Les maux de la mer | Irvin Fowler
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MessageSujet: Re: Les maux de la mer | Irvin Fowler   Mar 26 Sep - 6:57

Je souris à son enthousiasme à propos de la lecture. Cela nous rapprochait, à nouveau, raccourcissait la distance entre nos deux étrangetés, si je pouvais le dire comme ça. Mes pensées volèrent jusqu’à la maison de mes mères ; Torvi l’adorerait, les livres y étaient rois et on en trouvait partout, sur les murs, au-dessus des portes, et même sous les marches de l’escalier. Elle semblait plus vivante, plus joyeuse, à chaque mention de la lecture.

Je m’efforçais de ne pas être condescendant, de ne pas sembler la prendre en pitié ; ce n’était évidemment pas le cas, mais j’avais assez subi cette attitude, souvent involontaire, après ma maladie. Comme si le fait de ne pas bien comprendre reléguait à une position d’enfant, à qui il fallait parler comme un nourrisson tout juste sorti du berceau. Je ne souhaitais pas lui infliger ça. Je hochais la tête et répétais « dictionnaire » (lexicon, pas très différent de l’anglais après tout), lui laissant le loisir de bien saisir le mot nouveau.

Maintenant en possession du petit guide de conversation, elle semblait requinquée, remise sur pieds, prête à affronter la ville et sa nouvelle vie. Et je comprenais, encore, l’effet de ce livre, qui tel une main amicale la tirait petit à petit de la brume qui l’enveloppait. Elle tournait et retournait les pages, engrangeant le plus de mots, de phrases utiles possible.

Je hochai la tête en réponse à ses compliments. C’était une sensation rare mais bizarrement réconfortante que de savoir qu’on avait aidé quelqu’un ; ces derniers mois, je m’étais plus souvent – toujours en fait – trouvé dans la position inverse, et ce retournement de situation était franchement bienvenu. Gratifiant, même. Je me sentis utile - vraiment utile, pas comme lorsqu’on dépanne un camarade d’une plume ou qu’on tient la porte à quelqu’un – pour la première fois depuis longtemps. Et ce sentiment me fit beaucoup de bien, plus que ce que j’aurais imaginé.

- De rien, dis-je en désignant la phrase dans le guide.

Je laissai échapper un sourire à sa phrase suivante.

- Merci.


Et maintenant ? Elle souhaitait peut-être que je parte ? Mais elle parla de nouveau, dans un anglais approximatif un peu difficile à suivre ; je plissai les yeux et me concentrait sur ses lèvres, son visage, et je saisis l’idée. Pas d’argent, ni de logement, ni de travail. C’était à prévoir. Mais je me trouvais bien démuni face à ces nouvelles difficultés. Je n’avais pas d’argent à lui donner - j'en avais à peine assez pour moi-même - et ses économies s’épuiseraient vite sans l’apport d’un salaire, qu’elle n’obtiendrait pas tout de suite sans une meilleure maîtrise de l’anglais… C’était un cercle vicieux.

- Je… Hôtel un peu cher, je pense.

Elle avait peur. Ce mot fit sonner une alarme, dans un coin de ma tête. Sans aide, elle serait vite à la rue, et je ne connaissais pas d’oeuvre de charité locale qui pourrait l’aider, ici à Atlantis. La ville était encore trop neuve pour avoir ses propres sans-abris, et il n’y aurait sûrement personne d’autre pour l’aider. Et l’alarme sonna encore plus fort à la pensée de ce qu’elle serait peut-être amenée à faire, jeune femme seule et franchement jolie, pour survivre.

On ne peut pas aider toute la misère du monde, n’est-ce pas ? C’est ce qu’on se répète en général, à la vue d’une personne en détresse. Mais j’en avais une, là, en face de moi, qui demandait de l’aide, et je me sentais terriblement lâche à l’idée de partir sans plus rien faire. Mon cerveau turbina à toute vitesse. Le plus urgent était de trouver où dormir, et poser ses bagages. C’était une sécurité indispensable.

- Je dois aller à l’université, bientôt. J’ai cours. Ecole ? Je vais à l’école.
Je m’assurai qu’elle ait bien compris. Je cherche une solution - je dénichai le mot « chercher » dans le dictionnaire et le lui tendis - et je reviens, cette après-midi. D’accord ?

Je sortis mon carnet et mon stylo.

- On se retrouve ici, à 16 h ?
J’écrivis l’heure et le nom de la section de la bibliothèque sur le papier, et lui désignait la bibliothèque sur la carte, au cas où elle se baladerait entre temps. Ici ?

Il y avait une cafétéria au rez-de-chaussée, où elle trouverait de quoi manger à midi. Nous nous mîmes d’accord et je partis, en direction de la mairie. Un peu d’inquiétude troublait l’apaisement que Torvi avait apporté, mais je me sentais une force différente, et j’étais décidé à l’aider. Je trouverais quelque chose.

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MessageSujet: Re: Les maux de la mer | Irvin Fowler   Sam 30 Sep - 12:18

Les maux
de la mer
Le 6 avril 2000

De rien. Elle leva brièvement son nez du dictionnaire, adressant un sourire tout ce qu’il y avait de plus éclatant à Irvin. Soudainement en confiance – bien plus qu’elle ne l’avait été ces derniers mois – et naïve. Terriblement crédule face à ce sauveur imprévu et mille fois bienvenu. « Pas … De rien, Irvin. » D’une vivacité de plus en plus exacerbée, ses doigts compulsèrent l’ouvrage. Etait-il possible d’être aussi rapide ? Mais tout semblait réellement s’éclairer et se montrer rassurant désormais. « Normal, Irvin. M-moi … Je … Merci. Pas toi. Moi. » Ses lèvres répétèrent encore ‘moi’ et ‘toi’ quelques instants, cherchant à s’imprégner davantage de cette merveilleuse découverte.

Le soi et l’autre. « Moi. Torvi. Toi. Irvin. » Elle s’égaya innocemment de ces conclusions précédemment observées, avant de le voir esquisser un contentement qui lui raviva drôlement le cœur. « Toi, bien. » De le voir se teinter d’une légère candeur. D’une infime simplicité.

D’une humanité qu’elle peinait à décerner, en général, chez ses pairs. Et qui lui ravissait tant les veines, pourtant : car Torvi vivait de son empathie. Autant qu’elle s’y noyait lorsqu’elle ne l’étouffait pas soigneusement sous les apparats de Friggja.

Mais les blondeurs calculées et minutieuses étaient lointaines. Les travaux obscurs à des lieues de ce qui se jouait ici-bas, à Atlantis. Hôtel un peu cher. Délicatement, la sorcière acquiesça aux propos de son interlocuteur. « Oh … Cher … » Elle se remit immédiatement à chercher un mot en particulier dans l’opuscule. « Gêner. Gênant ? Cher, gênant. » Les lèvres vivement pincées par l’inquiétude nouvelle qui s’immisçait dans son souffle.

Rien ne serait aisé – elle s’en doutait depuis qu’elle avait quitté prestement l’Allemagne. Seulement, à ce point ? Il lui faudrait explorer d’autres options. Son pâle regard se perdit dans le vide. Songeur. Préoccupé. Des choses terribles, inavouables, seraient-elles de mise, de nouveau ? Elle n’osa rien ajouter.

Son pouce laissant courir les pages avec distance. Jusqu’à tomber, par hasard, sur la définition du terme ‘fortune’. Éclat narquois du monde. Moquerie évidente du destin. Je dois aller- la Suédoise fit glisser ses pâles iris vers le jeune homme. Université. École. « Ecole. Toi. » Solution. Chercher. « Toi. Chercher. Solution. Bien. »

Pourtant, ses doigts se contractèrent légèrement sur l’ouvrage. « Bien, Irvin. » Je reviens. « Moi … Je … Ici. » Et c’était une information à la fois inquiétante et réconfortante. Puisqu’il partait – c’était la compréhension qu’elle devait en tirer, n’est-ce pas ? – sans pour autant l’oublier. Ici. 16h. « Ici. Bi … Bi-biothèque. Bien. » Plus concentrée que jamais, elle l’observa rédiger ces quelques précieux rappels. « Bien. Merci, Irvin. Ici. » Du doigt, elle indiqua l’heure sur le carnet. « Je suis ici. »

Comme pour confirmer sa compréhension. Comme pour affirmer sa reconnaissance. Parce qu’il ne pouvait pas l’abandonner ici. Pas après ce sauvetage. Pas après ces regards. Seulement, comment s’en assurer pleinement ?

Avec douceur, elle serra le dictionnaire contre sa poitrine et laissa partir son sauveur vers ses obligations. La bouche à peine secouée par un murmure imprécis et tremblant.

« Gentil, Irvin … »

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MessageSujet: Re: Les maux de la mer | Irvin Fowler   Sam 30 Sep - 13:46

Je hochai à nouveau la tête en la quittant, et me retournait vers elle en passant la porte, espérant qu’elle ait bien compris mon intention. Je ne la laissais pas, je reviendrais, mais je me doutais que ma parole n’avait pas beaucoup de valeur. Elle ne me connaissait pas, après tout, alors quelles raisons avait-elle de me faire confiance ? Je lui souris, une dernière fois, et je quittai la bibliothèque.

L’heure précédant mon premier cours fut consacrée à expliquer la situation à une employée de la mairie, heureusement plutôt compréhensive, mais démunie face au problème. Il y avait bien des hôtels pas chers où elle pourrait dormir quelques nuits, mais aucune solution à long terme, à moins qu’elle ne trouve de travail rapidement. Peu de gens atterrissaient par hasard à Atlantis ; et encore plus rares étaient ceux qui débarquaient sans argent, sans parler la langue et sans perspectives d’emploi. Mais elle tenta de me rassurer en m’assurant que, une fois les rudiments d’anglais en tête, elle trouverait rapidement un boulot. L’île n’en manquait pas, heureusement.

Je ne parvins pas à me concentrer pendant les cours, mes pensées s’égarant sans cesse sur le cas de Torvi. Poppy le remarqua, et tenta de me questionner à ce sujet, mais je balbutiais une excuse quelconque et feignis de m’intéresser aux écrits de ma plume à papote. La silhouette de Torvi penchée sur le dictionnaire entre les rangées de livres ne quittait pas mes pensées. Je craignais qu’elle ne m’attende pas, qu’elle parte pour trouver de quoi se débrouiller seule et disparaisse dans les méandres de Manadh. C’était étrange en soi, elle ne dépendait pas de moi, elle n’était pas de ma famille, ni même une amie. Mais j’aurais été attristé de la voir partir, un peu déçu aussi.

Mon dernier cours, interminable, s’acheva enfin et je sortis en trombe du bâtiment d’ingénierie pour tenter ma dernière idée. Je passai une bonne demi-heure dans le bureau des étudiants, mais là encore, aucune solution. Parmi toutes les associations existantes à l’UPA, aucune ne pouvait lui offrir un hébergement ; et les étudiants n’avaient pas le droit de loger quelqu’un dans leur chambre.

Je sortis et me laissait tomber sur un banc, la tête dans les mains pour réfléchir. Je lui avais promis de trouver une solution, je ne pouvais pas retourner à la bibliothèque les mains vides et lui annoncer qu’elle devrait se débrouiller seule.

Et puis une dernière idée jaillit dans mon esprit. Je relevai la tête. Et m’élança en direction de la Rotonde des Portails, le coeur soudain plus léger. Il accepterait, j’en étais sûr.

*************
16 heures. Je poussai la porte de la section des langues. Je mis quelques secondes à retrouver la rangée suédoise, et la figure concentrée de Torvi apparut de nouveau. Je soupirai, soulagé de la voir encore là, et touché aussi, un peu, qu’elle m’ait assez fait confiance pour m'attendre. Je la saluai et revint m’asseoir près d’elle.

- Vous lisez quoi ?


Je jetai un coup d’œil à l’ouvrage ouvert devant elle, content de voir qu’elle avait profité de l’attente pour peaufiner son anglais.

- J’ai une solution à vous proposer. Je propose, vous dites oui ou non, d’accord ?


Je m’emparai du dictionnaire et fit défiler les pages pour lui indiquer chaque mot nécessaire à sa compréhension.

- Ami à moi cherche un colocataire. Le colocataire pas encore arrivé, et sa chambre est libre. Libre ? Vide ? Je m’assurai qu’elle comprenne. Vide maintenant. Si vous voulez, il loue la chambre. Pour une semaine. Pas très cher. Ici, à Atlantis. Vous voulez ?

Milo avait rapidement accepté l’idée, comme je l’imaginais. J’espérai seulement que je ne faisais pas erreur en amenant Torvi chez lui, que tout se passerait bien, mais mon intuition me soufflait que ce serait le cas. Quelque chose me poussait à lui faire confiance, malgré le fait qu’elle m’était complètement inconnue, et c’était bien la première fois que cela m’arrivait. Sûrement la première fois que je m’arrêtais pour aider véritablement quelqu’un, également.

- Vous voulez voir l’appartement ? Je vous montre ?


Je réalisai soudain que ma proposition pouvait sembler étrange, voire carrément inquiétante, et je ne voulais pas qu’elle se méprenne.

- Il travaille à Londres, vous voulez le rencontrez ? Mon ami ? Le voir avant ? Pour décider ?

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MessageSujet: Re: Les maux de la mer | Irvin Fowler   Dim 15 Oct - 12:20

Les maux
de la mer
Le 6 avril 2000

Une fois la silhouette d’Irvin disparue derrière les rayons de la bibliothèque, portée par les obligations de cette existence qu’elle venait troubler de sa présence singulière, Torvi céda un peu de son temps à quelques divagations. Le dictionnaire toujours appuyé contre ses quiètes respirations, elle fit quelques tours dans la bâtisse pour feuilleter des ouvrages. Quémander une petite collation du bout des lèvres grâce à l’ouvrage ; et situer – par une chance ô combien bienvenue – l’espace dédié aux cabinets.

Elle s’y rendit à plusieurs reprises, par ailleurs. Y trouvant un refuge serein et discret, loin des regards portés parfois en sa direction par les lecteurs assidus. Sans doute que toutes ces choses nouvelles faisaient croître en elle ce sentiment imparable et déroutant de l’anxiété. D’autant plus maintenant, seule et silencieuse, sans la présence réconfortante de son sauveur.

Et il reviendrait, n’est-ce pas ?

Il ne pouvait pas l’abandonner ici-bas. Ce ne serait pas cohérent avec toute la douceur qu’il déployait envers elle depuis ce sauvetage imprévu.

***

Fière de sa nouvelle trouvaille, la sorcière retourna s’asseoir à la section mentionnée sur le papier griffonné. De ses doigts fins, elle commença à compulser le nouvel ouvrage aux couleurs vives et enfantines. Le dictionnaire grand ouvert juste au-dessus, pour lui permettre une meilleure assimilation des informations compilées dans ce guide pour le moins amusant.

Vous lisez quoi ? L’interrogation fit légèrement sursauter la suédoise, qui ne s’attendait plus tant à une interruption soudaine de sa prospective actuelle. Lisez. Les mots résonnèrent encore quelques infimes secondes à ses oreilles, alors que son visage s’illuminait en reconnaissant les traits d’Irvin. « Goodnight Moon, Margaret Wise Brown. » Et les accents roulaient sur sa langue d’une joie difficile à comprimer.

C’est pourquoi elle referma brièvement l’œuvre à peine étudiée, afin d’en montrer le titre qu’elle venait d’énoncer d’un index empressé. De sorte que l’information se révéla la plus pertinente possible pour son interlocuteur. J’ai une solution à vous proposer.

Le visage de la sorcière se pencha sur le côté en un questionnement persistant, que les indications apportées permirent d’apaiser. « D’accord. » L’intérêt soudainement piqué, elle se concentra sur les propos d’Irvin et sur la solution toute trouvée. « Colocataire. Chambre. Vide. D’accord. » Elle acquiesça lentement, l’expression songeuse. « Bien, colocataire, Irvin ? Gentil, colocataire ? Oui … Pas cher. Bien. Bon solution. Oui. » Elle hocha une nouvelle fois le visage.

La curiosité et le soulagement l’emportant sur les détails de l’affaire. Après tout, il s’agissait d’une chambre pour dormir. C’était exactement ce qu’il lui fallait. Voir l’appartement ? « Oui … Je … Voir chambre ? »

Et lorsqu’il sembla s’effrayer d’une potentialité qu’elle n’avait pas même envisagé, elle s’égaya de ces alertes incompréhensibles. Rencontrer. « Oui … Bien, d’accord. Ami … Ami Irvin ? Ami d’Irvin ? »

Son pâle regard glissa vers le dictionnaire, y cherchant ses réflexions. « Maintenant, pour voir ami d’Irvin ? »

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MessageSujet: Re: Les maux de la mer | Irvin Fowler   Mer 25 Oct - 13:24

Le soulagement que j’éprouve en retrouvant Torvi céda la place, un instant, à mes doutes refrénés ce matin-là. J’ai employé une bonne partie de ma journée à élaborer un plan pour une femme que je ne connais pas, et pour qui je ne suis personne. Je ne lui dois rien, après tout. Peut-être que je me fourre dans des difficultés plus grandes que je ne l’imagine en continuant à l’aider…

Ou peut-être pas. Je l’observe à nouveau, différemment cette fois. Les livres autour d’elle et le sérieux de ses notes la font ressembler à une étudiante lambda, quoique un peu plus âgée que la moyenne des occupants de l’UPA. Mais elle a quelque chose de plus que la plupart des étudiants, des gens en général ; elle inspire le calme et la bienveillance, les répandant autour d’elle comme une sorte d’aura. Et puis son sourire et l’enthousiasme de sa réponse désagrègent les dernières résistances de ma conscience égoïste. Que puis-je perdre à l’aider, juste un peu ? Elle fera peut-être une excellente colocataire pour Milo. A vrai dire, c’est sûrement elle qui a le plus à craindre de cette colocation, au vu du bazar qui régne parfois chez mon ami. Si elle n’a rien contre les goodies Star Wars et les câbles à l’abandon, ils devraient bien s’entendre.

Je suis d’abord surpris par son choix de livre, puis je salue son pragmatisme. Les livres pour enfants sont écrits avec des mots courants et simples ; certainement la meilleure manière d’acquérir rapidement du vocabulaire utile.

- Très bon choix ! Très bien pour apprendre des mots.

Je me rassois et lui dévoile mon idée, qu’elle accepte après une rapide réflexion, visiblement soulagée elle aussi que son périple se continue ainsi ; du moins pour quelques jours.

- Il est très gentil. Il est mon meilleur ami. Il parle beaucoup, vous apprendrez vite l’anglais avec lui, dis-je avec un sourire. En une semaine, vous parlez anglais.

Je hoche la tête à sa question sur la chambre et sors de mon sac les clés de Milo, prêtées par ce dernier pour offrir une visite à Torvi.

- Voir la chambre ? Après, voir mon ami. C’est bon ?


Et finalement, nous nous levons pour quitter la bibliothèque. En partant, j’emprunte le petit guide avec ma carte d’étudiant et le lui confie.

- Pour trois semaines. D’accord ?

Nous reprenons le tram pour prendre le chemin inverse de celui parcourut le matin même, mais nous nous arrêtons au centre-ville. De là, je la guide jusqu'à l’appartement de Milo, neuf et moderne comme tous les logements de la ville ; j’avance aussi aisément que si je rentrais chez moi, tant le chemin m’est familier. Puis je pousse la porte et invite Torvi à entrer, la laissant découvrir le lieu avant de la guider jusqu’à la chambre vide, et de lui montrer rapidement les autres pièces. L’appartement est lumineux et confortable, bien plus accueillant que ma petite chambre étudiante, et j’aurais bien pris la chambre moi-même si je pouvais me le permettre.

Je laisse à Torvi le temps de visiter, et lorsque cette dernière est satisfaite, nous repartons, encore, vers la Rotonde des portails cette fois.

- Il travaille à Londres, au Chemin de Traverse, vous connaissez ?

Le trajet est vite avalé et quelques minutes plus tard, l’enseigne du Milo’s Magical Sport Supplies nous fait face. Avec un peu de fierté pour Milo, j’ouvre la porte et précède Torvi. Le comptoir est désert et je lui fais signe de me suivre dans l’atelier, où Milo s’affaire à affiner le manche de son dernier prototype de balai. Je l’appelle et il se redresse, ôte ses gants et s’avance vers Torvi, grand sourire aux lèvres et main tendue.

- Bonjour ! Torvi c’est ça ? Moi c’est Milo ! Irvin dit que vous êtes intéressée par la chambre ?

Je tire deux tabourets pour discuter plus confortablement et je laisse Milo exposer le loyer et les formalités, s’aidant parfois du petit guide. Et puis évidemment, la conversation dérive et il commence à parler de sa boutique, ses mains s’agitant au rythme de son enthousiasme comme tout Italien qui se respecte, se levant même pour mettre divers objets sous le nez de Torvi, et je les regarde, un peu amusé.

- On travaille ensemble, pour tout ça. Enfin, surtout lui, moi j’aide.

J’interromps mon ami avant qu’il ne tente de lui vendre tout le magasin.

- Vous êtes d’accord pour la chambre ?

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