Do you suppose she is a Wildflower? | Keith
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MessageSujet: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Jeu 24 Aoû - 9:37

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Arrêtée en haut de la petite côte, Poppy venait de poser le pied par terre. Les cheveux dans le vent qui venait, humide et lourd, elle remettait une mèche accrochée à ses lèvres derrière ses cheveux en attendant que Keith ne la rejoigne. En ce début d'après-midi où ni l'un ni l'autre n'avait cours, elle lui avait enfin appris les rudiments du vélo : comment tenir, ne pas tomber, pédaler, maîtriser sa vitesse. Elle avait tenu le cadre du vélo pour le guider, comme on le fait avec les enfants. Mais Keith est un homme, un grand garçon, il avait vite pris le pli, du moins c'était l'impression que Poppy avait eu en constatant qu'il arrivait à avancer sans trop tomber. L'important, était de ne pas sous-estimer ses pieds et de les poser rapidement à terre lorsque l'on se sentait vaciller. Et justement, plus Poppy passait du temps accompagné de son professeur, plus elle se sentait vaciller. Au départ, elle ne comprenait naïvement pas pourquoi. Juste la fascination pour ce génie sous-estimé, sûrement. Le plaisir de partager une passion avec quelqu'un qui la comprend. Mais Poppy n'était pas stupide, et même si elle ne le réalisait vraiment que 8 bons mois après la rentrée scolaire, elle voyait bien que Keith lui plaisait.

C'était simple avec lui, ils avaient de suite eu cette relation bizarre, inhabituelle mais pourtant si évidente. Une facilité déconcertante pour beaucoup, où il n'y a aucun jugement et plus de hiérarchie. Toute sa vie, Poppy avait été comparée : plus petite que les autres, pas de sang assez pur, trop hyperactive, jamais comme il fallait. Avec Keith, elle était juste elle, sans fioriture ni contournement, il ne voulait pas la changer, la modeler comme l'un de ses matériaux pour rechercher la perfection. Plus que rassurant, c'était reposant d'être avec lui. Et si agréable.
Mais pourtant, elle sentait aussi cette gêne, une hésitation qui la faisait frissonner. Comme si elle faisait une erreur en se laissant bercer par la maladresse touchante du jeune professeur. Ca ne l'empêchait pas de le voir, de continuer de se retrouver quelques soirs pour construire de nouvelles machines incroyables, de parler des heures sur la résistance de matériaux ou la pertinence d'un sort sur un autre ; mais ça la faisait douter, d'elle et de lui, de la situation, de ses intentions sachant pertinemment qu'il était tant perdu dans son monde que lui n'avait sûrement pas même remarqué la façon dont elle coiffait ses cheveux ou pinçait ses lèvres en le voyant au bout d'un couloir.

Alors sans envie autre que partager un moment complice où, pour une fois, les moldus et leurr modes de vie seraient mis à l'honneur, ils s'étaient retrouvés en bordure de la ville. Poppy s'était débrouillée pour avoir deux vélos opérationnels : le sien, évidemment, et un qu'elle avait emprunté à un étudiant de son bâtiment. Keith ne devait que la rejoindre et amener le cadeau qu'il lui avait promis pour fêter Noël avec un certain retard. Mais ça tombait bien, aujourd'hui, c'était l'anniversaire de Poppy, bien qu'elle s'était fait un malin plaisir de le garder pour elle. Gagner une année n'était pas quelque chose qu'elle appréciait vraiment, même si 20 ans, ce n'est pas tous les jours qu'on le fête. Ce soir, elle dînait chez ses parents, avec sa sœur. Elle avait donc son après-midi entière pour se faire plaisir et avait tout de même prévu de passer une belle journée et pour cela, elle voulait aller voir la mer, se rapprocher des plaines, des landes, s'asseoir entre deux buissons et ouvrir une bonne bouteille d'hydromel après avoir fait une jolie balade en profitant des brises légères du début de l'été.

En se retournant vers lui, toujours sur sa petite bute orientée vers le soleil, Poppy sourit. En dessous, on dirait que Keith tente de lutter contre la petite montée du chemin qui les guidait plein Ouest. « Allez ! Courage, on est plus très loin. Tu vas adorer, promis. Juste quelques coups de pédales et on y est. ». Elle lui avait promis de lui apprendre à faire du vélo depuis le début de l'année déjà, ils avaient attendu, mais elle tenait enfin ses promesses. Et quoi de mieux pour cela que de rejoindre les plaines de l’île ? Certains chemins n'étaient que poussière, mais la plupart étaient goudronnés et surtout particulièrement agréables quand le temps était aussi doux qu'en ce moment. « A-llez, a-llez ! ». Poppy commençait à se dandiner telle une pom-pom girl pour soutenir psychologiquement son professeur à s’immiscer dans ces nouvelles expériences moldues. Ça la faisait rire, assister à cet excès de magie qui le rendait presque handicapé de découvrir la simplicité de la vie courante. Toujours à vouloir faire compliqué quand on peut faire si simple. « Tu vas enfin pouvoir me le donner, cet oiseau. Au retour je klaxonnerai comme une folle ! Pense à ça, pense un peu au BONHEUR de me faire plaisir, hein ! ». Ponctuée de quelques rires, sa phrase dégoulinante d'égoïsme était évidemment une petite blague, pourtant criante de vérité. Elle avait si hâte de découvrir l'objet fini. Son cadeau parfait.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Jeu 24 Aoû - 15:35

Debout devant la garde-robe largement ouverte, les bras croisés, j’observe mon reflet frustré dans le miroir. Intimité rarement observée, elle en aurait sans doute étonné plus d’un ; les chemises soigneusement repassées – magiquement, cela va sans dire – côtoyait les pantalons finement coupés, parfaitement pendus sur leurs cintres, au dessus de mes deux paires de chaussures et de la boîte, fermée, où étaient rangés les gants d’hiver. Je n’utilisais pas de sortilège de rangement, même si c’était ce qu’un observateur peu averti aurait pu croire, car, je devais bien le reconnaître, mon salon était un assemblement de bric-à-brac désordonné et passablement chaotique. Cependant, au contraire des chemises, les plaques de bronze ne plissaient pas. Ou pas aussi facilement.

Je ne porte que des vêtements hors de prix, mais j’achète peu. J’aime les matières nobles, bien coupées, parfaitement ajustées. Le concept de magasin de prêt-à-porter n’existe pas dans mon monde – je le refoule – et je n’ai jamais été trahi par mon approche du monde. À Detroit, je détonnais, certes, mais rien n’a jamais été inapproprié. Là, j’observe ma tringle comme si elle venait de m’adresser la pire insulte qui me soit jamais parvenue aux oreilles. Qu’est ce qu’on met pour une promenade en vélo ? Ma seule certitude était le pendentif de quartz fumé que j’avais déjà ajouté par dessus la chaîne dont je ne me détachais jamais, celle du clan Campbell. Je jette un œil à ma montre, réalisant qu’il est tard déjà, trop presque. Avec un soupir, je choisis une chemise blanche et un chinos bleu acier. Sans doute ce que je possède de plus décontracté. Le temps d’une seconde, alors que je considère la nécessité d’emporter ma baguette pour cette sortie typiquement moldue, je me demande ce qui m’a poussé à faire une telle promesse.

Une heure plus tard, la réponse à cette interrogation étrange ne m’est toujours pas apparue. Les manches de chemise remontée, le souffle court, je m’échine à atteindre le sommet de cette colline sans penser au tableau ridicule que je dois représenter. Le début de l’apprentissage avait été une délicate entreprise bordée de rires, et que j’avais au final plutôt apprécié. Je m’étais retrouvé plongé dans des souvenirs de jeune adolescent face à un balai, à la seule exception que le vélo, lui, n’était pas doué d’une volonté propre. Il suffisait de le manier, comme un fer à souder ou une pince particulièrement fine. Comprendre son mécanisme, ses particularités et son équilibre, des concepts qui m’étaient familiers. Je m’étais attelé à ma tâche comme un élève volontaire : après tout, c’était un défi technique, qui demandait plus de finesse que de force brute. N’étais-je pas un Serdaigle ?

J’ai bien du mal à concevoir ce que les moldus peuvent trouver de si agréable à un moyen de locomotion si péniblement compliqué à apporter en haut d’une colline. Comme si le vélo faisait du Keith, au lieu que ce soit moi qui fasse du vélo. Sous les encouragements de Poppy, que je vois comme si elle était à l’autre bout de la ville, je tente de faire bonne figure, de me prendre à sa joie car je sais à quel point cette sortie lui tenait à coeur. Cinq mois déjà que je la lui avais promise, et j’étais un homme de parole. Une de mes rares qualités véritablement saluée par mes pairs, souvent pourtant noyée parmi les nombreux défauts d’inadéquation qu’on me trouvait. Sauf pour Poppy. Elle qui me poussait constamment dans mes retranchements pour mieux m’y rejoindre ensuite, avec un froncement de sourcils rapidement chassé par un sourire. Comme si tout ce qui choquait les autres n’était, pour elle, que trop naturel. Et je me prenais à tenter de faire des efforts. Le bonheur de lui faire plaisir, oui. Quelque chose comme ça.

Au sommet de la colline, je réclame une pause, haletant. « Je dois ... reconnaître que l’objet en lui-même à … une certaine forme d’ingéniosité. Surtout … vu l’âge de … l’invention. » J’affiche enfin un sourire. J’ai fait mes recherches sur le vélo, son histoire, son fonctionnement. Je ne m’y étais jamais intéressé, comme à la plupart des innovations moldues qui ne faisaient pour moi que partie d’un paysage sombre et flou, mais la conception n’était pas si étrangère à celle d’un automate. « Mais trop fatigant, pour gagner mon affection. Et c’est compliqué d’observer le monde quand on doit faire attention à … tout ça. » D’un geste ample, je désigne pédale, guidon et vitesses sans me retenir d’y ajouter une once de théâtralité. « Quand au cadeau... » Je choisis mes mots, soudainement plus sérieux. « Il lui faut un paysage qui lui est digne. Et celui-ci ne l’est pas. » Par delà les landes, Atlantis et son chahut nous parvenait toujours par intermittence et les Faubourgs se dessinaient encore, tous proches. Je n’offrais pas de cadeaux n’importe où. Normalement, je n’en offrais pas du tout. Je pose une main sur son épaule alors que je tente de manœuvrer mon véhicule pour le remettre face au chemin. « Continuons » et avec la férocité de l’artisan qui pour la quatorzième fois recommence une soudure périlleuse mais à laquelle il ne voulait pas renoncer, j’actionne les pédales.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Ven 1 Sep - 6:04

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Il y a quelque chose de plaisant dans cette situation. Outre l'affection portée à Keith et à sa simple présence, Poppy apprécie que les rôles soient enfin inversés et que pour une fois, c'est au tour de l'élève de torturer le professeur vis-à-vis d'un problème concret. L'adrénaline de la situation la rend toute chose, avec ce sourire placardé sur son visage, et elle prend plaisir à le voir continuer de persévérer, sans baisser les bras, pour la rejoindre enfin sur la petite bute. Quand il s’apprête à arriver auprès d'elle, Poppy prend quelques secondes pour déposer son vélo à terre, juste à côté d'elle, et faire une Ola de félicitations à Keith. « Eh bah voilààà ! Bravoooo ! ». Son rire éclate dans les airs pendant un instant quand elle le regarde, essoufflé mais souriant lui aussi. Machinalement, quand le vélo de son professeur est enfin à son niveau, Poppy accompagne ses quelques mots du réflexe affectueux  d'attraper le guidon pour l'empêcher de tomber. « Oui, oui tu as raison. Mais tu sais, ça devient instinctif, on ne réfléchit plus aux mécanismes et aux pédales quand on est lancé, et on peut enfin apprécier le paysage ! Un peu comme toi avec les enchantements que tu utilises. Tu dois savoir à la perfection les mots à prononcer, les gestes à faire... ». De sa main libre, elle mime ses phrases, la tête penchée et perdue dans ses rêveries. Poppy fait mine d'attraper une baguette invisible et fait danser ses doigts de droite à gauche, et de haut en bas. Entre les courbes et les traits, sa main voltige et se perd dans les airs, jusqu'à ce qu'elle s'arrête nette.

« Moi, il me faut du temps pour tout ça. ». Et, violemment, la relation de l'apprenti et du professeur redevient comme avant. Dans ce domaine, le maître est de nouveau le maître, et l'élève est l'élève. La hiérarchie dérangeante reprend sa place, bercée par les habitudes conventionnelles de chacun. Mais heureusement, ni Keith ni Poppy ne sont des experts dans les us et coutumes. Ils dénotent avec leurs envies et bizarreries, si différentes, mais qui sont ce qui les rapproche tant. Car ni l'un ni l'autre ne s'attardent à conserver cette relation de supériorité tant marquée. Bien vite, ils retrouvent leur confort à eux deux. Seuls contre le monde. Poppy ramasse alors son vélo laissé sur le bas côté et l'enfourche, prête à repartir, quand Keith se met à parler du cadeau attendu. « Oh, oui, ici c'est nul. Non, c'est là-bas qu'on va. ». La jeune fille se penche vers Keith, tendant son bras en direction du bout de plaine qu'elle regarde avec envie. On devait sûrement voir la mer de là-bas, entre quelques buissons et arbustes qui offraient assez d'ombre pour que s'y reposer soit des plus agréables. Ce n'est qu'après coup que Poppy réalisa la proximité qui la liait à Keith. Pour qu'il voit bien la zone qu'elle montrait du doigt, elle s'était appuyée sur une jambe uniquement, trébuchant presque, et adossant son torse à l'épaule de son professeur. A cause de sa petite taille, la respiration de la petite blonde venait directement se loger dans le cou de l'ingénieur, ce qui ne manquerait sûrement pas de le faire sursauter. Quand elle le compris vraiment, que ce rapprochement dérangeant ferait des siennes, elle se recula bien vite, les joues rougies, en espérant qu'elle n’empiétait pas trop sur l'espace vital à ne pas dépasser.

Le temps de remettre ses mèches derrière ses oreilles, quelque peu honteuse, Keith avait déjà repris sa course dans la descente. Elle jura dans sa barbe en levant les yeux au ciel, puis se lança à sa suite dans la descente qui s'offrait devant eux. « Attends ! Je passe devant ! ». Elle le lui proposait pour le guider à destination, premièrement, mais aussi pour une fois encore retourner cette hiérarchie qu'elle détestait tant. C'était à elle de prendre la tête du cortège, de l'emmener où elle le voulait et qu'il la suive sans broncher. Et puis, s'il y avait un obstacle, il était mieux que Poppy soit la première à y faire face plutôt qu'un débutant en la matière. Quel altruisme. Elle fit quelques coups de pédales vifs pour le rattraper et au moment de lui passer devant, elle senti son corps se redresser machinalement, avec fierté. Les fesses ressorties en arrière, elle avait la rapidité d'une fusée à réaction et la grâce d'une patineuse artistique pour guider Keith. Enchantée de sa balade jusque ici, ils se rapprochaient doucement de la petite plaine. Poppy tourna la tête pour voir comment Keith la suivait, et au même moment, elle ne réalisa pas que sa roue allait heurter une pierre qui dépassait du sol, assez pointue pour la déséquilibrer. Involontairement, l'étudiante vit sa course déviée hors du chemin, la poussant dans des hautes herbes. « Aaaaah ! Attentioooon ! ». Comme si c'était Keith, maintenant, qui avait besoin de faire attention. Elle ne sait pas trop comment, mais elle réussit à lever sa jambe droite assez haut pour passer par dessus le vélo, et retomber sur la terre ferme tandis que la machine de fer alla finir son chemin plus bas. « Aïe ! Wow... ». Rien de cassé, le vélo semblait en vie également, mais les jambes de Poppy, qui avait eu la bonne idée de mettre un short, étaient couvertes de griffures et autres piqûres désagréables. Elle venait de traverser des ronces, pleines de mûres. Au moins, ils auraient de quoi grignoter.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Ven 1 Sep - 10:43

Je m’interromps le temps de considérer sa réflexion. Au fil de ses paroles, je hoche la tête, suis du regard l’imitation de ses mouvements qui m’attire même un sourire. Je ne peux que me résoudre à lui donner raison, en baissant le regard comme si je m’inclinais devant une logique imparable. J’aurais presque pu tenir une telle tirade à un étudiant récalcitrant, et en réalité, j’étais même presque sur d’avoir déjà soutenu ces arguments devant un marchand sur le Chemin de Traverse. Quelqu’un qui tentait de me convaincre de travailler en série, de répliquer mes œuvres avant d’en vendre plus. Qui ne comprenait pas l’intérêt d’automates uniques. « Tu as sans doute raison, oui. Peut-être que je changerais d’avis avec la pratique. » Sans trop en prendre conscience, je me retrouve à admettre qu’il n’est pas impossible que je réitère l’expérience. Maintenant que nous sommes immobiles, je dois admettre que l’étrange moyen de transport m’a emmené plus loin dans Manadh que je n’ai jamais osé le faire à pieds. L’étendue sauvage et inexplorée qui s’offfre sous nos pieds a une aura attirante. Inexpliquée.

Je ne réalise pas immédiatement que le courant d’air qui me chatouille la gorge est, en réalité, Poppy. Il me faut baisser la tête vers elle pour m’en rendre compte, quand, emmenée par son élan, elle prend appui contre mon torse, les yeux perdus dans l’immensité de la lande, désignant un point indéfini dans la plaine. Au fil des semaines, j’ai du m’habituer à sa tendance à poser une main sur mon épaule, contre ma poitrine, au fil de ses pensées. Peu à peu, je parviens à ne plus trop me crisper et à m’accommoder de sa présence dans mon espace personnel. « Là ? D’accord, ça me semble bien aussi. » Je n’avais pas la moindre idée de l’endroit qu’elle avait bien pu désigner, mais était-ce seulement important ? Elle avait su me prouver au fil des semaines à l’université qu’elle avait l’oeil. Elle voyait la beauté et la délicatesse comme je la voyais, lisait l’élégance dans les matières, reconnaissait dans le monde les qualités qui m’étaient chères. J’ai confiance.

Décidé à atteindre cet Éden promis, je me relance avec détermination, à un rythme mesuré cependant. Les mains serrées sur les freins, le regard obnubilé par le bas de la pente, je vois à peine Poppy me dépasser à toute vitesse. Ou était-ce une vitesse standard ? Tout me semblait flou. Et elle disparaît. Le temps de tourner la tête, le ciel s’invite dans mon champ de vision, la terre durcie se jette sur mes épaules, la poussière se rue dans mes poumons.

Tiens, d’ici on ne voit plus de nuages.

Je repousse le cadre du vélo avec toute la distinction qu’il me reste, légèrement confus par ce qui vient de m’arriver. Je me passe une main sur le visage et fait rouler ma nuque, agite mes doigts devant mes yeux et constate avec soulagement qu’ils sont tous toujours présents et que la douleur lancinante qui commence à s’éveiller prend son origine aux alentours de mon genou gauche. Lentement, mesurément, je me redresse. « Poppy ? » Sur ma gauche, j’entends un gémissement. Alarmé, je me lève comme je peux, trébuche sur le vélo qui se trouvait encore sur mes pieds, manque de tomber à nouveau avant d’atteindre finalement le bord du chemin. « Tu vas bien ? » Aurais-je voulu être rassurant que je n’aurais pas pu l’être. Ainsi entremêlée dans les ronces, le sang sur ses jambes, elle me rappelle une vision depuis longtemps laissée derrière moi. Un frisson me parcourt l’échine, que je ne peux qualifier de glacé ou de quoi que ce soit d’autre. Devant sa silhouette ainsi mal composée, je sens mon cœur battre plus fort, violemment même. Je me sens engourdi, inquiet et furieux contre moi-même alors que je tâte mes manches et poches à la recherche de ma baguette avant de me remémorer que par égard pour elle, j’avais décidé de la laisser chez moi.

« Ne bouge surtout pas. » Le ton est plus dur que je ne l’aurais souhaité, tandis que j’observe la nature autour de moi, inconnue et soudainement, si hostile, à la recherche d’une solution. « Abruti que je suis, j’ai laissé ma baguette chez moi ! » Je pose à nouveau sur elle un regard peiné, où se mêlent autant panique et colère. Finalement, sans autre ressource devant une vision que je ne peux plus soutenir, je m’engage dans le bas-côté, fermement décidé – pour une fois – à improviser.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 2 Sep - 4:22

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

La maladresse de Poppy l'avait emmenée à l'hôpital moldu plus d'une fois. Elle avait eu de grosses entorses aux chevilles. Les deux. Un bras cassé. Une luxation de l'épaule. Des hématomes et des bosses qui ne se comptaient plus. Elle était même allée sous anesthésie générale une fois, sa mère à son chevet avait beaucoup pleuré, pour se faire enlever l'appendice. La cicatrice sur son ventre l'amuse toujours beaucoup, elle ressemble à un petit sourire discret et timide. Elle était habituée à faire face à des situations "de crise", et puis Papa n'était jamais bien loin avec ses conseils avisés d'infirmier. Mais là, Papa n'est pas aux alentours et Poppy ne peut se reposer que sur Keith qui au loin, commence déjà à avoir l'air paniqué. Elle lève ses deux mains à mi-hauteur, comme pour signaler au maître du temps, tout là haut, de faire une pause : elle doit réfléchir. En regardant ses jambes, elle réalise que la situation n'est pas si dramatique, il y a plus de peur que de mal. On peut y voir deux ou trois grosses griffures transperçant la peau duveteuse jusqu'au sang, mais le reste ce ne sont que des petites marques. Des traits blancs qui ne laisseront pas de traces, comme si un chat était venu taquiner ses gambettes. « Ca va ! Oui, c'est bon, t'inquiète pas... Et toi ? Ca v-. Je... Rhaaaa... Tu vas bien ? Tu es tombé, non ? ».

Elle se secoue dans tous les sens, cherchant une porte de sortie, une ouverture, un petit quelque chose. Le vélo n'est pas bien loin, à terre et quelque peu éventré, mais aller le récupérer causera encore plus de mal. Non, elle doit rejoindre Keith qui s'affole et semble même s'énerver. En le regardant tandis que le torrent de ronces les sépare, elle réalise que c'est la première fois qu'elle le voit comme ça. Hors de ses gonds. Jamais Poppy n'aurait pensé qu'il puisse être si protecteur ni même donner l'impression de ne plus maîtriser une situation. Touchée par sa réaction, elle décide donc que c'est à elle de le rejoindre, le mal était déjà fait, elle ne risquait plus grand chose. « Non non, regarde c'est bon, tout va bien ! Je vais juste... Aïe !... Pas aller par là. ». Les ronces sont partout, impossible de faire un pas sans se faire de nouveau dévorer les mollets. Il faudrait voler, ou brûler tout ça, mais prise dans l'adrénaline, Poppy en oublie qu'elle porte son sac à dos, toujours intact, rempli de merveilles. Elle n'entend pas Keith râler de ne pas avoir sa baguette - ce qui lui aurait mis la puce à l'oreille pour sortir la sienne de la petite poche de son sac - mais elle le voit bien commencer à avancer, sans réfléchir. La réponse de la petite blonde est immédiate. « NON ! ». On jurerait presque entendre des corbeaux s'envoler au loin, comme dans les films après qu'un coup de feu ne soit tiré. Poppy avait levé les bras vers Keith et s'était avancée, les jambes droit dans les ronces, sans pour autant sentir une seule épine lui traverser l'épiderme.

« Mais t'es fou ?! Reste en dehors des ronces, tu vas te faire mal ! Je. ». Je ne veux pas que tu aies mal. « Tu vas te faire mal... ». C'est à ce moment là que ça l'a frappé. Les battements de son cœur se faisaient de plus en plus violents, et elle aurait sauté la tête la première au milieu des épines si cela avait empêché Keith de faire un pas de plus. Elle qui était pourtant si craintive, toujours à chercher la fuite de peur de s'écorcher. Poppy reprend ses esprits après s'être plongée une demie-seconde dans ses pensées, et se découvre un courage qu'elle pensait éteint depuis longtemps. « Non, on va trouver une solution. Tiens, attrape ça, et après donne-moi ta main. ». Sans penser à l'ouvrir, elle retire son sac à dos et le lance à Keith. Puis, doucement, elle retire la chemise de jean qu'elle porte, bouton après bouton, pour finir en maillot de corps à fleurs, serti de quelques dentelles. Un peu honteuse, elle commence à repousser les ronces en marchant sur les plus grosses tiges, aidée par ses mains protégées de la chemise, qui risquerait fort d'y passer. Petit à petit, un chemin commence à se dessiner derrière elle, et Poppy se rapproche de plus en plus de Keith, sur qui elle finit par s'étaler de tout son long, comme enfin sauvée du méchant dragon.

Elle lui agrippe d'abord le bras, puis le dos, la nuque, un bout de chemise. Tout ce qui passe sous ses mains. Et elle se retrouve là, dans cette étreinte quelque peu forcée, à enfin pouvoir respirer sans qu'une feuille ne vienne se coincer dans sa chaussure. Elle ne se soucie plus vraiment de savoir si elle empiète sur l'espace vital du professeur, elle est en plein dedans, un point c'est tout. Et elle ne le quitterait pas, pas maintenant. « Je suis désolée... Je me sens tellement stupide. Tout ça à cause d'un caillou ! ». Elle finit par s'écarter, regarde ses jambes, ses vêtements tâchés de noir, puis voit son sac à terre, qui s'est quelque peu ouvert. « Mais quelle débile... ». Elle se précipite la main dans son sac, sort sa baguette. « Elle était là... ». Locomotor. Et le vélo arrive et se dépose pas loin, dans le chemin, tandis que Poppy tombe à terre, sur les fesses, avant de s'allonger de tout son long. « Aaaaaaah. Sinon, on peut continuer à pied, en poussant le vélo, non ? ». Elle souffle un grand coup puis expulse un rire nerveux qu'elle ne peut pas contrôler. La terre ferme donne une impression si tendre, et le soleil commence à lui chauffer agréablement la poitrine. Elle pourrait rester ici, allongée dans la poussière encore quelques minutes, pour se remettre de ses émotions. Elle ne sent même plus ses blessures aux jambes. Le calme est revenu. Son maillot en tissu tout léger laisse même dépasser le sourire timide en bas de son ventre.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Sam 2 Sep - 5:39

Je me sens si stupide, ainsi posé à l’entrée du buisson de ronces, dont quelques épines se sont déjà emmêlées à mon pantalon, sans que je ne daigne leur offrir la moindre attention. La situation m’enveloppe et me dépasse, d’agacement, mes jointures deviennent blanches et commencent à me lancer. À elles non plus, je ne prends pas garde, le regard rivé sur Poppy en bien malencontreuse position et les gouttes de sang vermeil qui, délicatement, presque artistiquement couvrent sa peau d’arabesques élégantes et terrifiantes. « Non, peut-être. Ce n’est pas le problème. » J’avais déjà oublié ma propre chute, malgré sa rudesse particulière pour un adulte de mon calibre : un adulte sorcier d’intérieur. Dans d’autres circonstances, un tel échec m’aurait probablement rendu boudeur, heurté dans mon ego par cette chute dont un enfant se serait sans doute départi mieux que moi. Mais rien ne n’importait d’autres que de sortir la jeune étudiante de sa prison de ronces.

Si elle ne peut s’en délivrer elle-même, je suis bien persuadé à aller la chercher, sans trop me tracasser des conséquences. Je n’ai jamais guère été rationnel, trop guidé par mes impulsions pour vraiment réfléchir aux suites de mes actions, que je subis ou que j’évite avec la même légèreté. La plupart du temps. La question du corps, cependant, me rend bien moins stable que je ne peux l’être à d’autres heures, face à d’autres problèmes. Je frémis encore, tant parce que la peur et le dégoût m’enserrent, que parce que je pensais cette sensation étrange et fascinante laissée derrière moi. « Non, il y a une solution, ne... » Sa voix claque avec une telle force qu’elle m’arrête instantanément, comme si je m’étais heurté à un mur de verre insidieusement placé sur ma route. Le temps d’une seconde, j’observe Poppy d’un œil nouveau et curieux, intrigué par le caractère qu’elle m’oppose. Je n’ai pas l’habitude que l’on s’impose face à moi – souvent, je passe outre, simplement, désintéressé et intouchable. Là, pourtant, je reste immobile, relève la tête et choisit d’attendre. Juste pour quelques minutes. Rien qu’une tentative, sinon, je reprends le contrôle de la danse.

J’attrape le sac avec peu de classe – en vérité, c’était le sac qui avait du m’attraper – et le laisse choir à côté de moi sans même lui accorder un regard. Mes yeux ne lâchent pas la petite blonde qui semble si fragile dans son buisson d’épines. Impassible en apparence, seul mon regard alarmé trahit la tension que je lutte pour contrôler, suivant le moindre mouvement de la jeune fille.

J’accueille Poppy dans mes bras dans un geste humain rare, spontané, que je n’ai accordé si rarement aux rares personnes qui ont fait naître mon affection. Une étreinte teintée de crainte, de rage et de fureur par laquelle je me rassure de sentir la jeune femme indemne contre moi. Son cœur encore si effrayé que j’entends battre fait écho au mien, terrifié par ce que la chute aurait pu être. Je ferme les yeux et m’apaise peu à peu, le menton posé contre sa tempe, tandis que je murmure à peine pour lui répondre. « C’est un talent bien rare de contrôler les imprévus, Poppy. Tu n’aurais rien pu faire. » Lorsqu’elle s’écarte enfin, je constate que le monde est à nouveau en place. Le vélo sauvage vient nous rejoindre et ne semble guère amoché par son aventure, mais je prends néanmoins une minute pour détailler la chaîne, la ligne du guidon, l’intégrité du cadre. Satisfait de constater qu’il ne lui est dû aucune réparation qui aurait ajouté à ma frustration latente de m’être séparé de ma baguette pour cette escapade. « Au moins as-tu pensé à prendre la tienne… Je n’aurais jamais dû laisser la mienne chez moi. » Je ne suis pas assez adapté à ce monde pour tenter d’y vivre sans magie.

« Oui c’est sans doute mieux de continuer à pied. » Par égard pour ma parole, je n’aurais pas osé faire cette proposition moi-même, mais j’étais définitivement ravi qu’elle l’ait fait. Marcher me semblait être un moyen désormais à la fois plus sur et plus efficace pour atteindre notre destination. À nouveau guindé, je récupère ma besace et le vélo laissé sur le chemin pour attendre la jeune femme, impatient maintenant de trouver un endroit calme où elle pourra enfin découvrir son rouge-gorge. « Allez viens, après de telles péripéties, j’ai un remontant pour toi. » Debout sur le chemin, je l’attends, un léger sourire sur le visage, amusé par l’expression de soulagement qui semble l’emporter au doux contact de l’herbe. Et, sans trop savoir pourquoi, je me demande pourquoi je n’ai jamais tenté de travailler avec le végétal vivant.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Dim 3 Sep - 5:31

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Allongée sur le sol, Poppy profite du calme après la tempête quelques instants. Elle entend Keith, derrière, qui la presse avec ses belles promesses d'horizons plus doux, elle ne devrait pas tarder à céder, elle en meurt d'envie. Mais tandis que ses doigts agrippent quelques brins d'herbe qui se trouvent sur le bas côté, elle ne peut pas s'empêcher de revivre la scène libératrice. Il avait été si attentif, si doux. Elle ne peut se retenir de vouloir le comparer à Tomás, comme si leurs rôles dans sa vie de jeune sorcière étaient identiques. Poppy avait toujours été habituée à se prendre des murs ; la douceur, c'est souvent elle qui la transmettait, entre un cri et un rire, bien souvent, car elle restait la jeune femme dynamique que tout le monde connaissait. Ce sont ses parents qui lui avait transmis ce besoin de contacts, de regards complices et de sourires. C'est pour cela que Poppy avait tendance à provoquer ces moments, aller de l'avant, tendre la main. Mais là, elle avait hurlé, vivement et en contrepartie, il l'avait resserré de plus belles entre ses bras. La première fois, vraiment, que le professeur montrait une affection nouvelle, vraie, et non induite par le comportement de la jeune fille. Elle venait de lui, cette étreinte, si légère et forte à la fois, dans laquelle la petite blonde avait fermé ses yeux pour sentir la chaleur qui émanait de son torse rassurant, finement dessiné. Avec Tomás, avant, c'était différent. Il avait les bras si musclés comparé à elle, et Poppy se sentait en sécurité comme si le monde ne pouvait pas les atteindre, lorsqu'ils étaient ensemble. C'était un bouclier. Avec Keith, oh le monde était bien là, avec ses menaces et ses obstacles, il les heurterait de plein fouet mais ils trouveraient tout simplement le moyen de se relever et passer outre. Y compris au détours des boucliers qui se dressaient justement sur leurs routes.

Soudain, un frisson agréable lui parcourt l'échine, passe entre ses jambes. Elle se redresse d'un bond en ouvrant grand les yeux. Elle doit s'arrêter. Arrêter de percevoir Keith comme un nouveau prince charmant, une douce possibilité de sérénité et de bonheur qui se dessine de plus en plus quand elle clôt ses paupières. Un nouveau Tomás ? Oh non, elle n'avait pas le droit à ça, pas après l'avoir abandonné, presque laissé pour mort à la Grande Bataille. Ce ne serait pas juste pour lui, pour ses souvenirs, et pour elle. Le karma, ça ne fonctionne pas comme ça. Elle n'a pas prouvé qu'elle était digne de frôler ne serait-ce que des illusions de bonheur. Alors les images de cet enlacement s'effacent de son champs de vision. Il est temps de continuer sa route, profiter des quelques moments de joie mais ne plus courir après des fantasmes d'adolescentes amourachée de son professeur. Elle se relève donc doucement, attrape son sac dans lequel elle vérifie que la bouteille d'hydromel est toujours intacte, puis le dépose sur son dos. Son visage est devenu un peu plus terne, comme ombragé. Poppy avance vers Keith, récupère son vélo, lui sourit et ajoute : « Oui, j'ai si hâte de le voir mon remontant. ». Il y a un peu de mélancolie dans sa voie, sortie des tréfonds de ses pensées. Elle regarde une dernière fois ses jambes avant d'avancer. Le sang ne coule plus. « Quand on s’arrêtera, plus bas, je m'occuperais de ça. Je dois avoir un truc désinfectant, au moins. Mais en tout cas je peux marcher, donc allons-y ! ».

Elle prend la tête de la file en poussant son vélo qu'elle tient par le guidon. Elle n'avance pas très vite tentant de continuer de profiter des rayons du soleil qui les frôlent quand ils passent entre deux arbres. Ses pas sont étrangement lourds, et elle essaye de ne pas laisser s’échapper ses questionnements au grand jour, pour ne pas entacher la belle journée qu'elle avait prévu de passer. Pour cela, elle se dit que lui parler serait le mieux, car ils viennent de partir et elle n'a pas dit un mot de plus, laissant le silence s’installer entre eux. Seulement, elle ne sait pas quoi lui dire. Et sinon, ça va ? Tu travailles sur quel projet en ce moment ? Non, elle ne veut pas lui échanger sur des choses qu'ils pourraient aborder n'importe quand. Elle voudrait partager quelque chose avec lui, vraiment. Oh ! « Au fait... Pourquoi tu n'as pas pris ta baguette ? Ca ne te ressemble pas. ». Elle ne l'avait pas relevé tout à l'heure, mais sa remarque s'était gravée dans un coin de son esprit. Naïvement, elle avait pensé qu'il avait fait ça pour elle, par égard pour cette journée spéciale moldue. « Je rougirais presque à penser que tu l'as laissée de côté pour moi ! Hahaha. Mais tu l'as juste oubliée, pas vrai ? Dans, une veste, un autre pantalon, quelque chose comme ça. ». Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Son cerveau lui hurlait d’arrêter cette provocation, mais son cœur, lui, était trop curieux de tâtonner, de comprendre ce qu'était cette relation si singulière.

Poppy avait ralenti le pas pour entendre la réponse, tourné sa tête vers lui et ils se retrouvaient ainsi côte à côte. Mais déjà, ils arrivaient là où elle avait voulu les emmener. « Oh ! On est y est. Déjà... Viens, on va poser nos vélos ici. ». Elle commence à sortir du sentier, faisant bien gaffe aux buissons alentours cette fois-ci, et lâche son vélo à terre, retenu par de l'herbe moelleuse. Puis Poppy commence à trottiner vers le point exact qu'elle visait depuis le début. Un tout petit peu en hauteur, il y a un gros arbuste qui apporte un peu d'ombre et surtout, un point de vue comme elle l'avait espéré. D'un côté, Atlantis en fond, avec quelques tours qui dépassent. Sur les côtés, des champs, et des plaines. Et à l'opposé, la mer qui s'offrent à eux, immense étendue qui vogue vers l'inconnue. Poppy s'est arrêtée, debout, les yeux rivés sur l'eau. Le vent souffle un peu plus par ici, une fois assis ils ne le sentiront plus beaucoup, mais en attendant les cheveux de blé de la jeune fille volent autour d'elle. Ils viennent s'échouer au creux de ses lèvres. Elle n'essaye même plus de les retenir. « C'est là. C'est comme je l'avais imaginé. ». Le sourire qui suit est apaisé enfin, presque chimérique. Bercé entre le réel et le rêve, comme le reste de cette après-midi d'été.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Dim 3 Sep - 16:26

J’essaie de ne pas regarder ses jambes, si fines, si blanches, si marquées par le sang. Elles me ramènent à la vision de Poppy, comme mortellement entrelacée dans les ronces, happée par les épines, et comme si mon esprit ne pouvait s’en empêcher, j’entends des cris de douleurs et des supplications. La voix ne lui appartient pas, mais elle semble sortir de sa bouche et mon coeur s’emballe plus encore tandis que je tente, vainement, de chasser le passé du présent. La perspective d’une nouvelle chute me terrifie, même si elle n’a aucune commune mesure avec la hantise de ce qui aurait pu se passer. Ici, ou là-bas. De ce qu’elle dirait si elle savait. Alors que nous marchons côte à côte dans le silence, je dois réfréner le besoin de fuir et de lui interdire de s’approcher de moi à nouveau. De prétexter que ce n’est pas bien, que je risque ma place, que l’administration de l’université ne doit rien savoir de tout cela. Pourtant, je sais que tout cela ne m’importe pas,  qu’un poste est une activité comme une autre et surtout, pour moi, complètement secondaire. Poppy le sait, jamais elle ne me croirait. Alors je reste silencieux, rassuré de ne pas être connu pour être bavard car plus que jamais, je ne sais comment sortir de mon mutisme. Et surtout, j’évite son regard.

Je sursaute brutalement quand sa voix tonne à côté de moi, comme si tous mes sens étaient trop aiguisés, que ses paroles pourtant légères m’agressaient. Je la regarde, incrédule et hésitant, sans savoir si je reconnais un reproche dans sa voix, ou si c’est un commentaire parmi d’autres. Je me détourne sans répondre immédiatement, poussant le vélo sur une ligne droite soigneuse, tandis que je choisis mes mots. « Je n’oublie jamais ma baguette. » Je suis plus sec que je ne l’aurais voulu et reprend quelques secondes pour apaiser le stress électrique qui continue de me parcourir. « Je me suis dit que je ne pouvais pas vraiment me prendre au jeu si je l’avais avec moi. Même si ça aurait été plus sur, évidemment. Ce n’était pas une bonne idée, je suis désolé. » Et je le suis vraiment, à travers la fureur que je ressens contre moi-même, les risques que j’ai osé prendre. Je secoue la tête et me mure une nouvelle fois dans le silence, sans même plus profiter de la vue de plus en plus sauvage et époustouflante qui s’offre à nos regards.

Le temps que je me tourne à nouveau vers elle, elle s’est enfuie à l’écart du chemin, zigzaguant allégrement entre les buissons et les arbustes, droit vers la lande balayée par le vent. Je la laisse partir devant et me passe une main sur le visage pour tenter de m’ancrer à nouveau dans cet après-midi de mai. Au delà de la falaise, la mer semble calme, malgré le bruit caractéristique des vagues se brisant sur les rochers que le vent nous apporte, accompagné de cette odeur d’embruns si caractéristique. Manadh est à la fois si semblable à Oban et si différente. Ici, la roche et la mer sont pures, si lointains de toute l’industrie détestée de ma terre natale. L’apaisement me regagne enfin, et je me décide à abandonner mon vélo là, et à suivre les pas de Poppy.

« C’est beau, oui. » Il est rare que la nature me touche, je suis, et je serais toujours un citadin, mais je ne peux m’empêcher de remarquer qu’ici, tout semble juste. En place. Sauvage et pourtant, tellement normal. Je comprends enfin pourquoi j’ai toujours détesté les parcs ; ce ne sont que des faussaires. Des imitations pales de ce qu’ils devraient être. Je me redresse alors, comme pour saluer un artiste de grande classe. « Ca valait la peine de faire l’effort, je le reconnais. » Arrivé à l’ombre de l’arbre, je m’installe en tailleur à même l’herbe et tire de ma besace un écrin de chêne, sans décoration ni fioritures. « Promesse tenue. J’espère qu’il te plaira. Je t’ai laissé l’enchantement final, comme on l’avait décidé. Mais je peux t’aider si tu veux, évidemment. » Je lui tends l’écrin, présenté sur une paume ouverte avec un sourire, complice cette fois, à la fois impatient et curieux de découvrir son regard lorsqu’il se posera sur le rouge-gorge.

L'oiseau:
 

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 6 Sep - 5:18

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Doucement, la respiration de Poppy se calme. Perchée sur ses jambes meurtries, le calme de l'océan qu'on voit au loin mélangé à celui du vent qui siffle entre les branchages vient apaiser le cœur et l'esprit de l'étudiante. Elle avait eu si peur, un instant. Il ne parlait presque plus, avait ses yeux presque livides, qui puaient la colère et la rancœur. Comme si la chute, pourtant terminée, faisait encore des siennes et qu'il ne pouvait pas aller de l'avant. La petite blonde avait eu peur qu'il ne lui en veuille, à elle, pour une raison qui lui échappait. Il avait été sec, froid, lui qui quelques minutes plus tôt n'avait jamais été plus chaleureux que dans cette étreinte qu'elle revivait dans ses pensées. Elle n'avait pas compris. Keith est toujours difficile à déchiffrer, évidemment, mais Poppy pensait avoir commencé à maîtriser cet art. Or voir à quel point elle en était finalement loin lui glaça quelque peu le dos. Cette ignorance, elle aimerait tant la combler une bonne fois pour toute... C'est pour ça qu'elle avait sourit, quand derrière elle, elle entendit que oui, la vue était belle. Peut-être que c'était de ça qu'il manquait, de simplicité, de paysages moldus et de temps qui s'écoule sans courir contre la montre. Une opportunité de ne plus penser, vider son esprit et arrêter cette réflexion trop éprouvante.

Après avoir soufflé un grand coup, Poppy alla s’asseoir à côté de Keith, à sa gauche. Sans remarquer la jolie boîte qu'il sortait de sa besace, elle fouillait dans son sac elle aussi, puis sortit une bouteille d'hydromel et des petits gâteaux au citron qu'elle avait emmenés pour l'occasion, juste au cas où. Ses jambes ne lui faisaient plus mal, les griffures s'estompaient un peu, si bien qu'elle oublia de voir si elle avait pensé à prendre avec elle sa minuscule trousse où se trouvait un petit désinfectant. Elle verrait ça plus tard, ils avaient toute la fin d'après-midi. Quand elle tourna la tête, il était là, le petit écrin. Le regard et le sourire qui accompagnent les gestes de ses deux mains, pour saisir la boîte, fut très inhabituels pour Poppy. Là où, normalement, elle aurait dû être surexcitée comme un soir de Noël, elle fit preuve d'une retenue étonnante. Douce, agile, elle observa d'abord la boite qui était comme elle l'avait imaginée. Puis elle jeta un regard à Keith avant de l'ouvrir, et se remua suffisamment sur ses fesses pour se rapprocher un peu de lui. Le couvercle se souleva pour laisser place à un petit tissu qui cachait enfin l'objet tant attendu. Elle le pinça alors des doigts pour le retirer, il tomba doucement le long de son corps, et enfin, elle put voir le métal brillant et les reflets rouges et bordeaux de l'opale isopyre. Chacun de ses muscles du visage se détendirent, ses lèvres tentèrent de lâcher un "Oh" de satisfaction et de surprise, mais rien ne réussit à sortir. Pendant une petite seconde, elle eut le souffle coupé. Dans sa main, l'oiseau paraissait si parfait. Elle regarda les courbes et les arabesques, puis commença à sourire de nouveau. La délicatesse du travail était impressionnante. Il avait dû mettre tant de temps... Oui, de loin, cet oiseau était la plus belle chose qu'on lui ait offerte et qu'on ait fait pour elle.

Le rouge gorge posé dans sa paume, elle vint lui caresser le dos de son autre main pour faire fonctionner le klaxon encore silencieux. La façon de bouger des ailes, la fluidité, tout était incroyable. Au total, cela faisait bien une minute qu'elle observait l'animal sous toutes ses coutures sans un mot. Puis finalement, elle se redressa, et déposa sa main sur celle de Keith, sans détourner ses yeux de son précieux cadeau. Poppy agrippa, passa ses doigts au milieu des siens, et eut envie de ne plus le lâcher. Ces mains avaient été capables de faire ce travail, elles avaient un côté rêche mais doux à la fois. Elle reposa l'oiseau dans son écrin délicatement, puis mit celui-ci, fermé, à sa gauche. Elle avait oublié le sort, l'enchantement, ils y reviendraient plus tard. Dos à Keith, malgré cette main emprisonnée, une petite larme de joie coula le long de sa joue. Bien vite balayée, Poppy se retourna finalement. « C'est parfait... Tu es parfait, Keith. Il est si beau. Merci. ». Puis une impulsion venue de ses jambes recroquevillée la leva sur place pour lui permettre d'aller enlacer son professeur. Elle le sera plus fort encore que les fois précédentes, passant ses mains dans ses cheveux, sur sa nuque et le long de ses épaules. Son cœur battait fort et sa respiration s'amplifiait toujours plus. La jeune fille aurait voulu rester comme ça un long moment, ne pas lâcher cette étreinte qui la protégeait de tout autour d'eux. Elle poussait sur ses jambes pour se plaquer contre lui, ils étaient même à deux doigts de tomber, allongés dans l'herbe.

Mais Poppy finit doucement par lâcher prise, et commença à se reculer, douteuse. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle avait ce sentiment amer qui venait se mélanger à celui, si doux, de la joie immense que lui procurait le cadeau. Quelque chose sonnait faux. Lui, avait l'esprit ailleurs. Elle pencha alors la tête, pour mieux le voir, et dans un geste tendre, repoussa une mèche de cheveux qui venait cacher les yeux de Keith. « Il y a quelque chose qui te tracasse, pas vrai ? Qu'est-ce qui t'arrive ? ». Elle n'attendit pas vraiment la réponse pour surenchérir, bien qu'au fond elle bouillonnait d'envie de comprendre, et de discuter avec lui de toutes ces choses qu'elle ignorait. Ses sentiments. « N'y pense plus, d'accord ? On passe un beau moment, c'est suffisant. ». Puis elle lui sourit, un peu, espérant que sa présence à elle et ces quelques mots rapidement lâchés ne manqueraient pas trop de sens et sauraient le réconforter. Elle ne voulait vraiment pas que des pensées tristes viennent ternir le paysage, et mettre ainsi de côté chaque coin de lumière rayonnante qui embellissait sa journée d'anniversaire.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Ven 8 Sep - 15:38

Je bois son regard, ses gestes précis et délicats, l’attente qui se dessine dans ses yeux et les secondes qui s’écoulent avant que le rouge-gorge ne soit enfin offert à la morsure du soleil. Je n’ai presque jamais l’occasion d’observer mes clients lorsqu’ils découvrent mes œuvres. Je travaille seul, sans leurs retours sans les intégrer dans mon processus créatif. Seuls mes étudiants ont obtenu ce droit, par égard pour les connaissances que m’a transmises Maitre Gerlach. Pourtant, jusqu’à présent, je n’avais pas créé spécialement pour eux. Et pour la première fois, si ce n’est pour Moriarty, j’ai dessiné une œuvre destinée à être un cadeau, pour un être cher. J’ai toujours eu confiance en mon travail, toujours été persuadé que s’il n’est pas apprécié, c’est parce que les quidams ne peuvent l’apprécier, ne reconnaissent pas ce qu’il a d’unique. Mais pour la première fois, sans pouvoir me détacher de Poppy, je ressens un frisson désagréable que je comprends être une forme de crainte. La crainte de ne pas avoir su deviner ce qu’elle est, ce dont elle rêve et comment la représenter.

Sa main cherche la mienne et, alors que la tension du moment s’évapore, je referme les doigts sur les siens. Je vois alors la larme couler sur son visage, me perd dans le sens de ce détail unique et si délicat qui court le long de sa joue, si lourde de sens. Obnubilé par ce détail, je m’inquiète à nouveau de m’être raté, de l’avoir finalement déçue, et ne remarque son étreinte qu’au moment où je ne vois plus rien d’autre que ses mèches blondes, brillantes dans le soleil, sa main dans mes cheveux et je réalise à quel point je suis dépassé par sa présence à mon côté. Le monde bascule et je ferme les yeux, comme pour oublier un peu la dimension inexplicable du monde. J’hésite à parler, sans savoir si il est nécessaire de dire quoi que ce soit dans un moment comme celui-ci, et je me décide finalement pour le silence. Un nouveau frisson me parcourt alors que Poppy s’écarte, meuble à nouveau le silence avec ses paroles à elle, comme toujours si vive, impétueuse.

« J’ai eu peur. C’est tout. » Le son sort à peine de ma gorge, presque évadé d’un corps qui ne voulait pas l’avouer. Je me décide à ouvrir les yeux, et observe les traits de l’étudiante sans trop savoir ce que j’y lis, comment interpréter son expression, mais je lui rends son sourire. « C’est vrai. J’ai enfin découvert le vélo, c’est quelque chose en soi. » Soudainement, je me sens taquin et joueur, sautant dans l’occasion parfaite de détourner l’instant de mes craintes. « Ma famille a toujours maintenu que ces activités moldues, qui demandent tant d’apprentissage et de ténacité n’étaient pas faites pour moi. » Je me souviens du visage de ma mère lorsque la terre glaise a explosé, sous ma frustration de petit enfant de ne pas obtenir les résultats que j’avais rêvé, déjà trop exigeant envers moi-même. Un léger rire secoue ma poitrine, dépassé par l’ironie de la situation « Je suis assez satisfait de pouvoir leur donner tort. » Toujours couché dans l’herbe, je joue distraitement avec un brin d’herbe, me demandant ce qu’aurait été ma vie si je m’étais tenu aux rêves des Campbell, au chemin pavé d’or que mes ancêtres avaient construit d’arrache-pied, génération après génération. « L’artisanat n’a jamais compté, étrangement. » Le fer à souder était probablement à la fois trop vulgaire et dans leurs yeux, trop inutiles, pour faire de moi un être normal.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mar 12 Sep - 14:39

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

D'en haut, elle le regarde tandis qu'il est allongé sur l'herbe, les yeux fermés, et elle, légèrement surélevée. Elle ne s'était pas laissée embarquer dans la chute qu'elle avait pourtant causé, et maintenant, elle avait tout le loisir de perdre ses yeux sur le professeur aux airs endormis. Si jusqu'ici, ce qu'elle appréciait chez lui était avant tout son âme et ses réflexions, pour l'une des premières fois, Poppy se perdait à s'attarder sur son nez bien droit, les courbures de ses lèvres, ou encore la légèreté de ses paupières qui menacent de s'entrouvrir. Elle remarque les mèches brunes qui volent au vent et la barbe mal rasée qui trône sur cette peau blanche, et douce. Elle ne s'était jamais forcément fait la remarque qu'il était beau garçon. Bien sûr, elle n'était pas aveugle, elle l'avait vu, depuis le début, mais jamais vraiment pris en compte. Et soudain, tandis que sa bouche s'entrouvre légèrement, poussée par rien de plus que la terrible gravité, la jeune fille blonde prend une longue inspiration. Il rouvre les yeux, elle lui sourit. Puis Keith commence à expliquer ses raisons, cette peur, que la naïve petit Poppy accepte et comprend, d'un hochement de tête. Peut-être aurait-elle pu trouver suspicieux qu'un homme qui utilise chaque jour des outils dangereux, que d'aucuns qualifieraient d'armes, soit apeuré par une simple chute. Mais elle n'y pense pas. Obnubilée par son aura, pour le moment, jamais elle ne remettrait en cause les paroles qui s'en échappent.

« Ils ont déjà vu, ce que tu crées ? Ça ne changerait pas s'ils comprenaient que tu es un artiste, vraiment, et pas une sorte de... bricoleur ? ». Ça l'avait toujours un peu étonné que Keith, sorcier bien éduqué dans ces valeurs très sorcières, ait choisi la voie de l’automatier, de celui qui manie des matériaux on ne peut plus moldus. Son esprit de contradiction, sûrement. Puis en songeant à comme tout aurait été différent s'il avait pris le chemin des Campbell, les muscles de Poppy se relâchent et la laissent s'allonger à côté de Keith, sur le ventre. Elle dégagea ses deux bras au-dessus de sa tête, appuya cette dernière contre l'une de ses mains et regarda les doigts de l'ingénieur filer entre les brins d'herbes, songeuse. « Pourquoi tu es devenu automatier ? Je veux dire, pourquoi ne pas avoir choisi la facilité, l'assurance d'un avenir tout tracé... Tu aurais pu éviter tant de batailles, tant d'obstacles... Tu ne penses pas que ça aurait été plus simple, finalement ? ». Elle fuyait l'homme du regard, se contentant de fixer ses pupilles sur les mains qui s'agitent. Ces questions étaient étonnantes, inhabituelles même, car tout le monde savait que Poppy détestait la simplicité, l'évidence. Ce n'était pas logique pour elle de songer à suivre ce qu'un soit-disant destin lui dictait, pourtant, tout cela, c'est parce que la guerre faisait rage à l'intérieur.

Une grande partie d'elle ne souhaitait qu'une chose : s'avancer vers l'homme allongé à ses côtés, se retrouver au-dessus de lui, saisir ses épaules et l'embrasser doucement pour goûter à la finesse de ses lèvres. Elle sentait bien, depuis qu'ils s'étaient arrêtés et avaient eu cette frayeur qu'elle croyait profondément commune, que ça la démangeait et que cette envie continuerait de la ronger jusque dans les couloirs et les salles de cours. Peut-être qu'avec le temps, elle passerait, comme un lointain souvenir d'une amourette d'été. Ou peut-être pas. Mais c'était la seconde partie, celle que Poppy détestait, qui sonnait le glas pour la raisonner. Comment pouvait-elle simplement oublier les années d'un amour sincère avec Tomás ? Comment pouvait-elle songer à autre chose, si vite, si facilement ? Pour une envie passagère et impossible, qui plus est, un professeur qui, bien qu'il considérait la hiérarchie de la même façon qu'elle, ne pouvait dignement pas porter plus d'intérêt à une de ses étudiantes que celui d'un formateur. Tous ces signes, ces sourires en coins, elle les imaginait. Ils n'avaient pas le même sens que pour elle, ce n'était pas possible. Elle ignorait tout de lui, de son passé, de ses sentiments réels. Lui qui était si mystérieux et si particulier. Monter les blancs en neige pour un rien avait toujours été dans ses habitudes, pourquoi serait-ce différent avec lui ? Elle avait beau le vouloir de tout son cœur, au fond, elle savait, qu'elle n'y avait simplement pas droit, à ce bonheur qu'elle frôlait des yeux.

Abattue par ses propres pensées, elle se tourne sur le flanc, du côté de Keith et commence à se recroqueviller sur elle-même. Ses genoux viennent effleurer son professeur, sa main attrape la sienne pour la reculer et la déposer sur le ventre de Keith, que Poppy puisse venir se blottir doucement, un peu, entre l'herbe moelleuse et la chaleur de son aîné. Elle avait si envie d'y croire, sans même penser à demain et aux jours suivant, juste chasser cette culpabilité qu'elle croyait oubliée. Elle murmure, après avoir douloureusement dégluti. « C'aurait été triste, que tu ne deviennes pas enseignant, ici. On ne se serait peut-être jamais croisés... J'aurais été triste. ». Et pourtant, c'était la mauvais partie d'elle qui gagnait du terrain, qui poussait Poppy à toutes ces réflexions. Ce recoin d'elle qui ne rêvait plus, avait peur de l'avenir, et la faisait rester seule dans le noir qui gagnait du terrain.
Faites que ça change, faites que ça change, faites que ça change. Juste un peu de lumière.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 13 Sep - 5:50

Présent sans l’être, je me perds dans mes souvenirs d’adolescence à Oban, les moments complices avec Shaw, ses exclamations vives lorsqu’elle touche les différents matériaux que je lui présente et notre frère qui surgit alors pour nous rabrouer. Lui que rien de magique n’attire vraiment, qui pense au commerce et à l’innovation et qui n’avait pas de plus belle occupation que d’aller se promener sur les chantiers navals, commenter les grincements de l’acier et prendre de haut les ouvriers. Tout dans le monde était pour lui ressource et échange, si semblable à mon père qui, dans sa douceur très personnelle, élevait plus un compte en banque que des enfants. A posteriori, je me suis souvent demandé ce que Sorcha avait pu lui trouver, tout en gardant en mémoire que ce mariage était probablement arrangé. Ils semblaient se convenir, pourtant, elle juste assez bohème pour lui rappeler que l’atmosphère qu’ils chérissaient tant ne s’achetaient pas avec de l’argent. Si la poterie n’avait jamais été que son hobby, elle comprenait d’une certaine manière que je puisse vivre de mes mains plus que de ma tête. Pour mon père, j’avais juste choisi de dégringoler l’échelle sociale.

Je soupire, non par agacement ou lassitude, plus comme si l’évocation de ma famille poussait sur mon torse un poids qui en expulsait tout l’air. « Oui, bien sur. J’ai commencé à la maison, alors que j’étais encore à Poudlard. Pendant les vacances. Évidemment, ça n’avait encore rien avoir avec ce que je fais maintenant. » Je m’enorgueillis discrètement de l’évolution de mes travaux, tous encore bruts et indécis à mes débuts. À l’époque, on aurait pu me qualifier de simple bricoleur, je ne savais guère où j’allais, j’enchantais sans classe et sans but. Ça me paraissait évident de tracer des runes là où je pouvais, d’observer les effets et les réactions. J’étais convaincu que d’une certaine façon, ça pouvait révolutionner le monde. Au fond de moi retentis un rire moqueur face à ma propre innocence, qui, finalement, vient se traduire par un léger sourire en travers de mon visage, car cette naïveté, j’ai conscience de ne pas l’avoir entièrement perdue.

Je fronce les sourcils et me tourne vers Poppy, intrigué par sa question que je ne me suis jamais posée. Je réalise alors que pendant mon instant de perdition, elle s’est rapprochée de moi, maintenant également étendue dans l’herbe. J’observe un instant ses mèches blondes flotter dans la brise, rutiler dans les reflets du soleil, et je m’étonne soudainement de ne m’en être jamais offusqué. Des années durant, sans me l’expliquer, je me suis senti agressé par la blondeur effarante de mon entourage, leurs peaux pâles sous laquelle les veines sont si marquées, leurs yeux clairs qui se détachent à peine de leurs visages. Sur elle, tout cela ne me semble qu’on ne peut plus naturel. « Je… ne sais pas. » Je cligne des yeux, tente de comprendre l’implication que sa question a pour mon passé et mon présent. « J’ai pris les opportunités qui se présentaient à moi, j’ai suivi ce qui me passionnait. Mon frère a repris les affaires moldues de la famille, ma sœur, la branche sorcière. Ils semblaient à leur place et personne n’avait besoin de moi. » À chaque pas, le suivant m’avait simplement semblé être une évidence. « Tout ce qu’ils m’ont opposé, c’est de l’incompréhension, pour une voie si… peu sure. » Construire des automates rapportait bien, mais pas régulièrement. Je devais essentiellement la stabilité de mon train de vie à ma part dans l’empire Campbell.

Le silence se pose une nouvelle fois entre nous, et je savoure particulièrement cette capacité à ne pas le combler, à ne dire que les choses essentielles. J’aime échanger, mais pas discuter, et je préfère me perdre quelques instants dans l’écho du fracas des vagues que le vent nous porte, plutôt que me forcer à retourner des questions, à creuser dans le passé de la jeune femme que je côtoie si souvent. Avec un brin d’amusement, je me rends compte que je ne sais même pas dans quelle maison elle a été répartie, ni même son âge exact. Peut-être nous sommes nous croisés, tous deux élèves, quelque part au septième étage, avant de fouler Atlantis chargés de différences. Je frémis alors qu’elle déplace ma main, sans résister cependant, et je la regarde se recroqueviller à mon côté, comme si le soleil ne l’atteignait plus. Comme si elle avait froid. Ses paroles me font frémir encore. Je n’avais jamais songé à tout ce qui aurait été différent si je n’avais pas emménagé ici, ou si même j’avais simplement choisi de rester automatier et de ne pas pousser les portes de l’université. Enseigner me plaisait plus que ce que je n’aurais cru.

Le regard posé sur son visage qui me fuit, de voir Poppy si calme et silencieuse, je me demande pour la première fois en quoi elle est différente de tous ces autres étudiants. De Irvin, Meical ou même Hypsoline, tous brillants, tous passionnés par leur domaine. Pourtant, elle est la seule qui, si fréquemment, se perd dans mon canapé pendant que j’enguirlande mes fers à souder, la seule avec qui je peux imaginer une telle escapade, loin de mon atelier, de mes commandes et de mes obligations. De tous, celle à cause de qui je crains le plus de voir mon passé exposé, de devoir l’expliquer et le justifier, sans me savoir capable de tout dire. Sans avoir, non plus, la volonté d’expliciter ce qui, alors, me paraissait juste et nécessaire. Le silence devient lourd, et j’ai la conviction qu’il s’agit d’une de ces situations, si étrangères, pendant lesquelles il est indispensable de parler, de répondre.

Aurais-je été triste de ne pas la rencontrer ? De ne pas connaître ce partage un peu sauvage, la création décalée que m’inspiraient les moments passés avec elle ? Le vélo, les burgers, les innovations moldues dont je n’avais autrement pas conscience ? Je pose la main auparavant repoussée sur la sienne, le regard fixé dans les cumulus qui nous surplombent. « Oui… Rien n’aurait été pareil. » Je le murmure à peine avant de bravement fuir ce qui m'assaille. « Pourquoi avoir choisi Atlantis, pour tes études ? »

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 13 Sep - 9:01

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Chacune des réponses de Keith paraissaient un peu pâles, un peu vides. Pourtant, Poppy était contente de le voir se livrer sur son passé et ses décisions. Elle ne pensait pas – ou du moins pas avec certitude – qu'il était déjà si curieux et manuel quand il était enfant. Ça n'avait pas été son cas, Poppy avait été comme toutes les petites filles, à rêver de vie de princesse et de maîtresse d'école. Elle avait eu ses périodes originales à vouloir être vétérinaire en zoo, ou espionne de haut vol. Les fantasmes d'une enfant normale, chez qui la magie n'a pas cette influence. Ce n'est qu'en découvrant toutes ces choses irréelles, en apprenant petit à petit à dompter sa propre magie, qu'elle avait découvert le goût pour la création et l'ingénierie. Devant des horloges, des machines. C'est le pourquoi qui l'attire, le comment, trouver l'explication au fonctionnement insensé d'un petit oiseau qui chante quand on le lui commande. Puis Poppy avait toujours eu le soutien de ses parents pour entreprendre tout ce qu'elle faisait, il n'y avait pas de dynastie à perpétuer. Leurs vies étaient si différentes, si opposées, même. Alors comment pouvait-elle encore espérer un futur conjoint ?

Elle n'avait pas réagi à tout ça. Écouté, hoché la tête une fois, peut-être deux. Puis elle avait lancé cette réflexion qui la taraudait, celle d'un présent alternatif où ils ne se connaissaient pas, attendant patiemment la réaction du professeur à cet égard. Ses yeux sont rivés sur un pli de la chemise froissée, visible sur l'épaule. En dessous, elle distingue tout juste la couleur de la peau de Keith. L'attente est si lourde avant qu'il ne vienne la briser de ce geste. Sa main semble froide, sans pour autant qu'elle ne le soit vraiment, sûrement. Et le cœur de Poppy s'emballe, car l'affection vient de lui, cette fois. Elle sourit en regardant ses doigts, immobiles, et ferme les yeux au son de ses murmures. Alors Poppy se resserre un peu, tout contre lui. Elle dépose sa tête là où se trouve ses triceps, et retourne sa main pour s'apprêter à saisir la sienne. Les idées noires sont chassées. Il a fait ce premier pas, même léger, celui qu'elle attendait. Ce pas qui la laisse croire qu'elle avait raison d'imaginer être plus qu'une simple étudiante, un nouvel indice pour trouver le bon qualificatif de cette relation. Et puis...

Et puis cette question arrive, pose ses deux pieds dans le plat pour en détruire le socle en verre, si fragile. Poppy jurerait qu'au même moment, le vent s'est arrêté de souffler et que les vagues ne tambourinaient plus. Tout ne laisse plus que ce silence oppressant, celui de l'attente de sa réponse à une interrogation anodine venue briser une fausse révélation. Allongée sur son épaule, Poppy empoigne la main de Keith, la contracte et l'emprisonne, si fort. Puis elle s'arrête, avant d'avoir pu lui faire mal, dans un soupir, et lâche le tout en commençant à s'asseoir. Ses mèches blondes viennent étouffer son visage, ainsi elle les ramasse derrière ses oreilles, une à une. « Euhm... Je... Je voulais être un peu plus indépendante, quitter le cocon familial, avoir une vraie vie d'étudiante, et puis Atlantis était un peu une évidence. L'UPA, la filière d’ingénierie... Il n'y a que dans une ville qui mélange sorcellerie et monde moldu que je pouvais me sentir bien. Ces dernières années ont été un peu compliquées, alors, j'en avais besoin. Repartir, à zéro. ».

Et pourtant elle stagne, encore, ballottée entre son affection et sa raison. Elle aurait voulu hurler sur Keith, le secouer avec fougue, mais à quoi bon ? Non, elle s'était trompée, elle ne le mérite pas. Elle n'aurait qu'à profiter de leur relation telle qu'elle est, tout aussi agréable et enrichissante, et abattre ses sentiments affectueux sur un autre. Le petit voisin de chez ses parents lui avait fait de l’œil, une fois ou deux, peut-être serait-il une meilleure option. Plus docile. Oui. Mais bien moins passionnant. Non, Keith était parfait pour elle, pour ce dont elle avait besoin. Il lui faisait oublier les tourments, sourire à tout ce qui se trouvait devant elle. Abandonner serait d'un triste... Mais il serait hors de question de forcer les choses, surtout sur lui. Elle se relève donc sur ses deux jambes toujours quelque peu endolories, et s'avance vers son sac à dos. Poppy sort le cadeau emballé de chêne ainsi que sa baguette. « J'y ai réfléchi, le sortilège de Parole sera le mieux. ». Elle se racle la gorge et murmure donc un Fidem, suivi de la phrase pré-enregistrée. Un petit quelque chose comme "Attention, poussez-vous". Elle aurait aimé que ce soit prononcé avec sa voix, à lui, mais ça n'en serait que plus douloureux. Des étincelles de couleurs sont venues encercler l'oiseau, et Poppy ajoute, en évitant de se retourner : « Je vais le mettre sur le guidon. Je reviens, ne bouge pas. ». Vite, elle part, sans se retourner et une fois arrivée au pied du vélo encore nu de ce si joli klaxon, quelques larmes se mettent à briller. Elle reste bloquée ainsi, l'oiseau dans les mains, comme si à l'instant où elle l'aurait déposé, tout serait fini. Elle devrait se forcer à agir comme si de rien n'était, elle qui ne fait jamais ça habituellement.

Et donc elle attend. Debout. Elle va avoir besoin de plusieurs longues secondes pour s'habituer à ne plus penser à retourner se blottir contre Keith, bien que son petit cœur en soit déchiré d'envie.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 13 Sep - 15:16

La question est sincère, et me paraît légitime. Je parle peu de moi, d’ordinaire, et comme à chaque fois, il suffit de quelques phrases avant que je ne m’effondre dans le malaise. Le passé et le fait n’ont d’influence sur le présent que si on s’attache à les laisser faire. J’accorde de l’importance à qui me fait avancer et nie soigneusement les ballasts qui me tire vers l’arrière. Je songe à Shaw, me dit pour la trentième fois sans doute que je devrais lui écrire et l’inviter à Atlantis, je chasse à nouveau Joshua dans mon adolescence, en compagnie du deuil longtemps dépassé du frère avec qui je ne partagerai jamais rien. Pourtant, contrairement aux intentions qu’on me prête souvent, j’écoute volontiers les autres parler de leur parcours, j’y accorde l’importance qu’ils lui donnent, m’en désintéresse s’ils le trouvent secondaire. Je ne sais pas si, ayant eu la possibilité, j’aurais choisi de rejoindre une université pour me former à l’ingénierie magique. Sans doute pas, car je ne savais pas que cela m’intéressait, pas encore, je rêvais de runes et de mille autres choses que je n’ai jamais fait. M’inscrire dans une école m’aurait probablement paru… ironique, moi qui avais tant dénigré Poudlard.

Pourtant, cette main qui se contracte et écrase mes doigts me souffle que j’ai fait un faux pas. Lequel, je ne sais pas. Elle se crispe avant de me libérer, sans explication ni indice. Je me redresse dans le même mouvement que Poppy, avec un temps de retard peut-être, sans la lâcher du regard. Au fil de sa réponse, je hoche la tête, compréhensif ou cherchant à comprendre plutôt. Je suis soudainement intrigué par son passé, ce qu’elle a pu faire avant de rejoindre l’université et ne peux m’empêcher de tirer ce parallèle entre elle et moi. Le besoin, un jour d’avoir du repartir sur des bases saines, après un temps où la vie nous a échappé. « Je... » Je m’interromps avant d’oser dire que je comprends, persuadé qu’elle ne comprendrait pas plus si je lui parlais de Genève, Detroit et le reste. Convaincu que peu importe l’effort et l’empathie qu’on pouvait mettre dans la vie d’un autre, il était des choses qu’on ne partageait simplement pas, des fardeaux que seuls leurs tributaires pouvaient porter. Je hoche la tête une nouvelle fois, aussi maladroit dans le silence que dans les mots.

Le sortilège de Parole. Je suis content que son choix ne se soit pas porté sur le Babillage, trop imprécis à mon goût, même pour un petit rouge-gorge. J’ai du mal à admettre que ce qui ne me conviendrait pas puisse convenir à quelqu’un d’autre, même si j’ai travaillé avec le cœur et l’ardeur pour lui offrir cette œuvre-là. À son image. Alors qu’elle s’éloigne, j’hésite à respecter son injonction, lui autoriser ce moment de solitude, la découverte de l’objet dans toute son ampleur et qu’elle ne désire peut-être pas partager avec moi. Cependant, je suis incapable de résister à la tentation de le contempler sur le guidon, observer sa tenue et l’axe de sa tête, vérifier qu’il se dresse aussi fièrement que je le désirais, afin d’ouvrir le chemin à son amazone. Avec deux secondes de battement je prends sa suite, sans m’élancer ni me dépêcher, sans masquer ma venue non plus, afin de lui donner le temps de me renvoyer à notre pique-nique si elle décide de me chasser de sa proximité.

Lorsque je la rejoins, elle est immobile pourtant, les doigts serrés autour de l’oiseau. Perplexe, mes yeux dansent entre le klaxon et le vélo, sans comprendre l’erreur que j’ai pu commettre. Une nouvelle fois j’observe l’oiseau sous toutes les coutures, repensent à mes tests, les différentes barres de métal, tous ces vélos que j’ai mesuré dans les rues de Londres. Certain de mon travail, je relève les yeux vers elle et m’interrompt l’intention même de poser la question. Les larmes sont bien visibles sur son visage, plus fournies que celle, unique, qui a accompagné la découverte du cadeau. Je revois son geste lent, le mutisme, cette étreinte aussi soudaine qu’inattendue après l’avoir observé sous toutes ses coutures. Interloqué, gêné, perplexe, je me passe une main dans les cheveux, sur le visage. « Poppy, je... » ne comprends pas. Qu’ai-je fait de mal?

Je m’écarte de deux pas, lui tourne le dos, avant de lui refaire face, dépassé par la situation. Touché par sa détresse même si je n’en saisis pas la cause, je passe mes bras autour d’elle et l’attire doucement contre moi. Délicatement, sans forcer et sans l’enserrer, juste assez pour sentir son visage contre mon torse, juste avec suffisamment de conviction pour ne pas la laisser douter de mon intention. « Je suis désolé. » Je ne comprenais pas pourquoi, mais si j’étais la source de sa tristesse, alors l’excuse était sincère.

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MessageSujet: Re: Do you suppose she is a Wildflower? | Keith   Mer 13 Sep - 19:01

Chemins bordant les landes de Manadh - 26 Mai 2000.

Du bout des doigts, seule aux pieds des deux vélos déposés à terre, Poppy caresse doucement le dos de l'oiseau pour le faire chanter. Le sortilège fonctionne, le klaxon est définitivement fini. Terminé. Et ce qu'il signifie serait à mettre de côté, comme tout le reste, ce qui  la torture encore un peu, comme si elle n'avait pas déjà assez pleuré de ses erreurs passée. Finalement, d'ailleurs, elle aussi était mystérieuse sur son histoire. Elle avait laissé Keith quelque peu pantois face à son explication de tout à l'heure. Il n'était pas le seul à avoir ses côtés sombres, même si Keith était si particulier, maladroit et touchant en même temps. Mais jamais Poppy ne s'en était alarmée, ou n'avait conclu à une histoire saugrenue qui expliquerait le pourquoi. Non, il était juste ainsi. Difficile à comprendre et à cerner, il fallait même lui mâcher les mots pour qu'il comprenne, et parfois le pousser un peu hors de ses habitudes... Mais n'était-ce pas ce qui lui plaisait, justement ? Cette singularité délicate qui faisait de lui pas seulement une personne à côtoyer, mais quelqu'un avec qui construire une véritable relation. Créer quelque chose de nouveau et beau, rempli de frayeurs et d'excitation, de beaucoup d’embûches, aussi, mais toujours des résultats exaltants.

Surprenants, aussi, parfois. Comme sa venue, derrière elle, tandis que la jeune fille s'en veut qu'il la voit ainsi. Ou mieux, comme les bras qui soudainement l'entourent, à n'en plus rien comprendre, et la poussent vers ce qu'elle n'arrive pas à fuir. Peut-être, finalement que Poppy n'était pas envahie de pensées sombres, qu'elle ne s'était pas trompée comme elle le pense, en essayant de lire dans les envies de Keith. Peut-être qu'elle-même, comme lui, ne comprenait juste pas tout ce qui se passait autour d'eux. Peut-être, juste, peut-être. Cette étreinte ne pouvait pas ne rien signifier, et ces mots ne pouvaient pas être vides de sens, comme la partie sombre en elle tente de le lui faire croire. Non, Poppy, tu te plantes, encore. Tu ne comprends rien, tu imagines, tu rêves. Tais-toi. Mais toi tu n'es que la fille de passage, celle dont on se souvient pour avoir crié le plus fort et imposé ses décisions. Tais-toi, tais-toi. Tu ne seras jamais plus, tu as perdu ta chance. Arrête, tais-toi. Il n'y a aucune chance pour qu'un homme comme Keith ne s'intéresse à toi comme tu l'espères, tu es juste douée dans ce que tu fais, tu es juste son étudiante. Rien de plus. « Tais-toi... Keith, juste, ne dis plus rien. S'il te plaît. Juste une minute. ».

Elle lui rendit son étreinte, passant la main qui avait l'oiseau jusque dans son dos, et gardant la seconde auprès d'elle, juste là, contre son torse. Poppy souffla, longuement, dans ce silence qui était redevenu doux après n'avoir été qu'amertume. Oui, c'en était assez. N'avait-elle pas déjà payé le prix de ses erreurs ? Qui était ce subconscient dérangé pour la faire souffrir ainsi, la regarder tomber en miette à l'idée de ne plus oser se retourner ? Poppy n'écouterait plus cette petit voix, elle ferait ce qu'elle fait de mieux : la fille têtue. C'en était assez. Elle agrippe alors le col de son professeur, se recule légèrement de son torse, et se hisse sur la pointe de ses pieds pour venir l'embrasser juste en-dessous de la joue. Le bruit du baiser, si léger, vient claquer dans l'air. Elle voudrait continuer, mais elle se contente de sourire et rire un peu, bien consciente qu'ils sont de nouveau dans une de ces impasses où Keith ne comprend pas. « Ne t'inquiète pas. L'oiseau est parfait. C'est juste... C'est juste moi qui ne comprend pas. ». Poppy baisse alors doucement la tête, récupérant sa main qui s'était perdue derrière le dos de Keith, mais sa jumelles continue de courir sur le col de chemise blanc.

Elle se recula un peu, elle avait toujours l'oiseau dans l'une de ses mains. « Tu... Pourquoi tu as fait quelque chose de si joli, pour moi, Keith ? Je veux dire... Je ne sais pas. », elle agitait l'oiseau devant elle, bercé par les rires coupés que sa langue laissait s'échapper. Elle n'arrivait pas à faire le tri, le ménage dans ses pensées, pour exprimer ce qu'il fallait. « Il est parfait, vraiment, et... Personne ne m'a jamais offert quelque chose comme ça. Mais toi... ». Toi tu n'as pas hésité, tu y as mis du cœur. Est-ce que c'est parce que tu ne réalises pas, ou parce que tu m'apprécies vraiment, toi aussi ? Ce n'était pas si compliqué, pourtant les phrases ne sortaient pas. Poppy avait fini par relever les yeux, aller se perdre dans ceux de Keith, essayer d'y lire quelque chose, une révélation. Et doucement, ses joues devenaient rouges à mesure qu'elle gardait toujours sa main sur le col de la chemise et que, petit à petit, elle descendait jusqu'au bouton du dessous, involontairement, poussée par la gravité et un peu d'un nouvel inconscient, certainement.

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