et lève une main pour, doucement, laisser glisser un doigt le long de sa joue, là où, plus tôt, il m’avait démangé d’essuyer une larme. « Rien de tout ceci n’est un monologue ». Et les derniers mots sonnent presque fatigués, comme si tant d’expression et de turpitudes avec mes propres sentiments m’avaient laissés las et épuisé. J’ai conscience de ne donner qu’à demi réponse à ses questions, tout en me refusant à lui offrir plus, à faire une promesse que je ne pourrai tenir – car je les tenais toujours.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 23 Sep - 7:45

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Ces secondes, où elle se retrouve si proche de son visage, semblent éternelles. Il suffirait qu'il s'avance un peu, tende ses lèvres, et tout enfin serait apaisé. Plus de pensées sombres, ni de doutes déstabilisants. Plus de regrets, ou de remords. Ce baiser, inespéré, viendrait poser ses mains sur les cœurs pour les calmer et les faire battre en harmonie, et enfin, Keith et Poppy pourraient reprendre leur routine habituelle, ponctuée simplement de quelques mots doux par-ci par-là. Oh, comme ce serait parfait. Idéal. Un rêve. Oui. Juste un rêve. Car les lèvres de Keith restent éloignées, elle ne viennent pas, et le souffle que retenait Poppy commence petit à petit à s'extirper de ses poumons. Elle repense à son premier baiser, assise sur un muret dans la cour de Poudlard. Maladroit et lent, ça n'avait pas eu de réel sens, mais elle se rappelle de la finesse des lèvres du garçon sur les siennes, de la quiétude qui l'avait envahie, comme si tout le reste n'avait plus d'importance, pour un instant. Elle avait déjà ressenti ça avec Keith, sans avoir besoin d'un baiser, ce qui l'avait laissé croire que le jour où, finalement, elle aurait ces lèvres pour elle, s'en suivrait sûrement la paix absolue. Une nouvelle tendresse, jamais découverte avant, pas même avec Tomás qui pourtant avait fait chavirer son cœur trop de fois. C'était peut-être juste ça qu'elle voulait, goûter cette délicatesse. Néanmoins, elle n'y aurait pas droit, elle l'avait bien compris. Et tandis que la douleur, lentement, se frayait un chemin dans son cœur, que ses deux mains appuyées au sol empoignaient l'herbe de rage, Poppy ferma les yeux et sentit tout juste la poigne de Keith lorsqu'il la ramena vers lui, contre son torse.

Elle a arraché quelques brins d'herbes au passage, vite retombés sur le sol comme échoués, avant de réaliser l'étreinte dans laquelle Keith vient de l'emmener. Dos contre lui, elle lève progressivement sa main pour venir saisir la sienne, qui enrobe déjà son petit corps, non loin de sa poitrine. Quand elle sent son visage frôler sa joue, son cou, Poppy ne peut retenir le frisson qui fait son chemin depuis sa tête jusqu'à ses jambes. Chaud, agréable, elle voudrait que cette sensation ne disparaisse jamais. Dans un nouveau sourire de satisfaction, elle tend sa main, au-dessus d'elle-même, qui va aller se perdre autour de l'oreille de son professeur, dessiner des caresses sur sa nuque. La tête baissée, elle appuie alors sa joue contre la sienne en écoutant ce qu'il lui dit, des mots si proches de cette déclaration qu'elle espérait. Le temps de quelques secondes, Poppy se retient de juste se retourner, le plaquer au sol et l'embrasser, vraiment. Il est sûr, maintenant, qu'elle n'avait pas rêvé, qu'elle n'était pas juste une étudiante de passage pour lui. Le baiser habituel était peut-être à rayer pour l'instant, cela n’enlevait pas leur force et leur sens à chacun de ces autres gestes, si raffinés et précieux.  « Je... Ok. Je me contenterais de ça, pour le moment. C'est déjà si agréable de juste... Entendre, tout ça. J'attendrais que tu fasses quelque chose d’extraordinaire pour me le prouver ». Machinalement, sa main courre sur ses doigts, sans s'arrêter, comme pour s'assurer qu'ils sont bien là, que Keith est bien penché tout contre elle. Qu'elle ne rêve pas.

Puis il glisse son doigt sur sa joue, arrachant à Poppy ce sourire niais dont elle est trop consciente, et cette poigne pour resserrer la main de Keith dans la sienne. Elle murmure, à elle-même plus qu'autre chose, « Pfff... J'arrive pas à m'arrêter de sourire, j'ai l'air débile. ». Elle prend une grande inspiration et s'avance quelque peu, juste assez pour laisser échapper un petit rire, passer sa main derrière ses oreilles, près de là où quelques secondes plus tôt la sienne établissait sa course, et se retourne vers lui. Tordue de profil, elle regarde Keith dans les yeux en souriant, puis vient déposer sa main vide - l'autre agrippant toujours les doigts de l'ingénieur - sur sa joue. Doucement, son pouce vient effleurer la lèvre inférieure de Keith, que Poppy a du mal à lâcher du regard. « Hm. Ok, j'ai vraiment besoin de l'hydromel, maintenant. ». Elle déglutit avant de s'avancer à nouveau vers lui et l'embrasser délicatement sur la joue. Puis elle se relève, laisse enfin libre la deuxième main de son professeur et part à la recherche de la bouteille dans son sac à dos. Seule dans son coin, Poppy se perd à croire qu'avec le temps elle change Keith, elle lui apprend à s'ouvrir au monde, être moins maladroit. Mais au fond, elle réalise qu'il la change tout autant. Quelques mois auparavant, dans une même situation, elle serait déjà montée sur ses grands chevaux, aurait réagit dans cet extrême qu'elle connait si bien. Mais aujourd'hui elle reste calme et se contente de ses petites victoires pour mieux savourer celles à venir. Si seulement il savait à quel point il l'aide.

Plongée dans son sac, Poppy est accroupie, les fesses en arrière, et chacun de ses gestes prennent un temps considérables, comme si le mode ralenti avait été enclenché. La parade nuptiale inconsciente de l'étudiante, ou quelque chose de ce genre. Quand enfin elle trouve ce qu'elle cherchait, elle lève la bouteille d'hydromel  et des verres. « Bon, ils sont en plastique, je sais que tu n'aimes pas ça, mais ça reste quand même plus pratique pour un pique-nique dans la campagne ! ». Debout sur ses jambes, et satisfaite de sa petite remarque en référence à ce cours de début d'année, elle s'avance vers lui pour aller s'asseoir juste à coté, histoire que chacun d'eux puissent avoir vue sur l'océan au loin. Elle débouche la bouteille, manquant évidemment d'en renverser sur ses jambes, ce qui la fait rire, puis commence à servir. « Là, tiens-le. Tu me dis stop, sinon je le remplis à fond ! ». Les deux verres remplis, Poppy se rapproche de Keith pour être juste à sa droite. Tranquillement, elle se laisse alors tomber sur lui, s'adossant contre son épaule, puis lève son verre. « À... notre passion. » puis elle va taper doucement dans le sien. Il ne reste plus à savoir si au fond d'elle, Poppy parle de l'ingénierie, ou d'une toute autre forme de passion partagée.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mar 26 Sep - 8:25

Je frémis, quand elle me rend l’étreinte que doucement, hésitant, j’ai consenti à lui donner. Tant sa main sur la mienne, que l’autre, dessinant des arabesques dans ma nuque me donnent l’impression d’être brûlé à blanc, enfermé entre ses mains si légères et, assailli d’émotions contradictoires, je dois travailler sur moi-même pour ne pas m’en échapper. L’écoute m’apaise cependant, le rythme plus lent de son cœur également et quelque part je trouve cette position aussi agréable qu’elle m’a parue nécessaire. La réflexion passée, j’aurais aimé pouvoir poser ce geste avec spontanéité, sans devoir y réfléchir, juste lui donner ce qu’elle avait tant souhaité. Ses mots ajoutent à ma peine, à ce sentiment doux-amer qui m’enserre, alors que je me demande si cette attitude pourra être répétée, loin du romantisme de ce bord de mer, presque digne d’une peinture de grand maître. Pour le moment, peut-être cela ne compte-t-il pas, alors je choisis de ne pas m’écarter, de la laisser, une fois n’est pas coutume, remettre la distance entre nous.

Je ne souris pas, sauf dans le regard, peut-être, mais je n’ai aucune peine à m’imaginer son expression enjouée, ces sourires ineffaçables qui illuminent si fréquemment son visage. J’aimerais ajouter qu’elle n’a surement pas l’air débile, que la stupidité ne se lit pas à l’expression du visage, que rien de tout ceci n’aurait pu arriver si j’avais un jour douté de sa brillance. Pourtant, je préfère garder le silence, incertain de trouver les mots pour m’exprimer sans me décaler, encore, de ce qui est attendu de moi. Ou de faire passer un message autre. J’ai la sensation, encore plus frappante aujourd’hui que d’ordinaire, que les paroles sont mes ennemies ; malheureusement, je me sais guère plus lettré en matière d’actes.

Je retiens un mouvement de recul quand l’étudiante se tourne vers moi, qu’elle s’approche à nouveau dangereusement, que son regard me harponne avec encore plus d’intensité que jamais alors. Derrière la lèvre sur laquelle court son pouce, mes dents sont serrées, les mâchoires tendues, tandis que dans ma tête se heurtent mille façons dont cette scène aurait pu se terminer, aucune à laquelle je ne me sens capable de donner la préférence, rejetant simplement les extrêmes, au moins persuadé que je ne souhaite ni l’un, ni l’autre. La tension à son comble, je me découvre à la fois soulagé et déçu alors qu’elle s’écarte, son baiser étrangement toujours parfaitement présent sur ma joue, comme si malgré sa distance physique, elle était toujours là, tout contre moi. Toujours silencieux, je l’observe farfouiller une nouvelle fois dans son sac à la recherche de la boisson que, il va bien me falloir l’admettre à voix haute, je n’ai même jamais goûté. Son odeur riche et sucrée suffit à me faire froncer le nez, comme tout ce qui est trop intense, trop chargé en émotions, comme si la seule intensité que je pouvais supporter était celle de mes propres passions. Pourtant, cette fois, je suis pas effaré par l’épreuve à venir et me contente simplement d’admettre en moi-même que c’est une découverte nouvelle, rien de plus original que tout ce que j’ai pu faire en la compagnie de Poppy. Si j’avais survécu à l’ascension de la colline en vélo, peut-être me trouverais-je même un goût insoupçonné pour l’hydromel.

Son attitude fière et la pique qu’elle ne manque pas de me lancer alors qu’elle exhibe les verres en plastique m’arrachent enfin un sourire et, curieusement, me détendent. Ce genre de jeu me ramène dans l’habituel de mes échanges avec l’étudiante, ses critiques latentes de mes goûts de luxe, de ma sensibilité pour le raffiné et le délicat. Je me renfrogne un brin, joueur, tentant de faire passer mon masque de comédie. « Oui, enfin. Avec une baguette et un simple Reparo, on peut tout aussi bien transporter des verres en cristal. » Je ne rechigne cependant pas lorsqu’elle me tend le gobelet, maintenant curieux d’allier la connaissance de l’odeur de l’hydromel à sa saveur. « Remplis-le autant que tu veux, mais à un certain point, je risque de ne pas être capable de gérer la descente pour rentrer. » Si je n’avais jamais touché à de l’alcool, j’avais suffisamment était témoin de ses affres pour savoir dans quelles positions gênantes et incontrôlées il pouvait plonger ses consommateurs. Soudainement, je me demande s’il s’agit là d’une manœuvre détournée de la part de Poppy, une façon discrète de me faire perdre le contrôle. N’était-ce pas ça, que les fêtards vantaient souvent à propos de leurs boissons ? La détente ? J’observe l’hydromel avec un air suspicieux, plus entièrement certain de vouloir m’y soumette.

« À notre passion. » Je lui rends son toast d’une voix distraite, accaparé par ce qu’elle avait bien pu vouloir dire, conscient de tous les non-dits et sous-entendus qui trainaient encore entre nous, sans réussir pourtant à les démêler. Sa présence contre mon épaule me paraît à nouveau un peu distante, un peu brumeuse. Mille questions traversaient mes pensées, tandis que je cherchais toujours comment, de ce premier cours en début d’année où elle m’était apparue comme l’une des étudiantes les plus douées et les plus imaginatives de mon cursus, nous en étions arrivé à ce moment, complice et tendre, si rares dans les vingt-huit années qui avaient précédé. Le regard perdu dans l’océan, sans me tourner vers elle, je m’adresse pourtant à elle indirectement, perplexe et amusé à la fois.  « Tu aurais pu trouver quelqu’un avec qui tout serait moins compliqué. » Je lâche un demi-rire, incapable de comprendre ce qu’elle a bien pu me trouver, ce qu’elle voit que nulle autre auparavant n’avait vu, quelle est la source, et la signification de son attirance. Machinalement, je lève le verre à mes lèvres et prends une gorgée généreuse, sans plus penser, déjà, à la nature de ce que je buvais. Le sucre et l’alcool me raclent la gorge âprement, me forçant à toussoter un peu, alors que je tente de garder contenance. Farouche, je jette un regard en biais au contenu de mon verre, à la couleur dorée de l’hydromel, pourtant si attirante, incapable de décider si je l’apprécie.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Ven 29 Sep - 16:31

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Heureuse de doucement retrouver son professeur habituel, plus détendu et léger, Poppy sourit en remplissant les deux verres. A la remarque de Keith sur l'alcool, elle se stoppe une petite seconde, imaginant comment devait être l'ingénieur une fois qu'il était ivre. Elle voyait un Keith bavard, curieux, qui se blesserait sûrement à vouloir manier des outils qui deviennent vite des armes entre des mains trop imbibées. Le songe continue dans un monde où, peut-être, Keith se libèrerait de ce qu'il s'impose lui-même, ce qui le bloque et le taraude, vraisemblablement. Où il serait plus libre et où son pragmatisme serait troqué pour un peu plus de spontanéité. Et pourtant, bien que le rêve soit beau et attirant, Poppy n'échangerait l'homme devant elle pour rien au monde, pas même une version soit-disant améliorée et plus approchable. C'était aussi sa distance, sa maladresse et tous ses autres traits que beaucoup pouvaient voir comme des défauts qui faisaient qu'elle l'appréciait, lui. Tout entier. « Hahaha... On va pas aller jusque là. C'est léger, l'hydromel, c'est pour ça que j'ai pris ça. Sucré, doux. Ca fait pas trop de mal. ».

Assise tout contre lui, Poppy sirote son verre. La première gorgée est aussi douce que la brise qui lui traverse les cheveux. Elle ferme doucement les yeux, profitant de la chaleur de l'épaule contre laquelle elle s'appuie. Dans sa famille, on savait apprécier l'alcool, et si ça ne tenait qu'à elle, Poppy aurait plutôt emmené une bouteille de bière, une brune. Mais tout le monde n'apprécie pas ce genre de goûts très marqués. L'hydromel, avec son sucre et son miel, était davantage passe-partout. Le diabète était parait-il assuré au cinquième verre, mais connaissant Keith et ses manies, elle avait éminemment plus de chance de plaire et réussir à lui faire passer un agréable moment avec cette boisson-là. Ou avec du thé, mais non, elle ne passerait pas l'après-midi de ses 20 ans à boire du thé. Il fallait tout de même un petit quelque chose pour marquer l'occasion, bien qu'elle ne serait pas révélée de si tôt. Poppy avait bien trop peur que, soudain frappé par la différence qui pourtant jamais n'avait dérangé ni l'un ni l'autre jusqu'ici, Keith se mette à fuir si on lui rappelait leur petite dizaine d'années d'écart. L'ignorance permettait un peu plus de répit dans cette relation déjà tumultueuse et délicate. L'âge resterait un détail à taire, principalement car au fond, il n'avait pas de réelle importance.

Cependant, cette pensée la perturbe. Et à sa deuxième gorgée, Poppy ne sourit plus. Pourtant l'océan, la brise, l'épaule de Keith... Tout est toujours aussi beau, comme une photographie volée au temps. C'est sa remarque, venue de nulle part, qui sort la petite blonde de ses tourments, uniquement pour lui en apporter de nouveaux, bien plus sérieux cette fois-ci. Poppy s'éloigne un peu du corps de son professeur et tourne la tête vers lui, prise à l'improviste dans cette nouvelle réflexion qui lui brise le cœur autant qu'elle pourrait le consolider. « Je... Oui... Sûrement. Mais, j'ai déjà fait, plus simple. Et tu vois bien, ça n'a pas mieux marché. Ce n'était pas pour moi, j'imagine. ». Pour la première fois, Poppy pense à Tomás non plus avec une nostalgie désagréable et trop pleine de sentiments, mais avec une certaine affection de son souvenir. Elle n'a pas envie de pleurer, ni de hurler à l'injustice. Elle se sent calme, apaisée. Oui, c'était simplement ça : Tomás n'était juste pas fait pour elle. Il n'y avait pas besoin d'autres explications, de regrets et de culpabilité. Elle n'avait pas pu lutter, n'est-ce pas ? « Je crois que je ne veux pas quelqu'un de simple, ou de compliqué. Je veux juste... ». Dans une lenteur pesante qui maintenait le suspens, Poppy abaisse la tête pour l'allonger sur ses deux genoux qu'elle a ramené près de sa poitrine et décale ses doigts frêles jusqu'à aller effleurer ceux de Keith. Elle ne pose pas sa main sur la sienne, ne la saisit pas, elle ne s'avance pas non plus pour l'enlacer. Elle veut juste le toucher, du bout du doigt, pour sentir l'électricité qui se transmet, le frisson d'une caresse subtile.

« Toi. C'est avec toi que j'ai envie d'être, de parler, de passer mon temps libre... En prenant aussi tout ce qui va avec, tes sentiments et tes valeurs. Tout. ». Elle ravale son doigt baladeur, puis relève ses yeux vers son professeur. Dans sa petite poitrine, son cœur bat la chamade, à la fois libre de s'être exprimé et terrifié de l'inconnu qui le surplombe. « Tu... Tu aurais préféré que je reste où j'étais...? Que je ne vienne pas chambouler tout ça, et rendre le tout... Compliqué, justement ? ». Poppy avait si peur d'entendre la réponse à cette question, même si elle était presque capable de comprendre qu'il puisse répondre positivement. Oui, elle avait été un poids, un imprévu, Keith pouvait parfaitement ne pas apprécier que tout ne se déroule pas comme il l'avait escompté, même si il ne lui avait jamais vraiment semblé du genre à planifier tout dans le moindre détail. Cependant, l'effort qu'elle faisait pour se mettre à sa place ne rendrait pas la réponse plus agréable, ni l'attente moins crispante. Alors pour se détendre, ne serait-ce qu'un peu, Poppy dépose son verre un peu plus loin, sur un endroit plus ou moins plat, et elle se laisse tomber sur le dos d'un coup sec. Ses épaules viennent heurter l'herbe tout juste meuble et moelleuse, bien que ses genoux soient restés repliés. Elle passe ses deux mains sur son front, comme pour apaiser le mal de crâne qui la prendrait sûrement un peu plus tard. Et alors que le soleil juste au-dessus d'eux l'éblouit, elle tend le bras vers lui et écarte la main, en laissant les interstices de ses doigts dessiner des rayons, se concentrant sur ces reflets brillants, se persuadant avec déni que la situation n'était pas si importante.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 11 Oct - 7:16

Léger. Comme le vent qui fait flotter ses mèches, le vent qui nous apporte l’odeur salée de la mer. Doux. Comme le toucher du cuivre poli, de l’ébène patiné que j’aime tant travailleur malgré leur froideur, l’impersonnalité dont on les taxe si souvent. Sucré. L’inexistence. Dans mon monde, rien n’était sucré, que ce soit au sens propre ou au sens métaphorique. Je me contente aisément de l’évident, du pragmatique et du réel, sans jamais chercher à les édulcorer. L’hydromel, qui m’attire pourtant par sa délicat couleur de miel doré, si loin des verts et des bleus exorbitants que j’ai pu apercevoir dans l’un ou l’autre bar. Je lève le verre devant mes yeux, y observe les reflets de la lumière, comme si la boisson était un nectar qui allait m’ouvrir la porte d’un autre monde.

Lentement, je l’approche de mes lèvres et laisse les premières gouttes rouler sur ma langue, la piquer de ce mélange doux-amer qu’est l’alcool mêlé au sucre. Tel un grand connaisseur de vin, que je ne suis pourtant pas, j’inspecte le ressenti, ce goût d’abord âpre qui s’adoucit ensuite, mes papilles qui semblent s’éveiller à la vie sous ce stimulus bien plus brutal que ce à quoi je les ai habituées. Je n’ai étrangement jamais trouvé de plaisir dans la consommation, que ce soit avec des douceurs ou des mets raffinés. J’ai goûté pourtant les pralines, les truffes et même le caviar malgré le dégoût prononcé que l’origine même de cette gourmandise m’inspirait. Aucun ne m’avait convaincu, et j’avais décidé, tout jeune déjà, de faire l’impasse sur les vins et whiskys pourtant si chers à mon père. Perdre la tête ne me disait rien, et bien que tous me maintenaient toujours que c’était là une marque de rang, l’héritage de notre famille et qu’il ne m’en coûterait rien de n’en boire qu’un doigt, je n’avais pas cédé. Malgré ce qu’ils disaient, je voyais leurs gestes moins précis, leurs attitudes délassées, les mots choisis avec plus de légèreté. Doucement, je repose l’hydromel. « C’est… sucré. » Je considère ma langue pâteuse, sans savoir si cela tient plus du sucre ou de l’alcool. « C’est intéressant. » Je m’attendais à une expérience plus brutale, plus désagréable aussi. Je souris à Poppy, pour la rassurer, m’encourager à continuer sans doute, aussi.

Je ne me détourne pas d’elle car déjà, elle embraye sur ses tentatives passées, un pan de sa vie dont elle n’a jamais parlé. Auquel je ne m’étais jamais intéressé, non plus, même si soudainement je me sens étrangement concerné. J’ai l’impression de devoir savoir par quoi elle est passée, quels sont ses échecs et ses besoins, pour pouvoir déterminer ce que je me dois d’être. Si je peux, aussi, lui offrir ce qu’elle espère. Ses mots font échos à mon propre ressenti, cette conviction de ne pas pouvoir se satisfaire de ce qui est simple, normal et attendu, de ce que veulent tous les autres. Machinalement, comme si le geste pouvait soutenir son flot de paroles, je porte une deuxième fois l’hydromel à mes lèvres pour en prendre une nouvelle gorgée. Je la trouve tout aussi âpre que la première, mais sans la surprise de la découverte cette fois, je me surprends à lui trouver quelque chose d’agréable.

Mes yeux se détournent naturellement pour observer ce doigt qui effleure ma main, et j’y trouve une certaine fascination, devant me forcer pour chercher son regard lorsqu’elle brise le silence. Elle a camouflé son visage cependant, alors je ne sais plus que regarder ; son visage tout de même, son attitude entière, ou simplement ce doigt que je devine encore à quelques millimètres de la ma peau. Je pèse ses mots, touché par l’acceptation dont elle me gratifie, plus totale et avec moins de retenue que ce dont ma propre famille est même capable. « Merci. » Je ne sais pas pourquoi, mais la réponse me semble appropriée. Après ce murmure, je me plonge encore une fois dans le silence, perturbé par sa question, par le sous-entendu brutal qui s’y trouvait. Par l’interrogation, encore, qui ne m’avait même jamais effleuré.

« Non, je ne pense pas que j’aurais préféré ça. » La réponse me surprend moi-même, sortie de son initiative propre, sans que j’aie pris le temps d’y réfléchir. Bien que je sois incapable d’en expliquer les raisons, elle m’avait semblé être une évidence. Je ne regrettais rien des moments que j’avais passé avec Poppy, même si je me serais sans doute aussi bien contenté de moins, d’une relation plus professionnelle, moins intense. « Tu sais, j’ai toujours été loin des gens. Je suis trop concentré sur mon travail, je le sais, mais c’est ce que j’aime. Peu sont capables de le comprendre. Depuis le temps, je vis avec cet état de fait, et il me convient. Je crois, cependant, que cela ne signifie pas forcément que je suis un solitaire. » Je me passe une main dans les cheveux, puis sur le visage et le menton, la respiration forte et travaillée, je me sens tourner à plein régime. « Mais je suis heureux que tu me sois arrivée. »

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Dim 22 Oct - 6:03

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Allongée dans l'herbe, devenue douce au toucher après y être restée quelques secondes irritantes, Poppy réalise lentement que l'alcool de l'hydromel commence à lui monter à la tête. Dans un petit corps comme le sien, l'effet est plus rapide que chez les autres, un simple verre peut commencer à lui faire tourner la tête bien qu'il en faudrait encore un ou deux pour que l'euphorie ne la prenne au cou et la transforme quelque peu vis-à-vis de son état habituel. Elle se souvient aussi les premières fois où les effets de l'alcool l'avait heurtés, où elle avait pris de trop grande quantité, inconsciente de ses propres limites, et où le lendemain son corps le lui avait fait payer. Ce jour où une amie de Poudlard lui avait fait goûter la bièraubeure et elle en avait ramené à son père qui s'était insurgé de l'extrême douceur du breuvage par rapport à une vraie ale Écossaise ou Irlandaise. Quand Keith goûtait l'hydromel, il avait ce regard qu'elle avait eu, celui mélangeant une certaine curiosité, un peu de dégoût lié au manque d'habitude, mais aussi une envie de continuer pour faire plaisir à l'autre. Poppy, elle, ne sentait plus l’astringence ou l'amertume de l'hydromel, seul le sucre et l'alcool faisaient s'élever ses papilles, et elle savait que c'était au troisième verre qu'elle commençait à ne plus être capable de suivre une ligne blanche. Elle avait donc encore un peu de temps, mais pour sûr, c'est déjà l'alcool qui la fait sourire si fort en réalisant les efforts de Keith : goûter l'hydromel, l'écouter, la remercier, lui répondre ses quelques phrases si importantes...

En cet instant, elle n'a pas besoin de plus pour se sentir légère mais surtout si rassurée. Naturellement, elle se relève quelque peu, en s'appuyant sur ses bras et saisit le verre de Keith en le regardant dans les yeux avec complicité et un peu de malice. Elle vient déposer délicatement le verre encore à moitié plein à côté du sien - qu'elle reprend au passage pour boire une gorgée, le finissant ainsi d'un coup sec. Lorsqu'elle se retourne vers son professeur démuni sans sa boisson, elle le regarde avec fermeté et douceur mélangées. Une partie d'elle voudrait lui proposer un petit quelque chose à manger, pour aider à absorber la boisson, mais son cœur lui la pousse à plutôt aller déposer sa main droite sur son épaule gauche, le poussant légèrement vers l'arrière pour qu'il vienne s'allonger là où elle était. A ses côtés. « Moi je le comprends, ne t'en fais pas. Je ne t'en voudrais jamais pour ça. Viens t'allonger avec moi... ».

Peut-être refuserait-il, se débattrait-il, mais Poppy comptait sur l'aide précieuse du cadre ambiant, si agréable et romantique, et de l'hydromel qui annihilerait sûrement quelque peu ses forces pour lutter, jugeant alors bon de simplement céder à la demande qui était loin d'être extraordinaire. La petite blonde rêvait à jouer le rôle de ces deux amants dans les films historiques qui passaient à la télévision, seuls au milieu du monde, qui se perdent l'un avec l'autre sans même réfléchir aux conséquences. Ils passeraient la fin de journée ainsi, sans un mot, tout juste bercés par le vent et les quelques caresses qui parcourraient leurs peaux si douces. Finalement Keith avait presque raison, ils n'avaient pas besoin d'un banal baiser pour sceller le plaisir de passer du temps ensemble. Du moins, pour la première fois depuis qu'ils étaient descendus de leurs vélos, Poppy n'avait plus eu envie de simplement attraper sauvagement les joues de Keith pour venir l'embrasser avec fougue. Rien de tout ça. Non. S'il venait bel et bien s'allonger avec elle, elle se tournerait vers lui pour mieux le voir. Elle passerait une main dans ses cheveux, puis le long de son cou. La jeune fille se rapprocherait aussi de son visage pour aller le caresser du bout de son petit nez, en fermant les yeux et en ne pensant à rien d'autre. Machinalement, et sans aucune arrière pensée, sa main glisserait de son cou jusque sur son torse, parcourant chaque bouton de sa chemise sans en défaire un seul. Et une fois arrivée à la fin, elle se dirigerait simplement vers sa main qu'elle saisirait, en murmurant quelque chose de tendre comme « J'aime vraiment beaucoup passer du temps avec toi. ».

Et ce serait tout. Rien d'autre. Allongée sur l'herbe toujours aussi douce, elle n'attendrait rien de plus qu'un long silence pendant lequel elle pourrait le regarder, le déchiffrer, sans qu'on ne la juge ou ne l'en empêche. Et pour vivre tout cela, il suffisait qu'il se laisse porter le long du sol, qu'il accepte la légère poussée qu'elle était en train de faire sur ses épaules et que Keith suive le son de la voix de Poppy qui, elle, était déjà étendue sur la terre, relâchant déjà chacun de ses muscles. En fond, on entend toujours un peu le bruit des vagues qui viennent s'éclater contre les rochers, elles semblent plus fortes qu'avant, sûrement car le vent lui aussi s'est levé. Le soleil éblouit toujours la plaine, mais au loin, on voit de gros nuages noirs doucement se rapprocher. Une averse, certainement, viendrait menacer la situation et son idéal, mais il y a encore du temps avant de s'en soucier réellement. Les yeux fermés, Poppy commence pour une raison inconnue à essayer de se souvenir de toutes ses situations où elle était seule avec Keith, dans leur petite bulle, où elle aurait pu - où elle aurait ? - le saisir plus fortement, lui faire comprendre les choses et ses sentiments... Elle se demande si tout cela aurait pu être différent, mieux, pire. En rouvrant les yeux, on peut y voir quelques regrets, principalement celui de s'être retenue trop longtemps au souvenir de son Tomás tandis que lui-même aurait voulu qu'elle s'épanouisse ailleurs, avec d'autres. Mais déjà, quand son regard se repose sur celui de Keith, tout ce mauvais sang disparait. Comme par magie.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 24 Fév - 13:20

Sans parvenir à dénouer ses intentions, je laisse Poppy s’emparer de mon verre et le déposer à l’écart. Durant quelques secondes, mon regard alterne lentement entre l’étudiante et nos verres, vacillants et incertains sur l’herbe, me demandant si j’ai encore une fois commis un impair dont je n’ai pas conscience. Rompu, peut-être, un traditionnel rituel de consommation de l’hydromel, ou encore, m’y suis adonné trop vite. Pour moi qui ne suis que bien pu familier avec la sensation d’être alcoolisé – et c’est un euphémisme – je me prends à me demander si je suis déjà saoul, bien que je n’ai pas l’impression d’avoir perdu la finesse de mes pensées. Alors, comme à l’accoutumée désormais, je laisse Poppy prendre le contrôle de mes actes et ne m’oppose pas au kidnapping de mon verre.

Je ne m’oppose pas plus à sa poussée, me réceptionnant seulement avec peu de grâce sur un coude, raidi par l’incertitude et l’envie, de lâcher complètement prise, de céder à la facilité et d’accepter la perte de contrôle. Sans dire un mot, les yeux fermés, mais le visage pourtant tourné vers l’étudiante, je la laisse une nouvelle fois entreprendre son exploration presque innocente, sans pouvoir m’empêcher de me rétracter un peu lorsque ses mains viennent glisser le long de mon torse. Tendu, mais étrangement pas mal à l’aise, j’ouvre enfin les yeux et m’empare de son regard, si proche, penche la tête légèrement sur le côté et ne peux retenir un sourire spontané et sans doute quelque peu ingénu lorsque son murmure vient combler l’espace qui nous séparait encore. Il était rare que quelqu’un apprécie ma compagnie pour ce qu’elle était vraiment, mais chacune de ces occurrences n’avaient été que des moments volés, de passage, des amitiés – si je pouvais les appeler ainsi – qui n’avaient duré que quelques semaines, au mieux quelques mois. Certaines s’étaient renouées, comme avec Nova, durant ses quelques passages à Atlantis, avant de s’évaporer une nouvelle fois, sans plus donner de nouvelles. Si je n’en souffrais généralement pas, je me souvenais, quand l’un de ces visages chers croisaient à nouveau mon chemin, à quel point la complicité m’avait manqué. Avec un peu d’étonnement, je me demande soudainement si ces pertes ne m’affectent pas plus que je voudrais le reconnaître.

Je laisse passer quelques secondes de silence, sans me détourner d’elle mais sans plus vraiment la voir, perdu dans la contemplation d’une zone de moi-même que j’aime à éviter. Poussiéreuse, peu visitée, oubliée. Malgré cela, l’importance des visages qui s’y trouvent, et des souvenirs qui leur sont liés me frappe de plein fouet et une sensation de vide s’empare peu à peu de moi. Je finis par baisser les yeux, soudainement mélancolique et au même moment, furieux contre moi-même de me laisser ainsi voguer dans mon propre passé, dans des moments dont Poppy ne sait rien. Je ne parviens pas, cependant à pousser ce « Moi aussi » à traverser mes lèvres, comme s’il était trop banal pour elle. Il sonnerait sans doute trop comme un réflexe, quelque chose que je dirais pour lever le malaise du moment, mais dont elle douterait probablement. Alors, en désespoir de cause, je me laisse finalement complètement choir dans l’herbe tout en nouant mes doigts aux siens, et j’attire ainsi sa main vers mon torse une nouvelle fois. « Tu es décidément une rencontre toute particulière, Poppy. » étant finalement les mots qui se décidèrent à briser le silence.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Dim 22 Avr - 13:14

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Le scénario était parfait. Pas un faux pas ni une ombre venaient s'immiscer. Le grand metteur en scène de tout ça, cet espèce de destin et de chance qui se mélangent, suivait le moindre des détails que Poppy avait espéré, lui offrant même parfois encore plus. Comme ces doigts qui s'entremêlent, et cette phrase qui résonne, un compliment qu'elle accepte avec la joie de la surprise et de l'inattendu. Poppy sourit, d'ailleurs, retranchant la tête entre ses deux petites épaules, touchée par ce que les mots de Keith peuvent sous-entendre. Face à quelqu'un comme lui, être une rencontre particulière était ce qu'elle pouvait espérer de mieux, tant elle savait que le banal le dégoûtait. Alors lorsqu'elle relève les yeux vers lui, heureuse, ses joues rouges blanchissent doucement et son souffle se calme. Il ne lui faudrait rien de plus pour le moment si ce n'est de garder ses doigts sur le torse de son mentor encore quelques minutes.

Et elles paraissent éternelles, ces minutes. Elles le sont un peu, sûrement, car ils restent ainsi un bon moment. Le vent vient chatouiller les mollets meurtris de Poppy, qui ne lui font déjà plus mal ; mais c'est une grosse bourrasque qui vient faire tomber un vélo au loin qui la sort de cette semi-sieste si agréable. Un peu brusquement, surprise, l'étudiante se relève sur son bras, en appui. Il ne lui faut pas longtemps pour réaliser que le vent va continuer de souffler toujours plus, et que la nuit est en train de frayer son chemin pour venir faire disparaître le soleil. « On va peut-être rentrer... Il commence à être tard. ». A présent assise, Poppy ramasse les verres sales et la bouteille pour les remettre dans son sac. D'une main, et avant de faire glisser la fermeture éclair pour le refermer, elle prend un des petits gâteaux au citron préparé par sa mère et en croque une moitié puis tend l'autre moitié à Keith.  « Tiens. Lève-toi ! ». Une fois debout, elle regarde une dernière fois vers l'horizon, pour graver ce souvenir une dernière fois, puis repose ses yeux sur Keith. C'est si doux de se sentir comblée. Entière. Il est exactement ce dont elle avait besoin. Ce qu'elle attendait. La personne qui saurait la faire sourire, avancer et mûrir.

En se dirigeant vers les vélos, son sac bien serré sur ses épaules, la jeune ingénieure n'a plus toutes les préoccupation et les questions qu'elle avait avant. Le joli petit oiseau sur son guidon est la preuve que cette journée a été un délice, elle n'a plus besoin d'imaginer le pire. Le seul souci qui perdure encore un peu est celui de vouloir avancer dans le temps, voir comment cette relation va évoluer. Elle va devoir apprendre à mieux gérer son impatience.  « Tu me raccompagnes à ma résidence, ou tu couperas à droite au grand carrefour poche du Zoo, vers les salines ? ». Le vent leur souffle dans le dos, pour le retour, ce qui les aidera sûrement un peu plutôt que ne les handicape. A califourchon sur son vélo, Poppy attend que Keith ne la rejoigne, attachant ses cheveux en une couette un peu haute pour qu'ils ne viennent pas trop dans son visage. Le délicat chant du petit oiseau résonne dans l'air quand, entre humour pour presser Keith et besoin de l'écouter encore et encore, Poppy fait retentir la sonnette qu'elle avait reçu un peu plus tôt. Elle rigole et murmure dans sa barbe à elle même, ne se remettant toujours pas de la perfection que ce cadeau a à ses yeux.

Bientôt, ils repartiraient, en faisant une course sur quelques mètres avant que Poppy ne se souvienne que Keith fait déjà un immense effort pour rouler avec elle plutôt que transplaner. Ils discuteraient un peu, ou resteraient silencieux à savourer les heures passées ensemble. Et une fois aux portes d'Atlantis, Poppy croiserait les doigts pour que Keith la ramène au pied de sa porte, derrière laquelle elle disparaîtrait doucement après un baiser de bonne nuit déposé sur la joue de son professeur. Puis même si elle espérait toujours que ses lèvres glissent sur les siennes, elle resterait heureuse et passerait sûrement une des nuits les plus agitée de ces derniers mois, incapable de trouver le sommeil à force de trop penser à lui, d'écouter son propre cœur battre la chamade et de déjà espérer le croiser demain, au détour d'un couloir.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mar 15 Mai - 17:01

Le moment a été trop court. Je le réalise seulement, trop tard, quand j’ai enfin décidé de m’y adonner complètement, que mes yeux se ferment doucement, bercés par la caresse sur ma main, le silence, l’apaisement et l’immobilité que j’arrive pour une fois, enfin, à goûter. C’est une frustration mêlée de déception qui alors m’étreint quand Poppy se dégage de notre étreinte, le regard alerté par le vent qui se lève et que je n’avais même pas remarqué. Elle a raison de se hâter, même un distrait tel que moi ne peut plus nier les nuages qui assombrissent le ciel et ce soleil écossais qui soudainement ne nous réchauffe plus. Je frissonne, comme si l’idée de la tempête à venir suffisait à me glacer avant même que la pluie ne tombe. Pourtant, il faut l’ordre de l’étudiante et l’appât d’un gâteau au citron – deviendrais-je gourmand ? Mais de quoi ? – pour retrouver le contrôle de mes jambes et parvenir à m’arracher à l’herbe tendre.

Je croque le biscuit avec distraction, plus léger et détendu que je ne l’ai été depuis notre départ d’Atlantis et nos premières mésaventures. La perspective de reprendre le vélo ne m’enchante que peu, malgré la réjouissance que cela a procuré à Poppy, motivation qui se révèle bien plus convaincante que je ne l’aurais cru de prime abord. Le vent et la pluie qui nous menacent jouant probablement un rôle non négligeable dans mon problème. Pourtant, c’est sans le moindre doute ni le moindre délai que l’affirmation surgit. « Je te raccompagne, bien sur. » La question me semblait ne même pas se poser, bien que je ne l’aie jamais fait pour aucune de nos rencontres passées. Le chemin de mon propre appartement, ou de l’université vers les résidences ne m’avaient sans doute jamais paru dangereux. « On ne sait jamais. » Cette phrase me surprit moi-même, tant je me sentais en peine de l’expliquer si Poppy s’aventurait à m’en demander une justification. Je souris alors simplement et redresse le vélo comme si je n’étais pas plus désarçonné par mes propres mots que par la descente qui nous attendait, et ne me rassurait pas plus que la montée.

Et le retour vers Atlantis se passera avec moins d’encombres, mais pas plus de confort. Je ne garderai pas un souvenir sans tâche de cette escapade, pourtant, même si l’aller m’avait déjà convaincu que je ne monterai plus sur un vélo de mon plein gré, je sais au fond de moi qu’à la demande de Poppy, une telle balade pourrait tout à fait se reproduire. Dans le silence de mes pensées confuses, je l’accompagnerai jusqu’à sa porte sans même faire de commentaire sur l’absence de grâce des bâtiments universitaires et je me contenterai de laisser glisser le dos de ma main sur sa joue, pour une fraction de seconde, après que ses lèvres aient effleuré la mienne. Je transplanerai ensuite, arrivant dans mon entrepôt à Londres sans pouvoir m’expliquer pourquoi, et me perdrai dans ce que je fais de mieux et porté par une inspiration nouvelle : Créer.

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