A quel point méprisez-vous les règles ?
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MessageSujet: A quel point méprisez-vous les règles ?   Mer 23 Aoû - 12:19

Il le guettait. Erich devait se l’avouer, parmi tous les étudiants qu’il était sensé surveiller en tant que concierge des résidences universitaires, il y en avait une poignée à qui il réservait une attention toute particulière. Fowler était l’un d’entre eux. Pendant presque quatre mois, il avait cherché une occasion de l’aborder, pour comprendre quel était ce détail qui le chiffonnait tant quand il avait affaire à l’étudiant. Quelque chose avec lui était différent d’une manière qu’il ne s’expliquait cependant pas, et qu’il n’avait jamais rencontré ailleurs. Il n’était pas parvenu à trouver une occasion d’avoir une vraie conversation avec lui, comme si le destin était contre eux. Ou comme si l’étudiant le fuyait, ce qui n’était pas impossible.

L’obsession était quelque part malsaine. Généralement, il se désintéressait vite des inconnus inabordables. Mais dans les grandes villes, il n’était pas compliqué de se faire des contacts. Atlantis le forçait à tout réapprendre, à considérer le monde autrement, à repenser ses relations. Le rôle de concierge était excellent pour surveiller la population la plus intéressante de l’île, mais tous connaissaient aussi et son visage. L’avantage était à double tranchant ; il était exposé, devrait se faire discret et laisser couler. Erich s’inquiétait aussi, cependant. Et si Fowler le fuyait vraiment ? Parce qu’il avait une bonne raison, peut-être ? L’avait reconnu d’ailleurs, d’un club ou d’une affaire qui aurait mal tourné. Parce qu’il détenait une information néfaste, sans encore savoir ce qu’il désirait en faire ?

Allié, ou menace ?

Il était tard, et Fowler n’avait pas encore quitté le bâtiment n°3. Erich avait mis un point d’honneur à surveiller les entrées des résidences, afin de mettre en scène cette rencontre. Les pieds sur la table, mauvaise habitude ancrée qu’il tentait souvent de se convaincre de corriger, il ne lâchait pas la cour du regard, tout en jouant avec sa baguette, laquelle protestait de ce traitement avec des étincelles iridescentes toujours plus intenses.

Une heure passa encore, avant qu’il ne décèle l’ombre caractéristique de l’étudiant se faufilant hors du bâtiment. Sans se presser, Erich glissa sa baguette dans la manche de sa chemise, observa un blouson en cuir avant de trancher que la nuit ne serait probablement pas si froide, et sortit de son appartement en prenant soin d’ensorceler le détecteur de mouvement qui provoquait l’éclairage automatique. Quitte à avoir attendu tant de temps, il comptait bien soigner son entrée.

Le duelliste se glissa à l’arrière de son bâtiment et décrivit un large arc-de cercle en direction du centre-ville. Il avait mis un point d’honneur à se familiariser avec tous les chemins détournés qui menaient aux résidences, bien qu’il n’utilisait que rarement cette connaissance pour traquer les étudiants. En règle générale, leurs va-et-vient le laissait indifférent. Il s’installa dans l’ombre dans un coude du sentier et attendit patiemment que Fowler arrive à sa hauteur. Un instinct au fond de lui le convainquait que l’étudiant, tout étrange qu’il puisse être, ne tenterait pas de l’avoir au jeu de la chasse à l’homme. « La présence sur le terrain de la résidence est interdit après 22h pour toute personne qui n’y est plus domiciliée. Vous le savez très certainement, pour avoir vécu ici. Je me trompe ? » La voix n’était pas accusatrice. Froide, peut-être. Enjôleuse, sûrement. Les mains dans les poches, Erich gardait la tête baissée, comme si un détail indécelable du sentier caillouteux le fascinait. Après plusieurs secondes seulement daigna-t-il relever le regard vers l’étudiant. « Je ne suis pas surpris de votre mépris des règles, cependant. »
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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Dim 27 Aoû - 10:36

Mon pas était trop rapide pour être discret mais j’étais trop énervé pour réussir à le cacher. La venue des examens signait aussi celle d’une tension envahissante et ce soir-là, je me sentais bouillir de l’intérieur. Mes mères m’avaient encore reproché de perdre du poids ; un client de Milo avait pesté à voix haute à cause d’une requête mal comprise ; et alors que je pensais réussir à me détendre un peu en jouant à un jeu avec Gwenn, mon humeur n’avait fait qu’empirer. Elle m’avait reproché ma sale tête, je m’étais emporté ; et maintenant j’étais de nouveau dehors, seul avec mon humeur massacrante. Je m’en voulais, mais ça ne me calmait en rien. Il était tard mais je n’avais aucune envie de rentrer, mon esprit n’était pas prêt pour le repos – il ne l’était jamais en ce moment. Et si Torvi me trouvait comme ça, je risquais de l’envoyer balader, elle-aussi, et j’aurais définitivement gagné ma journée. Je pris le chemin habituel, tortueux, laissant de côté l’allée centrale trop éclairée. Incapable de penser à autre chose, je récapitulai mon planning de révisions du lendemain. J’étais à jour dans mes révisions mais je n’en faisais pas assez, je le savais, il restait des lacunes, des points non-maîtrisés. Je ne me levai pas assez tôt, je travaillai seulement une heure avant d’aller rejoindre mon poste chez Milo, je devais faire plus d’efforts si je voulais réussir.

Depuis le début des révisions, je me sentais lentement glisser. Une poigne ferme et glacée me serrait le ventre, le torse, et j’avais de plus en plus de mal à la chasser. Elle devenait plus vigoureuse le soir, profitant de ma fatigue ; le jour, je la chassais parfois à force de travail, mais elle m’agrippait toujours quand je m’y attendais le moins. Je sentais maintenant son emprise s’étendre à mon esprit, et je luttais, la repoussais de toutes mes forces. Aucun examen ne m’avait encore mis dans cet état. J’avais laissé tomber, à contrecœur, les travaux sur mes prothèses, pour me consacrer à mes révisions. Cet état de stagnation me frustrait terriblement.

Stupide que j’étais, trop énervé pour prendre mes précautions habituelles, je parcourrai le sentier sans discrétion. Et alors que je m’engageais dans un coude, une voix me fit tressaillir.

- ...après 22h pou... toute personne qui n’y est plus domici...iée. Vous le savez très certainement, pou... avoi... vécu ici. Je me trom... ? 


Sa voix était si différente qu’à l’ordinaire que j’eus besoin de quelques secondes pour la reconnaître. Le concierge. Il était là, tapi dans l’ombre, regardant le sol comme s’il se délectait de m’avoir surpris. La nuit le transformait en un chasseur fantôme que j’aurais eu peine à détecter, oreilles défectueuses ou pas. Il m’avait pris de court, finalement, il avait atteint son but, sa posture et sa cachette le trahissaient ; personne ne serait donné autant de peine pour un simple étudiant enfreignant les règles. Surtout pas lui, trop nonchalant d’habitude pour ce genre de mise en scène. Il m’attendait. Il m’avait probablement suivi, et il m’attendait, relevant la tête pour me regarder comme une proie qu’on piège enfin après de longues heures de traque.

Je ne suis pas surpris de votre mépris des règles, cependant.
C’était bien ça. Il m’avait reconnu, de cette lointaine période qui m’avait emmené à travailler dans l’allée des Embrumes. Je la regrettai maintenant. A l’époque, c’était excitant, même si j’avais été assez lucide pour m’arrêter avant le point de non-retour. Est-ce qu’il voulait faire pression sur moi ? Me dénoncer ; non, difficile de le faire sans se trahir lui-même.

Que répondre à ça… Jouer le naïf ne m’aiderait pas, lui renvoyer son passé douteux non plus ; je devais être ferme. Ce jeu du chat et de la souris était la dernière chose dont j’avais besoin en ce moment.

- Pardonnez mon oubli, j'ai autre chose à penser que vos règles en ce moment. Il faut bien se détendre un peu en période d'examen, non ? Je m'en vais de toute façon.

Mon ton était trop cassant, reliquat de ma dispute avec Gwenn. J’avançai d’un pied ferme sur le sentier, bien décidé à continuer mon chemin. Je priai intérieurement pour qu’il ne me suive pas, mais je doutais qu’il laisse filer sa proie aussi facilement.

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Dim 27 Aoû - 15:53

Il ne chercha pas à cacher son sourire. Il voyait d’un bon œil que l’étudiant tente de lui résister, qu’il ne bégaye pas, ne cherche pas à fuir ou à inventer des excuses. Malgré un certain malaise, Fowler se tenait droit et ferme face à lui, comme s’il ne voulait pas lui laisser le choix de s’effacer et de le laisser partir. Erich aurait pu être déstabilisé s’il n’avait eu comme image du jeune homme que l’attitude fuyante et les regards baissés qui semblaient être son comportement de prédilection à Atlantis. Cependant, l’Allemand se souvenait d’un temps où il trouvait intéressante une vie moins plaisante, moins placide. Leurs contacts avaient été presque inexistants à l’époque, mais cela avait suffit pour lui prouver que Fowler avait plus de force qu’il ne voulait parfois le montrer.

Erich ne fit pas le moindre geste pour se mettre sur le chemin de l’étudiant et l’empêcher de partir. Nonchalamment appuyé contre son mur, les mains dans les poches, il lui laissa une seconde d’avance. Comme pour lui faire croire qu’il allait s’arrêter là, se laisser réduire au silence si facilement. « Mes règles ? » Il força sur le possessif, se donnant un air étonné. « Ce règlement est imposé par l’université. Tout contrevenant peut se voir expulsé de son cursus sans avertissement. » Il avait du aller relire le règlement qui lui avait été fourni lorsqu’il avait signé son contrat et qu’il était tenu de connaître parfaitement. Cela lui avait pris près de deux heures, et il ne comprenait toujours pas comment ce satané bout de papier avait atterri dans sa commode à chaussettes. Une intéressante métaphore sur le respect qu’il portait aux règlements en général, sans doute. « Ce qui suppose également ceux à qui vous rendiez visite. » Il afficha une moue faussement étonnée. « Est-ce là ce que vous souhaitez ? »

La confrontation n’était pas son mode préféré de communication, malgré ce qu’on aurait pu croire d’un bookmaker de duels illégaux. C’était un moyen efficace, certes, mais qui n’instaurait guère de relations de confiance. Cependant, ses opportunités pour approcher l’étudiant avait été trop rares, et celui-ci les avaient trop rapidement rejetées, et il n’avait pas la patience de jouer au chat et à la souris encore longtemps. Il avait ce besoin viscéral de connaître les autres joueurs sur son terrain, surtout à l’aube de sa première séance. Dans une ville aussi réduite qu’Atlantis, à la population jeune et stable, sans culture underground de part sa sortie de terre toute récente, Erich ne pouvait se permettre le doute.

Cette fois, il ne détacha pas son regard de l’étudiant. Il ne se voulait pas hostile, malgré l’éhonté chantage auquel il n’avait pas rechigné. Quand on évoluait dans un milieu comme le sien, la douceur et l’honneur étaient des valeurs secondaires, face auxquelles primaient toujours efficacité et sécurité. Il n’élabora pas ses menaces cependant, ni ne fit le moindre geste en direction du jeune homme, lui laissant encore une fois l’opportunité de venir vers lui de lui-même. Dans une autre vie, Erich avait peut-être été dresseur d’animaux farouches. Entre temps, il avait cependant perdu l’empathie. « Ne me comprenez pas mal cependant, ce n’est pas ce que je souhaite moi. Je ne pense pas que votre exclusion soit une évolution souhaitable de nos relations. » Mais il ne fait aucun doute que je n’hésiterai pas à mettre la menace à exécution, si vous m’y poussez. Semblèrent compléter ses yeux où brillait une lueur froide et scrutatrice, si opposée à la nonchalance travaillée et presque sympathique qui irradiait de sa position relâchée.

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Dim 27 Aoû - 16:49

Il me laissa avancer, comme un chat jouant avec une souris, qui lui autorise quelques centimètres de liberté pour mieux la rattraper entre ses griffes. Car il savait que je ne lui échapperais pas, pas tout de suite, pas aussi facilement. Et il me le prouva, avec sa phrase lourde de menace. Même de dos, même sans distinguer clairement tous ses mots, je compris. Je frissonnai de la tête aux pieds, sans pouvoir me retenir. Alors c’était ça, du chantage ? Je ne savais pas s’il disait vrai, je n’avais jamais pris la peine de lire le règlement en entier, mais il avait dû préparer son plan avec soin. Je devais prendre le parti de le croire, car risquer l’expulsion était simplement hors de question. Pas après tout ce travail, tout ce que j’avais fait cette année, avec tout ce que j’avais encore à faire. A l’idée de rentrer à Flagley, expulsé et noyé de honte, seul et sans plus de perspectives d’avenir, je flageolai presque ; et la main glacée serra plus fort, puisant sa vigueur dans la bouffée de stress qui m’envahissait.

Je me tournai lentement vers le concierge, tentant de calmer les battements de mon cœur complètement affolé. Il n’était pas un homme à qui il était judicieux de montrer ses faiblesses, je le savais, et je tentai de conserver une attitude ferme et décidée. Inutile aussi de jouer le malin, nous n’étions plus dans l’enclave théâtrale du cercle de duels, et j’avais beaucoup trop à perdre ici. Beaucoup trop pour jouer à quoi que ce soit. Sans parler des éventuels ennuis que Gwenn encourait désormais.

Quel idiot j’avais été de venir ici ce soir ! Éviter ce type était une des raisons qui m’avait poussé à emménager avec Torvi, à l’abri des petites rues tranquilles des faubourgs. Je ne comprenais pas ce qu’il voyait en moi qui le poussait à me suivre avec autant d’acharnement, mais il ne lâcherait pas l’affaire de sitôt. Et sa deuxième menace, que je saisis cette fois de bout en bout, maintenant que nous nous faisions face, ne fit que resserrer la poigne autour de ma poitrine.

Nos relations. C'est ainsi qu'il appelait ce chantage ? Quel imbécile j’avais été de tremper dans ce business ! J’avais voulu jouer avec plus fort que moi, et j’allais perdre. Il fallait résoudre ça, tout de suite. J’avais réussi à cacher ce court épisode de ma vie à tout le monde et je n’allais pas risquer de le dévoiler maintenant.

Je m’avançai, lentement, un pas après l’autre. Son regard était impressionnant, saisissant de contraste avec celui que je lui connaissais d’ordinaire, mais je le soutins. A deux mètres de lui, je m’arrêtai, me glissant dans l’ombre pour me cacher d’éventuels regards indiscrets. Cette fois-ci, je réfléchis à peine, et ma voix était aussi ferme qu'avant, mais vidée de sa colère. Il s'agissait de jouer finement à présent.

- Qu’est-ce que vous voulez ?

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Lun 28 Aoû - 5:51

Ce qu’il voulait ? Jouer au Quidditch, la gloire dans l’ombre, oublier l’existence de ses moldus de parents et renouer avec sa sœur. Retourner à Durmstrang, juste pour contempler encore une fois la vue du haut de ses tours et se demander si derrière les montagnes, se trouvait un Magyar à Pointes. Il voulait rêver encore. Mais ces jours-là étaient loin dans le passé, et si une moindre chance subsistait, ils étaient aussi loin dans le futur. Erich hocha la tête, content que l’étudiant ne fasse pas plus opposition et continue de l’affronter avec toute la vaillance dont il était capable. Pour un peu, l’Allemand aurait souri avec une chaleur teintée de reconnaissance. Enfin, poussé dans ses retranchements et acculés, il montrait qui il était vraiment. Le concierge éprouvait toujours une satisfaction arrogante à l’idée de ne pas s’être trompé dans ses jugements.

« Parler. » Il regarda autour de lui. « Mais pas ici. Toutes les conversations ne sont pas faites pour être entendues. » Sa voix s’était apaisée, son regard aussi. Une fois la bête matée, il n’était plus nécessaire de continuer à l’effrayer, à moins de vouloir être sur de s’assurer son absence de coopération à tout jamais. Erich n’avait aucunement l’intention de se mettre Fowler à dos, ni même de lui causer des ennuis. Du moins, en ce qui concernait son cursus universitaire. Si lui même n’avait jamais eu l’envie de rejoindre l’UPA malgré son jeune âge, il ne voyait aucun intérêt à saboter les rêves des autres.

Il prit la direction de l’entrée principale des Halls Résidentiels, l’œil aux aguets, jetant de temps en temps un œil par dessus son épaule pour s’assurer que l’étudiant ne tentait pas de lui faire faux bond. Il ne s’y attendait pas vraiment, mais le réflexe était trop ancré pour qu’il puisse même s’y opposer. Sans prononcer un autre mot, il guida Fowler jusqu’à l’entrée du bâtiment n°1, jusqu’à son propre appartement. Il murmura un incantation devant la porte, qu’il déverrouilla ensuite avec une petite clé d’argent. L’appartement n’était pas grand, et bien agencé malgré le désordre qui y régnait. Il semblait propre cependant, et rien ne détonnait, comme si ici vivait un étudiant parmi d’autres.

« Assieds toi, ou ne t’assieds pas, comme tu veux. » Erich posa sa baguette sur la table de la cuisine et y abandonna aussi sa veste, avant de s’appuyer contre le rebords. « Je sais que tu ne me fais pas confiance, et je ne peux pas te le reprocher. Moi non plus, cependant. Je sais où tu as été actif, mais je ne sais pas ce que tu es venu faire à Atlantis. Ni qui a pu te suivre. Tu ne peux pas te faire oublier, pas entièrement, tôt ou tard, quelqu’un d’autre atterrira ici et se souviendra de ton visage. Dans ces milieux-là, les yeux et la voix importent bien plus que le nom. » Il marqua une pause. Son regard ne se détachait pas de l’étudiant, il était toujours méfiant, mais moins froid. Dans sa voix, on aurait presque pu distinguer une touche paternelle, si seulement toute sa mise en scène n’avait pas, dès le début, fait de lui un prédateur. « Et tu n’es pas le moins reconnaissable. »

Erich se tut. Des choses à dire, des questions à poser, il en avait encore d’autres. Cependant, il se doutait que Fowler n’avait pas vu les choses sous cet angle, que sa volonté de le fuir lui n’était pas sans lien avec un souhait de laisser l’Allée des Embrumes derrière lui. Peu comprenaient que ce n’était pas l’allée en elle-même, qui représentait un danger, mais ce que l’on chargeait sur soi-même, son âme et sa réputation quand on osait y pénétrer pour faire affaire. Se laisser attirer par sa noirceur revenait à lancer un sortilège de magie noire ; on n’oubliait jamais vraiment la sensation, le désir. Le doute planerait toujours. Pour l’Allemand, l’attirance n’avait que deux issues ; l’embrasser ou se laisser consumer.

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Lun 28 Aoû - 17:08

Je doutais soudain que ma posture m’ait été favorable. Si j’avais joué l’étudiant affolé, peut-être m’aurait-il jugé inintéressant, et l’affaire aurait été close. En voulant paraître innocent, je m’étais désigné coupable. Ce jour devait arriver, et j’étais même surpris que Richter ne m’ait pas abordé plus tôt.

Parler ? Sa voix s’était adoucie mais je retins un frisson, tant l’idée de me retrouver seul avec lui dans un endroit isolé m’inspirait tout sauf confiance. Mais partir à ce moment aurait été stupide ; et même pire, suspect. Alors je hochai simplement la tête.

- D’accord.

Et je le suivis, surveillant moi aussi le sentier et Richter, et les innombrables fenêtres noires des résidences. La balade s’arrêta vite, devant la porte du concierge, que j’avais contourné avec soin depuis janvier.

J’entrai en fouillant la pièce du regard, cherchant signe d’autres participants à cette discussion pas si improvisée. Tout aurait été parfait pour un guet-apens ; mais je n’étais pas assez important pour que Richter se donne cette peine. L’appartement ressemblait à celui de n’importe qui dans la résidence, bien qu’offrant plus de confort que les chambres étudiantes. Il s’appuya contre la table, je restai près de la porte, debout face à lui. Je devais saisir chaque mot, et en cela, notre nouvelle situation se révélait beaucoup plus pratique que l’obscurité précédente. Et j’attendis, patiemment, qu’il finisse sa tirade, la gorge un peu plus sèche à chacun de ses mots, mais le visage toujours impassible. Il avait raison. J’avais pris des précautions bien sûr lors de mes virées dans l’allée des Embrumes, caché mon visage, exagéré mon accent du Yorkshire qui se faisait si discret d’habitude, pris soin de laisser le moins de traces possible. Mais on n’est jamais invisible dans ce genre d’endroit, jamais totalement oublié. Me faire oublier, c’était la principale raison de mon retour chez mes mères, pendant les trois années qui avaient suivi. J’avais cru, à tort, que ma courte et superficielle activité n’avait pas été assez notable pour qu’on me suive, 4 ans après. Et maintenant que j’avais trouvé ma voie, il était hors de question de tout faire capoter.

Je respirai lentement. Il croyait de toute évidence que moi aussi, j’avais vu Atlantis comme un nouveau marché à conquérir. Si ce n’était pas mon cas, d’autres comme lui avaient pu déceler l’aubaine… et sa prédiction risquait de se réaliser.  

- J’étais actif, pendant un court moment, mais je ne le suis plus depuis des années. Je suis venu ici pour mes études, c’est tout. Je n’étais pas l’instigateur de cette activité et je ne compte pas remettre les pieds là-bas de ma propre initiative. Et si on me reconnaît et bien… j’aviserai.


Il n’y avait rien d’autre à faire, de toute façon. Je n’allais pas fuir à nouveau, m’enterrer à Flagley pour le restant de mes jours à cause d’une passade de mes 20 ans.

- Pour ce qui nous concerne, je pense que vous et moi avons autant à perdre à nous dévoiler.  Alors autant en rester là ?

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Mer 30 Aoû - 12:19

Erich hocha la tête de droite à gauche, sans commenter. Il n’était pas vraiment étonné de la réaction de l’étudiant ; il l’avait déjà vécue avec d’autres. Les issues avaient été de deux sortes. Soit ils n’avaient pas été reconnus et n’avaient pas succombé à la tentation à laquelle ils s’étaient un jour offerts, soit le passé les avaient rattrapé, ou ils avaient cédés. Souvent, l’un allait avec l’autre, et ça se passait mal. La première issue était indéniablement plus rare que la seconde, malgré les efforts déployés, les promesses sincères et la confiance de l’entourage. Une part de lui espérait que Fowler avait raison. Peut-être par empathie, peut-être parce que chaque repenti qui tombait dans les mauvaises mains était une piste de plus sur sa trace à lui.

« À ce moment-là, il sera déjà trop tard. Tu ne peux pas faire comme si le passé n’avait pas existé. » On gardait tous des marques de ce qu’on avait choisi de faire, même des choix qu’on regrettait. Erich ne comptait plus les cicatrices qu’il s’était vu infliger avant ses vingt ans, avant qu’il ne décide que tous les combats n’étaient pas bons à mener. Après son expulsion des Faucons, il s’était jeté corps et âme dans le duel, celui-là précisément qui avait causé sa chute. Les brûlures boursouflées de ses bras et de son torse lui rappelaient chaque jour son imprudence, ce qu’il aurait pu devenir, et ce qu’il était réduit à être. Fowler, contrairement à lui, s’était peut-être arrêté assez tôt. « Et tous les savoirs ne se trouvent pas dans les livres. »

L’Allemand s’écarta de la table pour s’approcher de la fenêtre, soudainement pensif. Le regard plongé dans la demi-obscurité de la cour, où tout était silencieux et immobile, il se rappela avec un sourire ces arrières salles où, derrière le brouhaha du duel, s’échangeaient drogues, objets d’arts, livres aux savoirs oubliés. Tous n’étaient pas illégaux, même s’ils étaient évidemment la majorité. Tous étaient pourtant reniés par la société bien pensante, avaient été poussés dans l’ombre par des doctrines conservatrices. Au delà de sa rancœur et de son amertume, Erich n’était pas convaincu que, rendu à nouveau à cette soirée fatale où son destin avait basculé, il poserait une décision différente. Il avait perdu une carrière sans doute brillante, un chemin de vie reconnu et admiré, néanmoins, il avait gagné cette possibilité inestimable de créer de toutes pièces son propre monde.

« Je ne pense pas que tu sois fait pour ce monde-ci, même si tu essaies de t’en convaincre. » Il avait vu Fowler à l’œuvre, la lueur dans ses yeux, la fébrilité dans ses mains. Ce n’était pas juste les sensations qu’il était venu chercher, ni même l’attrait de l’interdit qui l’avait poussé dans l’Allée des Embrumes. Il soupira une nouvelle fois et se détourna de la fenêtre pour faire face à l’étudiant. « Tu pourrais trouver des alliés et des mentors. Leur qualité vaut, évidemment, le risque que l’on prend pour les rencontrer. » Toute chose avait son prix. « Je n’ai jamais eu l’intention de t’exposer. J’ai des valeurs, malgré ce qu’on pourrait croire. » Son regard s’était fait plus pesant sur les derniers mots, ne laissant que peu de doute sur la menace qui planait derrière ses mots, si jamais l’étudiant songeait, lui, à agir différemment. Sans autres mots, il indiqua la porte d’un geste ample et souple, laissant Fowler s’en aller, rester et faire ce que bon lui semblait. Erich avait obtenu ce qu’il voulait et, satisfait, il alla se laisser tomber dans son canapé et ferma les yeux, fatigué d’une longue journée.

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MessageSujet: Re: A quel point méprisez-vous les règles ?   Jeu 14 Sep - 5:05

Je ne savais pas si mes explications sonnaient juste, ou crédibles, mais elles étaient sincères. Le passé existait, mais loin de ma pensée et de mes préoccupations actuelles. Je ne savais pas ce que je ferais au cas où une autre personne, moins discrète que Richter, me reconnaîtrait ; je me contentais d'espérer que ce jour ne vienne pas.

Ma raison repoussait chaque mot de Richter, décidée à ne pas céder. Mais il visait juste et égratignait ma résolution, mot après mot. Il parlait de connaisseur à connaisseur et des images, puis des sensations, revinrent à ma conscience, nettes et précises comme au premier jour.

L'adrénaline, d'abord, de plonger dans l'interdit ; puis celle d'y retourner, d'en découvrir toujours plus, d'avoir accès à des connaissances reniées, écartées de la lumière. Avais-je seulement conscience des risques que j'encourrai à ce moment-là ? Apprendre était ma valeur cardinale, et les considérations bien pensantes de bien ou de mal me semblaient futiles ; le savoir n'est pas bon ou mauvais en soi, son orientation dépend de ce que l'on en fait. Le monde n'était pas aussi binaire que ce qu'enseignait Poudlard, et l'allée des Embrumes était un réservoir formidable de connaissances pour qui n'avait pas peur de s'éloigner des chemins tout tracés. Richter avait raison, il se trouvait là-bas des mentors qu'on ne croisait nulle part ailleurs. Et c'était bien ce qui m'avait tenté, alors, dans ma stupide jeunesse pas très lointaine. Mais j'avais changé. Et maintenant, toutes ces choses qui me semblaient si attrayantes me faisaient presque peur. Parce que j'avais conscience du danger, de ce que je risquai de perdre, et que je n'étais plus prêt à le risquer pour quelques processeurs rares ou des livres interdits.

Et pourtant… Et si… Et si je trouvais des informations utiles là-bas, pour améliorer mes implants ? Je progressais à pas de tortue ici, il me manquait peut-être des connaissances enfouies ou trop expérimentales pour être déjà dévoilées… Au creux de mon ventre, une ancienne exaltation se réveilla.

Mais je secouai la tête, et chassai cette idée. Hors de question.

- Vous vous trompez.

Des alliés, des mentors, j'en avais ici. Mes mères, Milo, Poppy, le professeur Campbell, et d'autres gens bien plus fiables que ceux que je trouverais dans l'allée des embrumes. La discussion était close, et le souvenir de l'adrénaline passée s'évanouit comme dans un songe.

A sa remarque au sujet des valeurs, je hochai la tête et soutint son regard. Ces derniers mots me semblaient les plus francs de la discussion ; de lui n'émanait pas l'image d'un criminel changeant et instable, mais celle d'un homme plaçant ses pions avec soin et calcul. Le message était clair et nous étions quittes, d'une certaine façon.

- Je n'en ai jamais eu l'intention non plus. Je ne doute pas que vous ayez des valeurs, j'ai aussi les miennes, elles ont simplement changé.


Le soulagement me submergea lorsque sa main m'indiqua la porte, signe que cette conversation dangereusement tentante prenait fin. Je ne me fis pas prier et ouvrit la porte, saluai Richter d'un hochement de tête réflexe et me retrouvai à nouveau dehors. J'avançai de quelques pas dans l'ombre avant de me décider à souffler profondément, la main appuyée contre un arbre. Je frottai mon visage, comme pour en ôter toute trace de cette discussion, de cette culpabilité, de ce passé qui devait rester caché. Je soufflai encore, pour calmer mon coeur, et je pris le chemin de mon appartement.

Torvi dormait et je me glissai comme une ombre jusqu'à ma chambre. J'ôtai mes prothèses et essayai de dormir, mais en vain, comme toujours ces dernier temps. Allongé dans mon lit, épuisé mais tiraillé par l'insomnie, les mots de Richter me frappèrent de nouveau. « Tous les savoirs ne se trouvent pas dans les livres. » J'ouvris au hasard un manuel d'alchimie et tentai de noyer ses paroles dans les pages et les formules ; et quand l'aube pointa, enfin, je m'endormis.

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