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 [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier
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Ariane D. RosierSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Mar 15 Aoû - 17:01



Retourner chez soi
Ariane - Léandre


16 juin 2000

S'enfuir. C'était devenu une obsession. Sa seule raison de vivre. Ou plutôt, sa seule raison de survivre. Elle n'en avait presque plus aucune à par cela. Presque. Il y avait encore lui. Son âme-soeur. Encore eux. Sa famille. Mais où étaient-ils ? La cherchaient-ils simplement ? Elle n'en savait rien. L'espoir qu'un jour elle puisse les revoir était la seule chose qui ravivait la flamme qui s'éteignait de plus en plus en elle. Elle n'aspirait à rien d'autre... Pas même à vivre. Pas même à sentir le vent sur ses joues... La pluie sur son visage... Se laisser porter par les flux d'air... Tout cela avait disparu depuis longtemps pour n'être qu'un lointain souvenir. La folie guettait sous la surface. Elle s'effrayait elle-même quand parfois, elle s'entendait murmurer à voix haute, au fond de sa froide cellule. Mais elle se répétait sans cesse, chaque jour, ou du moins, ce qu'elle pensait être chaque jour, leurs noms. Ne pas oublier. Ne pas les oublier. Ne pas les laisser devenir un vague souvenir. Elle ne le pouvait pas, elle en était incapable. Elle n'avait plus que cela... Plus qu'eux... Elle n'avait plus aucune notion du temps et c'est à peine si elle savait où elle était. Elle n'était consciente que de la douleur qui parcourait son corps à chaque seconde jusqu'à l'évanouissement. Elle n'était plus lucide que quand elle tentait de trouver un moyen de s'enfuir. Par n'importe quel moyen. Au début, elle avait essayé de compter les jours. Mais la première fois, quand elle avait sombré à cause de la douleur insoutenable, elle avait vite comprit qu'elle serait incapable de garder un repère temporel. Jamais elle ne voyait un seul rayon de soleil ni n'entendait le moindre bruit extérieur... Ni le vent, ni la pluie, ni l'océan... Rien. Le silence, par jours chanceux... Les hurlements des autres sinon...

Elle n'était pas loin de céder à la folie pure quand, un jour, elle avait entrevue une échappatoire. Une faille dans leur système. Un gardien un peu trop confiant... Un peu trop vil... Et une absence prolongée, affaiblissant les barrières magiques qui lui empêchait toute retraite. Puis vint l'orage, qui sonna le départ. L'éclair salvateur... La foudre frappant le pylône électrique alimentant la centrale et plongeant leur monde glacial dans le noir... S'enfuir. Plus qu'une idée, une obsession. Ne regardes pas en arrière. Un ordre raisonnant dans sa tête avec la voix impérieuse de Léandre, sonnant plus comme un appel à ses yeux. Elle n'avait plus sa baguette. Elle n'avait plus aucun pouvoir, elle se sentait nue. Mais elle était libre. La pluie battante, l'orage assourdissant, elle ne sentait rien, n'entendait rien. Elle courait, droit devant elle, ignorant la griffure des ronces sur ses jambes, ignorant la morsure de la douleur dans son corps meurtri, affaibli. Elle avait couru jusqu'à ce que son souffle, devenu erratique, ne lui permette plus de continuer. Elle s'était effondrée sur elle-même et fut secoué d'un rire nerveux, démentiel... Mais après tant de semaines, tant de mois... Peu lui importait d'être prise pour une folle -peut-être qu'elle l'était après tout ; elle avait réussi... Elle s'était enfui.

La pluie tombait drue sur Atlantis. Comme d'habitude. Mais elle en souriait. Elle était trempée jusqu'aux os, elle tremblait, mais qu'importe. En cette heure tardive de la nuit, personne n'arpentait les rues et ruelles d'Atlantis. Qu'ils aient été des centaines, des milliers lui importait peu ; elle ne les aurait pas vu de toute façon. Elle était aveugle à ce qui l'entourait. Inconsciente. Seul l'espoir guidait ses pas. Elle ne se souvenait pas d'avoir un jour fait ce chemin là entièrement à pied. Aller du port jusqu'à l'enclave sorcière sans l'aide de la magie ou d'aucun autre moyen de transport lui avait toujours sembler être une hérésie. Et pourtant, cette nuit là, elle le faisait... Elle appréciait même le contact du pavé, glacial, sous ses pieds nus. Elle appréciait le poids de sa robe, gorgée d'eau, sur ses épaules. Elle se riait des tremblements qui la parcourait. Elle était au bord de la folie, mais elle avait réussi... Quand elle arriva enfin devant le Manoir des Rosier, elle resta longtemps planté là, au milieu de l'allée, à regarder d'un air béat la grande demeure, dont quelques fenêtres étaient illuminées. En fermant les yeux, elle imagina la chaleur du feu sur son visage... Elle entendit le craquement des bûches dans l'âtre, le grattement de la plume de Léandre sur un parchemin... Et puis le feulement d'un chat au loin lui arracha un sursaut et fit disparaître ces visions enchanteresses. Pendant un instant, elle se retrouva perdue avant de reconnaître à nouveau l'allée pavée. Le regard encore effrayé, elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit en silence...

La demeure était calme. Seul le bruit de feu ronronnant dans le salon venait perturber ce silence. A pas lents, elle se dirigea vers le salon pour n'y trouver personne. Seul un feu ronronnant l'y attendait... Mais une fois dans la pièce, elle eut un moment d'hésitation. Était-ce réel ? Était-elle bien rentré chez elle ? N'était est-ce pas une illusion ? Une nouvelle forme de torture destinée à la rendre plus folle encore qu'elle ne l'était déjà ? Instinctivement, elle serra ses bras sur ses épaules en cherchant du regard le moindre signe lui permettant d'écarter cette hypothèse terrifiante. Non... Elle ne pouvait pas être encore là-bas... Ils ne pouvaient pas manipuler ainsi son esprit... C'était impossible... Dans un murmure terrifié, elle prononça la seule chose qui lui avait permit de ne pas céder au néant... « Léandre... » Elle s'affaissa sur elle même dans un léger bruit d'étoffes humides, se balançant doucement d'avant en arrière et se répétant tout bas sans cesse les mêmes mots. S'efuir... Pour lui... Pour eux...

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Léandre RosierSorcier - StaffavatarSorcier - Staff
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Dim 20 Aoû - 14:19

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Léandre et Ariane

Elle avait disparu un beau jour sans qu’il sache exactement pourquoi et comment. Pourtant, on lui avait expliqué la situation un nombre incalculable de fois. La mission avait mal tourné et des moldus s’étaient attaqués aux agents sur place. Il y avait eu des pertes. Ariane faisait partie des noms manquants. Des corps restés introuvables par leurs confrères. Elle avait disparu de son existence comme si elle avait été emportée par le vent.
 
Ce jour-là, Léandre avait été détestable. Il avait hurlé d’une fureur incandescente sur ses sœurs. Il avait molesté son supérieur d’une poigne qui avait failli lui coûter son blason d’Auror. Il avait écumé la ville avec une rage explosive et redoutable. Un rien suffisait à lui faire lever le bras d’une violence à peine contenue. Ariane avait disparu et il ne pouvait rien faire.
 
Il était devenu l’impuissance même. Une faille insupportable. Véhémente. Déchirante. A cause des moldus. Ces créatures abjectes. Ces suppôts du Mal qui ne voulaient pas reconnaître leurs indécences.
 
Ses aînés s’étaient efforcés de lui faire entendre raison dans la plus grande des peines. Il ne pouvait rien faire. Ils ne pouvaient qu’attendre. Et c’était ce qu’il y avait eu de plus difficile à accepter. Alors, le sorcier s’était jeté corps et âme dans la mission imposée par Honoria. Trouver une fiancée. Se l’attacher et l’amener à l’épouser. Oh, qu’il aurait été sage de s’en tenir à Mazikeen Avery. Mais il avait croisé la route de la volubile Raventhrone, lui, le templier infaillible. Et il s’était détourné des ambitions de sa cadette sous la coupe énigmatique de cette princesse de l’Est.
 
Il avait employé toute son énergie dans cette affaire pour assourdir la souffrance. Pour la neutraliser ne serait-ce que quelques heures et commencer à envisager l’avenir. Or, était-il ne serait-ce que possible d’en guérir ? Elle avait été son tout pendant des décennies. Son double. Son âme-sœur.  Cette face de lui-même plus lumineuse et altruiste qu’il ne le serait jamais. Lui, le guerrier opportuniste. L’ambitieux ophidien qui s’entourait des apparats les plus délicats et les plus mensongers. Qui s’associait aux âmes les plus dévouées.
 
Ariane manquait à l’équation. A son rayonnement. Elle n’avait pas même eu l’occasion de juger son choix – contestable aux yeux de certains – quant à sa favorite. La nébuleuse Adrasteia.
 
Alors, ce seize juin, l’Auror s’était enfermé dans sa chambre. Il songeait avec délectation au bon déroulement de son plan et à cette nuit inhabituelle qui l’avait dirigé vers des engagements plus sérieux. Au moins, s’occuper l’esprit avait ça de bon qu’il tendait à ternir la souffrance. Quitte à se remémorer assez peu discrètement les taquineries lascives de l’indicible nymphe.
 
Cependant, il y avait eu un trouble dans cet abandon passager. Un avertissement sonore sur le coin du bureau qui avait retenu son attention : quelqu’un avait franchi le pas de la porte. Sans avertir de sa présence ? Il s’agissait probablement de Siobhan. Elle était bien la seule à s’autoriser des visites aussi imprévues. Ni une, ni deux, Léandre se reprit de manière présentable et s’extirpa de son repaire à la recherche de son aînée.
 
Mais il ne tomba pas face à l’impétueuse blonde. Au contraire. Devant-lui, à quelques mètres, se recroquevillait une silhouette malheureuse. Familière. « Ariane ! » Et il avait crié. D’un coup. Sans s’en retenir. Tombant presque à genoux devant celle qu’il pensait sincèrement avoir perdu. « Ariane … »  Prêt à ramper sur cette distance devenue ridicule pour l’attirer contre lui.
 
Et c'est ce qu'il fit.

Embrasser ses cheveux. Son front. Ses paupières. Tout en la serrant avec une inquiétude proprement douloureuse. « Ariane, comment … ? » La crainte au bord des lèvres, tant il peinait à retenir ses sanglots et ses frayeurs en la tenant toujours plus fort.

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Ariane D. RosierSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Lun 21 Aoû - 4:47

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Ariane - Léandre

Son nom... Cette voix... Elle s'était figée en entendant cette voix si familière prononcé son nom et avait relevé les yeux. C'était réel, ce n'était pas une projection de son esprit, une illusion... Ce n'était pas le produit de la torture, ni un manipulation perfide. Elle avait bel et bien réussi. Elle s'abandonna aux bras de Léandre, sans opposé une seule résistance. Les épaules tremblantes de froid, à moins que ce ne soit de rire... Elle était partagée entre le rire et les larmes, sans savoir auquel il fallait céder. Le rire, nerveux, témoin de la tension qui l'empêchait encore de s'effondrer, même maintenant ; ou les larmes de soulagement, de joie pure d'avoir retrouver les siens, d'avoir mit fin à son cauchemar... Elle ne savait pas. Elle fit les deux.

« Ariane, comment … ? » Elle se reconnecta à une relative réalité au son de la voix de son frère et rompit doucement le contact entre eux, posant avec hésitation ses mains tremblantes sur son visage, de chaque côté de ses joues. Un sourire nerveux passa sur son visage avant qu'il ne disparaisse, remplacer par le doute. Ses joues étaient trempées, mais elle n'arrivait pas à savoir si c'était à cause de la pluie ou si elle pleurait vraiment. Ses yeux passaient sur chacun de ses traits, cherchant la moindre faille, essayant de se persuader que c'était bien lui. Il ne peut pas être une illusion... Pas lui... Elle se raccrochait à ses mâchoires, laissant passer ses mains maladroites sur son cou, se raccrochant à lui comme à une bouée de sauvetage.

« Léandre... C'est... Vraiment toi ? » Elle cherchait son regard, sans réussir à se fixer. Elle doutait... Mais une idée traversa son esprit qui la glaça. La terrifia. Son sang ne fit qu'un tour et ses yeux s'écarquillèrent d'une terreur pure. Ses mains s'écartèrent de son âme-soeur pour se tendre, figée de chaque côté de son visage, sans le toucher, comme si elle avait peur de le brûler. « Je ne suis peut-être pas moi... Je suis peut-être sous... » La panique lui serra la gorge, l'empêchant d'aller au bout de sa phrase. Sa respiration s'accéléra et un flot de pensées l'envahit, qu'elle formula dans un murmure rapide, son regard se voilant, la rendant aveugle à ce qui l'entourait. « Je n'aurais pas dû revenir, c'est trop dangereux... S'il me manipule... Si j'en venais à leur faire du mal... »

Elle avait beau avoir été formé, ces derniers mois avaient mit ses nerfs à rudes épreuves et les tortures subi rendaient la séparation entre l'illusion et la réalité bien flou. Trop flou pour qu'elle prenne le recul nécessaire et qu'elle se rende compte que sa panique passagère était infondée... Elle restait figée, incapable de voir... De le voir...

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Léandre RosierSorcier - StaffavatarSorcier - Staff
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Mar 22 Aoû - 9:22

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Léandre et Ariane

C’était comme si tout le reste s’était évaporé. Désagrégé dans une atmosphère écrasante. Corrompu par la frayeur, l’incompréhension et la stupéfaction qu’il éprouvait face à cette situation irréaliste. Ariane avait été portée disparue. Arrachée aux siens dans une bourrasque qui annonçait l’innommable tempête à venir. Les moldus finiraient par les anéantir. Que la communauté magique veuille le reconnaître. Ou non.

Et là, tremblotante et mouillée, dans une posture qu’il ne lui avait jamais connu, elle était revenue. Ariane était revenue. « Ariane … » Le visage strié de larmes. De malheurs dont il craignait les origines et les conséquences. Puis ce rire, aux connotations étranges, qui montait entre eux d’une manière bien trop inhabituelle pour qu’il se refusa à le constater.

Dans ces retrouvailles tant espérées, Léandre y décela de l’horreur. Sans être en mesure de vraiment l’appréhender. De le cerner. Tout juste de le deviner derrière les entrelacs souffreteux du souffle de sa sœur. Saccadé. Épuisé. Maladif, ou en passe de l’être. Il devait faire quelque chose pour stabiliser l’état émotionnelle de son aînée et la réchauffer.

Bon dieu, dire qu’il avait laissé sa baguette à l’étage. Quel idiot.

Délicatement, et alors que l’esprit du sorcier examinait scrupuleusement les possibilités, elle se dégagea de sa proximité immédiate. Seules des mains pâles et abimées conservèrent le contact entre eux. Elle avait souffert. Il détesta avec une véhémence nouvelle ce constat : et dans les sanglots désespérés qui secouaient ses épaules, il commença à y distinguer de la colère.

Une fureur redoutable. Obscure.

Elle s’accrocha encore à sa force, vraisemblablement perdue dans un flot qui la dépassait. Qui le dépassait. C’est vraiment toi ? « Oui. » Et il ne chercha pas à détailler l’affaire car il n’en doutait pas une seule seconde. Or, Ariane menaçait de s’enfoncer davantage dans l’incompréhension. Soudainement blessée par un méfait potentiel qu’il n’avait pas même envisagé. Pas moi. Peut-être sous ... « Imperium ? » Elle paniquait. Complètement. « C’était des sorciers ? » Cette fois-ci, c’est chez lui que l’interrogation piquait. Mordait. Inquiétait.

Il n’avait envisagé que les moldus. A tort ? « Ariane, respire … » Lui-même ne peinait-il pas à contrôler sa propre respiration ? Trop dangereux. Faire du mal. « Ariane ! » Elle divaguait de plus en plus violemment à ses yeux. Et … Bordel ! Sa baguette était si loin !

Sans chercher à réfléchir davantage, Léandre arracha sa sœur au sol. Tant bien que mal, il s’efforça de la porter vers la salle de bain. Oh, il peinait dans l’affaire tant ce corps adoré était secoué de frémissements et désagréablement glissant entre ses doigts. Mais il ne la lâcherait pas. Plus. « Ariane, je t’en prie. Ce n’est pas le cas. » Oh, que ça lui brûlait les entrailles de la voir ainsi diaphane et douloureuse. « Ariane, je te promets, tout va bien ici. »

Et il poussa la porte espérée d’un coup de genou, pressé de la coucher contre le tapis ivoirin. « Ne bouge pas. » Tout en récupérant çà et là des serviettes qui traînaient dans les armoires. « Ariane ? Ariane, je suis là. » Tout en la déshabillant aussi vite qu’il le pouvait pour la soustraire à l’humidité morbide qui la guettait. « Je vais te réchauffer, d’accord ? » Avant de l’entourer d’un épais drap qu’il avait trouvé dans son inspection véloce. « Ariane ? »

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Ariane D. RosierSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Jeu 24 Aoû - 4:58

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Ariane - Léandre

Le flot continu de ses pensées, toujours plus obscures les unes que les autres, l'envahissait. Elle luttait contre elle même. Une part d'elle essayait de se persuadé qu'elle leur avait échappé, qu'elle était bel et bien de retour, que Léandre en face d'elle, était bien réel, pendant que l'autre, sombre, flirtant dangereusement avec la folie, réfutait chacun de ses arguments, chacune de ses convictions, l'enfonçant toujours davantage dans la douce folie qui semblait s'emparer d'elle. C'était comme si elle était paralysée, incapable de voir au delà du voile de noirceur qui lui tombait devant les yeux. Elle avait subit tellement de choses... Tellement de sévices... Comment pouvait-elle ne pas douter ? Comment pouvait-elle encore simplement tenir debout... Elle ne le pouvait pas. Elle sombrait. Doucement mais sûrement, elle s'éteignait.

La poigne de son frère la soulevant du sol lui fit cesser ses divagations. Murmure continu et presque inaudible, aux paroles dénuées de sens, incompréhensible. Un fou discutant avec lui même dans la froideur de sa cellule aurait fait de même, le regard fuyant en plus. Le sien était empli de terreur. Elle avait peur. Peur pour les siens. Elle était terrorisé face à l'idée qu'il leur arrive quelque chose, qu'il leur fasse du mal. Et si la prochaine victime était sa sœur ? N'était-ce pas elle qu'elle entendait hurler, dans un coin de son esprit ? A moins que ce ne soit l'écho de son propre cri, ou le souvenir, insidieux, perfide, des cris de douleur et de désespoir qui avaient agité ses nuits depuis tant de temps. Elle se retrouva perdu, l'espace d'un instant. Emportée ainsi, serrée d'une poigne ferme, elle se cru revenu dans son cachot, traversant le couloir la menant à la douleur, à la torture. Elle se figea, incapable de se débattre tant l'horreur du souvenir l'envahissait toute entière. Elle avait cru revenir... Elle avait cru gagner... Mais ce n'était qu'une illusion. Rien n'avait changé... Tout cela n'est qu'un rêve...

Elle se laissa choir sur le sol de la salle de bain, entendant à peine les paroles de son frère. Elle était telle une coquille vide, anéanti de toute sa substance, de toute son âme. Elle ne réagissait plus. Même son corps avait cesser d'être secouer de tremblement. Le froid cependant, avait fait son office sur elle. Le teint pâle, mélange de ses mois passer dans l'obscurité et de l'hypothermie implacable, les lèvres bleues, le regard voilé... Elle respirait à peine, se sentant de plus en plus engourdie. « Ne bouge pas. » Elle en était incapable de toute façon. Même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pu le faire... Malgré tout, cette brève phrase qui parvint à ce qu'il restait de sa conscience la sorti un peu de sa bulle d'isolation morbide. Elle fronça les sourcils en passant la main sur le doux tapis qu'elle avait sous elle. Est-ce qu'elle avait bien entendu ? Est-ce que c'était bien la voix de Léandre ? Retrouver sa lucidité n'était pas chose facile dans son état. Il fallait encore qu'elle fasse le tri de ses pensées, qu'elle réponde aux questions qui lui traversait l'esprit. La voix de Léandre s'imposait à elle, avec un temps de retard. Impérium. Était-elle vraiment sous Imperium ? Réfléchis. Concentre-toi. L'ordre venait d'elle, impérieux, presque colérique. Était-elle maîtresse de ses actions ? De son corps ? Se souvenait-elle de tout ce qu'il s'était passé ces dernières heures ? Oui... Pour s'en assurer et se rassurer, elle releva la main et observa ses doigts s'ouvrir et se fermer avec une lenteur toute contrôlée. Une vague de soulagement la traversa et elle ferma les yeux, laissant retomber mollement son bras le long de son corps, prenant doucement conscience des gestes de son frère.

Lentement, les paroles qu'il avait dite, qu'elle avait occulté jusque là, lui revinrent doucement en mémoire. Elle rouvrit les yeux en entendant son nom, se laissant envahir par la douce chaleur que lui apportait le drap. Bien que pas encore suffisante, elle lui permettait de reprendre pleinement conscience. Ses iris hyalins rencontrèrent ceux de son petit frère et elle répondit doucement, d'une voix faible. « Il y avait un sorcier Léandre... Mais je ne sais pas qui il est. Jamais je n'ai vu son visage et il parlait à travers ses sous-fifres... Les soumettant à sa volonté...  » et à ses désirs de voir ses victimes souffrir. Elle se recroquevilla un peu dans son draps, prenant également conscience de son état physique, absolument pitoyable. Les blessures, évidemment, plus ou moins guéries selon leur fraîcheur, mais aussi l'état général de son corps, presque squelettique. Elle en aurait presque honte si l'horreur de ses sévices n'était pas encore trop présente dans son esprit. « Ma baguette... Elle est resté là-bas... Ils me l'on prise, même si elle était complètement inutile... Je... » Elle fronça des sourcils un instant, indécise. Que devait-elle faire ? Aller la chercher ? Elle ne s'en pensait pas capable... En acquérir une nouvelle ? Plus probable. Mais ce n'était finalement pas ce qui la préoccupait le plus dans cette affaire. Il y avait plus urgent, plus important, et elle avait du mal à faire la part des choses entre futilité et urgence.  « Il y avait d'autres sorciers... Il faut localiser cet endroit et les faire sortir... » Elle réprima un frisson d'horreur face aux images qui envahissaient de nouveau son esprit et se rassura en fixant son frère avec une intensité nouvelle. « Tu es certain que tout va bien ici ? » Elle se faisait pressante, inquiète. Les tremblements reprirent, plus apparentés à de la peur qu'au froid. Elle ne supporterait pas qu'il leur arrive quelque chose... A aucun d'eux... « Léandre... » Il fallait qu'il soit sûr. Pour eux deux.

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Léandre RosierSorcier - StaffavatarSorcier - Staff
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Jeu 24 Aoû - 7:13

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Léandre et Ariane

Petit à petit, il parvenait à dépasser la stupéfaction première à laquelle il avait dû faire face. Petit à petit, la présence d’Ariane – aussi perturbée soit-elle – réussissait à lui faire prendre conscience de la chance qu’ils avaient à se retrouver ainsi. Parce que les noms gravés sur la liste détestable des disparus était bien longue. Bien éprouvante. Et qu’il fallait bien reconnaître la part des rouages divins dans ces retrouvailles imprévues.

Dans ce salut qui sortait du néant mais dont il devait bien louer la splendeur et la diligence. Ariane était revenue. Ce simple fait légitimait une multiplicité de libations à destination des cieux. De prières muettes et ferventes dans ce cadeau inespéré du destin.

Alors que son aînée semblait divaguer et s’enliser dans des folies qu’il ne pouvait pas deviner, Léandre s’affaira à préparer la baignoire. Il y fit couler alternativement de l’eau chaude et froide, vérifiant aussi bien la température du liquide que celle de la nuque de sa sœur. Dans l’unique but de prévenir le moindre risque d’hydrocution – l’esprit en perpétuelle analyse quant à ce qu’il convenait de faire.

Du coin de l’œil, il la vit faire quelques gestes avec ses doigts. Toujours profondément ancrée dans un silence qui l’inquiétait. Dans une absence de réponses qui l’effrayait vis-à-vis de ce qu’elles révéleraient sur l’avenir. Parce qu’il s’agissait désormais de se montrer clairvoyant sur l’affaire : plus rien ne serait exactement comme avant. Ariane lui avait été arrachée une fois. Comment pourrait-il laisser la chose se reproduire ? Impossible. Il ne donnerait pas cet avantage à leurs ennemis, quels qu’ils soient.

Foutus moldus et sorciers scabreux. Brièvement, son sang s’agita d’une violence contenue par la rudesse du moment. Oh, qu’il aurait souhaité pouvoir y réagir maintenant et fracasser quelques mâchoires. Oh, qu’il aurait adoré avoir ce sang rutilant sur des doigts pour laver l’offense faite à sa semblable. Mais il n’avait que la quiétude faussée de la salle de bain pour assainir sa rage, à défaut de mieux.

Il souffla d’un agacement palpable, pleinement conscient qu’il ne pourrait pas obtenir sa vengeance de sitôt. D’autres obligations prévalaient : la stabilisation d’Ariane en était la priorité.

Et elle se reprenait enfin. Leurs regards se rencontrant alors qu’il coupait l’arrivée d’eau. Il y avait un sorcier. « Un … Putain de sorcier. » Les mots lui échappaient dans une colère qui ne faisait que gronder. Croître. Je ne sais pas qui il est. Ses sous-fifres. « Un putain de sorcier avec des suivants ? D’autres sorciers ? » Sa conscience fébrile périclitait contre cette réalité. Il avait tout envisagé sauf ses pairs : par fierté, sans doute, par racisme indubitablement.

Bon Dieu. Plein de cette agitation véhémente, l’Auror sentit son poing se serrer. Sa fureur se magnifier. Sans avoir d’exutoire à portée de main. Ma baguette. D’autres sorciers. Vraisemblablement prisonniers. Qu’en avait-il à faire, très sérieusement ? Tout ce qui l’importait était Ariane. Seule Ariane. Juste Ariane. Le reste pouvait bien souffrir mille enfers. Les faire sortir. Il soupira, en secouant la tête d’une négation absolue. « Pas maintenant. » Tu es certain que tout va bien ici ?

Il lui adressa un regard indescriptible, tout en venant l’étreindre une énième fois. Léandre. « Les protections sont naturellement activées, Ariane. C’est parce que j’ai su qu’un membre de la famille était rentré dans la maison que je suis descendu. Les alarmes réagiraient autrement avec un inconnu. Et ne parlons même pas de la surveillance exercée dans le quartier par les sentinelles. » Quoi qu’ils avaient failli en ne percevant pas le retour de sa sœur. Devait-il craindre une faille dans la sécurité de l’enclave sorcière ? « Je te promets que tout va bien, ici. » Il marqua une pause tout en lui indiquant du menton la baignoire. « Une chose à la fois. Il faut d’abord que l’on s’occupe de toi. Il ne servirait à rien de partir maintenant à la chasse, tu n’es pas en état … Et je ne suis pas certain de l’être non plus. »

De ses mains il saisit le drap pour frotter légèrement les cheveux de son aînée. « On trouvera une solution pour ta baguette. » Avant de revenir lui embrasser le front, les yeux obscurcis par une affirmation sourde et prophétique – à sa manière. « Et … Je tuerai chacun d’eux pour toi. Tu en as ma parole. »

Surtout ce putain de sorcier.

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Jeu 24 Aoû - 9:13

Retourner chez soi
Ariane - Léandre

La colère qui teintait sa voix inquiétait quelque peu l'auror en perdition qu'elle était. Elle le connaissait si bien... Elle savait ce que ce ton impliquait, ce que la colère pouvait faire naître chez lui. Et elle en avait peur. Pas pour elle. Jamais il ne lui ferait de mal, mais peur pour lui même. Qu'il se mette en danger inutilement. Il ne le fallait surtout pas. Et cette simple idée lui fit s'emballer le cœur. D'un autre côté cependant, sa présence, la colère qui teintait le fond de ses iris céruléennes était rassurante et presque apaisante. Elle ne se sentait plus seule dans ce combat qui lui paraissait sans fin. Bien qu'elle se sente d'une impuissance sans limites, cette colère ressenti par son pair s'emparerait d'elle aussi. Ce n'était qu'une question de temps. Et avec cette sourde colère viendrait la froide vengeance...

« Un … Putain de sorcier. » Si elle avait été dans un autre état, plus stable, cette remarque empli d'une haine sans visage l'aurait certainement fait sourire. Mais pas en cet instant. L'heure était trop grave pour cela, les tourments trop nombreux. Elle ne pouvait pas se le permettre, et ce désir là ne traversa même pas son esprit. D’autres sorciers. Elle fronça ses fins sourcils en une posture de réflexion, rassemblant ses souvenirs. Quelques uns oui... Mais non identifiable là encore... « Plus de moldus que de sorciers... Bien plus... » Des marionnettes sous le commandement impérieux de leur maître parfois, des bourreaux, bien plus souvent. Quoi de mieux qu'un homme pour faire du mal à un autre ? Et ceux là semblait être de la pire espèce... Et à bien y réfléchir, elle ne les qualifierait même pas d'être humain... Des monstres sans âmes, voilà ce qu'ils pouvaient être. Désormais, elle préférait mille détraqueurs à un seul de ces êtres vils et maléfiques.  

« Pas maintenant. » L'incompréhension teinta un instant son visage avant qu'elle ne se rende à l'évidence. Il avait raison. Il a toujours raison. Ils étaient seuls, elle n'était pas dans un état lui permettant de faire quoi que se soit, et par dessus tout, elle était sans défense. Elle se résigna, ou plutôt, elle accepta ses paroles, malgré l'inquiétude qui guettait toujours sous la surface. Il fallait qu'elle se rassure, qu'il la rassure. Il n'y avait que lui pour avoir ce pouvoir sur cette terre, en cet instant. Rien d'autre au monde n'aurait pu être aussi efficace que sa voix, que son regard, que lui tout entier. Et c'est ce qu'il fit, avec brio. « Je te promets que tout va bien, ici. » Elle acquiesça, silencieusement, se blottissant encore un peu plus dans les bras de son frère, cédant à ce carcan de grande sœur protectrice qu'elle s'était toujours imposé et acceptant, pour une fois d'être faible. Si ce n'était pas maintenant, quand l'aurait-elle pu en même temps ? Jamais... Une chose à la fois. Encore une fois, il avait raison. Ils ne pouvaient pas partir. Pas maintenant. Pas encore. Mais viendrait le jour où elle pourrait... Et elle leur ferait subir son courroux... Si Léandre lui en laissait l'occasion... Bien qu'elle doutait de pouvoir en être capable... La force mentale sur laquelle elle avait toujours compté jusqu'ici lui faisait cruellement défaut, lui donnant l'impression d'être nue... Pire... Vulnérable.

« On trouvera une solution pour ta baguette. » Le soulagement passa une nouvelle fois sur ses traits. Elle n'en doutait pas, mais elle lui était reconnaissante de le dire à haute voix. Elle avait besoin de l'entendre. « Merci... » Elle avait répondu dans un murmure reconnaissant. Les tremblements qui secouaient son corps cessaient peu à peu, se faisant intermittents. Le chemin jusqu'à la pleine possession de ses moyens serait encore long mais maintenant qu'elle était de retour, soutenue, il n'y avait pas de raison qu'elle n'y arrive pas. Elle ferma les yeux au contact de lèvres de son frère sur son front, laissant échappé un soupir chaotique, à mi chemin entre le soulagement et le contentement. « Et … Je tuerai chacun d’eux pour toi. Tu en as ma parole. » Son cœur se serra, mais elle ne put dire si c'était de peur ou de reconnaissance de cet amour fraternel qui les animait tant. Peut-être un peu des deux. Dans un souffle rempli d'émotion aux accents de promesses sincères, elle lui répondit. « Merci... Mais tu ne seras pas seul face à eux... » Il suffisait simplement qu'il l'attende... Et qu'elle reprenne les forces qu'ils lui avaient volé.

Elle rassembla le peu de force qu'il lui restait pour se séparer en douceur de son frère et, avec son appui, se glisser dans l'eau chaude du bain. Un frisson agréable lui remonta l'échine au contact de l'eau, à parfaite température pour son corps meurtri. Ce contact liquide, l'enveloppant dans un chape de sécurité, la calma pour de bon. Bien sûr qu'elle aurait des nuits agités, bien sûr qu'elle serait encore tourmentée, mais pour l'instant, l'espace de ce seul instant, elle arrivait à faire le vide dans son esprit. A relégué ses misérables souvenirs, à faire la part des choses. Un éclair de recul passa dans son esprit, la poussant à rechercher le contact visuel avec son âme-sœur avec plus de sérieux qu'il ne le fallait. C'est tout de même avec un mélange d'hésitation et de fermeté qu'elle énonça sa question, sans trop savoir, d'ailleurs, si ce n'était pas plutôt une affirmation. « Il va falloir qu'on en parle... Il faut que tu sache... Ce qu'il s'est passé n'augure rien de bon Léandre... On doit être préparé, et on ne l'est absolument pas... » Peut-être que son kidnapping aurait des portées plus profondes qu'elle ne l'imaginait, peut-être pas. Mais dans tous les cas, quelque chose de mauvais était en marche dans l'ombre, sans qu'ils ne le voient...

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Mar 29 Aoû - 7:59

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Léandre et Ariane

Intérieurement, il grondait d’une menace toujours plus extatique. Impérieuse. Colossale dans sa véhémence contenue. Blessée, en vérité, dans son attachement pour Ariane. Parce qu’il ne supportait pas la simple idée d’une douleur infligée à ses sœurs. Que dire, de fait, d’une torture cruelle et languissante qui s’était étalée sur des mois ? Et dont il n’avait qu’une brève appréciation en cet instant ?

Ses épaules frémirent une nouvelle fois de cette violence macabre. Modérée, toutefois, par l’impossibilité de l’extérioriser dans la seconde même. Ses iris inquiets glissèrent alors sur les traits de son aînée. Plus de moldus que de sorciers. Léandre pinça ses lèvres en une fine ligne. Enragé. Frustré. Oh, ce qu’il aimerait pouvoir s’éclipser dans l’instant pour déchirer quelques gorges de ses doigts fiévreux.

Pour briser quelques nuques. Quitte à oublier le sorcier derrière l’homme dans cette brutalité sommaire. Bestiale.

Seulement, il ne serait pas avisé de s’y élancer maintenant. Il le savait. Il n’était pas dans son état normal. Il souffrait trop de la constater douloureuse et fragile. L’esprit percuté par des noirceurs innommables et dangereuses, qui lui coûteraient plus qu’ils ne lui apporteraient des avantages. Quant à elle … Mieux valait ne pas envisager la chose. Son corps était trop faible pour la porter au combat.

Une chose à la fois. Oui. Il fallait envisager la situation ainsi. Traiter une problématique, une seule, avant d’espérer en faire de même pour la suivante. Le plus urgent restant de s’assurer de la bonne santé d’Ariane, tout en écoutant ses quelques phrases tirées du néant. Des remerciements qui magnifiaient leur attachement mutuel aux nouvelles précisions apportées sur leurs ennemis.

Des sorciers. Des moldus. Rosier fils souffla d’une aigreur tenace alors ses yeux suivaient le court déplacement de sa sœur vers les eaux apaisantes du bain. Guère offusqué de la voire dénudée de la sorte – pourquoi le serait-il, d’ailleurs ? – et même plutôt inquisiteur dans son observation. Guettant ici et là les marques qu’il pouvait espérer soigner de sa propre magie. Une fois sa baguette récupérée.

Les pâles iris de son aînée vinrent soudainement le quérir et l’arracher à ses expectations. Étrangement – ou pas – il comprit l’avertissement avant que celui-ci ne se trouva vraiment formulé. Il faut que tu saches. L’Auror inclina le visage dans une attitude ambigüe. Rien de bon. « Je sais. »

Pourtant, il se leva. Venant déposer un baiser, au passage, sur le front de la lionne heurtée par le destin. « Je vais chercher ma baguette. Ne bouge pas. Je reviens. » Et il l’embrassa encore contre les paupières, juste de quoi se remémorer sa présence quelques secondes supplémentaires. Puis, piqué par la nécessité de la soigner, il la quitta brièvement pour récupérer sa férule. Son prunellier vengeur. A peine l’espace de trois minutes. Le temps de lui revenir et de s’asseoir sur le bord du bain. « Montre-moi tes blessures, s’il te plaît. »

Il ne pourrait pas s’occuper des plus profondes ni des plus graves : mais il ferait son possible pour les plus superficielles. « Je n’aime pas spécialement l’idée que ce soit des moldus mêlés à des sorciers. Ces mélanges ne donnent jamais rien de bon. » De sa main libre, Léandre caressa la joue de sa brune comparse. « Surtout … Un sorcier qui … Se ligue contre les siens. » Le grondement lui était revenu. Puissant. Cuisant. « Raconte-moi, Ariane. Je suis prêt à entendre ce que les autres préfèrent nier. »

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Mer 30 Aoû - 5:45

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Ariane - Léandre

Ne bouge pas. Je reviens. Elle se laissa faire, répondant d'un simple hochement de tête en fermant les yeux. La folie ne la quittait pas mais elle laissait peu à peu la place à une lucidité cristalline. Le spectre de ces derniers mois anima les paupières closes de la Rosier de résurgences insoutenables. Un bref hoquet douloureux la secoua, apportant avec lui son lot de larmes, face aux images qui défilaient dans son esprit traumatisé. Ses frêles mains se portèrent à son visage et elle se laissa lentement coulé au fond des eaux tièdes de son bain, masquant au monde cette douleur aussi vive que soudaine, physique que psychologique. La bulle isolante que lui conféra la profondeur du bain eut l'effet escompté. Quand elle émergea de nouveau à la surface, elle avait retrouvé un semblant de calme. Le réconfort fut plus profond encore quand la vision de son frère tant chérit se présenta de nouveau à elle...

« Raconte-moi, Ariane. Je suis prêt à entendre ce que les autres préfèrent nier. » On y était. Bien qu'elle avait initié ce moment, elle le redoutait désormais. Se serait lui dévoilé ce qu'elle avait enduré... Se serait vivre à nouveau ce cauchemar, l'espace de quelques instants... Ce serait le lui faire vivre par procuration, et elle n'en éprouvait pas spécialement de réjouissement, bien au contraire... Elle ferma brièvement les yeux pour expiré son angoisse passagère et accéda à sa demande sans un mot. Son frêle corps, amaigrit par des mois de sévices, ne comportait pas beaucoup de marque, sur sa face antérieure en tout les cas ; quelques ecchymoses, quelques plaies superficielles, beaucoup dû à sa course folle à travers le paysage insulaire, aveugle à la flore agressive locale. Bien que pour un bourreau, certaines zones du corps puisse être d'une efficacité redoutable face à la douleur, le dos offrait cet avantage certain de la surface, de la sensibilité et de la surprise. Les terminaisons nerveuses nombreuses, la peau fine... Et l'imagination scélérate d'un maître des hautes œuvres avaient laissé de nombreuses cicatrices sur le corps de la Rosier. Certaines plus fraiches que d'autres, colorant l'eau de son bain d'une nuance rosâtre légère. Mais le plus inquiétant restait les marques fines, telles des piqûres d'insectes, à divers endroits, seules témoins des substances inconnues qui lui avait été injecté. En de rares mais insupportables occasions, il y avait eut la marque du sorcier, invisible mais non moins pardonnable. Et cette découverte violente de l'électricité et de ses douloureux effets, entre autres choses...

C'est d'une voix anémique qu'elle énuméra à son éminent frère les supplices subit, sans entrer dans les détails. En avait-elle réellement besoin ? Non... Son imagination fertile serait assez efficace en ce sens. Trop efficace à son sens à elle. « Je suis resté des jours entiers, poignets liés au plafond, les pieds effleurant le sol... » Se retrouver toujours en extension, sans possibilité de reposer les muscles endolori de son corps... « Il y a eu les plaies... -copieusement inondée d'eau salée- Il y a eu les injections... -de ces substances inconnues mais qui pourtant lui donnait l'impression de brûler intérieurement- Il y a eu l'électricité...  -brève mais ô combien cuisante- Il y a eu le doloris... -en de rares mais longues occasions...- Il y a eu les hallucinations cauchemardesque... -résultats de substances et de viles manipulations...- Et il y a eu... » Les mots s'étranglèrent dans sa gorge. Instinctivement elle se recroquevilla sur elle même, serrant ses genoux contre elle brûlant encore intérieurement de cet affront au plus profond de son être, de son intimité.

Un sanglot silencieux la secoua un moment, seulement trahi par les sursauts de ses épaules. Elle laissa libre champs à son frère, essayant de rester immobile pour lui permettre de faire son office plus facilement. Ce n'est qu'en retrouvant un peu de calme et de contenance qu'elle reprit doucement la parole. « Tu as raison... Les moldus se mêlant à ses sorciers ne donnent rien de bon... » Elle excluait, bien sûr, les sang-mêlés de cette équation, bien qu'un frisson lui remonta l'échine à la vision furtive des maîtres tortureurs... Moldus tout entier... Elle plongea son regard cristallin dans le sien, reconnaissante pour ses soins, mais traversée par une idée aussi soudaine qu'inattendue pour elle tant elle avait apprit à se défendre contre elle. Bien que l'idée qu'elle allait lui soumettre n'était pas pour la séduire entièrement, elle avait toute confiance en lui et se plierait volontiers à l'exercice s'il le fallait. « Il faut les retrouver... Mais je ne sais pas... Je n'arrive pas à voir les détails... Peut-être... Peut-être qu'avec une séance d'occlumancie tu pourrais reconnaître les lieux. » ou même cet homme... Ce vil sorcier méritant un sort pire que la mort. Se serait partager avec lui ce cauchemar de visu mais elle était bien incapable de situer exactement le lieu de sa détention. Peut-être que lui pourrait y voir un élément qui lui avait échappé, trop happé qu'elle était par la détresse de sa fuite.

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Mar 12 Sep - 7:29

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Léandre et Ariane

Raconte-moi. Il savait que c’était une approche risquée. Que celle-ci recélait en son sein des choses potentiellement épouvantables. Des faits aliénants et insurmontables. Raconte-moi, Ariane. C’était une manière de briser ce sceau qui semblait comprimer la poitrine de sa sœur. C’était une façon de comprendre, un peu plus, l’horreur de ce qu’elle avait vécu.

D’apaiser la bête ? Non. Au contraire. Léandre se doutait que la suite ne le lui laisserait pas le loisir de se calmer. De se montrer docile. La peine se trouvait déjà si fortement invectivée. La douleur. Et la colère, aussi. En des vagues qui se mouvaient de plus en plus violemment au creux de sa poitrine. Ariane souffrait – et ce simple fait suffisait à le pousser vers des véhémences troublantes.

Des fureurs mortelles.

Elle expira d’une souffrance tristement évidente. Cruellement éloquente. Alors que la pointe du prunellier venait apaiser ici et là quelques filigranes vifs et presque sanguinolents de sa magie fermement maîtrisée. Il y avait tellement d’escarres. D’empreintes impardonnables sur ce corps fragilisé et chancelant. Des témoignages d’une torture prolongée qu’il ne pouvait apaiser qu’artificiellement, faute d’avoir des connaissances suffisantes en médicomagie. Qu’importe. Il ferait quérir un guérisseur pour constater et soulager les épreuves de son aînée. Un peu. Ne serait-ce qu’un peu.

Je suis restée des jours entiers. Lentement, trop lentement, Léandre laissa retomber son bras et sa férule. L’esprit entièrement concentré sur les paroles d’Ariane. Sur les maux de ses mots. Sur les vérités inavouées. Sur la réalité de ce que les moldus étaient. De ce qu’ils avaient fait.

Plaies. Injections. Électricité. Cette fois-ci, c’est lui qui s’efforça de fermer les yeux quelques secondes et de souffler. De contrôler la rage. Doloris. Le grondement naquit de nouveau dans sa gorge. Terrible. Implacable. Hallucinations. Et il y a eu – la phrase s’étouffa entre les lèvres de sa sœur. Il cessa de fustiger son courroux en la sentant se tordre. En constatant l’ignominie. En comprenant.

Il y eut un vide, soudain, en lui. Un silence. Un craquement. Sinistre. Indescriptible.

Un trou. Au-dedans de sa chair. Comme il n’en avait jamais eu. Lui, le protégé. Le préservé. L’enfant roi devenu un monarque révéré mais distancé du monde. Lui qui n’avait connu les horreurs que personnellement, alors que ses sœurs étaient sauvées.

Elles ne l’étaient plus, maintenant.

Un trou. C’était tout ce qu’il ressentait. Un hébétement foudroyant qui écorchait les mots d’Ariane. Moldus. Sorciers. Mêlés. Affront exécrable proféré au-devant de la magie. Au-devant de la justice. Ils n’étaient en rien semblable. Les moldus détruisaient tout. Ils étaient corrompus par la technologie. Par la soif de pouvoir. Ils n’avaient juste pas l’excuse de la magie noire.

Foutus moldus.

Un trou. Profond. Abyssal. Qui grignotait son univers. Peut-être qu’avec une séance. Il se taisait, étrangement. Lui qui parlait tant. Qui dominait tout. Mais que pouvait-il répondre face à cette trahison orchestrée par un de leurs pairs ? La violence. La destruction. L’annihilation. Envers ces ordures démoniaques. Mais envers sa sœur ?

Les mains de Léandre tremblaient. Vibraient d’une pression inhabituelle. D’une catharsis qui ne pouvait pas venir. « Ariane … Je … » Et c’était ignoble. Invivable. De le penser et de le considérer maintenant. « Je suis vraiment … Désolé… » De l’envisager ainsi.

La baguette chuta sur le sol. Lourdement. Brutalement. Abandonnée-là sous les coups rudes et nécessaires des révélations énoncées par Ariane. « Il faut … Faudrait … Un guérisseur … » Les doigts de l’Auror saisirent néanmoins les épaules de son aînée pour l’attirer – encore – contre lui. La serrer. L’étreindre. Toujours ce trou au corps. Cette sensation infime et cruelle d’avoir été vidé. Volé de toute substance chaleureuse. Il lui embrassa le front, une nouvelle fois.

Pétrifié dans ce qu’il savait. Dans son incapacité réelle à pouvoir les protéger. Il avait toujours essayé de faire au mieux, sans choquer les belles pensées des progressistes. Seulement, comment ne pas douter, désormais ? Lequel de ces collègues sorciers, supportant à vive-voix la mixité, avait participé aux supplices d’Ariane ? Parce qu’il s’agissait de ça, n’est-ce pas ?

Des sorciers mêlés aux moldus. Des bêtes acoquinées les unes aux autres dans des étaux repoussants et vulgaires. Des monstres plus offensants encore que celui qui vivait dangereusement dans ses entrailles. « Pardonne-moi, Ariane … J’aurais dû être là. J’aurais dû te protéger. » Il avait failli.

Il avait été trop modéré. Trop permissif avec cette engeance détestable. « On va tout faire pour … Pour ça. J’en parlerai à Jackson. On trouvera de quoi t’aider. »

A vouloir préserver les apparences, sauver la neutralité apparente de ses actions, sa sœur avait payée. « Mais il faut que tu te reposes. Que tu prennes des forces, d’abord. »

Mais la leçon était apprise.

Les moldus payeraient.

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Dim 19 Nov - 10:24

HS : c'est moyen bien tout ça, je m'en excuse d'avance .. Blush

Retourner chez soi
Ariane - Léandre

Le silence. L'hésitation. Le regard anxieux de l'aîné sur son cadet. Le flamboyant Léandre réduit à une ombre s'emplissant de colère et de rage sous le récit de ses désastreuses -que dis-je, dramatiques- mésaventures. Le frisson d'inquiétude replaça celui de l'horreur des souvenirs. Le prénom de son frère, comme une prière, se bloqua néanmoins dans sa gorge alors qu'elle restait dans l'attente. Une interminable attente. Elle avait vu ses traits changé au fil de son récit, malgré les larmes qui ravageaient ses joues. Mais sans en être consciente, elle partageait ce même vide qui s'était créé en lui. Un trou béant lui faisant l'effet d'engloutir son âme, ne laissant derrière lui que haine, peur et folie. Destructrice.

Elle l'avait fait. Elle avait tout raconté. Le plus dur était passé. Le pire était à venir. La résurrection est tout aussi douloureuse que la chute. D'autant qu'on lui avait véritablement coupé les ailes... L'inquiétude du silence se résorba quelque peu quand son cadet reprit la parole, hésitant. Le corps tremblant d'émotions confuses, mais forte, elle ne le remettait pas en cause. Je suis vraiment... Désolé.... Un pincement de lèvre étira celles de la jeune femme, en un semblant de sourire se voulant rassurant. Ils partageaient cette fâcheuse tendance à vouloir, au dessus de toute chose, protégé les êtres aimés de tout mal, de tout désagrément. Reporté sur soit la faute... Mais partager la haine et la douleur. « Ce n'est pas de ta faute Léandre... » Et cela ne le serait jamais. Elle avait failli... Même si elle avait combattu, elle s'était faite prendre, capturé par un ennemi de l'ombre, inconnu mais pas moins détestable et dangereux. Bien qu'elle avait réussi l'exploit de résister et de s'extirper de cette prison, il n'en était pas moins une réalité accablante : elle avait perdu un combat.

Il faut … Faudrait … Un guérisseur … Une évidence ? Un choix raisonnable plutôt, mais qu'elle ne partageait guère. Le bruit de la baguette rencontrant le sol de la salle de bain la fit frissonner. Dieu qu'elle détestait ce son : celui d'une baguette chutant. Elle se laissa néanmoins attiré par les doigts trémulant de son frère, fermant les yeux à son contact, rassuré par sa présence. « Attendons demain pour un guérisseur... Attendons de voir comment je serai... Je t'en supplie... » En réalité, elle ne voulait voir personne. Personne d'extérieur à leur sang... Pas encore... Pas maintenant... Pas dans cet état... C'était encore trop tôt. Elle répondit faiblement à l'étreinte de son frère, dans la mesure de ses moyens, de ses forces actuelles.

Pardonne-moi, Ariane... Elle fixa ses iris céruléennes dans les siennes, envahit d'un certain étonnement. Comment pouvait-elle faire autrement ? Comment pouvait-il penser qu'elle lui en voudrait pour quoi que se soit ? Une main vacillante, pâle, passa sur sa joue avec délicatesse. « Ne t'excuses pas Léandre... Ce n'est pas de ta faute... » Ce n'était pas de la sienne non plus, après tout. Mais tout deux, elle le savait, se sentirait coupable un moment... On va tout faire pour … Pour ça. J’en parlerai à Jackson. On trouvera de quoi t’aider. Jackson... Tellement indissociable de Léandre, depuis tellement d'année, qu'il était difficile de les imaginé l'un sans l'autre. Elle acquiesça, légèrement, laissant mollement tomber la main qui effleurait sa joue.
« Je sais... » Oui... Elle en était même certaine de cela... Qu'ils pourraient faire quelque chose. Qu'ils trouveraient une solution à cet méprisable problème. Elle avait toute confiance en eux... Mais surtout en Lui.

Que tu prennes des forces, d’abord. Oui... Il avait raison. Que pouvait-elle faire de plus ? En l'état, absolument rien. Un soupir las, douloureux, s'échappa de ses lèvres exsangues alors qu'elle reprenait difficilement pied. D'un regard suppliant elle réclama une fois encore l'aide de son frère pour atteindre ses quartiers. Sur le seuil de sa chambre, un nouveau frisson la parcouru, de crainte cette fois. Elle ferma un instant les yeux, se sentant presque défaillir, se retenant au bras de son semblable. Tu es en sécurité ici Ariane... Reprends-toi. Elle rouvrit les yeux, se reprit tant bien que mal, maîtrisant avec peine les tremblements de son être. Timidement, elle perça d'une voix timide le silence de la pièce. « Léandre, aurais-tu l'obligeance de me ramené une tasse de thé ? » Son remède ultime, depuis la nuit des temps. Mais cette fois, elle doutait de son efficacité. Elle avait seulement besoin de temps, pour apprivoiser cette peur nouvelle... Cette crainte de l'obscurité, mais surtout et avant tout, des monstres qui s'y cachait...

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Léandre RosierSorcier - StaffavatarSorcier - Staff
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      Lieu de résidence: Atlantis - Enclave Résidentielle Sorcière.
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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   Sam 20 Jan - 12:02

Des bêtes. Les moldus étaient juste des bêtes. Stupides. Égocentriques. Bornés dans leur négation de la magie. Risibles en ce qu’ils menaient des existences minables et ô combien incomparable à celles des sorciers. La vérité, c’est qu’ils avaient toujours été l’espèce la moins civilisée des deux. Malgré ce qu’en disait ces satanés protecteurs de la mixité. Malgré ce qu’en vantait Atlantis.

Malgré ce qu’en laissait entendre la politique ouverte de Shacklebolt.

Les moldus étaient des animaux. Voraces. Insatiables. Aussi cruels que pouvaient l’être les apôtres de feu Voldemort. Il y avait de quoi rire, finalement, ici-bas. On accusait les sorciers de vouloir se préserver : mais c’était eux qui payaient au centuple le prix de ce mélange scandaleux avec leurs tortionnaires.

Parce que les moldus n’étaient pas seulement des bêtes. Des engeances détestables. Ils avaient aussi, malheureusement, l’intelligence : ils étaient des meurtriers tenaces. Des assassins inventifs. Des … Violeurs. Les iris de Léandre s’immobilisèrent sur la chevelure d’Ariane.

Et quels seraient leurs excuses, cette fois-ci, pour justifier – ce qui n’était pas justifiable à ses yeux – cet acte ? Qu’est-ce qu’ils oseraient arguer, ces sordides défenseurs de la mixité, à sa sœur blessée ? Il expira, violemment, à cette pensée.

Le vide en lui était si douloureux. Si âpre. Alors qu’il n’était qu’un réceptacle des tourments endurés par son aînée. Alors qu’il n’était qu’un dixième de la douleur et du néant qu’elle pouvait bien ressentir. La fureur lui brûlait. L’aveuglait, également, d’une sainte envie de croisade. Race exterminée pour race malmenée, la balance se craquelait dans ce paroxysme de violence qui grandissait en lui.

Parce qu’il n’était plus question de recul et de convenance, désormais. Ce n’est pas de ta faute. La phrase résonnait contre son visage, puis dans son crâne. Comme un écho. Répété, amplifié et asséné perpétuellement par le pommeau d’une épée dressée contre sa tempe. A chaque respiration.

Ils étaient probablement tous fautifs, en fait. A tolérer les moldus et leurs inventions.

Attendons demain pour un guérisseur. Il soupira et céda à la plainte de ce sang si semblable au sien. « D’accord. Demain. » Et il la faisait de bon cœur, cette résignation. Parce qu’Ariane avait effectivement besoin de repos. Parce qu’il n’était pas certain d’avoir la force et la résilience suffisante pour la conduire chez un médicomage. Parce qu’il n’était pas certain de se contrôler et de faire preuve de- « Demain … Selon comment … Nous irons voir un médicomage, si tu le veux, d’accord ? » C’était tout ce qu’il pouvait faire.

Impuissant Rosier aux épines arrachées par le vide. Impuissant. Il se sentait écorché par ce terme plus qu’aucun autre.

Impuissant.

Elle tanguait et menaçait de chuter, alors il fit son possible pour la tenir et l’accompagner jusqu’à sa chambre. Léandre, aurais-tu l’obligeance de me ramener une tasse de thé ? « Oui, je vais faire ça. Je me dépêche. » Et c’était une manière détournée de lui signifier qu’il allait revenir au plus vite.

Un moyen de se rassurer, également, tout en acceptant ces instants de silence qui les séparaient l’un de l’autre. Car il n’était pas à l’aise de la laisser seule, même une minute. Pour autant … Il devait bien avouer qu’il avait besoin de réfléchir, lui aussi.

De songer davantage aux répercussions de ce méandre violent qui secouait son existence. Qui violentait celle d’Ariane. Qui menaçait celle de tous les sorciers. Il soupira et usa de magie pour mener la mission qui lui incombait. Du thé. Tout en profitant de ces instants vacillants pour récupérer un bout de parchemin et adresser quelques mots à Adrasteia.

Juste de quoi la prévenir. Rapidement. Très. Trop ? Avant de récupérer la tasse infusée et de gagner de nouveau les quartiers d’Ariane. Ses doigts inquiets et crispés poussant la porte de la pièce pour s’y engouffrer d’un pas rapide. « Ariane ? Le thé ? »

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MessageSujet: Re: [Manoir des Rosier] Retourner chez soi - ft Léandre Rosier   

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