Keith R. Campbell ♦ As soon as I have got flying to perfection, I have got a scheme about a steam engine

Keith R. Campbellavatar
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Sujet: Keith R. Campbell ♦ As soon as I have got flying to perfection, I have got a scheme about a steam engine | Mer 23 Aoû - 20:27
Keith Riley Campbell
Informations civiles
Nom : Campbell
Prénom(s) : Keith, Riley
Date de naissance : 8 août 1972
Âge actuel : 27 ans
Métier : Il est Automatier, métier étrange et peu banal auquel il se dévoue depuis sa sortie de Poudlard. Néanmoins, l'excitation liée à la création de l'UPA l'a poussé à s'essayer à la pédagogie, afin de transmettre une partie de son savoir et enseigner la création et l'enchantement d'objets magiques.
Alignement politique : Extrêmement progressiste. Keith a beau être héritier d'une histoire familiale riche en tradition, il ne peut les considérer que comme une richesse sur laquelle il faut impérativement construire. Il regarde toujours de l'avant, et ne se satisfait que de nouvelles découvertes et expériences. Le monde, selon lui, se construit d'innovations.
Il ne favorise ni la magie, ni la science, après avoir grandi dans un milieu où tous savoirs étaient valorisés, et les deux mondes placés sur un pied d'égalité. Les deux arts ont leur rôle, différents, à jouer dans la société, et il alterne avec virtuosité entre l'un et l'autre.
Informations Magiques
Origines : Sang-Mêlé
Baguette : Ébène, Coeur de Dragon, 31.8cm, inflexible à son grand désespoir
Patronus : Cheval Ailé Granien une figure qu'il se plaît à laisser barouder dans son atelier, car il l'apaise par son aura argentée, et ses mouvements aussi gracieux que silencieux
Épouvantard :Un corps agité de spasmes, aux membres bloqués dans des positions controversées et visiblement douloureuses, parfois aux os brisés et apparents. Ce corps est toujours vivant, mais en souffrance et incapable de se mouvoir. Ceux qui ont eu vent de cet épouvantard étrange pensent que Keith est terrifié par la douleur, mais il n'en est rien ; la souffrance n'est qu'un symptôme d'un mouvement mal fait, d'un corps imparfait, qui a perdu sa grâce et sa légèreté. C'est la crainte de cet échec, rendu brûlant par son obsession pour le corps et le mouvement, qui se reflète dans cet épouvantard.
Miroir du Riséd : Devant lui, une femme et un automate se serrent la main.
Ancienne école/maison : Serdaigle

Descriptions
Caractère de votre personnage
Keith est parfois décrit comme un marginal, particulièrement au sein de la communauté moldue, bien que le mot ne soit que rarement employé dans sa connotation péjorative. Souriant et avenant, il compense en effet son attitude parfois décalée avec un entrain bon enfant et tâché d’assez de sérieux pour convaincre la plupart de ses interlocuteurs qu’il n’est rien d’autre qu’un homme un peu trop passionné par son travail. Il se dédie en effet tant à l’artisanat magique, qu’il ne peut plus guère se définir autrement que par ce biais. Néanmoins, c’est avec un sourire décomplexé et un regard pétillant qu’il caracole entre les interrogations surprises à ce sujet ; joyeux d’avoir face à lui une oreille intéressée, ou insouciant d’être face à un être sans curiosité intellectuelle. Keith a depuis longtemps compris qu’être passionné ne collait pas vraiment à la société, et que son obsession pour le travail bien fait ne lui ouvrirait pas les portes d’une vie sociale épanouie.

C’est par le détachement qu’il a résolu ce dilemme ; s’il ne se décrit pas comme un solitaire, l’artisan ne souffre cependant pas outre mesure de la solitude. Créer lui occupe suffisamment l’esprit pour qu’il perdre toute conscience du temps, parfois même jusqu’à l’amener à la limite du surmenage. Pourtant, ce perfectionnisme n’en fait pas moins de lui un homme disponible ; avec ses étudiants et apprentis, il est un enseignant généreux et pédagogue, capable de perdre des heures pour trouver la meilleure réponse à une question délicate.

Par ailleurs, il est animé d’une curiosité sans bornes, et il n’est que peu de sujets qui ne l’intéressent pas ; il juge ouvertement les gens par la qualité de leur conversation, et se montre particulièrement enthousiasmé par les domaines qu’il ne maîtrise pas. Cela fait également de lui quelqu’un de distrait, parfois même désordonné, défaut qu’il peine toujours à accepter.

En effet, Keith n’est pas seulement perfectionniste, il s’investit dans ses œuvres à l’excès, car il aime à penser que c’est sa passion et un peu de son âme qui font vivre chacun de ses automates. Il se montre ainsi volontaire et déterminé, farouche devant tous les obstacles qui peuvent se dresser devant lui, patient comme un chat qui poursuit sa proie dans les moindres recoins. Ce trait de l’excès le conduit parfois sur des voies plus sombres, où la rage et la colère peuvent surgir telles la foudre lorsqu’il est dérangé au mauvais moment. Sous la tension, il peut réagir avec brutalité, mais rarement avec une réelle violence.

S’il devait choisir un terme unique pour se définir, Keith se dirait probablement humaniste, car il se plaît à considérer de hauts buts de progrès et d’amélioration de la condition humaine pour déterminer le chemin que prend sa vie. Il construit des automates magiques dans l’espoir d’apporter sa pierre à l’ascension de la société, lui pour qui la mixité est pierre angulaire de l’évolution. Cependant, il n’est pas dépourvu de la part d’étrangeté propre aux obsessifs et aux visionnaires ; l’Ecossais tire son métier d’une fascination sans borne pour le mouvement et la grâce du corps humain, qu’il entend reproduire et sublimer dans ses créations. L’étude de son sujet lui fait ainsi parfois franchir les limites de la convenance, quand le besoin de mettre le doigt sur le grain de sable dans l’engrenage se fait si entêtant qu’il perd pied avec la réalité.

Informations importantes

♦ Elève moyen à Poudlard, il excellait cependant en Sortilèges et en Etude des Runes, et il se montrait doué en métamorphose.
♦ Il porte toujours une ou plusieurs pierres précieuses, qu’il change selon les besoins ressentis pour la journée à venir.
♦ Il est issu du Clan Campbell ; il n’en tire pas une fierté particulière, mais il apprécie la richesse de son héritage culturel. Ainsi, il porte les armes de son clan au bout d’une chaîne d’argent, dont le pendentif est frappé de leur devise Ne Oblivisciaris.
♦ Son style vestimentaire peut être caractérisé de classique et élégant ; même ses tenues les plus décontractées se définissent par une chemise et un pantalon bien coupé. Il aime porter le chapeau, mais il évite le haut-de-forme dans la plupart des circonstances, malgré son attrait évident pour ce type particulier.
♦ Keith tient son travail en très haute estime, il ne voit pas de frontières à son avancée, et tend à empiéter sur l’espace vital de ses voisins, sans comprendre en quoi cela serait problématique.
♦ S’il n’est guère arrogant ou rancunier, la critique de ses œuvres ou de son talent peuvent le murer dans le silence pendant des jours.


Goûts

Il aime :
→Les matériaux minéraux et semi-nobles, tels que l’argent, le cuivre, le bronze.
→Les matières végétales nobles, telles que l’acajou, l’ébène, le cèdre.
→L’eau, c’est la seule boisson qu’il consomme régulièrement. Occasionnellement, il peut boire du thé, ou à de très rares occasions, de l’hydromel.
→La danse, de tous les types. La grâce du mouvement le fascine, mais jamais il ne s’imaginerait la pratiquer.
→Le Quidditch, bien qu’il s’intéresse plus à la technicité du match qu’aux équipes véritablement.

Il n’aime pas :
→Les blonds. Plus que de ne pas les aimer, cette couleur de cheveux le dérange, sans qu’il ne puisse vraiment s’expliquer pourquoi.
→Les gens qui portent des vêtements ou accessoires de piètre qualité, pour qui il a développé un mépris sans bornes.
→Le plastique, qu’il ressent comme une matière artificielle et sans âme. Pourtant, il est aussi un havre de possibilités et un progrès incroyable. Cet état de fait le chiffonne beaucoup.
→Les personnes sans vision, sans passion, qu’il trouve excessivement ennuyeuses.


Rêves & Ambitions
Keith souhaite sublimer son art en y adjoignant le progrès, tout en donnant à l’artisanat magique assez de lettres de noblesse pour ne pas se laisser effacer par la création en chaîne. Il le craint pas l’industrialisation, dont il comprend l’intérêt d’une certaine manière, mais il veut préserver la finesse et la qualité du fait main. Il a conscience que ce chemin ne peut être emprunté qu’avec rigueur et le travail de matériaux si nobles et délicats que la machine ne pourra égaler l’humain.

Paradoxalement, il considère aussi l’humain comme un être intrinsèquement soumis aux défauts dont le mouvement saccadé est source de risque d’erreur. Sa fascination pour le mouvement parfait l’ont conduit à chercher à reproduire par des automates les meilleures réalisations de la race humaine. Si automatisation il y a, alors elle doit être encore plus parfaite que l’humain elle-même, et atteindre par la magie ce que la technologie ne pouvait pas achever. Keith cherche ainsi des partenaires aux compétences exceptionnelles pour tenter de reproduire leur doigté dans la conception d’un automate médicomage, couturier ou encore écrivain.

Enfin, d’un point de vue politique, même s’il n’est pas particulièrement engagé, il se fait parfois remarquer par des sorties en faveur d’un équilibre entre magie et science. Il est excessivement progressif et accueille avec une ferveur et un enthousiasme non dissimulé tous les nouveaux apports à son quotidien. Pour autant, il ne crache pas sur les traditions et reconnaît leur apport à ce que la société est aujourd’hui, mais il refuse de les laisser ralentir les avancées prometteuses. Il espère ainsi que les relations entre communautés magiques et moldues se stabiliseront rapidement, et se considère prêt à militer si les traditionalistes devraient convaincre une part trop importante de la société.


Chronologie


EN COURS

ft Jasper Greengrass - Juin 2000 Beaucoup peuvent supporter le mauvais temps qui n'ont pas le goût pour la tempête

ft Poppy Irvine - Mai 2000 Do you suppose she is a wildflower?

ft Emilia C. Montgomery - 27 juin 2000 Comment croquer la nature sauvage ?

TERMINÉS / ABANDONNÉS

ft Poppy Irvine - Janvier 2000 Comme un poisson dans l'eau

ft Novenka Cieslak - Mars 2000 Oui ça va être bien, ça va être très bien même

ft Étudiants - Janvier 2000 Cours n°1 d'Artisanat Magique

ft - Janvier 2000 Sale temps pour les plumes

ft Jude Wihtmore - Janvier 2000 Le jour où ton chat a créé notre rencontre

ft Nahima Nashoba - Janvier 2000 It's hard to live in the city



PASSION


EXPRESSION

Keith R. Campbellavatar
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Sujet: Re: Keith R. Campbell ♦ As soon as I have got flying to perfection, I have got a scheme about a steam engine | Dim 3 Sep - 15:49

Il faut plusieurs secondes avant que la lumière ne s’allume, enfin. Les circuits électriques grésillent un peu, et je réalise que deux des larges lampes ne fonctionnent plus. L’atmosphère dans l’atelier est étrange, avec cette grande zone d’ombre en son centre et donne à la pièce une impression plus exiguë que dans mon souvenir. Depuis deux ans et demi que j’ai déménage à Atlantis, je n’ai plus pris la peine de revenir à Londres, malgré les quelques affaires qui m’y restent encore. Dont cet atelier que j’utilisais alors pour les automates grandeur nature, les réalisations dangereuses ou toutes les autres entreprises qui nécessitaient que je ne sois pas dérangé. Abandonné au fond de son zoning industriel, seul le bruit de la grêle sur les tôles pouvait venir m’y distraire. Ce soir cependant, je l’accueille avec un certain apaisement, comme si la météo maussade du printemps atlante m’avait suivi jusque dans la capitale. La symbolique me fait sourire.

Les différents établis sont couverts de poussière, le plancher grince sous mes pieds et je salue avec inspiration cet univers presque moldu. Je me souviens, soudainement, des paroles du Maître Gerlach qui encensait la touche délicate de l’art non-magique, du temps et de l’effort qui était nécessaire pour faire naître de toute pièce une œuvre qu’on n’aurait aucune chance de corriger. Les défauts discrets lui donnaient alors son caractère, une forme de perfection et de naturel que l’art sorcier ne pouvait jamais égaler, car la magie lissait, uniformisait toutes les réalisations. Pendant des mois, Gerlach m’avait interdit d’utiliser ma baguette dans son atelier. Après tout ce que j’avais appris à Detroit, la virtuosité que j’avais gagné à force de longue nuit de labeur magique, je lui en avais voulu à mort. Jusqu’à ce que je comprenne. La Naissance du Papillon. Cette œuvre étrange qui n’avait finalement pas trouvé preneur, et qui trône aujourd’hui encore à la fenêtre de ma chambre.

D’un coup de baguette j’envoie mon matériel s’entasser au milieu de l’atelier, d’un second, je tente de la nettoyer aussi efficacement possible. Je tousse et me rappelle dans la douleur que les sortilèges ménagers n’ont jamais été mon fort. Un second sortilège, plus concentré cette fois, j’obtiens un espace de travail satisfaisant le long des hautes fenêtres de verre troubles d’où on ne distingue que la nuit sauvage et le silence. Le contraste est frappant avec Atlantis, où même les tempêtes les plus violentes ne convainquent personne de rester seul. L’arrivée du printemps a attiré les étudiants dans les rues, les cafés revivent à toutes les heures et même du haut des Salines, je ne peux me dégager de ce murmure ambiant de joie et de réjouissance. Souvent, je suis imperméable à ce va-et-vient enjoué, aux rires et aux chansons mais l’œuvre à laquelle je travaille me demande une passion consciente, un soin si particulier qu’il en est inhabituel. L’élégance de la perfection imparfaite. La nécessité de rendre cet oiseau aussi naturel que possible m’obsède, le moindre bruit en vient à me distraire. C’est vendredi soir, ni la ville, ni mes étudiants n’ont besoin de moi, alors j’ai fui, tout laissé derrière moi à l’exception d’un fer à souder, des branches de métal et de l’opale isopyre. « Je ne serai pas là du week-end, tu nourriras Moriarty ? Merci, Keith. » Un simple mot sur la porte de Jasper, alors que j’allais transplaner ; me souvenant qu’au contraire de mes habitudes, mon pauvre chat ne se complaît pas dans le travail.

Je m’assieds à l’établi et déballe avec douceur les pochettes de soie dans lesquelles j’ai soigneusement transporté les différents morceaux de l’automate. Les huit plaques de bronze gravé qui composent chaque aile, l’articulation du bec et la dizaine d’arabesques qui composeront le corps du petit rouge gorge. J’ai promis à Poppy qu’elle recevrait ce cadeau de Noël si tardif lors de notre prochaine balade en vélo, tout juste fixée pour le mois de mai, me rappelant avec effroi qu’entre commandes, cours, autres projets et cascades d’insatisfaction, je n’avais toujours pas atteint le résultat que j’avais dessiné lors de cette nuit de janvier. Celle où j’avais formulé la promesse entre rires et disputes, celle où j’avais réalisé que de toutes les relations particulières que j’entretenais avec mes étudiants, celle qui me liait à Poppy était la plus indéfinissable de toutes. J’avais passé la nuit à travailler sur les mécanismes qui rendraient justice au dessin que j’avais établi. Les oiseaux sont une de mes faiblesses, de celles que j’évoque en grinçant des dents, contraint et forcé, frappé dans l’ego qui refuse de reconnaître mes propres limites.

***

Quelle heure est-il ? Trop tôt sans doute, à travers le rideau de pluie, il me semble bien distinguer les premières lueurs orangées du jour. Sur ma table recouverte de cuir, les traces de brûlure sont nombreuses tant la finesse des soudures des deux ailes s’est révélée audacieuse. Le mécanisme ne serait en aucun cas suffisamment solide pour supporter le vol par lui-même, mais ce n’est pas son propos. Un simple battement d’ailes suffira à apporter une once supplémentaire de réalisme à ce drôle d’avertisseur sonore ; une touche d’élégance et d’unicité, juste suffisante pour donner l’impression qu’à l’issue de son appel, il va s’envoler.

Satisfait, enfin, je délaisse mon tabouret pour faire quelques pas dans la pénombre de l’atelier, si immobile et silencieux maintenant qu’il n’y règne ni mon patronus, ni Moriarty à la recherche d’un méfait à commettre. Lorsque je vivais encore à Londres, cette pièce était constamment remplie d’un cliquetis d’automates incomplets aux enchantements persistants, de quelques pièces terminées qui se baladaient d’un pas peu assuré entre le désordre de pièces abîmées, de tournevis et de matières premières inutilisées. Parfois j’y dormais même, rassuré par le momentum qui y régnait, où rien ne cessait jamais, où l’immobilité n’existait pas. Cet atelier m’offrait la bouffée d’air qui me permettait de survivre dans l’atmosphère asphyxiante du Ministère où tout n’était qu’administration et bureaucratie. Là, l’esprit créatif semblait être une tare, l’inquiétude, une valeur reine.

Alors que ces souvenirs s’additionnent par transparence sur la réalité, je réalise à quel point tout ceci a changé. Atlantis, ce rôle de professeur auquel j’avais postulé plus par curiosité qu’autre chose, la stabilité sans l’immobilisme. Depuis dix ans, il n’était aucun endroit où j’étais resté plus longtemps que sur l’île écossaise, comme si j’y avais trouvé une ancre, la satisfaction d’une raison d’être, peut-être. Les mains dans les poches, sans doute plus échevelé qu’à l’ordinaire, au milieu de cet atelier partiellement dépourvu de lumière, aux zones poussiéreuses comme si elles avaient été abandonnées depuis des siècles, je m’étonne à me demander ce que dirait Poppy si elle me voyait, ici, travailler sur son cadeau. Dans les réminiscences d’un passé dont elle ne sait rien, alors qu’elle déambule naturellement dans mon appartement, mon bureau, mes salles de classe. Ai-je un jour partagé une relation plus intime avec quelqu’un d’autre ? D’un coup de baguette je déplie le lit d’appoint installé dans l’un des plus grands établis, et m’allonge pour quelques heures.

***

L’opale se clipse parfaitement dans l’encoche qui constitue le poitrail du rouge-gorge, m’emplissant de satisfaction. Délicatement, je repose l’oiseau sur la barre de métal qui simule actuellement un guidon de vélo et l’époussette pour rendre toute sa brillance au cuivre. Je caresse son dos et contemple l’articulation de son cou dresser la petite tête tandis que le bec s’ouvre. L’ouverture des ailes, elle, est toujours trop saccadée ; les dents crispées sur ma lèvre inférieure, je les parcours lentement de ma baguette pour corriger l’enchantement qui les articule. Une nouvelle caresse sur son dos et il exécute à nouveau sa danse silencieuse, avec grâce et fluidité cette fois. Je ferme les yeux et soupire, réalisant seulement la fatigue qui heurte mon crâne comme des coups de marteau. L’œuvre finie, tous mes muscles se raidissent sous les conséquences d’un week-end de labeur presque ininterrompu. Pourtant, je me sens léger, comblé par la finesse du cadeau de Poppy, décidément plus beau même que les premières esquisses que j’avais effectué alors qu’elle m’observait, lovée dans mon canapé.

Tout un week-end et cette soirée n’a cessé de danser aux limites de mon esprit, relançant des questions que je tente vainement de laisser de côté, aux réponses que je ne trouverai sans doute pas, pour m’expliquer pourquoi son comportement changeant, ses peines et ses joies m’ont tant chamboulé ce soir-là. Près de cinq mois plus tard, j’espère simplement que ce tout petit rouge-gorge, pas plus grand que mon poing fermé, pourra lui faire comprendre à quel point je peux regretter mes maladresses.

D’un geste ample, je recouvre l’oiseau d’un drap de soie blanche afin de le protéger de la poussière en attendant la promenade printanière pour laquelle il aura enfin le droit de découvrir le ciel. Ici, au moins, je sais que la curiosité de Poppy ne l’atteindra pas. La surprise sera parfaite.



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